03 novembre 2009
Petit Jean de la côte
"Concernant le caillou, certes, il a la couleur et les formes "circonvolutionnées" de l'étron mais il n'en a guère la consistance ni la masse ! Hauteur : 10,5 cm, roche très dure et très, très dense, je n'ai pas pu encore déterminer sa nature... Un caca préhistorique fossilisé alors... Des petits coquillages blancs se sont incrustés dans les cavités (yeux et bouche) ce qui facilite sa lecture (pupille, dents)... Si tu publies la photo de cette bizarrerie, "Masque de Yannig an Aod", c'est mieux comme titre ("Petit Jean de la côte", c'est la version "littorale" de l'Ankou, dans les légendes de Basse-Bretagne, il pousse un cri à dresser les cheveux sur la tête, les jours de brume, du style : "IOU-IOU")."
Benoît Jaïn (courriel à BM)
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31 octobre 2009
Un voyant
09:37 Publié dans Photographie, Poésie naturelle ou de hasard | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie naturelle, photographie, bruno montpied
25 octobre 2009
Marcel Landreau n'est donc pas mort
Je ne tenterai pas en rédigeant cette note de m'attribuer un mérite qui revient de fait au blog Animula Vagula qui a su ces derniers jours ouvrir ses fenêtres à des nouvelles des statues de silex du "caillouteux" Marcel Landreau que l'on croyait définitivement perdues. Je voudrais seulement rediriger vers cette sympathique information les lecteurs qui n'y seraient pas déjà allés. Veuillez donc suivre le lien ci-dessus s'il vous plaît d'en apprendre davantage.
Deux personnes, nommées sur le blog cité en référence "Freddy et Cathy", ont donc sauvé de l'oubli un certain nombre de statues de Marcel Landreau qui végétaient dans un recoin perdu. Bien sûr on aimerait en apprendre plus, combien de statues, quand est-ce que Landreau avait déménagé de Mantes-La-Jolie (où il a créé son décor de statues de silex collées à l'Araldite de 1961 à 1990 environ...) pour les Deux-Sèvres, quand il est mort, ce que devinrent ses statues avant d'atterrir dans le recoin oublié, ce que comptent faire les deux conservateurs par la suite, pensent-ils à une conservation qui serait plus assurée dans une quelconque institution muséale, (Le futur LaM de Villeneuve-d'Ascq par exemple?), etc...
Animula avance en outre que l'on pouvait déduire le départ de Landreau pour les Deux-Sèvres à partir du chapitre que Clovis et Claude Prévost ont consacré à Landreau dans leur livre Les Bâtisseurs de l'imaginaire en 1990. Cela me paraît un peu gratuit comme affirmation. Rien dans ce chapitre ne me paraît de nature à autoriser une telle "déduction". Par contre, j'ai personnellement signalé oralement à divers interlocuteurs dans les années 90 (dont par exemple Laurent Danchin qui l'a répercuté dans certains de ses textes) que je me demandais si Landreau n'était pas retourné dans sa région d'origine, aprés que j'eus filmé en 1992 son jardin aux statues disparues (séquence que j'ai montée dans le petit sujet en Super 8 que j'ai consacré à Landreau et que j'ai joint à l'ensemble Les Jardins de l'art immédiat, voir Le petit dictionnaire Hors-Champ de l'art brut au cinéma). Le petit "musée" que signalent Claude et Clovis Prévost dans leur livre était installé dans le grenier de la maison de Mantes. Je l'ai personnellement visité en présence de Landreau en 1987.
La nouvelle de la pérennité d'un certain nombre de ces merveilles d'inventivité spontanée et populaire est une excellente nouvelle qui paraît prouver ce que me confia un jour Maugri, autre créateur autodidacte, paysan de la région de Brancion, à savoir que les oeuvres fortes se défendent toutes seules, comme douées d'une vie propre, protégées qu'elles sont par le talisman d'une magie liée à la fascination qu'elles exercent sur ceux qui les voient.
06 septembre 2009
On sait pas ce qu'on voit
J'entends encore ma mère jeter à la cantonade: "On sait pas ce qu'on voit!" dès que l'image ou le spectacle était trop étrange, pas assez univoque pour elle et ses goûts au ras des pâquerettes.
Que voyez-vous dans l'image ci-dessus? (Que ceux qui connaissent son origine et sa signification veuillent bien se retenir, SVP!) Il me semble que l'on a affaire ici à une image à première vue fort étrange. C'est cette première vue que j'aimerais que mes lecteurs expriment ici, et non pas le produit de l'inévitable raisonnement qui vient dans un second temps.
05 septembre 2009
Les arbres aussi jettent des passerelles
Mon éminent camarade Sasha Vlad, depuis l'autre côté de l'océan (il vit en Californie), sans doute inspiré par nos messages qui circulent sous les mers le long des câbles tendus par les hommes sur le sable des océans, me signale un phénomène tout à fait captivant, celui des ponts que les racines des arbres à caoutchouc de Cherrapunji (nord-est de l'Inde ) jettent par-dessus certaine rivière de ces belles régions moites, histoire d'aller voir ce qui se passe de l'autre côté (en tout cas, pas pour constater que l'herbe y est plus verte, car c'est assez évident sous ces latitudes). Il paraît que cette région est l'une des plus humides du monde, ceci expliquant cela.
Les arbres (des Ficus elastica, variété de figuiers aux racines aériennes, comme il est dit sur le blog anglophone Living root bridges (1) que m'a indiqué Sasha) font des ponts, n'hésitant pas à se projeter d'une rive à l'autre, incroyable n'est-ce pas, et follement poétique, je trouve. Alors bien sûr, les habitants du coin (la tribu des Khasis) leur donnent un petit coup de pouce, mettant des dalles de pierre entre leurs tiges arachnéennes de façon à pouvoir marcher plus commodément sur ces passerelles. Ils guident aussi les racines en leur adjoignant, si j'ai bien compris le texte inséré sur le blog cité ci-dessus (et dans ce domaine, la traduction de langue étrangère, en l'occurrence de l'anglais, je ne suis jamais complètement prémuni contre une crise de délire d'interprétation...), des troncs d'aréquiers (arbre qui permet de produire du bétel) qui empêcheraient les racines de se déployer... Ces ponts peuvent atteindre jusqu'à une centaine de mètres de long, ce qui est tout à fait conséquent. Ils mettent entre entre dix et quinze années pour franchir une rivière. Et certains, en se renforçant continuellement, atteignent l'âge respectable de cinq cents années.
Mon blog amateur de passerelles en tous genres ne pouvait que se faire l'écho de ces ponts jetés sur l'abîme d'une nature décidément imaginative.
(1) En réalité, l'information sur ces ponts de racines, répercutée par le blog Living root bridges, provient d'un autre blog, plus vaste, Atlas obscura, blog consacré à la compilation des sites merveilleux, curieux ou ésotériques du monde .
19:02 Publié dans Poésie naturelle ou de hasard | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie naturelle, livings bridges
02 août 2009
Vortex envisagé?
01:45 Publié dans Art immédiat, Photographie, Poésie naturelle ou de hasard | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie naturelle, photographie insolite, vortex, spirales, loire
31 juillet 2009
Cobra et tireur de langue
Dans nos interprétations des images trouvées dans la nature ou la rue - ce blog comme on l'a peut-être déjà remarqué en est fort friand - transparaissent évidemment nos centres d'intérêt, notre mémoire, avec ses pôles obsessionnels. Cependant, il existe des cas où d'autres voient les mêmes choses que nous, et nous ne savons pas si ce ne seraient pas ces images-là que nous recherchons en priorité. Donnons deux exemples récents, le premier est une interprétation aidée d'un petit caillou que l'auteur de la photo a déplacé pour les besoins de soulignage et de mise au jour de sa vision:
Il s'agit bien ici d'une projection de notre part, toutefois inspirée d'un thème, le tireur de langue, cher à Asger Jorn (et à Noël Arnaud, avec qui il avait publié un livre sur le sujet, La langue verte et la cuite, publié chez Jean-Jacques Pauvert autrefois). Le même Asger Jorn qui avait appartenu au groupe d'artistes spontanés Cobra à la fin des années 1940. Or, c'est justement un cobra que nous avons vu apparaître en mai au détour d'un champ en mai dernier au cours d'un séjour dans le Cézallier.... Et là, il nous semble que nulle retouche n'est nécessaire pour voir le cobra tapi, ramassé sur lui-même, prêt à bondir?
14:15 Publié dans Poésie naturelle ou de hasard | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cobra, langue, poésie naturelle
28 juillet 2009
Une histoire de tartines
Vacances... Vacances... Tout le monde est ailleurs, ou tout simplement déprimé devant l'afflux des soucis (chômage, manque d'argent, etc), la solitude estivale, etc... Période singulière que je préfère passer de mon côté dans les interstices, dans les marges, comme le reste du temps en fait. Ce qui fait le goût de tant de nos contemporains m'étant chaque jour plus étranger.
Je me consacre ainsi aux petites et grandes découvertes de la poésie interstitielle... Juliette surgit au jardin le visage barbouillé d'une boue verdâtre censée soigner son teint je suppose. Clic, une photo pour éterniser l'instant.
Le lendemain, au petit déjeuner, surprise, elle me tend une tartine grillée qui me fait de l'oeil. Un visage... Assez triste, avec un oeil qui dit merde à l'autre, on dirait, comme une ressemblance avec le visage disgrâcié du merveilleux Petit-Pierre de la Fay-aux-Loges dans le Loiret
dont le manège d'automates en fil de fer a fait étape, restauré comme on sait, à la Fabuloserie du couple Bourbonnais dans l'Yonne. Je tartine de beurre la tartine en question, et voici que cela fait écho, la désolation mise à part, au visage barbouillé de Juliette la veille au jardin. Inutile de dire que je me suis empressé de la faire disparaître, cette triste figure couverte de beurre, avec une bonne gorgée de café...!
13:20 Publié dans Art immédiat, Poésie naturelle ou de hasard | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie naturelle, coïncidences, tartines, petit-pierre, cartes postales insolites
14 juillet 2009
L'ombre à la fenêtre
L'homme ou la femme a projeté son bras en avant de son corps, la main tendue vers l'objet de sa convoitise.
02:53 Publié dans Poésie naturelle ou de hasard | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie naturelle, ombres, silhouettes, mirages, hallucination, paranoïa-critique
28 juin 2009
Passage de la Sorcière: laissez passer!
Je suis le premier à regretter qu'un des passages qui fait le charme des vagabondages transversaux à travers Paris soit tout à coup privatisé, et ferme complètement ou à moitié (c'est assez énervant quand vous prenez un de ces passages et que vous butez à l'autre bout sur une porte fermée qui donne vers la rue où vous désiriez aller). Ces dernières années, le phénomène a eu tendance à se généraliser. Surtout dans les passages peu connus du public, où ne sont pas installées des boutiques bien sûr. Bien sûr que les habitants souhaitent se protéger des cambriolages ou des usagers des stupéfiants, d'un autre côté, on aboutit à la confiscation d'un espace public et à une régression de la démocratie dans l'usage social de l'espace.
C'est pourquoi je m'étonnais (avec plaisir...) qu'un certain passage du haut de Montmartre, joignant l'avenue Junot, à côté de l'ancienne maison de Tristan Tzara et Greta Knutson (architecte Adolf Loos), à la rue Lepic située en contrebas, que ce passage ait pu résister si longtemps. Un terrain de boules, appartenant à la ville de Paris, était sans doute la raison pour laquelle le passage était maintenu ouvert au public. Passage sans nom affiché, très buissonnier, orné en son col d'un rocher aux formes sauvages, que les riverains appellent paraît-il le "rocher de la sorcière" (voir ci-dessus ; trés étonnant rocher en plein Paris, sans doute une simulation en rocaille?). Je n'en connais pas l'histoire, à peine sais-je que l'endroit, où subsiste un lambeau fantomatique de l'ancienne campagne montmartroise, était appelé autrefois "le Maquis" (des cabanes, des jardins, de la friche) . C'est vrai que le plan de Paris n'indique pas son nom. Je ne suis pas allé vérifier dans le dictionnaire des rues de Paris de Jacques Hillairet. Cependant, il semble que les riverains devant cet anonymat aient remédié à la situation en lui en collant un. On l'appelle le "passage de la sorcière", du nom de ce rocher justement. Ce passage est en danger d'être privatisé, et c'est révoltant. Les copropriétaires qui partagent le passage avec la Ville (semble-t-il) laissent pourrir le chemin, l'escalier donnant sur la rue Lepic notamment voit sa main courante se déliter chaque jour davantage, créant du danger. Le but sournois étant de faire entériner la fermeture du passage que les copro du lieu souhaitent en secret se réserver (depuis le 22 juin dernier, c'est d'ailleurs chose commencée, le passage est fermé par décision unilatérale du syndic de la copropriété). Si cet état de fait se maintenait, ce serait la fin d'un des ces chemins transversaux qui font le sel des dérives parisiennes, pour les promeneurs de toutes obédiences. Il faut donc comme on dit, se mo-bi-li-ser! Une affichette a été collée en maints lieux de Montmartre avec une adresse e-mail pour signer une pétition contre la fermeture. N'hésitons pas en effet à faire savoir notre opposition à ce projet, amoureux des balades insolites (car il faudrait faire remarquer aux auteurs de la pétition mise en lien ci-dessus qu'il n'était pas forcément de très bonne suggestion de demander des rondes de police supplémentaires dans ce passage, comme me l'a fait remarquer RR dans son commentaire ci-dessous ; la pétition sur ce point devrait être corrigée)! D'autant que depuis quelque temps, je trouve que cela commence à faire beaucoup d'endroits qui ont fermé à Paris, en dépit de leur poésie (fermeture récente de la librairie sur le thème de Paris, rue Malher, à côté de St-Paul, alors qu'elle appartenait à la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris, bibliothèque qui par ailleurs se met à bazarder à la benne des collections entières de périodiques sous prétexte de manque de place (voir ce lien vers un article de la Tribune de l'Art signalé par Rodolphe Trouilleux sur son blog Paris Secret et Insolite)...! Fermeture depuis quelque temps déjà du Pavillon des Arts pour en faire un lieu de soupe populaire, sans remplacement par un autre lieu culturel équivalent - alors que les expositions qui y avaient été montées étaient remarquables, d'une grande novation...- Difficultés accrues pour la Halle Saint-Pierre, à Montmartre là aussi, qui a moins de subventions et bénéficie de moins en moins d'aide de la part de la municipalité...).





















