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09/09/2016

Lieux aux noms prédestinants

      A Troyes, nous étions trois. La ville nous avait paru hostile et peu accueillante, en conséquence, nous nous étions enfuis plus loin. Peut-être ne faut-il jamais venir à trois à Troyes? Aujourd'hui, mon train s'arrête à Caen, et se bloque. Piège à temps, me dis-je... Partir de Caen.... Quand?

02/08/2016

Des glands, des Degland...

Degland botaniste ph Darnish_edited (2).jpg

Photo Darnish, 2016 ; on suppose que notre botaniste planta beaucoup de chênes

30/06/2016

Noms prédestinants, c'est sans fin...

Ghourbi architecte, ph Régis G.jpg

Photo 2016

    On ne se moque évidemment pas ici du nom à consonance maghrébine de cet architecte diplômé par le gouvernement, on se borne seulement à pointer la rencontre étonnante du patronyme avec l'activité de celui qui le porte, qui pourrait inconsciemment pousser les clients potentiels à se détourner de ses services, inconsciemment désagréablement impressionnés  par la promesse contenue dans l'homophonie du nom en question.

02/03/2016

Noms prédestinants, la recherche ne date pas d'aujourd'hui

      Cela est évident, si on n'a pas toujours parlé d'"aptonymes", comme je le fais de temps à autre sur ce blog, on a déjà souvent eu l'occasion par le passé de remarquer ces drôles de rencontres entre patronymes et destins, métiers, emplois, au point de nous faire croire qu'il y a une influence inconsciente du nom qu'on porte sur nos actions, nos choix de vie, nos accidents, nos déboires, etc.

couv la réalité dépasse la fiction.jpg

     Un lecteur, M. Vincent de Roguin m'a ainsi aimablement communiqué il y a peu les références d'un livre paru il y a pas mal d'années, "Riez, avec La réalité dépasse la fiction" (ci-dessus, c'était déjà le troisième opus consacré à la question des télescopages, noms prédestinants, inscriptions cocasses diverses). Les pages ci-dessous, illustrées de photos, donnent une idée plus précise du sujet. Malgré la mauvaise qualité des reproductions, il semble bien qu'il s'agisse là d'un joli bouquet de trouvailles, télescopages et noms prédestinants mêlés.

La réalité dépasse,,, page 1 intérieure.jpg

La réalité dépasse... page 2 intérieure.jpg

  

31/01/2016

Noms prédestinants, une ribambelle... Avec Georges Courtois, et tant d'autres...

      "On est passé devant le juge d'instruction Cavaud, qui nous a offert l'hospitalité à la maison d'arrêt de Nantes, en préventive. Il faut le faire, hein, s'appeler Cavaud, pour un juge. Dans ma carrière [de "malfaiteur professionnel", NDR], j'en ai connu des magistrats comme ça : Cadenas, Peureux... ou des flics qui s'appelaient Poulard... Moi, je suis toujours resté Courtois."

    Georges Courtois, Aux marches du palais, mémoires d'un preneur d'otage, Le nouvel Attila, Paris, 2015

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Photo Samuel Cousin, 2015

      Après cette citation de Georges Courtois, spirituel malfaiteur, repartons à la cueillette aux noms prédestinants, aussi appelés aptonymes par de plus savants que nous.

     Et par exemple, il n'y a pas de place ici que pour un Montpied, il y a aussi des Tripied, qui sont, comme de juste, bouchers, cas de déviation légèrement contre-aptonymique, car enfin ils auraient pu s'occuper plus directement d'entrailles.

     Non loin d'eux, n'oublions pas le footballeur Jeremy Pied.

    Mais pour rester dans la boucherie, reprenons cet ancien commentaire d'Isabelle Molitor, à propos cette fois d'un lieu possiblement prédestinant : "Il y a des faits divers qui ont lieu dans des lieux aux noms quasi prédestinants, de vrais calembours par anticipation. A cause sans doute de l'aspect épouvantable de ces actes, les journalistes tournent autour sans oser l'indiquer, malgré toute leur envie, semble-t-il.

     C'était le cas cet automne avec la tuerie de Chevaline (dans les Alpes). Partout on lisait : "La Tuerie de Chevaline". C'était l'expression consacrée. Et personne n'a jamais osé parler de boucherie, alors que, bien sûr, chacun y pensait."

     Le hasard ne s'encombre pas de morale. Si cela m'est permis (et pardonné), je pointerai ici par exemple, ce scabreux clin d'œil du destin, très peu élégant, qui accompagnait la tuerie du Carillon et du Petit Cambodge dans le Xe ardt parisien en novembre dernier. On n'a pas beaucoup souligné le voisinage de l'hôpital St-Louis  à ce carrefour. Et en particulier, l'officine de transfusion sanguine qui se trouvait devant les deux établissements. Un panneau y invite depuis longtemps à donner son sang, ce qui, vu les événements de novembre 2015, a pris un sens des plus grinçants.

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Devant le Petit Cambodge, au carrefour rue Bichat/rue Alibert, le panneau de la transfusion sanguine masqué (provisoirement) par des fanions commémoratifs, ph. Bruno Montpied, 2016

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     Les amateurs d'humour noir ne me pardonneraient pas de ne pas continuer sur cette pente. Toujours du point de vue des lieux inclinant à certains actes, citons ces mots de Régis Gayraud, notre correspondant clermontois ès-noms et lieux prédestinants, lui-même reprenant des termes empruntés à France-Info TV, concernant une affaire de pédophilie et d'attentat à la pudeur s'étant passée en avril 2015 : « Le suspect, un agriculteur de 48 ans vivant seul, séparé de son épouse, dans sa ferme, rue Tourne cul à Montzéville (Meuse) faisait l'objet d'une enquête en cours suite à une plainte déposée à Verdun pour agression sexuelle sur mineurs et qui concernait trois membres de sa famille dont deux de ses nièces ». (France TV Info).

     Troublant pour le moins, non?

      Le même Régis nous a également communiqué l'information suivante :

     « Michel Fuhrer (je précise, c’est un Français), directeur technique du SESM, service pour l’entretien des sépultures militaires allemandes au sein du Souvenir Français, organisme chargé de l’entretien des tombes militaires de France. La Montagne, mercredi 12 février 2014 ». Encore plus saisissant, n'est-ce pas? Peut-être moins que la révélation très récente de Régis toujours, concernant un certain Marc Dufumier, agronome toujours en Limagne...

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Article de La Montagne sur Marc Dufumier plaidant pour une agriculture revenant vers l'artisanal

      Les cimetières fournissent souvent de l'eau à notre moulin, si l'on peut s'exprimer ainsi. Voir les trois occurrences photographiques ci-dessous:

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Tombe de la famille Revenant, cimetière de La Guillotière, Lyon, photo Emmanuel Holterbach, transmise par Jean-Christophe Guédon, que je remercie par la même occasion; on peut dire que cette famille entière − fait terrible! − était prédestinée patronymiquement à l'empire de la mort, espérons que cela est arrivé le plus tard possible, comme pour tout un chacun

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La rue qui passe le long du cimetière Montparnasse à Paris porte un nom en rapport avec les "refroidis" du voisinage, n'est-il pas? Ph. Bruno Montpied, 2009

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Tombe d'une certaine Simone Bonnenfant à Coltines (Cantal), ph. Cosmo Hélectra ; à noter la faute d'orthographe : sous cette stèle, seule paraît vraiment reposer cette "bonne enfant", ses parents en étant exclus par la coquille

      Des bonnes filles, pourtant, plusieurs parents concevraient davantage de se reposer sur elles, comme dans le cas de cette distribution des prix :

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Document transmis par Emmanuel Boussuge

 

      Restons dans ces occurrences plus fraîches, et revenons notamment du côté des sportifs, domaine inépuisable en terme de noms prédestinants. Il nous est arrivé de relever les noms d’un joueur de rugby, appelé Adrien Planté (dans l'équipe de Clermont-Ferrand) − qui peut ainsi planter plus facilement ses essais − et d’un joueur de basket appelé Mike Gélabale, qu'on imagine criant sans cesse son patronyme de façon burlesque pendant les  matchs chaque fois qu'il file vers le panier...

    On (pas noté le nom de la personne, donc qu'il se nomme s'il se reconnaît...) nous a également signalé un auteur de spectacles musicaux (conte et blues) en baie de Somme qui s’appelle Xavier Letocart. On espère pour lui que ce nom ne va pas porter ombrage à ses productions...

   Que dire encore de ces agents immobiliers, comme celui-ci, à Joigny  dans l'Yonne, qui s'appelle Bourreau (aptonyme ou contre-aptonyme ? Tout dépend de ce qu’il vend comme logements), ou celui-là, à Clermont, nommé Dubien, ce qui est la moindre des choses quand on vend des biens ? Ceci dit, méfions-nous des noms commerciaux bidouillés pour favoriser la fonction. Ce qui ne peut être soupçonné dans le cas de ce salon de coiffure, signalé encore par Régis Gayraud à Clermont-Ferrand (c'est aussi lui qui nous a mentionné le nommé Dubien), tenu par une certaine Mme de Quatrebarbes...

     Régis est d'ailleurs très favorisé par la chance en ce moment, si l'on en juge par cette autre note qu'il a concoctée à propos de la ville d'Auch en octobre 2015. Est-ce que l'opticien Dupuy, nous demanda-t-il dans un  premier courriel, vu dans cette ville, ne ferait pas non plus un bel aptonyme ? Derrière cette perfide question se profilait en réalité un aptonyme à tiroirs ‒ comme il y a des charades à tiroirs, telles que Luc Etienne les a fait connaître dans son livre éponyme (L'art des charades à tiroirs). Régis, donnant sa langue au chat, révéla le fin mot de sa plaisanterie:  "Dupuy peut vendre des lentilles, parmi d’autres articles dans son magasin. Des lentilles… du Puy ?" Ah, ah, ah...

    Enfin, finissons-en avec quelques autres cas. Un ami qui vit en Normandie me signale un M. Barrault, gardien de prison… et une Mme Sueur, prof de gym d’un de ses enfants. Comme on voit, tout cela est en rapport. De même pour ce dernier aptonyme que nous a communiqué Mathieu Morin récemment, le sieur "Picon Pierre", à qui l'on souhaite de ne pas abuser des apéritifs.

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Un grill qui a grillé (à Cesson-Sévigné)... Inévitable, diront certains (après les noms et les lieux, les boutiques prédestinantes ?) ; ph. Darnish, 2014 ; en souhaitant que ce ne soit pas le propriétaire qui ait servi de viande à ses brochettes...

14/08/2015

Les sirènes naissent aussi des bonnets

    On parle encore de natation à la radio ce matin, et j'entends parler de Charlotte Bonnet qui fut championne olympique à Londres dans un relais féminin. Et l'évidence me saisit, bon sang mais c'est bien sûr, que voici un nom doublement prédestinant. Une "charlotte" c'est un bonnet transparent qu'on porte par hygiène sur la tête quand on est cuisinière par exemple, notre championne aurait pu être aiguillée vers les fourneaux s'il n'y avait eu que cela. Mais elle porte le patronyme assez commun de Bonnet. Et là, on ne peut s'empêcher de penser: Bonnet... de bain, bien entendu.

 

charlotte bonnet.jpg

La championne en question

    Communiqué à deux camarades, ces derniers me rétorquent qu'ils ont récemment trouvé mieux: Alain Bagot, kinésithérapeute. Ça serait bien si c'était véritablement attesté. Hélas, il ne s'agit que d'un excellent calembour dû à l'esprit fertile d'un de ces deux camarades (Argo).

12/06/2015

Vigara, vigueur, merveilleux... Les rues chantent le bonheur de jouir

     C'est tout bonnement merveilleux ce que l'on peut trouver dans les rues en scrutant les plaques gravées de noms de médecins...

Merveilleux-acupuncture,-AllevardlesBains,-2013.jpgEnergie douce nous dit cette plaque relevée à Allevard-les-Bains, relaxation, médecine traditionnelle chinoise, bien-être... Le Merveilleux est de tout évidence acquis rien qu'à lire le programme...

      De quoi remettre sur pied le plus crouni des morts-vivants, puisqu'après il ira chez cet autre docteur nommé anagrammatiquement Vigara dans la région de Nevers (merci à Jean-Christophe Sandré de nous avoir transmis cette photo publiée sur son blog) qui lui redonnera à coup sûr toute la verdeur nécessaire.

Dr Vigara (geodazner).JPG      Il ne lui restera plus qu'à se trouver de quoi crécher à une adresse au nom idoine, en plein accord avec son nouvel état, même s'il doit pour cela déménager jusqu'au Québec.

Fleche Friponne Quebec, JP Willems.JPG

"Flèche friponne" (Jean-Pierre Willems, par ailleurs auteur de la photo prise au Québec en 2008 ; merci à lui)

 

01/08/2014

Ex-voto et topographie prédestinante?

     Je vais avec cette note lier deux dossiers que j'alimente régulièrement, les ex-voto et les noms prédestinants. Je ne me souviens plus quel correspondant (sans doute Régis Gayraud?) m'avait signalé qu'à son avis les noms de lieux pouvaient aussi avoir une influence prédestinante sur les individus. L'exemple que j'apporte ci-dessous apportera peut-être de l'eau à ce moulin.

remerciements-pour-accident.jpg

Photo Bruno Montpied, Caracassonne, 2014

    On se balade dans une rue de Carcassonne, en dessous de la fameuse Citadelle, avec deux de mes collaborateurs, et tout à coup on s'arrête intrigué devant le Christ encagé que l'on aperçoit à gauche de la rue, non seulement encagé mais aussi encastré dans le mur. Deux grosses bougies, et un panneau complètent la niche. Sur ce dernier est inscrit que le dispositif a été installé en "remerciements pour un accident évité", et c'est daté de 1949. Bon, c'est curieux, et peu fréquent une niche ex-voto dans la rue, mais ce qui se révèle beaucoup plus drôle, c'est le nom de la rue qui se révèle tout à coup sous nos yeux...

Ex-voto-rue-de-la-Gaffe-a-C.jpg

Ex-voto rue de la Gaffe, Carcassonne, ph. BM, 2014

    Cependant, reste à savoir si le nom de la rue est plus ancien que l'accident évité. Et si oui, quelle gaffe a pu influer sur l'accident heureusement évité?

09/06/2014

Et maintenant le Docteur B..., un autre texte de Jacques Burtin

    On reprend sur les noms prédestinants, qui ne sont pas comme on pourrait le croire de façon superficielle, une façon de se moquer des patronymes insolites de notre part, mais plutôt une autre manière de songer le monde. Jacques Burtin m'a récemment envoyé le texte suivant, deuxième occurrence de ses rapports étonnants avec la gent médicale...

 

Le Docteur B…

      Il y a quelques mois, ma mère a commencé à se plaindre de troubles oculaires. Une tache noire est soudain apparue dans son œil droit. J’ai aussitôt tenté de prendre rendez-vous chez un spécialiste. Comme ma mère ne se déplace qu’avec difficulté, j’ai choisi l’ophtalmologue dont le cabinet était le moins éloigné de son domicile tout en étant conventionné. C’était une femme ; je l’ai eue une première fois au bout du fil et nous avons convenu d’un rendez-vous. Sa voix était prévenante et je croyais y distinguer un accent de compassion ; elle accepta de faire un creux dans un agenda pourtant bien rempli.

     Ma mère fut hospitalisée pour des raisons étrangères à ces maux la veille de son rendez-vous et ce dernier fut annulé.

    A sa sortie de l’hôpital, je rappelai le médecin. J’ai oublié de mentionner que si mon choix s’était porté sur cette personne, ce n’était pas seulement pour la proximité de son cabinet ou ses tarifs abordables : c’est aussi que son nom était proche du mien – à une lettre près.

     Lors de la seconde prise de contact, la même voix naturellement affable mais qui ne trahissait aucune affectation, aucune fausse proximité, se fit entendre. Un nouveau rendez-vous fut pris.

    Le jour venu, ma mère put enfin se rendre au cabinet de l’ophtalmologue. La tache était toujours là, un peu plus claire mais toujours aussi menaçante. Le verdict tomba : une série d’injections intra-oculaires était nécessaire.

       L’idée d’une telle intervention m’était naturellement douloureuse. Je ne pouvais sans frémir penser à la seringue approchant l’œil de ma mère. Certaines images particulières, venues de livres ou de films, me venaient à l’esprit : l’intervention du chirurgien de Jean-Sébastien Bach sur les yeux de ce dernier telle qu’elle est rapportée par Anna Magdalena Bach dans sa chronique - que ces écrits soient ou non apocryphes n’enlève rien à la cruauté hyperréaliste de la scène où le vieux Bach crispe ses mains sur les bras de son fauteuil au moment où le chirurgien intervient, et l’on voit ses articulations blanchir - ; je songe aussi à la scène de la paupière cousue de Jean-Dominique Bauby dans la description qu’il en donne dans son livre, et telle qu’elle a été filmée par Julian Schnabel ; on peut aussi penser à une scène d’un livre de Stephen King où l’héroïne – une héroïne de passage, martyrisée avant l’heure, comme Janet Leigh dans Psychose –, voulant fuir un tueur cannibale, empale son œil sur un porte-manteau (elle reste fixée là, s’agitant comme un insecte, tandis que le psychopathe l’approche d’un pas tranquille). Toujours, semble-t-il, le soleil et la mort - ou la souffrance - nous tiennent dans leur ligne de mire.

       Revenant à ma mère, je ne peux sans appréhension penser à l’instant – qui revient une fois par mois – où cette praticienne à la voix chaude et compatissante dirige d’un geste précis, impitoyable, l’aiguille vers l’œil de sa patiente.

      Le nom de ce médecin est le Docteur BURIN.

   

    P.S. J’ai dit que la proximité de nos patronymes avait certainement joué un rôle à l’heure du choix de ce praticien ; c’est cette même proximité qui m’empêcha sans doute d’y déceler une quelconque menace. Si je m’appelais Tartempion, le sens caché du nom de ce spécialiste m’aurait certainement frappé, remettant mon choix en cause. Je n’ai pas vu l’instrument visible aux yeux de tous, je n’ai vu que l’absence d’une lettre. J’irai plus loin : cette transformation de mon nom due à la disparition d’un caractère (croix, hache, pieu ?) l’adoucissait en quelque sorte, le rendant d’autant plus désirable que je lui associai très vite la texture d’une voix sans visage. J’étais en quelque sorte rendu aveugle par cette ablation orthographique.

 

Jacques Burtin

pour Bruno

1er juin 2014

     Dans un ordre d'idées assez voisin, je ne résiste pas au plaisir (ou au sadisme ?) de rajouter à la suite de ce texte l'image ci-dessous, prise à Montpellier en décembre 2013. Extrêmement troublante, n'est-il pas?

 

Bec,-chirurgie-de-la-face,-.jpg

Une plaque qui fait penser aux Oiseaux d'Alfred Hitchcock, ph. Bruno Montpied, 2013

 

01/02/2014

Le Docteur P., un texte de Jacques Burtin

Le Docteur P.

 

   Nous habitions alors une petite maison de style forestier dans la banlieue Est de Paris.

   Les murs étaient en meulière ; les balcons, le pont au-dessus de la fausse rivière étaient en ciment sculpté en forme de troncs d’arbre. Le petit cours d’eau (on en commandait le débit avec un robinet) prenait sa source au pied d’un hêtre pourpre et allait mêler ses eaux à un minuscule bassin d’où l’on pouvait faire jaillir une fontaine. Un poisson rouge aux dimensions respectables et à l’âge très avancé hantait la rivière et répondait au nom de Lao Tseu.

    Nos deux enfants, nés à Paris, près de la Place d’Italie, grandirent dans cette petite ville de l’Est parisien et développèrent les mêmes symptômes que la plupart de leurs camarades de maternelle : ils souffraient d’otites à répétition. Aux premiers signes de douleur et d’insomnie, nous nous rendions chez le pédiatre qui constatait l’origine du mal et nous enjoignait de rendre visite à un spécialiste de ses amis. Ce dernier, un homme grand et sec au visage imperturbable, prenait l’enfant malade et, lui tenant la tête d’une main, de l’autre perçait son tympan avec un stylet. Le mal alors s’éloignait jusqu’à la prochaine fièvre qui nous pousserait de nouveau chez lui.

    Le nom de ce médecin était le Docteur POIGNARD.

 

    Jacques Burtin

    pour Bruno

    01.02.2014

27/07/2013

Noms prédestinants, ça continue

     Pour commencer, voici une lettre intéressante de notre honorable correspondante Isabelle Molitor:

       "Cher Sciapode,

    Il y a des faits divers qui ont lieu dans des lieux aux noms quasi prédestinants, de vrais calembours par anticipation. A cause sans doute de l'aspect épouvantable de ces actes, les journalistes tournent autour sans oser l'indiquer, malgré toute leur envie, semble-t-il. 
     C'était le cas cet automne avec la tuerie de Chevaline (dans les Alpes). Partout on lisait : "La Tuerie de Chevaline". C'était l'expression consacrée. Et personne n'a jamais osé parler de boucherie, alors que, bien sûr, chacun y pensait.
    Et maintenant ce nouveau drame. Tué pour un ballon dans une fenêtre. L'article ci-dessous est agrémenté d'une carte. Et le ballon y est. On ne voit que lui.
      Isabelle Molitor"

     On songera également que l'individu rendu furieux par ce ballon sous le Ballon¹ finira au ballon.ballon de guebwiler,isabelle molitor,noms prédestinants,aptonymes,lieux prédestinants

     Et signalons au passage qu'un autre de mes correspondants, Jean Branciard, dans une note du 29 février 2012, avait déjà mis en évidence une possible influence de la toponymie sur les destinées des individus qui y résident.

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    Pour rester dans les boucheries hippophagiques, signalons cette boutique et son enseigne vues à Romans dans la Drôme en juillet 2011 qu'il faut examiner de près afin d'y apercevoir l'imperceptible patronyme qui me fit tiquer.

Boucherie-Breyton-Romans.jpg

A priori, cette boucherie Breyton n'a rien à voir avec l'aptonymie... Mais si on y regarde de plus près, que voit-on?...

Chevalier-et-boucherie-chev.jpg

... Un chevalier amateur de viande de cheval! Quelle décadence dans la chevalerie moderne... Ph. Bruno Montpied, 2011

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       Dépêche AFP du samedi 2 oct 2010, dans le cadre d’une affaire de harcèlement par internet d’un étudiant homosexuel qui aboutit au suicide de ce dernier, ce témoignage d’un voisin au nom insolite étant donné le contexte (le hasard ne s’encombre pas avec la morale): 

« Ce qui s'est passé est impardonnable. Chacun a droit à ce que sa vie privée soit respectée", estimait un étudiant de deuxième année, Luke Fess ».

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        Régis Gayraud m'a également signalé en avril 2010 : « Jean Le Bitoux, fondateur du journal homo Gai-Pied, qui est mort récemment… »

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    Hervé Brulé, à la direction Eau et Biodiversité du ministère de l’Ecologie, s’occupe de la question des restrictions d’eau… (Yahoo info,  août 2010). L’eau, ça compte, quand on s’appelle Brulé (même sans accent circonflexe sur le u).

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      Le footballeur Sydney Govou, de l’équipe de Lyon, avait à un moment un avocat nommé Thierry Braillard… (avr. 10)

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        Philippe Lalane de son côté me transmet un bouquet d'aptonymes qu'il a relevés récemment, mais il me les transmet seulement oralement ce qui fait que j'ai pas forcément l'orthographe exacte des cas suivants: Mme Blé, gestionnaire de collège dans l'Eure ; Benjamin Millepied, chorégraphe (là, on peut se demander s'il ne s'agit pas d'un pseudonyme fabriqué de toutes pièces en rapport avec la discipline de cet artiste) ; M. Mangenote, accordeur de pianos...

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        Et pour finir deux images...

 

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Ph. Jean-Pierre Willems (j'en profite pour le remercier hautement de m'avoir transmis cette très belle plaque)

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Ph. Darnish (Rouillé est une entreprise de carrosserie et de transports par poids lourds), 2013

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¹Le Ballon d'Alsace est lui-même couvert d'un ballon qui est un radar pour le trafic aérien je crois...



10/07/2013

Quand on vous dit que les curetons ont la tête dure...

       En compulsant le catalogue de l'exposition Compagnons célestes, épis de faîtage, girouettes, ornements de toiture (présentée par l'Ecomusée de rennes du 10 avril 2010 au 3 juillet 201), je suis tombé sur une girouette peu banale qui m'a rappelé quelque chose.

 

girouette de St-Bieuzy a la hache.jpg

Photo extraite du catalogue de l'exposition Compagnons célestes ; à noter que le saint est seulement sur le point de recevoir le coup de hache, ce qui pourrait aussi induire comme interprétation que les gens d'église ne sauraient recevoir meilleur traitement!


    Elle provient d'une église à Bieuzy dans le Morbihan. Et elle représente le martyr d'un certain saint Bieuzy. "Alors qu'il célébrait la messe devant l'autel, Saint Bieuzy fut frappé d'un coup de hache sur la tête par le seigneur dont il avait refusé de guérir le chien atteint de la rage...", est-il expliqué en légende de cette image. Or, cette image, certes assez atypique sur une girouette, m'en rappelle irrésistiblement une autre, un tableau cette fois aperçue il ya fort longtemps dans la Galerie d'art religieux populaire de Sainte-Anne-d'Auray en 1991. Un petit catalogue rédigé par Joseph Danico montre le tableau en question, qui est en fait un ex-voto. A la différence de la scène de la girouette, le prêtre sur l'image a cette fois la hache dans le crâne ce qui ne l'empêche pas, ô miracle, de continuer à se balader...

 

Ex-voto-Auray-le-prêtre-à-l.jpg

Ex-voto, H. 80 cm, L. 87 cm ; La scène évoque un recteur, Pierre Guillemet (un nom prédestinant pour les citations!), "griévement blessé en 1720"... mais miraculeusement guérie pa rl'entremise de Ste-Anne qu'on le voit prier.


        Il paraît, nous dit la petite brochure en question, que le Trésor de Ste-Anne-d'Auray, parmi d'autres ex-voto et sculptures pieux conserve "l'os du  crâne où se voit la cicatrice de la blessure"...

    Les deux occurrences de coups de hache sur la personne d'ecclésiastiques sont à mettre en parallèle, je trouve. Cela constitue peut-être une tradition iconographique dans l'imagerie religieuse axée sur les martyrs en tous genres?

03/08/2012

Age d'Or et Age de Fer

    Dans une note d'août 2008, parue au moment des précédents Jeux Olympiques qui se déroulaient alors à Pékin, j'évoquais le manque de réussite de la kayakiste Emilie Fer qui avait échoué à monter sur le podium. Et voici que quatre ans plus tard, cette dame ferrugineuse, en bonne alchimiste qui sait se révéler au moment décisif, a pu transformer en or le métal qui n'avait pas rouillé entre temps. Bravo à elle. Je n'ose pas écrire qu'elle a su repasser.

     A noter aussi que son nom qui pouvait être considéré comme un aptonyme, un nom prédestinant, qui pouvait influer sur la qualité de ses performances aux Jeux en 2008, est devenu désormais un contre-aptonyme puisqu'il l'a peut-être conduite à un dépassement, une transmutation.

 

Emilie Fer.jpg

Photo AFP


17/07/2012

Un boucher libéré

Boucherie D.Chainay, parisXe, avr 12.jpg

Près de la mairie du Xe ardt à Paris, 2012, ph. B.Montpied

     On tremble de faire ses emplettes en une telle échoppe, non? Vous ne voyez pas pourquoi? L'enseigne ne vous dit rien? Un boucher qui a brisé ses chaînes, pourtant, qu'est-ce que cela donne... Dès que l'on franchit le seuil de sa boutique peut-être couverte de sang du sol au plafond...

29/02/2012

Le coup d'oeil de JB

     J'ai reçu voici quelques jours de Jean Branciard –grâces lui en soient rendues – l'adresse significative d'une ophtalmologue lyonnaise, le docteur Safia Bounoua qui habite au 28, rue louis loucheur dans le 9e arrondissement.

13/02/2012

Cogner, bégayer, éborgner...

    Il paraît que le Jean-Noël Cognard, selon les mots de Cosmo Hélectra, qu'il invitait avec ses amis dans son émission Songs of Praise ce lundi 13 sur Aligre FM de 19h30 à 21h (à propos, ils ont heureusement récupéré leur fréquence), il paraît donc que Jean-Noël Cognard est un des meilleurs batteurs de la place de Paris...

     Cosmo me signale aussi les cas de l'orthophoniste Christophe Lebègue à Hautmont, prés de Maubeuge, et d'une ophtalmologue de Niort, Mme Joëlle Le Borgne... Ah, noms prédestinants, quand vous nous tenez...!

22/01/2012

Fléché

      Demain lundi 23 janvier chez Songs Of Praise (sur Radio-Aligre), l'invité sera François Fléché. Un homme à suivre...

06/11/2011

Noms prédestinants toujours, une histoire de soif


       En matière de noms prédestinants, les Auvergnats ont le vent en poupe en ce moment. Voici que, parallèlement à Régis Gayraud, Emmanuel Boussuge nous a adressé d'autres patronymes ayant eu de fortes influences sur l'activité de leurs propriétaires. Cela a aussi comme mérite de nous renseigner sur les lieux de prédilection de nos deux Arvernes. Si l'un s'intéresse plus au manger, l'autre à l'évidence a plutôt soif. Voici les photos d'Emmanuel.

Charavin Boussuge oct11.JPG

Marsoif Boussuge oct11.JPG

Robinet Boussuge oct11.JPG

Photos Boussuge, 2011

    Ces appellations sont authentiques d'après Emmanuel. A noter que le "Domaine Marsoif" aurait pu être appelé autrement car on entend "marre de la soif" dans son nom, ce qui pourrait être perçu par certains comme peu avenant, or l'appellation a été gardée. C'est que, quand on en a marre d'avoir soif, le meileur moyen de résoudre le problème, c'est de l'étancher.

 

05/11/2011

Jambon pour les vaches?

     Régis Gayraud court toujours les routes et cueille des noms prédestinants aux coins des bois, témoin cette inscription imprimée sur un réservoir "d'alimentation animale" d'un éleveur en Corrèze. Que nourit-il avec ça (l'éleveur, pas Régis)? Des cochons? Non, simplement du bétail. Ce ne sont pas des farines animales. L'éleveur a fait attention, plus respectueux de ses bêtes que d'aucuns à une autre époque. Son patronyme, qui n'est pas l'alimentation promise (comme une lecture de l'image ci-dessous pourrait nous le laisser croire étourdiment), l'y aura peut-être incité.

Jambon et fils.jpeg

Photo Régis Gayraud, 2011 

23/10/2011

Les trois moitiés de monsieur Thiers

 

Cher Bruno, 

      Ce matin, au réveil -influence inconsciente de l'accouchement national?- il m'est revenu un vieil aptonyme présidentiel dont j'avais entendu parler il y a fort longtemps. Celui des "trois moitiés de Monsieur Thiers", comme l'écrivaient les feuilletonistes du XIXe siècle. En effet, Thiers se divisait en trois tiers qui étaient autant de moitiés, dont l'une était sa moitié officielle. Comprenne qui pourra!

     Petit rappel des faits.  Ce n'est pas d'aujourd'hui que le pouvoir s'accompagne de compulsion sexuelle. Le petit père Adolphe, le boucher de la Commune, entretenait trois liaisons amoureuses, qui plus est dans la même famille. Ainsi Thiers se divisait en trois. J'ai été vérifier sur Wikipédia noms et faits exacts et voici ce qu'on me dit : "En 1827, il se lie d'amitié avec la famille Dosne, surtout pour la relation secrète qu'il entretient avec la maîtresse de maison, Eurydice (elle a alors 32 ans et lui 36). En 1833, il épouse la fille aînée, Élise, ce qui lui permet de continuer à voir son amante. Élise apporte en dot un hôtel particulier place Saint-Georges (futur centre de la fondation Thiers). Il s'entiche également de la seconde fille de la famille, Félicie."

     Cette triple liaison était connue de tout le monde. A l'époque de la Commune puis quand il devint le premier Président de la Troisième République, Eurydice était déjà morte mais il continuait à vivre avec les deux sœurs.

Caricature de Thiers (voir texte de RGayraud surPS).jpg

      J'ai toujours pensé que Thiers avait quelque chose de schizophrène. Un peu comme la ville de Thiers, du reste, adossée comme une forcenée à sa montagne, tranchée en deux par une vallée qu'on appelle là-bas l'Enfer, et qui n'a pas trouvé mieux que de se spécialiser dans la fabrication des couteaux.

Amitiés,

Régis

07/10/2011

La beauté du zeste

     Reçu de Régis Gayraud la note suivante:

    "Je ne sais pas qui est ce Claude Citron (appelé plus loin  Thierry dans l'article...), mais visiblement, de dessous son zeste, il voit la vie en jaune... citron."

    Témoin l'entrefilet ci-dessous:

Le-peintre-Citron.jpg

Tiré de Info, journal gratuit distribué à Clermont-Ferrand, 3-X-2011

 

03/10/2011

Complètement Marto

      En matière d'aptonymes (noms prédestinants), il faut parfois se méfier des noms d'entreprises, car leur besoin de publicité se glisse jusque dans le nom qu'elles se choisissent. Mais ci-dessous, il semble bien que la rencontre du nom et de la raison sociale de l'entreprise ne soit pas volontaire, et partant de là plus merveilleuse. Le patron a eu le choix entre le monde psychiatrique (complètement "marteau"...) et la table rase. C'est cette dernière qui a gagné.

 

marto,noms prédestinants,aptonymes

 

 

Marto démolisseur (ceci n'est pas un marteau?), rue Bichat près de l'angle avec la rue du Fbg du Temple, Paris XIe ardt, octobre 2011.

 

16/05/2011

P.Touche, un prénom et un nom prédestinants?

P.-Touche.jpg

Vu à Paris, ph.BM, 2011

        Honni soit qui mal y pense... Car il peut paraître, dans le cadre de notre enquête intermittente sur les noms (et les prénoms) prédestinants, que si le prénom de ce médecin est Patrick, et qu'il a fait place par la suite au diminutif Pat', cela aura pu influencer son parcours professionnel en direction d'une défense des enfants.  

17/10/2010

Art sans étiquette à Rives, sortie A 48 entre Lyon et Grenoble, parcours fléché...

    Art singulier? Trop galvaudé ces temps-ci. Art brut? Inadéquat, et déjà pris. Art contemporain? Trop vague. Art Hors-les-Normes? Pas tant que ça... Alors on opte pour un terme descriptif qui ne dérangera personne, "Art partagé", pour cette 3ème biennale organisée par l'association Oeil'Art, à Rives en Isère. 

Art partagé, 3ème biennale.jpg

     Une bonne partie des créateurs présentés ici viennent des ateliers qui hébergent les expressions des déficients et autres handicapés mentaux, Jean-Louis Faravel, animateur d'Oeil'Art ayant une prédilection marquée de ce côté-là (mais gare aux redites! Il commence à y avoir beaucoup de "bonshommes" peints dépouillés sur des fonds très colorés au sein de cet art des handicapés, et cela finit par nuire à l'écho que ses partisans voudraient voir bien établi).

     On reconnaît aussi parmi les propositions d'oeuvres quelques noms connusJoël Lorand portrait en train de dessiner, ph Association Oeil'art.jpg des lieux voués à la défense et à l'illustration de ce que l'on appella en 1978 "les singuliers de l'art", et depuis les festivals qui se sont montés dans les années suivantes, "l'art singulier".Adam Nidzgorski,ph. Site web Art tout simplement 2010.jpg On notera l'inversion des termes qui signala que l'on accordait dans ces festivals le mot "singulier" davantage avec l'art, plutôt qu'avec les personnalités, et leur comportement singulièrement créatif. L'art singulier au fond devenait l'art contemporain du dimanche... Dès lors, on risquait d'y trouver à boire et à manger. Il est difficile aujourd'hui, dans les festivals d'art plutôt pluriel de ne pas se retrouver au milieu d'un bric à brac confus envahi de suiveurs et d'arrivistes aux dents longues quoiqu'un peu voyantes.

 

POSTIC Les larmes de la pluie encre sur toile80x40cm 2009.jpgEvelyne Postic, Les larmes de la pluie, encre sur toile, 80x40cm, 2009

 

Marie-Jeanne Faravel, Mes petites histoires,43x39, encre, matériaux divers et points de couture, 2010.JPG

Marie-Jeanne Faravel, extrait de la série "Mes petites histoires", 43x39cm, encre, matériaux divers et points de couture, 2010

        Ce ne paraît pas être le cas avec la biennale de "L'art partagé" où un effort sincère est fait en faveur de la découverte de nouvelles formes d'expression autodidactes.  C'est pourquoi je suis allé proposer mes propres productions auprès d'Oeil'art qui m'a accueilli avec hospitalité. Une douzaine de mes petits formats sont présents dans les cartons de l'association. Voici quelques unités:

Bruno Montpied, Ils sont plusieurs à hésiter en lui, 2008.jpg

Bruno Montpied, Ils sont plusieurs à hésiter en lui..., 24x18, 2008 

Bruno Montpied, Où l'on perd la tête, 2005.jpg 

B.M., Où l'on perd la tête, 25x30cm, 2005 

Bruno Montpied, Le Pouvoir,2009.jpg

 B.M., Le Pouvoir, 29,7x21cm, 2009

Bruno Montpied, La bouliste bizarre, 2010.jpgB.M., La bouliste bizarre, 24x17cm, 2010 

     

      On sent qu'une des lignes de force des expositions montées par Oeil'art est un certain goût des figures épurées, voire dépouillées (c'est pourquoi l'association est aimantée par les figures de l'art des handicapés). Et c'est aussi vrai qu'il est très émouvant, et parfois même vertigineux, de constater la force que peut recéler une figure très nue, très simplement rendue. Chaissac y arrive avec une virtuosité quasiment sans égale (comme on pourra s'en rendre compte en ce moment  en allant visiter l'exposition très réussie qui se tient à Paris sur la rive gauche dans la galerie Nicolas Deman).

Jean Dehombreux 1, 73x55.jpgJean Dehombreux (nom prédestinant?), ph. site web Art Tout Simplement 



03/10/2010

Noms prédestinants, quelques images

Serge-Laroche-,Bordeaux,-se.jpg

 

 

       Ce Serge Laroche n'est peut-être qu'un nom d'emprunt légitimé par sa profession, du moins pourrait-on se poser la question. Qui dit que les artisans ne prennent pas des noms parlants, enracinant leurs qualifications dans la prédestination d'un patronyme reconstruit après-coup? A noter que l'enseigne se trouve dans la même rue (Camille Sauvageau, à Bordeaux) que la boutique de "J.Boucherie, imprimeur" dont j'ai déjà publié la photo ici.

         Par contre, il est plus que probable que le libraire ci-dessous évoqué n'a pas triché lui sur son nom, ou bien ce serait du masochisme. La rencontre du patronyme et de la fonction de celui qui le porte est amusante, isn't it?

 Daniel-Pillar-libraire,-nov.jpgDaniel Pillard, libraire, Lyon... ph. Bruno Montpied, nov. 2008

 

      Mais il y a encore plus drôle, si je puis dire, lorsque l'on découvre, en se promenant le long du cimetière du Père-Lachaise à Paris, la devanture gigantesque des frères...

 

Lecreux-Frères-marbriers-fu.jpg

 Marbriers funéraires, Paris XIe, ph. BM, mars 2010

  

15/07/2010

Un petit bouquet de noms prédestinants

    Et si on remettait ça du côté des noms prédestinants? J'ai là dessous le coude une petite brassée de patronymes faisant sensation, collectés auprès des meilleures plumes:

« Sieur Bruno, j'ai lu pour vous dans le quotidien Le populaire du Centre–Haute-Vienne, le vendredi 6 fév. 2009, p.3 : "Sylvestre Coudert, expert forestier à Saint-Pardoux-Le-Vieux (Corrèze)". Je suppose qu'il connaît tout sur les pins sylvestres,  et que Sylvanus, le Dieu des forêts l'a inspiré et a soufflé fort sur son berceau... (Vous pouvez étendre l'interprétation en cherchant le sens de "coudert" en Limousin...). Michel Valière »

Alors j'ai un peu cherché l'origine du nom Coudert qui viendrait, on l'aurait parié connaissant le goût de Michel Valière pour la langue d'oc, de cette dernière, et désignerait un "espace inculte prés d'une ferme". Le monsieur dont parle Le populaire réunit donc à la fois fertilité et stérilité dans son patronyme. En psychologie, cela se rapproche de cette problématique que Gregory Bateson appelait la double injonction, le "double bind", qui peut faire le lit d'une certaine schizophrénie...

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«  Je voudrais citer ici celui de ce prof du lycée de Saint-Quentin (Aisne), dont ma tendre m'a parlé si souvent, qui s'appelait Monsieur de la Morvaunay. » Régis Gayraud. 

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Une institutrice est frappée par une mère d’élève à Pézenas dans l’Hérault, dépêche AFP (24-10-2008) :

« L'agresseure est identifiée mais n'a pas été interpellée afin que les auditions des témoins se poursuivent pour déterminer avec exactitude les circonstances de l'agression", a indiqué le capitaine Emmanuel Bobo, à la tête de la compagnie de gendarmerie de Pézenas, où la professeure a déposé plainte. »

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Le 1er Juin 2009 :

« Cher Bruno, je viens de relever pour vous hier après-midi à Châteauroux (Indre) : M. Alain Robinet, plombier-chauffagiste, dans cette ville. Avec mes plus cordiales amitiés. » (Michel Valière)

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Jacques Vivant est mort…

« Nous venons d’apprendre le décès de Jacques Vivant ce mercredi 24 février. Jacques a fait partie de l’équipe d’instructeurs nationaux qui, aux côtés des fondateurs (des CEMEA) ont construit les démarches pédagogiques développées dès le début des années 50. Jacques Vivant a été instructeur national « chant et danses », aux côtés de William Lemit, et a été le promoteur de la danse sous toutes ses formes jusqu’au début des années 80 » (comm. par Francis et Michel Valière fin fév. 10).

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Le footballeur Sydney Govou, de l’équipe de Lyon, a un avocat nommé Thierry Braillard… (avr. 2010)

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« Jean Le Bitoux, fondateur du journal homo Gai-Pied, qui est mort récemment… » (Régis Gayraud, avril 2010) 

 

06/11/2009

Une marine cruelle

     Curieux, curieux tableau acquis voici quelques années auprés d'un antiquaire de la Foire de la Bastille suite à l'indication de l'ami Philippe Lalane...

     Sur une mer où ne frise qu'une seule vague, un homme semble appeler à l'aide dans un geste alangui et grâcieux, bizarrement étant donné la meute des poissons, aussi affamés que des murènes, qui se jette sur lui avec voracité. Son corps est couvert de plaies sanguinolentes, et son sang commençe à teindre les flots bouillonnant autour de lui. Il ne paraît pas encore mort puisqu'il agite le bras (il a un côté Saint-Sébastien, je trouve)... Si l'on fait abstraction de ses persécuteurs aquatiques, on observe que son corps adopte la position d'un nageur de 100m dos!

L.Plé,tableau sans titre, peut-être XIXe siècle, coll.Bruno Montpied.jpg
L.Plé, sans titre, 22 x 33,5 cm, huile sur toile, XIXe siècle? Photo Bruno Montpied

     Au loin à droite, on aperçoit un trois-mâts battant pavillon français. Un canot approche, chargé de deux rameurs et d'un homme barbu debout les bras en l'air, dans un geste d'affolement face au spectacle qu'il découvre. L'ensemble de la scène fait penser aux ex-voto représentant des événements tragiques, bien qu'ici on ne trouve nulle invocation à un quelconque saint ou dieu. Le tableau est signé en bas à droite "L.Plé". Amusant du reste ce patronyme, je le note au passage, étant donné le nombre de...plaies sur le corps de la victime au premier plan. Je n'ai jusqu'à présent trouvé aucune référence à ce peintre dans les dictionnaires spécialisés en peinture naïve. L'enquête est donc ouverte.

26/09/2009

Prédestinants d'Auvergne selon Emmanuel Boussuge

       Aptonymes, c'est la rentrée. Et je pense à la collection de noms prédestinants du Poignard Subtil, à laquelle je joins ma petite récolte.  Prise dans les rues d'Aurillac, la devanture de la blanchisserie Propre, Alain Propre.

Aurillac, Blanchisserie Propre, 08 2009,phEB.JPG
Photos Emmanuel Boussuge, 2009
Aurillac, Blanchisserie Propre, aout 2009,ph EBoussuge.JPG

          Et un cas à valeur historique une armoire spéciale que l'on peut voir au Musée de la Haute-Auvergne à Saint-Flour. Il s'agit d'une des plus vieilles armoires signées connues puisqu'elle date de 1679. Et dans le musée des aptonymes de haute époque, elle se pose là aussi :

         Musée de la Haute-Auvergne - armoire Planche - juillet 2009,phBoussuge.JPG 

       Remarquez ce qui est peut-être le plus intéressant : la façon de faire lettres et chiffres, selon une inspiration très géométrique, dont on ne connaît pas d'équivalent (moi en tout cas) à l'époque et qui fait de notre Planche, charpentier à Ussel en Planèze (à ne pas confondre avec celui de Corrèze), un précurseur des expérimentations typographiques du début du XXe siècle.

     Emmanuel Boussuge 

Musée de la Haute-Auvergne - armoire Planche - juillet 2009.JPG
photos E.B., 2009

26/08/2009

Passage Dieu

    Petit ajout à la balade dans le XXe arrondissement que j'ai mise en ligne il y a quelques jours. En recherchant la rue des Vignoles, je suis tombé sur un passage Dieu dont je ne me souvenais plus. Sans doute parce que la rue Dieu, dans le Xe, prés du Canal Saint-Martin, l'avait éclipsé. Placer deux fois le nom de Dieu sur des voies parisiennes faisant décidément un peu too much (d'autant que Satan de son côté n'a droit qu'à une pauvre impasse, comme par hasard, probablement par souci de le limiter, dans le XXe aussi).

C.-Coupé.jpg
"C.Coupé, tapissier"... Passage Dieu, XXe ardt, photo Bruno Montpied, 2009

    Ce passage s'est révélé riche d'une inscription en nom prédestinant, comme on peut le voir ci-dessus. Et riche aussi, un peu plus loin, de la collision cocasse entre sa plaque de rue et un avis de chantier placé en contrebas...

Passage-Dieu.jpg
Passage Dieu, port du casque obligatoire... ph. BM, 2009

22/01/2009

Les galéjades d'un voyageur vouzinois, plus un boucher quelque peu loup-garou...

                   Relevé récemment sur le blog du Petit Champignacien Illustré ce lien vers un collectionneur d'aptonymes qui publie au sein d'articles (par exemple Les galéjades d'un voyageur vouzinois) dans L'Union (Champagne-Picardie-Ardennes) ses moissons de noms prédestinants découverts entre autres dans les Ardennes.

   Et puis pour continuer sur ce thème, je me dois d'insérer avec l'accord de mon correspondant (Joël Gayraud) cette indication érudite sur le patronyme prédestinant d'un boucher qui officie dans le 9-3:

Cher Bruno,

 

    Voici un nom prédestiné comme tu les aimes : Luc Fauveaux, boucher.

C’est le patronyme d’un excellent boucher de Parmain (Val d’Oise) qui officie tous les dimanches au marché couvert de Saint-Ouen. Loin d’être faux, son veau est des plus authentiques, mais surtout, dans Fauveaux, il y a fauve, et le prénom Luc n’est autre que le nom du loup (lukos) en ancien grec. Ce qui explique sans doute que son étal soit toujours bien pourvu en gigots, épaules et côtes d’agneau…

           

    Amitiés,

    Joël"

 

    Oui, mon honorable correspondant écrit "nom prédestiné". Je lui pardonne cependant, tout en soulignant l'aspect inadéquat du terme, car pour moi, c'est le nom qui prédestine celui qui le porte vers des tâches, des métiers, des actions, des comportements qui sont en rapport avec, ou tout au rebours, qui l'en éloigne par esprit de résistance, de révolte, de réaction face à cette prédestination (comme dans l'exemple de ce Boucherie qui tient une imprimerie à Bordeaux que j'ai déjà insérée plus avant sur ce blog...).