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Alice Massénat à la librairie de la Halle Saint-Pierre
Alice Massénat
Parfois, je me dis que tous ses dessins ‒ au pastel sec le plus souvent, où vient jouer parfois un peu d’encre ‒ sont nés d’une cordelette triturée machinalement par son père Bernard, qu’elle a conservée, accrochée au mur comme une œuvre ‒ et, après tout, pourquoi pas ? De l’art involontaire aussi énigmatique que tel nuage ou telle tache dans une agate ‒, dont la forme sinueuse ressemble fort à ses gesticulations graphiques sans fin sur papier et carton, telles des danses à jamais figées.
Bernard Massénat, cordelette tressée sans doute machinalement, sans date, coll. Alice Massénat.
Elle écrit des poèmes auxquels je ne comprends rien, voguant dans la plus parfaite obscurité quand je la lis. Mais je trouve que ce qu’elle y dit niche peut-être plus adéquatement dans les lignes dites abstraites de ses compositions flottantes, effilochées, formes en loques, ébauches d’êtres qui ne peuvent parvenir à naître, dirait-on.
C’est une poétesse abstraite, Alice, qui court derrière un lapin que lui a posé l’existence.
(Texte proposé à la librairie de la Halle Saint-Pierre et finalement censuré...)
Alice Massénat, sans titre (le Minotaure, titre donné par moi en aparté), encre et pastel sec sur papier, 46x38 cm, 2018 ; photo et collection Bruno Montpied ; à l'heure où j'écris ces lignes, cette reproduction est insérée sur le site internet de la Halle sans légende, et sans précision sur l'appartenance de l'œuvre à ma collection : bonjour le sans gêne et l'approximation...

Alice Massénat, sans titre, encre et pastel sec sur papier, 40x30cm, 2017 ; ph. et coll. B.M.
Alice Massénat, sans titre, encre et pastel sec sur papier, 40x30cm, 2017 ; coll. de l'artiste.
On peut voir à la librairie de cette Halle Saint-Pierre, jusqu'à début janvier, une petite sélection des travaux d'Alice : un grand format sur carton et quelques dessins sur papier de plus petit format. Et l'on trouvera aussi sous peu quelques-unes de ses oeuvres poétiques en livres. Un dessin d'Alice figurera dans mon article sur les femmes automatistes actuelles qui devrait paraître dans le prochain numéro de Création franche à la fin de cette année.
07/12/2025 | Lien permanent | Commentaires (3)
Pierre Caran, Demin, Pascal Hecker, Bruno Montpied, un carré magique tout le mois de novembre à la Halle St-Pierre
De temps en temps, ça fait du bien de se tresser des lauriers tout seul...
Sur ces quatre-là, trois sont des artistes intimistes (Caran, Hecker, Montpied), le quatrième, Demin, étant plutôt du genre hyper-actif à exposer tous azimuts. Ici, j'en parlerais moins, que l'on veuille bien se reporter à une ancienne note de ce blog où j'avais dit tout le bien que je pensais de lui. Caran, j'en ai aussi déjà parlé, certaines oeuvres de lui à cette expo au rez-de-chaussée de la Halle Saint-Pierre viennent de la récente expo qui s'est tenue à l'Usine, boulevard de la Villette, d'autres sont inédites (la majorité en fait).

Exposition au rez-de-chaussée de la Halle St-Pierre, avec à gauche le mur consacré à Demin et à Pierre Caran dans son prolongement, et, plus à droite, le début du mur avec des Montpied (14 œuvres). Photo Bruno Montpied, 2019
Pascal Hecker, c'est l'un des deux libraires de la Halle, qui en 33 ans de bons et loyaux services, a été constamment aux petits soins avec le public, les visiteurs et les artistes, éditeurs, écrivains qui passent dans ce centre culturel essentiel à la culture atypique parisienne. Ce médiateur, dévoué à tous donc, n'avait jamais osé demander à bénéficier des murs de cette Halle pour montrer ses collages picturaux discrets, secrets, intimes, manifestant pourtant plastiquement sa précieuse sensibilité d'amoureux de la poésie écrite et visuelle.

A droite, deux murs pour Pascal Hecker, et un peu de Montpied à gauche. Ph. B.M., 2019.
Quant à moi, votre serviteur, j'ai eu plus souvent le privilège d'exposer dans ce lieu que j'aime profondément, vers qui je vais en voisin qui plus est. Je suis un artiste montmartrois, en fait, sans rien à voir avec les rapins d'antan à lavallière et grand chapeau noir, écharpe rouge...

Bruno Montpied, Le culbuto sauvage, 31 x 23 cm, 2017. Ph. B.M.
Cette fois, je présente des oeuvres sans les proposer à la vente (du moins, si quelqu'un se montrait intéressé, on pourra toujours voir par la suite...), avec en effet l'idée de ne présenter cette fois que des oeuvres que je garde pour une bonne part par devers moi, parce que particulièrement chéries, ou des oeuvres qui par leur taille seraient peut-être difficiles à négocier.

Bruno Montpied, La double veille, 31 x 23 cm, 2017. Ph. B.M.
L'exposition dure tout le mois de novembre, à la Halle Saint-Pierre, rue Ronsard dans le XVIIIe ardt, à Paris, au pied de la Butte Montmartre. Le vernissage a lieu le jeudi 7 novembre à partir de 18h30. Plus de renseignements? Suivez ce lien....
02/11/2019 | Lien permanent | Commentaires (2)
Mirabilia s'affiche à la Halle St-Pierre le 6 mai
23/04/2012 | Lien permanent
Les perles n'en finissent plus de tomber, Jean-Pierre Le Goff est mort
Depuis quelques années déjà, nous ne recevions plus ses petits papiers où il nous invitait à chaque fois à réenchanter un carré de trottoir, l'orée d'un bois, un moment de la vie : je viens d'apprendre la mort de Jean-Pierre Le Goff, survenue lundi 26 février. Il sera enterré au cimetière Ploaré à Douarnenez demain [jeudi 1er mars], à 14 heures.
Sa mémoire l'avait quitté. Il ne quittera pas la nôtre.
Encore un ami qui s'en va, nous privant d'un peu de nous-mêmes.
Joël Gayraud
*
Si je peux me permettre de rajouter quelques lignes après l'hommage ci-dessus, moi qui ai eu il y a bien longtemps un soupçon de correspondance avec Jean-Pierre Le Goff, j'ai retrouvé cette citation que Jean-Pierre m'avait envoyée, relative à un projet de revue à quatre que nous avions seulement esquissé avec d'autres amis, projet qui ne réussit jamais à aboutir (inventée par le poète franco-irakien Abdel-Kader El Janaby, elle aurait dû s'appeler Quatrain, devait être rédigée par quatre auteurs, qui avait la responsabilité chacun de quatre pages, un auteur laissant la place à chaque numéro à un nouvel arrivant... L'idée était belle, las! Rien ne put se mettre en place...). C'est le dernier mot que je reçus de lui (vers 1984). Cette citation prend aujourd'hui un sens autre, au regard de sa disparition, coïncidence qui l'aurait peut-être retenu:
"Alors on se dit que le petit frisson est passé, et l'on pense déjà que la soirée est achevée quand, de nouveau, un quatrain vole dans la salle, nous enchaîne, allonge les volutes de ses voyelles et s'arrête net, ayant été jusqu'au bout de son pouvoir, nous laissant médusés, affamés encore de son charme, tandis que de l'autre côté du détroit, j'aimerais que ne désespère pas de m'attendre, dans sa maison de bois, quelque ami à venir."
(Les échelles du temps, Jacques Bussy, p.48, Fata Morgana, 1984).
*
Et je rajoute ici ce supplément que Joël Gayraud nous a adressé aujourd'hui:
"Voici une bibliographie, forcément incomplète étant donné le grand nombre de textes non publiés à ce jour, de l'œuvre de Jean-Pierre Le Goff:
Ne voir que du bleu (Arabie-sur-Seine, 1983), Journal de neiges, avec deux dessins de Jean Benoît (Le Hasard d'être, 1983), Lettre Sépia (AKEJ, 1984), Les Remparts de Brouage, avec un collage de Véronike Keczkowska (Orbe, 1984), Sur le tas (s. l., La Petite Chambre Rouge, 1984), Rutilance du trésor (Lille, A. Buyse, 1987), Le Cachet de la poste, feuilles volantes, préface de Jacques Réda (Gallimard, 2000), Du crayon vert (Au Crayon qui tue, 2001), L'Ecriture des fourmis (Au crayon qui tue, 2003), Les Abymes du Titanic (Au Crayon qui tue, 2006), Catalogue de fils à plomb offerts à Jean-Pierre Le Goff (s.d.)."
Recueil de Jean-Pierre Le Goff édité par moi à l"enseigne de "la petite chambre rouge", qui se voulait un supplément à la petite revue littéraire, La Chambre Rouge que j'auto-éditai entre 1982 et 1985. "Sur le tas" date de 1984 (il comportait en frontispice un petit dessin de BM représentant un sablier).
On peut déjà y ajouter aussi le texte de Le Goff, paru dans le n°12 de Viridis Candela (1 gidouille 130 EP, vulg. 15 juin 2003), carnet trimestriel du Collège de 'Pataphysique, p.49 à p.64, "L'Affaire des Plaques": sur les fausses plaques commémoratives qui fleurirent un moment sur divers murs d'immeubles à Paris, apposées par deux personnes restées anonymes, plaques qui disparurent partout subitement (avis aux lecteurs, qui aurait un ou plusieurs clichés de ces plaques?). Il y a probablement beaucoup d'autres textes de Jean-Pierre Le Goff publiés dans les revues du Collège.
(Il n'y a pas du reste que dans les publications du Collège de 'Pataphysique que l'on peut dénicher des textes de Jean-Pierre Le Goff : pour mémoire je mentionnerais les revues Le Désir libertaire, Camouflage, Le Château-Lyre, Surr, Empreintes et j'en oublie bien évidemment . JG)
PS: On pourra aussi se référer à cette note parue sur l'Alamblog d'Eric Dussert, qui contient un texte de Stéphane Mahieu. Et aussi à celle-ci, publiée sur le blog de la revue Nouvelles Hybrides d'Etienne Cornevin. Et encore ces deux dernières: http://nouvelles-hybrides.fr/wordpress/?p=3860 et http://nouvelles-hybrides.fr/wordpress/?p=3862, qui contiennent entre autres, pour le dernier, un texte de Bruno Duval. Nouvelles Hybrides annonce du reste, et on peut lui faire confiance étant donné sa "puissance de feu", une série d'études sur Jean-Pierre Le Goff.
29/02/2012 | Lien permanent | Commentaires (5)
L'art hors-les-normes italien, une nouvelle exposition à la Halle Saint-Pierre
Le printemps sera italien cette année. Du moins en ce qui concerne l'actualité des événements concernant la planète des arts bruts, naïfs ou populaires. C'est fait personnellement pour me plaire, étant donné les informations que j'ai souvent mises en ligne ici même sur le sujet.
Affiche de l'expo, Les "portes" de Francesco Nardi, coll privée, © Halle St-Pierre
"Banditi dell'arte" est le titre choisi par Martine Lusardy avec Gustavo Giacosa, commissaire désigné de l'exposition (j'ai déjà mentionné son nom en divers points de ce blog). C'est joli, ça fait bien ce titre, c'est offensif, les "bandits de l'art", mais est-ce bien tout à fait juste?... Les organisateurs de l'expo se fondent sur le fait que des travaux et des objets venus de collections historiques à la fois psychiatriques et carcérales, comme le musée Cesare Lombroso, le musée d'anthropologie de Turin et l'hôpital San Lazzaro de Reggio-Emilia (musée d'histoire de la psychiatrie) ont prouvé depuis longtemps le regard criminalisant qui fut porté sur certaines figures populaires créatives. Lombroso par exemple, au XIXe siècle, cherchait à mettre en évidence, en collectant tous les documents et objets possibles produits par des "criminels", l'origine innée de cette criminalité. Il allait jusqu'à trouver des traits physiques susceptibles d'être des marqueurs de la dangerosité des individus. Il lia folie, génie et criminalité, exerçant ainsi une influence notable sur les théories réactionnaires qui apparurent après lui, critiquant les avant-gardes artistiques (théories qui débouchèrent sur l'exposition nazie "d'art dégénéré" de 1933 en Allemagne, où furent mêlés œuvres expressionnistes, surréalistes, et travaux d'internés de la collection Prinzhorn, internés dont certains, comble de l'horreur, furent mis à mort par la suite dans les hôpitaux allemands).

Francesco Toris, Le Nouveau Monde, © Musée d'Anthropologie de Turin ; A noter qu'il manquerait selon Maria Teresa Dolfin, "découvreuse" de l'œuvre en 2002-2003, une pièce sculptée importante sur cette pièce, une "Chimère", que Toris considérait comme "la pièce maîtresse de son œuvre"
L'expo est construite ainsi en deux parties. La première donc, avec des travaux venus de ces collections –dont j'attends personnellement de voir avec beaucoup d'impatience l'extraordinaire maquette architecturée, en os de bovins, de Francesco Toris, "Le Nouveau monde" (1899-1905), sorti des réserves du musée d'anthropologie de Turin, véritable Tour de Babel arachnéenne, dressée depuis l'ossement d'une existence saccagée (à l'âge de 33 ans, cet ancien carabinier fut interné en hôpital psychiatrique), qui fut présentée pour la première fois en 2002-2003 par la Collection de l'Art Brut à Lausanne–, sans oublier les travaux venus des ateliers d'art pour divers patients en souffrance, comme Blu Cammello à Livourne, La Maninca Lunga, à Crémone, la Tinaïa à Florence, etc...

Quelques numéros de la revue Arte Naive dirigée par Dino Menozzi (69 numéros publiés à Reggio-Emilia de1974 à 2002), qui s'ouvrit à partir du n°59 (1997) à l'art "outsider" ; on y parlait déjà de plusieurs créateurs qui sont présentés à l'expo Banditi dell'Arte, voir aussi la note que j'avais consacrée à la donation Menozzi à la Bibliothèque Panizzi
La seconde partie est constituée, au premier étage (traditionnellement consacré à la Halle, sous un éclairage plus naturel, à l'art "ouvert"), aux "insiders" populaires par opposition aux oeuvres du rez-de-chaussée, espace du marginal, des créateurs enfermés, à tous les sens du terme, exposées du coup dans un espace noir, sans lumière venue de l'extérieur, "des représentants de l'art populaire contemporain" (selon les mots du dossier de presse de l'expo). Ces créateurs nous sont présentés comme des indépendants vis-à-vis du système des beaux-arts traditionnels, créant une "contestation institutionnelle et culturelle" (là aussi, je trouve cela exagéré). On y retrouve des "portes détournées" par Francesco Nardi, des peintures de Pietro Ghizzardi (que l'on a vu récemment exposé chez Christian Berst), des sculptures de Luigi Buffo (sauvées par le Musée des Amoureux d'Angélique dans l'Ariège ; voir photo Bruno Montpied ci-contre),
des sculptures de Joseph Barbiero (préférées aux dessins du même). Y sont également évoquées les figures, récemment mises en lumière dans le livre sur les environnements spontanés italiens de Gabriele Mina, Costruttori di Babele, (les Bâtisseurs de Babel, éd. Eleuthéra), de Luigi Lineri, Vincent Brunetti, Mario Andreoli, Maurizio Becherini ou encore Marcello Cammi, ce créateur d'un jardin empli de centaines de statues à Bordighera, que j'ai chroniqué dès 1990 dans le Bulletin des Amis d'Ozenda, puis dans Raw Vision, et sur ce blog aussi.
Le livre de Gabriele Mina récemment paru en Italie, avec la collaboration de divers auteurs (dont mézigue)
A noter que la galerie Rizomi à Turin consacre à partir du 16 mars prochain, et ce jusqu'au 22 avril une sorte de rétrospective consacrée à Cammi, dont les sculptures furent balayées par une inondation de la rivière qui passait au milieu de son terrain. Un catalogue de 80 pages paraît à cette occasion (qui reprend mon texte de 1990 sur Cammi, Hôtel angoisse et jardin bachique, entre autres documents, et cette fois traduit en italien). (Voir ci-dessous dessin de Cammi à partir d'une tache de vin, coll. BM, et un détail de son jardin disparu à Bordighera, ph. BM, 1990)


Beaucoup de noms de créateurs sont mentionnés sur le carton d'invitation à l'expo, beaucoup étant à découvrir, d'autres à retrouver comme Filippo Bentivegna (connu depuis très longtemps par la Collection de l'Art Brut et le livre de Michel Random, l'Art Visionnaire, paru en 1979), Giovanni Podesta ou Carlo Zinelli, tous deux fort connus dans l'Art Brut, d'autres encore à confirmer comme Bonaria Manca, souvent chroniquée entre autres par Roberta Trapani, ou encore Giovanni Bosco, Marco Raugei, Oreste Nanetti, etc., etc.

Francesco Borrello, Atelier La Maninca Lunga, expo Banditi dell'Arte
Il reste qu'on s'étonne que les initiateurs de l'expo aient à ce point focalisé sur la notion de "bandits de l'art" qui évoquent une attitude offensive pas forcément patente chez les réprouvés ou les solitaires dont on met en évidence la créativité. Cette dernière s'exerce la majeure partie du temps, du reste, au sein d'une attitude non-violente. Ce qui colle mal avec cette vision activiste de l'art hors-les-normes ici mise en avant. Une posture hors-la-loi de pirate ou de brigand n'est pas spécifiquement l'attitude de la majorité de ces créateurs. Leurs expressions ne sont pas des brûlots dirigés vers la caste dominante. Mais plutôt le moyen de reprendre pied dans leur vie, dans un écart absolu vis-à-vis de la société de la multitude moutonnière. Un écart qui ne s'accompagne pas d'une prise d'armes pour autant... Tant et si bien que j'arrive à me convaincre que les commissaires de cette exposition, qui s'annonce certes passionnante, se sont faits surtout plaisir en titrant ainsi leur manifestation.
Enfin, une autre remarque. Il est loisible de déplorer que la Halle Saint-Pierre n'ait apparemment pas demandé de collaboration à Eva Di Stefano qui effectue depuis déjà un certain temps un travail remarquable de défrichage et d'étude sur l'art brut et outsider italien à l'ombre de l'Université de Palerme en Sicile. On se convaincra aisément de la qualité de son travail en allant télécharger les numéros de sa revue virtuelle Osservatorio Outsider Art qui a mis en ligne jusqu'ici trois numéros.
Et rappelons, au titre des manifestations ayant précédemment attiré l'attention sur l'art brut et hors-les-normes italien, l'exposition internationale d'art irrégulier, Beautés insensées, de 2007, qui, sous la direction de Bianca Tosatti, s'était tenue à la Salle d'Expositions du Quai Antoine Ier à Monaco. On y découvrait déjà, entre autres, les peintures de Tarcisio Merati, créateur que l'on retrouve annoncé dans Banditi dell'Arte.

Tarcisio Merati, Petite machine, sans date, Bergame, Association Merati ; photo extraite du catalogue Beautés insensées
"Banditi dell'arte", exposition ouverte du 23 mars 2012 au 6 janvier 2013, vernissage le jeudi 22 mars. Halle Saint-Pierre, 2, rue Ronsard, 18e ardt Paris. T: 01 42 58 72 89.
"Marcello Cammi", exposition à la galerie Rizomi, Turin du 16 mars au 22 avril, corso Vittorio Emmanuele II, 28, 10123 Turin. T: 01 15 78 88 08.
11/03/2012 | Lien permanent | Commentaires (18)
Dimanche 19 juin, on causera de petite brute et d'épouvantails à la Halle St-Pierre...
Dans quelques jours (dimanche 19 juin, rendez-vous à 15h), nouvelle présentation des quatre titres de la Petite Brute à l'auditorium de la Halle St-Pierre avec la projection du film de Remy Ricordeau, tiré du troisième livre de la collection (au titre éponyme), Denise et Maurice, dresseurs d'épouvantails. Je serai présent, ainsi que Remy Ricordeau, pour défendre et expliquer le projet de cette collection, montrer les livres, et notamment le quatrième titre, que j'ai écrit, Marcel Vinsard, l'homme aux mille modèles. L'entrée est libre, bien entendu.

Bruno Montpied, quatrième titre de la collection La Petite Brute
Ce dernier livre, qui est une petite monographie consacrée à un créateur d'environnement peu chroniqué jusqu'à présent (72 p., et 65 illustrations en couleur), sera en vente en avant-première à un prix exceptionnel (révélé le jour même, ou bien encore ici), à la manière d'une souscription en quelque sorte. Sa sortie en librairie n'est prévue en effet que pour octobre. Si vous voulez profiter de l'occasion, venez donc nous en serrer cinq et acquérir du coup quelques livres. Les autres titres seront également en dédicace : le premier de la collection, Remy Ricordeau, Visionnaires de Taïwan, le deuxième, Bruno Montpied, Andrée Acézat, oublier le passé, et le troisième, Remy Ricordeau, Denise et Maurice, dresseurs d'épouvantails. Ces titres, inutile de le rappeler, mais je le fais quand même, sont d'ores et déjà disponibles en permanence à la librairie de la Halle St-Pierre, qui reste LA librairie de référence en matière de documentation sur l'art brut et apparentés.

Les épouvantails-mannequins de Denise Chalvet et Maurice Gladine dans l'Aubrac, photo Bruno Montpied, 2012

Chez Marcel Vinsard (en Isère), un rassemblement de masques et sujets divers en polystyrène peint, ph. B.M., 2013

14/06/2016 | Lien permanent | Commentaires (6)
Dégringolade d'avortons et autres spectres chez Dettinger: Ruzena et Pierre Blondeau
La galerie Dettinger a loué ses locaux à des fantômes d'êtres qui ressemblent furieusement à des mort-nés et des poupées d'exorcisme. A des mort-nés surtout dans le cas de Ruzena.
Ruzena, sans titre, technique mixte sur papier, 60x40cm, 2014
Parce que, du côté de l'autre artiste présenté, Pierre Blondeau, on se croirait plutôt en présence de poupées pour zombies, du genre de celles qu'on pourrait imaginer aux mains des cadavres quand ceux-ci tentent de se distraire dans la froideur de leurs sépulcres. Ruzena adore accoucher, si j'ose dire, de ces esprits, parfois proches du phasme, qui paraissent comme recueillis, en larmes presque, pleurant leur impossible naissance au monde réel, condamnés à venir rôder à jamais sur la rugosité des grandes feuilles de papier où l'artiste obsessionnellement les couche, farfadets, petits démons aussi bien, si l'on veut, certains autres jours, comme lorsqu'on les voyait, à une époque, cernant des familles entières de bons Français mis sur leur 31.

Ruzena, portrait de famille, mai 2008, technique mixte sur photo, ph. Bruno Montpied
Blondeau doit hanter quant à lui, non les cimetières (quoique...Vaudous...?), mais les cultures autres, loin de l'Europe et de ses anciens parapets, du côté de l'Afrique peut-être, cette Afrique que le galeriste Alain Dettinger, place Gailleton à Lyon, expose tout au long de l'année, sur des rayons parallèles de sa si originale galerie...

Ruzena, "dessins"-Pierre Blondeau, "mutants mutins", du 30 janvier au 27 février, Galerie Dettinger-Mayer, 4, place Gailleton, 69002 Lyon. Tél 04 72 41 07 80. <www.galerie-dettinger-mayer.com> et dkart2@yahoo.com
04/02/2016 | Lien permanent | Commentaires (2)
Pierre Richard, le codex énigmatique d'un paysan lorrain récemment révélé

L'étui du livre des éditions Artulis consacré à Pierre Richard.
Samedi 25 janvier, à l'auditorium de la Halle Saint-Pierre, on en saura plus sur les grimoires énigmatiques d'un autodidacte lorrain, Pierre Richard (1802-1879), récemment édités et révélés par les éditions Artulis Pierrette Turlais, hélas à un prix prohibitif (230€), afin, certes, de le présenter au mieux (en partie en fac-similé) et de manière suffisamment ample, mais tout de même, ce prix et le tirage (250 exemplaires numérotés, avec 500 images, 280 pages...) rendent l'ouvrage peu démocratiquement accessible, réservé à une coterie de spécialistes capables de casser leurs tirelires... Ce qui peut paraître volontiers paradoxal, étant donné l'origine populaire de cette œuvre.
L'éditeur annonce cependant une édition numérique "à destination des internautes" (et si, moi, je préfère lire sur papier? Ben, zut, faut que je sois assez riche pour me payer le fac similé) mais pour le moment, ce doit être trop tôt, "l'exploration", comme dit le site des éditions Artulis, n'est pas encore disponible. Et lorsque ce sera fait, qu'y trouvera-t-on? Le manuscrit brut en entier, des extraits? Et les commentaires des érudits qui sont publiés dans le fac-similé sur papier? Loin de cette approche bibliophilique, il me semble qu'une édition de poche, donnant une synthèse sur ces trois grimoires (aux contenus apparemment très répétitifs), avec quelques commentaires condensés, comme une première approche informative, et sans trop d'analyses et interprétations, aurait pu être envisagée.


Il s'agirait de livres de magie, riches d'environ 750 planches, montrant des "dessins, monogrammes, cercles ornés, mises en scène de la Passion, alphabets et autres écritures cabalistiques", réalisés pour une part en Moselle au cours d'une réclusion asilaire. L'œuvre sera présentée samedi 25 par François Pétry (historien, archéologue, conservateur en chef honoraire du patrimoine), Lise Maurer (psychanalyste), Christophe Boulanger (attaché de conservation en charge de l'art brut au LaM de Villeneuve-d'Ascq) et Pierrette Turlais l'éditrice.
Pour réserver sa place (de 16h30 à 18h30, samedi), il est prudent de réserver au 01 42 58 72 89.
19/01/2020 | Lien permanent | Commentaires (5)
”Le truc qui m'énerve”, par Pierre Chevrier (suite à ”Détestations (1)”)
LE TRUC QUI M’ÉNERVE
La cravate
Ça n’est pas tellement la cravate qui m’énerve, mais plutôt les mecs qui en portent une, par obligation ou discipline ; qu’est-ce que ça veut dire? Moi, je n’ai pas de cravate ; ou plutôt si : une, avec Wallace et Gromit dessus ; le nœud est toujours fait et je la mets pour le théâtre, comme une caricature. J’avais vachement aimé quand les « Grünen » étaient apparus au Bundestag en 1983, en pulls et en baskets ; y’avait même des mecs qui tricotaient en séance. Maintenant les Verts sont coiffés-cravatés comme les autres, bien alignés en uniforme ; c’est que le pouvoir est au bout de la cravate! Parfois, je me dis que, si j’avais porté une cravate, je serais peut-être empereur à l’heure qu’il est ; je n’arrive pas à éprouver du regret...
Y…
Je ne sais pas si vous avez remarqué ‒ on voit beaucoup ça en BD (je lis énormément de BD) ‒, quand il faut mettre le 3e pronom, « il », ou « ils », pour faire oral et familier, les auteurs-lettreurs mettent « y » : « Y m’a dit... », « Y paraît...», etc. Mais réfléchissez un peu, nom d’un petit bonhomme ! Le « Y » dans la langue française écrite a déjà des fonctions bien identifiées (adverbe et pronom) ; pour signifier le pronom personnel « il » et sa troncation, il suffirait donc, à l’écrit, de faire comme à l’oral : de supprimer le « l », et d’écrire tout bêtement « i », avec une apostrophe, si on veut, pour bien faire voir que ça correspond à une élision: « i’ ». D'ailleurs, certains écrivains québécois, comme par exemple Réjean Ducharme, utilisent cette résolution graphique dans leurs romans ; c’est bien plus adapté !
Les "épingles" à linge¹
Vous, je sais pas, mais moi, à chaque fois que je dois étendre du linge, je trouve les épingles enfoncées jusqu’à la charnière, et il faut les reprendre une par une pour les faire glisser sur le fil ; parce que, si vous avez bien remarqué, les épingles à linge sont parfaitement conçues : elles présentent un ingénieux système de gorge qui leur permet de coulisser facilement, « frrrrt, frrrt... », sur le fil, tout en restant suspendues. C’est pratique. Mais quand elles sont engagées à fond, le bois (ou le plastique) coince, et ça ne glisse plus ; c’est tout bête. Alors, si un jour je dois aller étendre du linge chez vous, veillez à ce que les épingles soient bien disposées pour coulisser ; sinon, je n’y retournerai pas deux fois !
Extraits de L’Horreur vagabonde n° 4-5-6, septembre 2014. Plusieurs numéros récents de cette feuille sont accessibles sur le site de Gérard Minault (voir en colonne de gauche).
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¹ L'auteur veut bien sûr ici parler des "pinces" à linge. Mais, comme il me l'a confirmé, il s'agit ici d'un mot des familles, une erreur qui, avec le temps, a pris force de loi dans sa famille.
31/08/2019 | Lien permanent | Commentaires (5)
Benjamin Péret à la Halle Saint-Pierre, quelques événements pour un riche retour sous la lumière
Du 8 au 28 janvier, la Halle Saint-Pierre accueille une évocation de Benjamin Péret dans sa "galerie" du rez-de-chaussée, centrée sur les voyages qu'il fit entre 1955 et 1956, fasciné par les arts des Indiens et l'art populaire du Brésil. En effet, les éditions du Sandre, au même moment où elles publiaient mon Gazouillis des Eléphants – qui traite aussi d'art populaire – a sorti en novembre 2017 un beau livre consacré à Benjamin Péret et intitulé Les arts primitifs et populaires du Brésil, photographies inédites, qui illustre une fois de plus le profond intérêt qu'éprouvait le poète surréaliste pour l'art primesautier où qu'il se manifeste dans le monde. Si la galerie de la Halle présente sept vitrines d'exposition de différents documents et objets relatifs à cette période de la quête pérétienne, le tout sous le titre "Du merveilleux, partout, de tous les temps, de tous les instants", il convient de signaler – outre le vernissage (en entrée libre, comme tout ce qui concerne ces événements) autour de Péret qui aura lieu le jeudi 11 janvier prochain de 18h à 21h – également une après-midi consacrée à la présentation du livre, ainsi qu'à celle du dernier numéro (le n°6) des Cahiers Benjamin Péret dans l'auditorium de la Halle, au sous-sol, le dimanche suivant 14 janvier, à 15h. Cela se fera en présence de Leonor de Abreu et de Jérôme Duwa, co-responsables du livre des éditions du Sandre, ainsi que de Gérard Roche (président de l'Association des amis de BP), celui-là même qui vient de signer la magnifique et vivante édition de la correspondance André Breton-Benjamin Péret chez Gallimard (2017).


Une correspondance fascinante, pleine de vie, qui restitue les deux poètes avec une spontanéité et une chair que l'on ne rencontre pas de la même manière dans leurs autres écrits (même si Péret écrivait comme il respirait) ; certainement un des meilleurs volumes de la correspondance jusqu'ici parue concernant Breton. A n'en pas douter, ce furent eux les piliers du château étoilé...
Il faut dire que l'actualité éditoriale est richement consacrée au retour de Benjamin Péret dans nos esprits et dans notre mémoire en ce moment. Il ne faut pas oublier de mentionner en effet la très bonne biographie de Barthélémy Schwartz, Benjamin Péret, l'astre noir du surréalisme, parue en 2016 chez Libertalia¹, qui permettra à tous ceux qui apprécient cet enfant terrible de la poésie, de l'amour sublime et de la révolte, s'ils ne savent pas de qui il s'agit exactement, de faire un copieux tour du personnage, documenté de faits, d'analyses et d'anecdotes savoureuses comme celle qui campe Péret, sortant de chez André Masson, et qui, chaque fois qu'il passait devant la loge où les concierges laissaient voir leur repas en famille, lançait : "Alors? Elle est bonne la merde?", ou encore cette autre, racontée par Marcel Duhamel, où, déambulant en voiture avec Tanguy, Prévert et Duhamel, il tirait au revolver en l'air au long des routes, comme un fêtard mexicain...

Photo de Benjamin Péret extraite du livre aux éditions du Sandre ; Lampião et Maria Bonita, céramique polychrome, Mestre Vitalino, Caruaru, État du Pernambouc, coll. Museu de Arte Popular, Recife.
Benjamin Péret, comme le souligne pertinemment Schwartz dans sa biographie, était un des rares autodidactes du mouvement surréaliste, avec Yves Tanguy, par ailleurs d'origine bretonne comme lui (Péret était nantais). Cela est à mettre en liaison directe avec son goût jamais démenti pour les techniques automatiques surréalistes, lui servant à lâcher les rênes d'une inspiration qui ne mettait jamais longtemps à traîner dans la boue les autorités, le clergé, l'armée, les juges, tout ce qui s'opposait à l'exercice de la liberté et de l'amour. Et cela explique aussi, outre le fait qu'il était de par ses origines prolétaires anti élitiste et anti bourgeois, sa compréhension profonde pour les arts populaires, les mythes et légendes dont il prisait essentiellement l'esprit magique, le merveilleux sous toutes ses formes (voir par exemple cet article qu'il consacra dans Minotaure aux armures délirantes de la Renaissance, ou aux automates) et vers la dernière partie de sa vie, pour deux figures importantes de l'art singulier (aux limites de l'art brut), Robert Tatin et Gaston Chaissac.

En effet, si l'on connaît le texte qu'il consacra à Chaissac, daté de 1958, dans l'édition de luxe des Inspirés et leurs demeures de Gilles Ehrmann, L'homme du point du jour, tel qu'édité dans le livre d'Henri-Claude Cousseau sur l'œuvre graphique de Chaissac chez l'éditeur Jacques Damase en 1982, texte différent (on découvre en effet des paragraphes alternatifs d'une version à l'autre...) de la version intitulée Sur Chaissac dans Benjamin Péret, Œuvres complètes Tome VI (Association des amis de Benjamin Péret/libraire José Corti, 1992), on connaît bien moins le texte étonnant qu'il écrivit pour présenter Robert Tatin en 1948 (il venait de rentrer du Mexique en France), découvert par hasard semble-t-il, dans une galerie rue du Petit-Musc à Paris. Ce texte – inédit dans ses Œuvres Complètes – avait été proposé à Jean Dubuffet pour le projet d'Almanach de l'Art brut que ce dernier décida finalement de ne pas publier, en raison probablement de son désaccord ultérieur avec Breton. Il vient d'être (enfin) publié (en 2017, là aussi), en reprint d'après les tapuscrits, par la Collection de l'Art Brut, l'Institut Suisse d'Etude de l'Art et 5 Continents. Il nous montre que Péret n'eut de cesse de veiller aux irruptions de poésie sauvage qu'elles proviennent des jungles amazonienne ou mexicaine, ou de zones marginales de la créativité populaire en France. Voici un passage qu'il écrit au sujet de Tatin, alors seulement céramiste et peintre, et n'ayant donc pas commencé son environnement ébouriffant et syncrétique de la Frénouse à Cossé-le-Vivien en Mayenne (il recroisera la route des surréalistes au début des années 1960, ce que Péret n'aura pas su puisqu'il décédera en 1959) : "Sa peinture a en effet la force primitive de tous les arts archaïques (...) Robert Tatin revient donc aux origines mêmes de l'art, au point d'intersection qui contient en puissance l'infini des possibilités." (L'Almanach de l'Art Brut, p. 473). Dans ce même Almanach, on trouve un autre texte sur les peintures populaires des cafés mexicains où l'on buvait de la pulque (alcool d'agave), Enseignes de pulquerias. Il me semble qu'il a été édité dans ses Œuvres complètes, dans le tome VII (à vérifier). A propos de ces Œuvres complètes (sept jusqu'à présent), on notera aussi un texte qu'il consacra à l'architecture délirante de Gaudi à Barcelone.
Péret aurait vécu plus longtemps, nul doute qu'il aurait fait un tour plus appuyé du côté de tous les inclassables de l'art et autres poètes plastiques de la spontanéité apparus après les années 1960, du côté de l'art brut et dans ses marges. De l'art brut, je n'ai relevé jusqu'à présent qu'une mention par Péret. Elle figure dans son texte contre l'art abstrait, La soupe déshydratée, paru dans l'almanach surréaliste du demi siècle (réédité par Plasma en 1978). Et il est dit quelque part (un texte d'exégète dans la récente édition de l'Almanach de l'art brut ? J'avoue avoir la flemme d'aller retrouver la source...) qu'il accompagna Breton et Dubuffet aux Puces lorsqu'il s'agit d'aller acquérir des masques en coquillage de Pascal-Désir Maisonneuve vers 1948, à l'époque où tout allait encore bien entre le pape de l'art brut naissant et le chef de file du mouvement surréaliste...
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¹ On rappellera aussi le film de Remy Ricordeau, déjà signalé sur ce blog, Je ne mange pas de ce pain-là, Benjamin Péret poète c'est-à-dire révolutionnaire, sorti en DVD, production Seven Doc, sorti en 2015. La première partie de son titre est repris du titre d'un des recueils de Péret, tandis que la deuxième récupère un autre titre, celui d'une émission de radio de Guy Prévan de 1999, elle-même, comme il est précisé dans les commentaires ci-après par R.R.., reprenant un fragment du Déshonneur des poètes, ce livre de Péret contre la poésie de circonstance qui fit scandale chez les Aragonéluards en 1945, puisqu' y étaient visés les poètes stalino-nationalistes qui à la Libération confisquaient la vie culturelle à Paris.
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07/01/2018 | Lien permanent | Commentaires (7)



