05 février 2008
Dictionnaire du Poignard Subtil
PERSONNALITE:

"Se dit d'une personne notoirement malade. PERSONNALITE."
(Mots-gigognes, Claude-Rose et Lucien-Guy Touati, cité dans Le tireur de langue, Anthologie de poèmes insolites, étonnants ou carrément drôles, Ed. Rue du Monde, 2000)
07 janvier 2008
Dictionnaire du Poignard Subtil
FUMER:

"Le fumeur met la dernière main à son travail
Il cherche l'unité de lui-même avec le paysage"
André Breton, Le soleil en laisse, in Clair de Terre.
13:27 Publié dans DICTIONNAIRE DU POIGNARD SUBTIL | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Dictionnaire du Poignard Subtil, Tabagie, poésie naturelle, André Breton, Armand Goupil
22 décembre 2007
Dictionnaire du Poignard Subtil
12:45 Publié dans Art immédiat, Art populaire insolite, DICTIONNAIRE DU POIGNARD SUBTIL | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Raymond Humbert, Epouvantails, art immédiat, art populaire, Autrement
11 novembre 2007
Dictionnaire du Poignard Subtil: Sur cette pierre, je bâtirai...
PIERRE:
"Rien de plus immédiat et de plus autonome dans la plénitude de sa force, rien de plus noble et de plus terrifiant non plus que le majestueux rocher, le bloc de granit audacieusement dressé. Avant tout, la pierre est. Elle reste toujours elle-même et elle subsiste ; et ce qu'il y a de plus important, elle frappe. Avant même de la saisir pour frapper, l'homme se heurte à elle. Pas nécessairement par son corps, mais au moins par son regard. Il constate ainsi sa dureté, sa rudesse, sa puissance. Le rocher lui révèle quelque chose qui transcende la précarité de sa condition humaine: un mode d'être absolu. Sa résistance, son inertie, ses proportions, de même que ses étranges contours ne sont pas humains: ils attestent une présence qui éblouit, terrifie, attire et menace. Dans sa grandeur et sa dureté, dans sa forme ou dans sa couleur, l'homme rencontre une réalité et une force qui appartiennent à un monde autre que le monde profane dont il fait partie."
Mircea Eliade, Traité de l'Histoire des Religions, cité par Gwenc'hlan Le Scouezec et Jean-Robert Masson dans Bretagne Mégalithique, Ed. du Seuil, 1987.
(Inutile d'ajouter qu'à mes yeux, la pierre est bien perceptible ainsi, à l'exception de ces notions "transcendantes" de "mode d'être absolu" et de monde "autre" auxquels appartiendrait la roche et que veut nous refiler subrepticement Eliade . Il me paraîtrait plus exact de dire que l'homme perçoit dans les rochers un mystère qui le dépasse, ce qui n'implique pas qu'on doive en déduire que ce mystère est celui d'une divinité.)
01:20 Publié dans DICTIONNAIRE DU POIGNARD SUBTIL, Poésie naturelle ou de hasard | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Poésie naturelle, Ermitages, maisons insolites, Mircea Eliade, Pierres, Roches
02 octobre 2007
Dictionnaire du Poignard Subtil

OUTSIDER:
Je m'étonne toujours que l'on utilise ce terme dans la langue française. Bien souvent, on le fait sans chercher à savoir s'il aurait un équivalent dans notre langue. On pense d'abord qu'il tend à définir, lorsqu'il est accolé au mot art, l'art des marginaux, de ceux qui sont rejetés, qui sont à l'extérieur (à l'extérieur, out, du côté, side). Certes, il contient dans un premier temps cette signification (dans le monde anglo-saxon, appliqué à l'art brut, il désigne les autodidactes). Mais, simultanément, ne contient-il pas aussi en creux cette suggestion que ces "marginaux" sont tout à fait capables de faire retour dans l'art dominant (le mainstream, autre terme de plus en plus employé dans le jargon franglais envahissant des nouveaux snobs) et de s'imposer demain comme les nouvelles valeurs de l'art, ce qui est bien le calcul de plusieurs des artistes dits "singuliers" ici en France du reste, ainsi que des marchands ou des collectionneurs qui s'y intéressent. Ce sens-là, inutile de le dire, n'avait pas été prévu par ceux qui avaient lancé le terme de l'autre côté de la Manche.
Ce double sens d'outsider fait qu'en français, le mot était jusqu'à présent passé essentiellement dans le jargon des turfistes. Le canasson qui n'est pas favori mais qui pourrait bien l'emporter malgré les prévisions... En fait, c'est le canasson alternatif! L'alternative aux paris. Le bon plan un peu risqué mais qui peut rapporter gros au jeu du tiercé, le rêve de tout bon flambeur qui se respecte...
C'est pourquoi je veux mettre en avant qu'on pourrait traduire en français outsider par ALTERNATIF. D'autant que le terme a commencé d'être très à la mode en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis apparemment à partir des années 70 (1972 et 1978) avec les expositions organisées avec la complicité de Roger Cardinal, à une époque où de ce côté de la mer le mot "alternatif" servait à désigner toute une culture "underground" (encore un terme anglo-saxon), vocable qui englobait l'architecture "autre", les modes vestimentaires (l'Inde...), l'alimentation et l'agriculture biologiques, des modes de socialisation utopistes comme les communautés, l'art psychédélique, les environnements créatifs excentriques, etc. L'art brut était vu d'un bon oeil par tous les zélateurs de ces cultures alternatives. Par la suite, en France, le mot est un peu passé de mode. Il continue cependant de représenter une bonne alternative (précisément) à l'emploi franglais d'outsider pour qualifier pêle-mêle un rassemblement d'art brut, d'art contemporain influencé par l'art brut, des environnements sauvages, etc., dans une joyeuse confusion qui a été dénoncée à diverses reprises ici ou là (dans les publications de l'association ABCD notamment).
10:45 Publié dans DICTIONNAIRE DU POIGNARD SUBTIL | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Art outsider, art alternatif, art brut, Environnements spontanés, Roger Cardinal
29 septembre 2007
Dictionnaire du Poignard Subtil

ART:
"(...) l'art ne dépend pas de l'artiste professionnel, une telle profession n'existe pas en soi. Ainsi il arrive que l'art se trouve parfois du côté des incapables professionnels, là où personne ne le soupçonne, parmi la communauté des snobs, dans le jeu d'un enfant ou dans l'artisanat par exemple. L'art est précisément une fleur singulière qui ne tolère de lien d'aucune sorte."
Kurt Schwitters, Art et temps, 1926, in Merz, écrits choisis et présentés par Marc Dachy, Editions Gérard Lebovici, 1990
"Le vrai art il est toujours là où on ne l'attend pas. Là où personne ne pense à lui ni ne prononce son nom. L'art il déteste être reconnu et salué par son nom. Il se sauve aussitôt. L'art est un personnage passionnément épris d'incognito."
Jean Dubuffet, L'art brut préféré aux arts culturels, 1949.

Je dois la découverte des intéressantes lignes de Schwitters, anticipant de vingt ans sur la fameuse déclaration de Dubuffet que j'ai reproduite en vis-à-vis (d'un côté 1926, de l'autre 1949), à la lecture du livre de Valérie Rousseau, Vestiges de l'indiscipline (voir ma note du 16 septembre à son sujet). Cette dernière rapproche avec raison le travail de Schwitters (par exemple incarné par son Merzbau, construction hétéroclite et très pensée à la fois qui traversait deux étages de l'immeuble qu'il possédait à Hanovre) et celui de Richard Greaves au Canada. Mais elle ne donne que partiellement la référence du texte de Schwitters. Marc Dachy dans une note signale que le texte existait en manuscrit et qu'apparemment il ne fut seulement publié qu'en tchèque, dans l'almanach Fronta à Brünn en 1927. On a du mal à imaginer dès lors que Dubuffet ait pu en prendre connaissance, même s'il a reconnu avoir été influencé par le mouvement Dada dans sa jeunesse. Simplement, nous pouvons constater que l'idée de l'art comme "fleur singulière qui ne tolère de lien d'aucune sorte" ne date pas de l'après deuxième guerre mondiale, mais était déjà bien dans l'air dés les lendemains du premier conflit mondial de 14-18.
14:10 Publié dans DICTIONNAIRE DU POIGNARD SUBTIL | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Schwitters, Dubuffet, Valérie Rousseau, Marc Dachy, Gérard Lebovici, Richard Greaves
28 juillet 2007
Dictionnaire du Poignard Subtil

14:10 Publié dans DICTIONNAIRE DU POIGNARD SUBTIL | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Sciapode, pied, James Joyce, empreintes
12 juin 2007
Dictionnaire du poignard subtil

00:05 Publié dans DICTIONNAIRE DU POIGNARD SUBTIL | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Anarchitecture, Habitants-paysagistes, Environnements spontanés, architecture sans architectes
09 juin 2007
Dictionnaire du Poignard Subtil

"J'ai fait allusion déjà à ce que Caillois en dit dans son petit livre Méduse et compagnie, avec cette pénétration incontestable qui est quelquefois celle du non-spécialiste, sa distance peut-être lui permet de mieux saisir les reliefs de ce que le spécialiste n'a pu faire qu'épeler."
13:30 Publié dans DICTIONNAIRE DU POIGNARD SUBTIL | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Spécialiste, Dilettante, Lacan, Caillois









