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Les éléphants qui gazouillent, actualités à la Halle St-Pierre et à Nice (Festival du Film d'Art Singulier)
Cela fait quelque temps que je n'ai pas parlé de ce qui advient autour de mon livre, Le Gazouillis des éléphants, mon inventaire d'environ 300 environnements populaires spontanés français, aux éditions du Sandre. Il est utile peut-être de signaler aux retardataires, qui ne se le seraient pas encore procuré, qu'il est désormais officiellement épuisé, à la fois chez le diffuseur (Harmonia mundi) et chez l'éditeur...
On peut cependant encore le dénicher chez les quelques libraires qui ont décidé d'en garder des exemplaires en cas de demande de dernière minute. Au premier rang desquels, on peut citer la librairie parisienne de la Halle St-Pierre qui en possède encore une petite vingtaine. Du reste, dans le cadre de la manifestation culturelle "Le Pari des librairies", je serai amené à dédicacer l'ouvrage à la Halle St-Pierre le vendredi 8 juin à 16 heures (ça se passe dans le hall) pour ceux qui voudraient l'acquérir.
Le livre traîne dans d'autres librairies sans que je sache bien les identifier. On me l'a signalé récemment acheté à Sète, par exemple. J'ai vu un exemplaire qui "résistait" également au bout du rayon "art brut" de la librairie L'Ecume des pages à St-Germain-des-prés. Il est probable que le comptoir de livres de la collection de l'Art Brut à Lausanne en a encore quelques exemplaires...(?) Etc. Si vous en voyez ici ou là, n'hésitez pas à le signaler à mes lecteurs via les commentaires suivant cette note. Cela peut être un agréable jeu de pistes.
Une autre occasion se présentera plus tôt, dans une semaine exactement, le 1er juin prochain, à Nice, à la librairie Masséna (55 rue Gioffredo), de 19h à 20h30, pour parler de mon livre et pour le dédicacer également auprès des amateurs. La librairie aura une dizaine d'exemplaires à vendre. Je causerai du livre avec le libraire et l'animateur du festival de cinéma autour des arts singuliers, Pierre-Jean Wurst, qui m'invite à la fois pour cette soirée du 1er, et le lendemain matin aussi, le samedi 2 juin donc, dans l'auditorium du musée d'art moderne et d'art contemporain (MAMAC) de Nice, dans le cadre de l'association Hors-Champ. Entre 10h30 et 12h, je présenterai succinctement en effet quelques films sur des créateurs d'environnements que l'on peut retrouver dans mon Gazouillis, comme François Michaud, Jean-Marie Massou (rencontre de 1987), Raymond Guitet, Marcel Landreau, et Roméo Gérolami. Jugez plutôt du programme de ces festivités (je vous le mets aussi en lien vers un fichier pdf plus lisible):
Programme du 21e Festival du Film d'Art singulier, juin 2018.
Les trois créateurs, Massou, Guitet et Landreau, figurant à cette projection, furent filmés par moi en format Super 8 (du cinéma amateur, donc – ce qui suffit à me faire qualifier parfois du titre ronflant de "cinéaste", surtout après avoir lu la fiche qui a été consacrée au groupe, plus informel et éphémère qu'autre chose, Zoom back Caméra!, sur Wikipédia, auquel son auteur me fait appartenir d'une manière un peu "romancée"¹ ; voir aussi la fiche qui m'a été plus spécifiquement consacrée). Les deux films sur les deux derniers sont trouvables en DVD dans les bonus du film Bricoleurs de paradis qui fut joint à mon livre Eloge des jardins anarchiques, paru aux éditions L'Insomniaque en 2011. Le petit film sur Massou est désormais une rareté. Il fut tourné en effet en 1987, bien longtemps avant le film d'Antoine Boutet (certes infiniment plus professionnel...), à une époque où Massou, encore vigoureux, grimpait à mains nues aux arbres, ou descendait pareillement dans les excavations qu'il creusait comme une taupe humaine un peu partout sur son terrain lotois. Je l'ai assez peu projeté en public. Les dernières fois, ce fut sans doute d'ailleurs déjà dans ce même festival à Nice (voir le petit dictionnaire Hors-Champ de l'art brut au cinéma aux éditions de l'Antre, livre disponible à l'occasion du festival).
Sinon, autre petite nouvelle concernant le Gazouillis, le livre a été offert par un de mes lecteurs, Laurent Jacquy (voir le blog Les Beaux dimanches), à un créateur présent dedans, José Leitao (voir sa notice du Gazouillis, trouvable à la région Picardie, département de la Somme). Ce dernier, qui s'était un peu arrêté de sculpter est, paraît-il, reparti de plus belle, encouragé, paraît-il par sa présence dans le livre. En tout cas, j'aime à le croire...

José Leitao avec le Gazouillis des éléphants, mai 2018, ph. Laurent Jacquy.

José Leitao, ph. Laurent Jacquy, mai 2018.
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¹ Le groupe "Zoom back, caméra!", que l'auteur de la fiche Wikipédia présente comme ayant eu des activités "entre 1974 et 1984", n'a pas réellement existé, en toute rigueur historique. Nous étions trois amis, qui faisions effectivement diverses expérimentations à cette époque, telles que décrites avec justesse dans la notice, mais sans s'être organisés réellement, formellement, en groupe avec un nom. Le nom de "Zoom back, caméra!" (emprunté je crois à une réplique du film de Jodorowsky, La montagne sacrée, qui nous faisait beaucoup rire, Jacques Burtin et moi) ne fut proposé, en manière de plaisanterie surtout, comme si nous étions vraiment un groupe, qu'à l'occasion de la projection dans le cadre du salon lettriste Ecritures en 1977 au musée du Luxembourg.
Et jamais à une autre occasion! Nos expérimentations se passaient le plus souvent à deux, tantôt Jacques Burtin et moi, tantôt Jacques avec Vincent Gille. Les expérimentations à trois (une conversation automatique qui échoua lamentablement, des photographies de situations créées, une peinture collective de tableau, le Triangle) furent rares.
25/05/2018 | Lien permanent | Commentaires (6)
La tour Eiffel de Petit Pierre est en danger, la Fabuloserie a besoin d'aide
Tous les amateurs d'art brut et d'environnements en plein air connaissent "le Manège" de Pierre Avezard qui a été sauvegardé par Alain et Caroline Bourbonnais dans leur parc-musée de la Fabuloserie à Dicy, dans l'Yonne. Or, aujourd'hui, suite aux injures du temps, leurs filles Sophie et Agnès, qui ont repris les rênes du musée, tentent avec les moyens du bord de préserver ce patrimoine populaire fragile et précieux. Elles constatent que certaines parties du Manège s'abîment dangereusement, et notamment la tour Eiffel en bois, que Petit Pierre avait bâtie au fur et à mesure en y grimpant sans la moindre grue ou aide quelconque. Voici l'appel qu'elles lancent ces jours-ci à tous les défenseurs de ce joyau de l'art brut. Chacun peut faire un effort pour apporter sa pierre à la restauration de ce chef-d'œuvre en péril, d'autant que les pouvoirs publics et leur armée de bureaucrates ne lèvent bien entendu pas le petit doigt :
"Bonjour,
Vous, dont nous connaissons tout l'intérêt que vous portez à l'art brut et apparentés et qui nous suivez depuis de longues années, vous n’êtes pas sans savoir que La Fabuloserie a la chance de présenter dans son « jardin habité » un des environnements majeurs de l’art brut : le Manège de Petit Pierre !
Ce joyau emblématique nous a été confié par Léon Avezard, le frère de Petit Pierre, sur l’instigation de Laurent Danchin, il y a 34 ans ; depuis, conscients de l’immense responsabilité qui nous échoit, nous le chouchoutons. Or, malgré nos soins, il n’échappe pas aux outrages du temps et des intempéries.
Las, la tour Eiffel (23 m de haut), bien qu’haubanée, se prend pour une danseuse, certes élégante, mais qui risque de faire son dernier tour de piste si nous n’agissons pas.

Alors que les confinements successifs ont privé et vont encore priver le musée d’une grande partie de ses visiteurs, notre première démarche a été de nous tourner vers la Région et la DRAC mais, malgré l’urgence de la situation, les réponses négatives se sont succédées. Aussi, nous n’avons d’autre recours que de lancer une campagne de financement participatif pour réaliser, ce printemps même, la sauvegarde de la tour Eiffel et de la Cabine depuis laquelle Petit Pierre actionnait son Manège.
Vous êtes nos meilleurs ambassadeurs c’est pourquoi je vous préviens, en avant-première, pour attirer votre attention et solliciter de votre part un relais de cette campagne parmi vos connaissances.
Le lien : http://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/sauvetage-de-...
Un grand merci d’avance,
Qu'attend notre Ministre de la Culture bling-bling, ou, à défaut, ses secrétaires – puisque la voilà hospitalisée – pour se préoccuper de cette huitième Merveille du monde, chef d'oeuvre d'art populaire dans un autre genre bien différent du Palais Idéal du Facteur Cheval? Il est aussi merveilleux dans le genre fragile et poétique que le chef d'oeuvre de rocaille solide et monumental de la Drôme. Ce serait une bien meilleure action que de décorer ce bouffon de Michel Sardou. Le patrimoine populaire a droit à autant d'égards que les églises ou les palais. Et ce serait une preuve que l'on s'intéresse en haut lieu, du côté des soi-disant "premiers de corvée", enfin, au peuple.
30/03/2021 | Lien permanent
Evocation et hommage à Jean-Marie Massou à la Halle Saint-Pierre le 4 décembre
Un livre sort sur Jean-Marie Massou (1950-2020), homme des bois, creuseur de galeries souterraines, chanteur de mélopées au fond de ses souterrains, prophète accessoirement (mais qui ne l'était pas dans les années 1970, 1980?) de la fin du monde et de l'urgence de ne plus faire d'enfants, interpelleur des media sur cette question (et particulièrment Mireille Mathieu, du moins à l'époque où je l'ai rencontré en 1987 ; on me dit que par la suite, il pensa plutôt à Brigitte Bardot et ses bébés phoques comme porte-paroles...), archéologue sauvage (ses trous, c'était parce qu'il était persuadé qu'il trouverait un nouveau Lascaux sous son bois), graveur de pictogrammes sur pierres parce qu'il ne trouvait pas de Lascaux justement, et qu'il avait entendu parler des signes gravés sur les rochers de la Vallée des Merveilles dans les Alpes du Sud... Et depuis quelque temps, depuis que des nouveaux amateurs du personnage se sont intéressés à lui, l'ont aidé, l'ont enregistré, ont reccueilli ses expérimentations graphiques diverses, Massou et devenu aussi un "artiste", selon cette terminologie que personnellement je continue à trouver confusionnelle (s'il était "artiste", tout le monde le serait, et à la fin des fins, le mot n'aurait plus le sens qu'il a aujourd'hui et deviendrait synonyme d'homme ; artiste, ce n'est pas qu'une pratique expressive, c'est aussi une raison sociale, une profession considérée comme un peu à part, de l'ordre d'une caste élitiste, ou maudite, selon les points de vue, dans tous les cas, à part...).

Des productions (collage, photos, pierre gravée, dessins) de Jen-Marie Massou exposées au cours d'une manifestation temporaire au LaM de Villeneuve-d'Ascq, ph. Bruno Montpied, 2018.
Or, je trouve que les œuvres qui nous sont présentées, en particulier dans le livre de la Belle Brute and co, des gravures, des croquis sur ses enveloppes de cassettes audio, des dessins assez sommaires, des collages sans grande originalité, ses chants eux-mêmes (peut-être le meilleur de sa production), ressemblant à des cantiques détournés, ces artefacts déplacent le sens à tirer de l'existence de Massou. Ce ne sont pas ces pauvres schémas aux limites de l'informe qui font l'intérêt de ce personnage, c'est plutôt la conduite de sa vie, l'amour de sa mère, au point d'être allé chercher son cadavre au cimetière après sa mort, parce qu'il ne pouvait accepter sa chute dans le néant, c'est sa croyance aux extra-terrestres chargés après l'apocalypse qui ne pouvait manquer d'arriver selon lui (avait-il tort sur ce point?) de créer un monde radieux pour les survivants, son amour pour les minéraux, ses fouilles à la poursuite d'un rêve de civilisation préhistorique inconnue...

Jean-Marie Massou et Gaston Mouly, filmés par Bruno Montpied, lors de notre rencontre à trois en 1987 ; on aperçoit la poulie et la corde qui permettaient à Massou de remonter divers objets ou masses du fonds du puits qu'il avait creusé à mains nues, situé à côté de lui, caché par l'angle de prise de vue ; photogramme extrait de Jean-Marie Massou, un archéolo,gue sauvage, film Super 8 inclus dans B. Montpied, Les Jardins de l'art immédiat, ensemble de seize petits films tournés entre 1982 et 1992, disponibles à la bibliothèque Dominique Bozo du LaM à Villeneuve-d'Ascq, ou dans la Documentation de la Collection de l'Art Brut à Lausanne.
Le livre sur Massou est édité par Knock outsider, la Belle Brute, et Art et Marges, et cela accompagne une expo toujours sur Massou dans ce même centre Art et Marges, à Bruxelles (elle se tient du 23 novembre 2022 jusqu'au 19 mars 2023).
Bon, à Paris, à l'auditorium de la Halle Saint-Pierre, il y a de plus un petit événement pour marquer cette expo et ce livre, avec une conférence de la directrice d'un atelier pour handicapés mentaux (la S grand atelier), Anne-Françoise Rouche, qui aime plaider pour une mixité (encore la confusion...) ou un "décloisonnement" entre l'art brut et l'art contemporain (si l'art brut fut jamais enfermé dans des cloisons, ce fut lorsque Dubuffet tenta de le révéler et qu'on le regarda faire du bout des lèvres, en s'en moquant ; c'est l'establishment qui érigea des cloisons, pas ceux qui défendirent l'art brut avec les pauvres moyens dont il disposait - j'en fais toujours partie). Ce "décloisonnement" colle bien avec les menées des marchands et des galeristes, désireux d'élargir leurs clientèles...

Ce dimanche 4 décembre, il y aura de surcroît, dit le programme, et c'est le plus intéressant, la projection du très bon documentaire d'Antoine Boutet, le Plein Pays (2015). Voir l'annonce plus haut dans cette note. C'est à partir de 15h30 jusqu'à 17h.
30/11/2022 | Lien permanent | Commentaires (9)
”Des Pays Habitables”, six numéros, et ”Alcheringa”, trois numéros, des revues amies à la Halle Saint-Pierre
Cette rencontre (au sommet) de deux revues – auxquelles je participe (pour le n° 5 de Des Pays Habitables, et pour les numéros 2 et 3 d'Alcheringa) – aura lieu samedi 22 octobre prochain, à 15h dans l'auditorium de la Halle Saint-Pierre. Il y aura présentation de sa revue par l'animateur de Des Pays Habitables, Joël Cornuault, avec lecture de quelques textes de James Ensor par Nicolas Eprendre, et présentation de la leur – Alcheringa (Le temps du rêve, en langage aborigène d'Australie) – par trois membres du groupe surréaliste de Paris, Guy Girard, Sylwia Chrostowska et Joël Gayraud. Pour clore la réunion, qui devrait durer environ une heure (et plus si affinités), je serai également présent pour ajouter aux traits d'union entre ces revues cousines, en passant quelques images en rapport avec mes contributions dans les deux publications, contributions ayant bien sûr à voir, me connaissant – et connaissant ce blog –, avec les arts spontanés (bruts, naïfs, populaires). En l'occurrence, il s'agira d'oeuvres réalisées par divers autodidactes, certaines (celles d'Emile Posteaux, sculpteur de bouchons de champagne), datant des années 1930, d'autres plus récentes, plus ou moins en rapport avec des tentations infernales...

Gabriel Jenny, sans titre (crèche "païenne"), terre cuite vernissée, 43 x 35 cm, années 2000 (?) ; photo et collection Bruno Montpied ; cette photo sera projetée samedi parmi 13 autres ayant un un rapport avec deux de mes articles dans les revues.
Ce sera aussi l'occasion pour les deux revues de proposer à l'achat les derniers numéros parus, le 6 pour Des Pays Habitables et le 3 pour Alcheringa. Les anciens numéros seront églement disponibles bien sûr.

Des Pays Habitables n°5, couverture et 4e de couv'.
On en saura plus en consultant la newsletter des "événements" à la Halle Saint-Pierre: https://www.hallesaintpierre.org/2022/09/05/lectures/
Pour se procurer la revue Des Pays Habitables, on peut en savoir plus en allant sur le site web des éditions La Brèche. Ce sera aussi l'occasion de consulter les autres livres toujours séduisants que cette maison édite. A signaler en particulier la réédition par La Brèche du merveilleux Journal de neiges du poète Jean-Pierre Goff (un journal tenu uniquement les jours de neige à Paris) qui n'avait pas été republié depuis 1983 (voir ci-dessous la couverture de l'édition originale de 83 – qui a malheureusement pris un "coup de soleil"–, ainsi que le dessin (fait à la carte à gratter, il me semble) que Jean Benoît avait offert à Le Goff en guise de frontispice).

La réédition du Journal de neiges de Jean-Pierre Le Goff par La Brèche éditions, 2022.

L'édition originale aux éditions le Hasard d'être, 1983.

Dessin en frontispice de l'édition originale de Jean Benoît ; le petit homme moustachu sur le chemin, c'est Le Goff bien sûr.
19/10/2022 | Lien permanent
Appel du 18 juin: ”Alcheringa” n°4 est paru et ses animateurs viennent en causer à la Halle Saint-Pierre
Alcheringa, j'en ai déjà parlé lors de la parution de son n°3. Il continue de se manifester, puisque son n°4 sort à présent, toujours édité (et maquetté) par Venus d'Ailleurs du côté de Nîmes. Il sera présenté dimanche prochain à l'auditorium de la Halle, à 15h, en présence de Joël Gayraud, Guy Girard, Régis Gayraud et mézigue. Je dois y présenter en effet les articles que j'ai donnés à la revue, l'un sur l'art en commun (il y aura quelques images projetées) et l'autre, plus réduit, consacré à une remarque concernant le catalogue de la récente exposition "Chercher l'or du temps", consacrée au surréalisme, l'art magique et l'art brut, au LaM de Villeneuve-d'Ascq. Ce catalogue contient en effet une prodigieuse découverte due à l'une des conservatrices de ce musée, Jeanne Bathilde-Lacourt, découverte qui regarde les prémisses de la collection d'art brut de Jean Dubuffet. Il me paraissait important de la souligner un peu plus, notamment auprès de lecteurs intéressés par le surréalisme.

Voici le sommaire de la revue:
Numéro 4 - Été 2023
(128 pages ; 22 €)
Dans ce numéro:
Guy Girard, Devant le feu
Joël Gayraud, Métamorphoses de l’alkahest
Sylwia Chrostowska, Tout et son contraire
Jacques Brunius, Le jardin n’a pas de porte
Bruno Montpied, L’art en commun, si peu commun…
Laurens Vancrevel, Will Alexander et l’usage surréaliste du langage
Natan Schäfer, Vers le Phalanstère du Saï
Régis Gayraud, Souvenons-nous de Serge Romoff.
Autour d’une lettre inédite d’André Breton
ainsi que d’autres articles, poèmes, récits de rêves, notes critiques et images par :
René Alleau, Aurélie Aura, Jean-Marc Baholet, Anny Bonnin, Massimo Borghese, Anithe de Carvalho, Eugenio Castro, Claude-Lucien Cauët, Juliette Cerisier, Sylwia Chrostowska, Darnish, W. A. Davison, Gabriel Derkevorkian, Kathy Fox, Antonella Gandini, Joël Gayraud, Régis Gayraud, Yoan Armand Gil, Guy Girard, Beatriz Hausner, Jindřich Heisler, Alexis Jallez, S. L. Higgins, Marianne van Hirtum, Richard Humphry, Andrew Lass, Michael Löwy, Albert Marenčin, Alice Massénat, Bruno Montpied, Peculiar Mormyrid, Leeza Pye, Pavel Rezniček, Alain Roussel, Bertrand Schmitt, Carlos Schwabe, Petra Simkova, Dan Stanciu, Wedgwood Steventon, Ludovic Tac, Virginia Tentindo, Marina Vicehelm, Sasha Vlad, Susana Wald, Gabriela Žiaková, Michel Zimbacca.

Bruno Montpied et Petra Simkova, "Des êtres se rencontrent et une douce musique s'élève dans leurs cœurs", hommage à Jens-August Schade, 3 x 4 m, peinture industrielle sur toile PVC, 1999.
Des exemplaires de la revue seront bien sûr ensuite disponibles à la vente dans la librairie de la Halle Saint-Pierre.
Signalons aussi par la même occasion la parution d'un autre n°4, de la revue L'Or aux 13 îles (qui devient également un foyer éditorial), qui lui de même qu'Alcheringa est disponible à la vente à la librairie de la HSP (accompagnant, c'est à noter, les trois premiers numéros de la revue, qui contiennent trois articles copieux de moi-même: dans le n°1 (2010), un grand dossier sur les bois sculptés de l'abbé Fouré, où j'avais réédité le Guide du Musée de l'ermite, dans le n°2, une prose poétique sur ma collection illustrée de plusieurs reproductions, Le royaume parallèle, et dans le n°3, un article sur les bouteilles peintes de Louis et Céline Beynet, des autodidactes inconnus et inventifs qui vivaient en Limagne, près d'Issoire).
14/06/2023 | Lien permanent | Commentaires (10)
Alicia Lasne à la Halle Saint-Pierre et à l'Atelier Véron
Pour sa nouvelle exposition de rentrée ("L'étoffe des rêves"), la Halle Saint-Pierre présente des créations textiles d'auteurs variés. Ce n'est pas sans me rappeler une autre expo qui s'appelait "Sur le fil", organisée par Pascal Saumade et Barnabé Mons à la Folie Wazemmes à Lille, il y a quelques années (en 2009 exactement), qui avait fait le choix, dans la perspective de "l'art modeste", de ne pas se limiter à des créations d'artistes, mais aussi de montrer des créations pas nécessairement "artistiques", comme des canevas par exemple, ou des tissus brodés créés au sein d'un collectif de créatrices serbes. A la Halle, il me semble (l'expo n'est pas encore commencée au moment où j'écris ces lignes), ce ne seront qu'œuvres d'artistes, se revendiquant comme tels.

Au sein de ce projet, on retrouvera dès le 11 septembre, date du vernissage, en particulier les broderies, choisies ici en fonction de leurs plus grandes dimensions, d'Alicia Lasne, cette jeune artiste qu'on peut bien qualifier de "brute", étant donné son statut d'autodidacte, ou de "singulière", étant donné le fait qu'elle cherche à exposer, à la différence des bruts qui pondent sans se soucier pour qui ils pondent. Elle expose parallèlement depuis le 21 août – date bien "goupillée", pour une durée s'étendant jusqu'au 28 septembre – à l'Atelier Véron, première galerie à l'avoir défendue, et lieu que j'ai fortement tendance à soutenir, en particulier parce qu'ils sont montmartrois comme moi, et que nous avons pas mal de goûts en commun, par exemple cette artiste rouennaise, Alicia, sur qui j'ai commis un article dans l'Artension de juillet-août dernier (n°192).

Article de B Montpied sur Alicia Lasne dans Artension n°192.


Exposée à l'Atelier Véron

Alicia Lasne, broderie exposée à la Halle Saint-Pierre.
Influencée par les arts textiles péruviens, son iconographie élabore tout un discours "philosophique" tournant autour de la figure mythique sud-américaine de la Pachamama, sorte de mère-nature que l'autrice trouve de plus en plus agressée, au fur et à mesure des atteintes aux forêts, au réchauffement climatique, aux viols de l'industrie minière.
Beaucoup des travaux d'Alicia sont disponibles à l'Atelier Véron qui achète la majorité de ses productions.
A noter, de surplus, une autre créatrice qui sera présente aussi sur les cimaises de la Halle Saint-Pierre, Polly Vogel, dont l'Atelier Véron avait eu déjà l'occasion d'exposer quelques-uns de ses "monstres sauvages".
Alicia Lasne, sans titre, broderie et accessoires incorporés (des pois chiches par exemple), 60x50 cm, 2025 ; ph. et Coll. B.M.

Polly Vogel, monstres sauvages, ph. B.M.
06/09/2025 | Lien permanent | Commentaires (2)
”Les Cahiers Dessinés”, une expo de dessin tous azimuts à la Halle Saint-Pierre
Cela fait du bien une exposition fourre-tout de temps à autre (j'avais personnellement pas détesté l'expo du "Mur", consacrée à La Maison Rouge, espace qu'il dirige lui-même, par Antoine de Galbert à une bonne partie de sa collection extrêmement éclectique dont il avait laissé le soin de l'accrochage à un programme d'ordinateur qui le conçut de façon aléatoire en fonction des dimensions des œuvres). La Halle St-Pierre, ayant à peine décroché Sous le Vent de l'Art Brut 2 nous en propose une (du genre fourre-tout) entièrement consacrée (du 21 janvier au 14 août), sous l'égide de la revue et de la maison d'édition de Frédéric Pajak Les Cahiers Dessinés, au dessin sous de multiples formes. Je ne ferais pas ici le tour de ce foyer de créativité sympathique, que je regarde à la marge de mes marottes préférées, tout en admirant de loin. Je me contenterai de conseiller celui qui veut en apprendre davantage de se connecter au site de la revue (qui s'intitule pour ce qui la concerne, seulement elle, au singulier, Le Cahier Dessiné), ou de venir voir l'expo et la librairie de la Halle St-Pierre qui propose en ce moment un grand choix de publications consacrées aux divers dessinateurs défendus par les Cahiers Dessinés.

Couverture du catalogue de l'exposition
Non, ce que je me propose de faire là c'est une sorte de tour résolument subjectif, comme à l'ordinaire, mais sous une forme peu utilisée jusqu'à présent, en suivant ma dérive dans l'expo le portable à la main, faisant des photos qui par leur très médiocre qualité ne pourront en aucun cas concurrencer la qualité des éditions des Cahiers Dessinés (il y a un très beau catalogue de l'exposition). Le premier dessin sur lequel je m'arrêtai comme un chien de chasse la patte en l'air fut une œuvre de Wols, le peintre, dessinateur et photographe. Sensible, fin, raffiné, fragile, délicat sont les mots qui viennent à l'esprit quand on tombe sur des œuvres de Wols (voir ci-contre).
J'ai oublié de dire que j'ai commencé comme de juste par la salle noire du rez-de-chaussée, et c'est d'ailleurs là que j'ai pris la majorité de mes photos. La salle noire... L'éternelle salle noire de la Halle Saint-Pierre réservée semble-t-il aux œuvres secrètes, les plus marquées par le recours à l'inconscient, non? Tandis que le premier étage, plus éclairé par le jour, serait davantage voué aux œuvres de communication?

Yersin
Unica Zürn

Le Comte de Tromelin
Dans la zone près de Wols on trouvait quelques chefs-d'œuvre et l'on tournait la tête ébloui, Yersin, Unica Zürn (des œuvres en noir et blanc et des œuvres en couleur, toutes exceptionnelles ; je me demande si je ne préfère pas celles en couleur du reste, comme nous l'avait enseigné la très belle expo qu'avait consacrée la Halle Saint-Pierre à cette maîtresse és-hallucinations où l'on avait pu voir de très belles et très rares huiles), le comte de Tromelin (venu de l'Art Brut celui-ci, et pas souvent exposé et sorti des réserves en l'occurrence de la Collection de l'Art Brut de Lausanne), un dessin de Fred Deux plus vivant que les autres (parce que Fred Deux, ça finit par me lasser toute cette maîtrise un peu trop léchée...), des dessins de James Castle (encore l'Art Brut, cette fois américain), des paysages dessinés par des mouches mais en fait dus à la plume de Raphaël Lonné, au loin des magnifiques arabesques touffues de Laure Pigeon (toujours l'Art Brut)...

Laure Pigeon (A signaler à son sujet la sortie du 25e fascicule de la Collection de l'Art Brut qui lui est entièrement consacré, avec une étude de Lise Maurer)

Josefa Tolrá
Après ces cimaises fort alléchantes, on tombe sur, à mes yeux, LA révélation de l'expo. Une créatrice espagnole, ou plus précisément catalane je crois, Josefa Tolrá. Cette dernière, décédée en 1959, n'est pas encore très connue me semble-t-il dans le monde des amateurs d'art brut (dont elle est un des plus beaux fleurons sans conteste), en dépit du fait que la collection de l'Aracine (désormais installée au LaM de Villeneuve-d'Ascq dans le Nord) paraît en posséder au moins une œuvre (une "fantaisie taurine", dessinée recto-verso, comme on peut s'en convaincre en consultant la base Joconde) acquise à on ne sait quelle date (sur la base Joconde il est indiqué "1999", mais c'est la date d'entrée de la collection l'Aracine dans le musée du LaM, je pense). Ils étaient forts à l'Aracine, rien n'échappait à l'œil de Madeleine Lommel. Il paraît qu'ABCD de Bruno Decharme en possède aussi. Sans compter que sur internet on trouve bien entendu divers renseignements à son sujet. Il existe notamment un site à elle seule consacré et des films dont le diaporama amélioré que j'insère ci-dessous.
A la Halle, plusieurs dessins sont accrochés, tous aussi éblouissants et séduisants les uns que les autres, et variés qui plus est.
La dame, qui avait le pouvoir de discerner les "auras" des personnes qui l'entouraient, à ce qui se colporte à son sujet, avait à l'évidence une assurance dans son dessin et la composition de ses œuvres qui se rencontre rarement. Cette œuvre en tout cas enfonce de loin, en terme d'émotion ingénue brute, tous les autres créateurs qu'on (la galerie Berst entre autres) cherche à nous faire passer pour bruts valables en ce moment (comme Eric Derkenne, Horst Ademeit, Košek, Medvedev, Katsuhiro, Giga, Anibal Brizuela, Harald Stoffers, et j'en passe...).


Josefa Tolrá
Non loin d'elle, autre surprise, les dessins et le portrait de Marcel Bascoulard, sur lequel je reviendrai probablement, car un très beau livre vient de lui être consacré par Patrick Martinat aux Cahiers Dessinés justement, à l'occasion de l'exposition. Ce marginal de Bourges qui eut une vie tragique s'habillait en femme, se faisait tirer le portrait à multiples reprises dans les tenues féminines qu'il se confectionnait, et dessinait des paysages de sa région avec une minutie incroyable. Pas un être vivant n'y apparaît, tandis que le but de l'opération paraît se concentrer sur le rendu du mystère des lieux, l'être brut du lieu qui est détectable chez une âme ultra sensible, la menant parfois jusqu'à une déstabilisation profonde.

Li Wei Hsuan
Dans un recoin, on découvre également la Taïwanaise Li Wei Hsuan qui paraît dessiner comme enfermée dans la bulle de sa surdité, un graphisme rageur et rythmé. Plus loin, on n'oubliera pas de mentionner quelques dessins de l'écrivain Bruno Schulz, dont les vertiges masochistes de son univers graphique sont bien connus de certains de nos lecteurs...

Bruno Schulz
De même Félix Vallotton et ses gravures très noires ne sont pas inconnues mais font plaisir à être revisitées en confrontation avec les autres œuvres. J'ai particulièrement remarqué la gravure ci-dessous où des enfants, qualifiés par antiphrase d'"anges", harcèlent de leurs quolibets (du moins on l'imagine) en se pressant autour de lui, comme pour un lynchage, un marginal qu'un pandore accompagne en prison.

Félix Vallotton, "Petits anges"...
A l'étage de l'expo, je dois avouer ne m'être arrêté que devant les œuvres de certains artistes COBRA qui résistent plus qu'honorablement au temps qui passe. On a en effet l'occasion de voir, chose pas courante à Paris, des logogrammes de Christian Dotremont, ces tracés à l'encre que ce poète exécutait automatiquement en même temps que lui venait un poème sous son pinceau japonisant. Il libérait ainsi sa graphie de la nécessité de créer un signe d'écriture conventionnelle pour la tendre vers l'idéogramme, et les signes d'écriture orientale ou extrême-orientale, où l'image reste très présente. Au bas des logogrammes, il notait dans une écriture intelligible traditionnelle le poème qui était tracé d'une gestualité libre au-dessus en pleine feuille.

Logogramme de Christian Dotremont...

... et sa transcription
D'autres Cobra sont également présents comme Jean Raine ou Pierre Alechinsky.

Deux dessins de Jean Raine
A cet étage toujours, et enfin, je citerai pour mémoire ce qui s'apparente à du dessin en relief, à savoir les silhouettes montées sur fil de fer de Corinne Véret-Collin.

Corinne Véret-Collin
29/01/2015 | Lien permanent | Commentaires (5)
Dans la cour du roi Arthur, une après-midi à la Halle St-Pierre où l'on parlera de Vanabelle
Ils travaillent bien à la communication de la Halle Saint-Pierre, parfois un peu vite, mais bon, faut sans doute toujours leur pardonner puisqu'ils nous montrent tant de belles choses. Le 24 mai prochain par exemple, il y aura une après-midi où un monsieur qui a créé une association pour faire parler de la Base de la Menegatte, surnommée "la Ferme aux avions", œuvre environnementale d'Arthur Vanabelle, parti récemment en maison de retraite, va venir en causer en même temps qu'on passera deux petits films sur le site, ceux de Jean-Michel Zazzi (7 min., 2003) et de Johan Laffort (titre, excellent, "Dans la cour du roi Arthur", 11 min., 1998). Ce sera de 15h à 16h30.
Sur le portail de news de la Halle St-Pierre, il y avait à un moment deux photos, toutes deux attribuées à Johan Laffort, l'une par erreur (depuis son nom a disparu). La photo légendée par erreur m'avait jeté dans la plus parfaite perplexité (mais la confusion a été par la suite effacée avec célérité).

C'était incroyable comme son angle de vue, son cadrage, ses objets, leur patine, la couleur du ciel ce jour-là, la petite brume que l'on devine sur les ramures jaunies des arbres en arrière-plan, ce climat d'automne... C'était incroyable comme tout ce qui est dans cette photo me rappelait point par point une de mes photos prise en réalité en 2008 (c'était je m'en souviens en repérage des Bricoleurs de paradis). Une de mes photos mise en ligne par la suite sur ce blog ici-même en juin 2009. C'était troublant de la reconnaître signée par un autre, qui a pourtant un tout autre style.
C'était bien, cela dit, d'avoir mis une telle photo sur le portail qui annonçait la venue du fondateur de l'association jusqu'ici incapable d'appeler cet environnement par son véritable nom, la Base de la Menegatte, (il l'appelle tout le temps du surnom que lui ont donné les passants, "la ferme aux avions", bonjour le respect dû au créateur, ce qui augure mal de ce que veut faire cette association en termes de "sauvegarde"¹). Le véritable nom de l'endroit apparaît en effet justement dans la photo, tout au fond du cliché, comme une vérité subliminale. Faisons un zoom pour vérifier (dans ce qui est bien ma photo, je la reconnais de mieux en mieux à présent)...

Zoom sur la "Base de la Menegatte" d'Arthur Vanabelle, 2008
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¹ Voir l'échange de commentaires que nous avons eu à la suite de ma note du 15 janvier sur le départ à la maison de retraite de Vanabelle.
09/05/2014 | Lien permanent
Revue d'Olivier Hervy, avec un frontispice de Jean-Pierre Paraggio, une brassée d'aphorismes
Edité en hors-série dans la "collection de l'Umbo", en marge de la revuette L'Impromptu dont le n° 5 vient de sortir parallèlement (les deux publications disponibles chez Jean-Pierre Paraggio, 23, rue des Princes – y en a qui savent se dénicher des adresses pour chevilles enflées... – 31500 Toulouse, ou jeanpierreparaggio@yahoo.fr), voici une nouvelle brassée d'aphorismes d'Olivier Hervy dont j'ai déjà eu l'occasion par le passé de dire tout le bien que j'en pense, publiée sous le titre de Revue. Quelques exemples ci-dessous...
L'établi est un bureau qui n'a pas fait d'études.
L'entreprise Kodak qui est menacée de faillite risque de disparaître, comme pour parfaire son travail sur le souvenir.
Le saut de l'ange est la lettrine de la nage.
«Des ongles longs et vernis comme les siens elle doit passer des heures à les entretenir», me dit-elle admirative. Et les miens! Ils se rongent tout seuls?
Le marteau-piqueur est l'un des rares outils qui semble furieux. D'où son efficacité.
Etc...
01/08/2012 | Lien permanent
Départ de Martha Grünenwaldt
J'ai appris grâce à l'animateur du blog sur l'art singulier, Frédéric Lux, la disparition à 97 ans de Martha Grünenwaldt. Elle eut longue vie, en dépit de nombreuses souffrances et difficultés (fille d'un musicien ambulant qu'elle accompagnait lors de ses tournées, elle fréquenta peu l'école, joua du violon aux terrasses des cafés pour nourrir ses trois enfants qu'elle dût élever seule après sa séparation avec son mari, puis fut domestique). Peut-être continuera-t-elle, désormais, à jouer du violon au ciel de notre mémoire en compagnie de l'accordéon de Pépé Vignes? Orchestre d'anges new look, avec pourquoi pas Pierre Jaïn à la batterie?
Il nous reste quelques documents sur elle (un petit film de Bruno Decharme par exemple, réalisé il y a peu de temps semble-t-il, peut être visionné sur le site de ce dernier), des quantités de dessins surtout (activité commencée en 1981), la plupart réalisés aux crayons de couleur et au feutre, ce dernier outil étant bienfragile hélas, comme on s'en convaincra avec le dessin ci-dessous, exécuté aux alentours de 1985, et qui a pâli...
Révélée par l'association Art en Marge de Bruxelles, elle fut souvent exposée chez eux (elle y eut une rétrospective en 2002 entre autres). L'Aracine aussi possède de nombreuses oeuvres d'elle (ainsi que le Musée de la Création Franche à Bègles), et il m'est déjà arrivé, en 1989 dans Artension (deuxième série), d'écrire au sujet d'une exposition Grünenwaldt organisée dans les locaux de l'Aracine à Neuilly-sur-Marne.
Martha Grünenwaldt utilisait tous les papiers qui lui tombaient sous la main, afin de satisfaire sa véritable compulsion de dessin. La femme, les animaux sont les sujets fréquents de ses dessins. Mais il y a aussi toute une efflorescence de motifs et d'ornements à la limite de l'abstraction, de l'informel, ambivalents comme dans une recherche de formes à la naissance (à la racine) de l'expression et de la mise en forme.
30/03/2008 | Lien permanent


