28/01/2016
Posters du Ghana peints à la main, une expo de quelques jours à Ménilmontant
Une affiche du Ghana exposée au Monte-en-l'air
Pressons-nous de réagir si on s'intéresse aux affiches peintes à exemplaires uniques africaines, une petite exposition d'une jolie sélection de plusieurs d'entre elles, réunie par Vincent Privat, est montrée depuis ce jeudi 27 janvier jusqu'à dimanche prochain à la librairie Le Monte-en-l'air rue des Panoyaux, à Ménilmontant. Ce n'est pas loin du tout des ateliers de l'ESAT de la même rue, où officie, entre autres créateurs handicapés, Philippe Lefresne.
Une autre affiche du Monte-en-l'air
Cela n'est pas la première fois que ce genre d'affiches est montré (il y eut dans le passé de nombreuses occasions d'en présenter déjà à Paris, rappelons-nous en effet les expos de la galerie Art factory quand elle se trouvait rue d'Orsel à Montmartre, et il me semble qu'il y a eu aussi, il n'y a pas si longtemps, une expo au Musée du quai Branly...), mais cela reste relativement peu fréquent (il se murmure en outre que ces posters commencent à se faire rares). L'ensemble ici présenté dans cette librairie n'a jamais été montré, car il vient d'une collection qui n'a fait l'objet d'aucune expo jusqu'à présent.
On sait que ces affiches furent produites dans les années 1980 dans le cadre des productions de films d'action ou d'horreur de série Z venus de ce que l'on appelle Nollywood. Chaque officine qui passait une vidéo d'un de ces films avait besoin d'une affiche à l'extérieur du lieu de projection pour faire enseigne. Des peintres amateurs, démarquant plus ou moins naïvement les affiches imprimées commerciales, ou créant de toutes pièces, se chargeaient alors de réaliser une affiche peinte sur un support d'occasion (on parle souvent de sacs à farine par exemple).
"Les Ténèbres du mal"... "Nous avons besoin de sang frais"... Sanglant à souhait...
Commentaires
Très belles affiches. La deuxième, où la morte en personne lèche une sucette tête de mort est pleine d’humour. Quant à celle de "Darkness of Evil," avec les deux vautours et la femme serpent de mer au chevet du mourant, elle a la force d’une toile surréaliste.
Écrit par : Atarte | 28/01/2016
Répondre à ce commentaireJe suis sûr aussi qu’il y a, parmi ces films de Nollywood, des diamants à découvrir, des choses déjantées à souhait, bricolées, pompeuses et naïves. Et d’ailleurs, une année, cher Sciapode, il nous faudra sans doute partir en Afrique à la recherche de sites et pépites.
Écrit par : Régis Gayraud | 29/01/2016
Répondre à ce commentaireJe vous signale qu'il y a actuellement une chaîne, visible chez ceux qui sont abonnés à des chaînes autres que celles fournies par la TNT, qui s'appelle, je crois, Nollywood justement, et qui passe de ces films de série Z. Ce qui m'est arrivé d'en voir m'a convaincu de leur très grande nullité, certes naïve, mais au sens où l'on peut prendre ce mot dans son acception signifiant idiot. Mais faudrait sans doute chercher plus avant. Quel courage et quelle obstination faudrait-il, cependant, pour rencontrer les diamants dont vous parlez.
Le voyage en Afrique, certains du côté de Lyon ont déjà essayé de me le faire miroiter. Il y aurait de l'art brut là-bas à tous les coins de rue. Je n'en doute pas.
Écrit par : Le sciapode | 29/01/2016
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