27 avril 2009

Le Musée des Méprises (3)

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Photo Bruno Montpied, Villefranche-sur-Saône, 2009

        Nous recevions pour quelques jours un couple d'amis provinciaux dont nous n'avions que rarement le plaisir de la visite. A l'issue d'une première soirée enjouée et arrosée comme il se doit pour des retrouvailles trop longtemps reportées, la conversation glissa sur les lieux et les quartiers parisiens dans lesquels nos amis souhaitaient se promener dans les jours à venir. Ils émirent également le désir de profiter de leur passage dans la capitale pour visiter quelque musée ou exposition, sans avoir toutefois d'idée particulièrement arrêtée. Je fis donc quelques suggestions susceptibles de leur plaire, en commençant benoîtement, je dois le reconnaître, par les musées les plus connus et les plus visités. Non, dirent-ils, plutôt un musée calme mais cependant intéressant. Nous en étions donc à suggérer quelques lieux moins fréquentés lorsque ma compagne leur fit une proposition qui les laissa stupéfaits: pourquoi n'iriez-vous pas visiter le musée du jus de pomme, leur souffla-t-elle, il y a rarement foule. Le musée du jus de pomme? reprit mon ami, plutôt porté à des boissons plus enivrantes, mais qu'y a-t-il donc à voir dans un tel musée ?

         La méprise que j'entretins avec une pointe de perversité dura le temps de quelques répliques au cours desquelles mon ami, encore peu habitué au charme de l'accent de ma compagne, se perdait en conjectures sur les raisons de l'existence d'une institution aussi saugrenue.

          Remy Ricordeau   

 

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 Photo B.M., inscription "complétée"...

 

12 avril 2009

Un drôle d'air

     La nurse de la belle grosse est toute rusée.

    Un petit cadeau (une chanson curieuse pour voir si vous l'aimez aussi) à celle ou à celui qui comprend le langage morse, euh... je veux dire nurse. Ca a peut-être à voir avec l'asphyxiante culture...

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27 mars 2009

Le Musée des Méprises (2)

        C'était une de ces fins d'après-midi pluvieuses et froides, de celles qui annoncent l'approche de l'hiver.

        Ma compagne, sortie faire quelques courses, venait de rentrer. Moi j'étais absorbé par la lecture de quelque livre, à moins que ce ne fût le journal du jour. Bref, nous en étions là, moi dans ma lecture, elle son cabas encore à la main. C'est alors que sur un ton non dénué d'inquiétude, elle me fit part d'une information tout à fait incroyable, du genre de ces rumeurs que vous apprenez au détour d'une conversation entendue dans la rue ou dans une file d'attente au super marché.

       Il faut faire attention, me dit-elle, en ce moment il y a plein de vieux russes à Paris! 

       Quoi, me dis-je, les cosaques seraient de retour ? Curieux de comprendre en outre le danger que peut représenter pour la population une armée de vieillards, autant qu'étonné par la rapidité d'une soudaine occupation venue de l'Est dont je ne m'étais, je dois l'avouer, pas encore rendu compte, je l'interrogeai sur l'origine de cette surprenante révélation.

      Ces périodes de demi-saison sont propices à la diffusion de microbes en tous genre, me répondit-elle, pour bien faire il faudrait porter des masques hygiéniques comme le font les Chinois.

      Quoique soucieux de ma santé, je décidai alors de sortir affronter ces vieux russes sans me laisser atteindre, toutefois, par le virus d'un anti-slavisme primaire.

      Remy Ricordeau

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22 mars 2009

Le musée des méprises (1)

     Un matin où nous prenions ensemble notre petit déjeuner, moi encore passablement ensommeillé devant ma tasse de café, ma chère compagne, un peu plus éveillée que je ne l'étais, se mit en tête, pour modérer sans doute mon excessive consommation  de café quotidienne, de me convertir à sa religion du thé matinal en m'en vantant toutes les vertus supposées (vertus que je ne discute pas au demeurant).

    Je vous passe le détail des arguments avancés, tous assurément plus convaincants les uns que les autres, mais n'étant cependant pas de nature à modifier durablement les habitudes d'un buveur de café impénitent tel que moi. J'écoutais donc d'une oreille semi attentive cette litanie de bienfaits que procure une consommation journalière de thé vert (le thé noir ou rouge ayant selon elle moins de vertus, cela dit pour les amateurs de ces deux breuvages), et j'allais sans doute me rendormir si je n'avais été brutalement secoué de ma torpeur par le dernier argument qu'elle venait de m'asséner: à l'entendre, en effet, le thé vert était une boisson notoirement antisémite !

    Bien que n'étant ni juif ni arabe mais de vieille souche sarthoise depuis 52 générations, je n'en suis pas moins sensible aux discriminations de toutes sortes dont nombre de nos contemporains peuvent être victimes en raison de leurs origines. Cependant sceptique sur la possibilité que peut avoir un breuvage d'afficher des opinions aussi discutables (mais pour dire vrai ma réaction eût été semblable si elle avait affirmé qu'au contraire le thé vert était antiraciste), je me mis en devoir de comprendre les raisons d'une telle affirmation. Il est connu, m'expliqua-t-elle alors, que le thé vert tue les bactéries, la preuve étant que ses feuilles sont utilisées dans la pharmacopée chinoise traditionnelle pour la confection d'onguents désinfectants. Ce qui en fait donc bien une boisson antisémite. De sceptique que j'étais, je devins alors moi aussi antiseptique.

Remy Ricordeau

20 mars 2009

Les mots de la fin (1)

     "Avant de fusiller le criminel américain James W.Rodgers, en 1962, on lui demande quelle est sa dernière volonté:

     - Eh bien... Un gilet pare-balles! "

     (Le Dernier Mot, De Néron à Desproges, près de 500 façons de tirer sa révérence, une anthologie présentée par Anne-France Hubau et Roger Lenglet, Librio, 2005)

16 février 2009

Banalités de base

   

"Se raser la tête permet d’économiser sur le shampooing

 

            Trente-cinq « aphorismes de la platitude » naguère commis par mézigue se laissent brouter du regard dans le cinquième numéro de la revue Trémalo.

            Lapalissades, évidences consternantes et truismes dopés aux hormones s'obtiennent contre 12 € envoyés par chèque à l'ordre de Kraken à l'adresse suivante : Kraken, revue Trémalo,Le Haut-Bois 29930 Pont-Aven.

 

Joël Gayraud"

 

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Un Kraken...

 

12 février 2009

Les Cahiers de l'Institut, deuxième livraison

      Le n°2 des Cahiers de l'Institut est paru en décembre 2008. L'Institut en question on le sait peut-être (voir ma note du 20 juin 2008 lors de la sortie du n°1) se consacre à la recherche et à l'exploration des "fous littéraires, hétéroclites, excentriques, irréguliers, outsiders, tapés, assimilés, sans oublier les autres..."

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Couverture du n°2, illustration de Mu

      Dans cette brassée d'articles (plus équilibrée il m'a semblé que dans le premier numéro), bien sûr chacun ira chercher son miel en fonction de ses perspectives de curiosité. Marc Décimo nous parle d'un linguiste passablement illuminé qui prétendant révéler l'étymologie des mots comme étant basée avant tout sur le gaulois s'est livré en 1846 à un "dépliage" des mots qui annonce de très loin les expériences de Michel Leiris dans Glossaire j'y serre mes gloses, ou encore Souple mantique et simples tics de glotte paru dans Langage tangage en 1985). Le résultat est loin d'être aussi poétique et brillant que dans le cas de Leiris. Seul surnage le côté vaguement oulipien de cette tentative de définition des mots par décorticage des lettres et des syllabes.

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Carte postale éditée par l'IIREFL en hommage à la "Marseillaise de la Carotticulture" inventée par Paulin Gagne

      Un long (trop long à mon goût) dossier est consacré à Paulin Gagne, vedette dans le monde des fous littéraires, littérateur, homme politique et prophète déjanté qui tout bébé déjà, comme nous le rappelait en 1873 dans son Trombinoscope le nommé Touchatout, "magnétisait sa nourrice et, pendant qu'elle dormait, lui tatouait sur les seins des signes cabalistiques". Marc Angenot, mis à contribution ("Fous littéraires: extension et compréhension"), se fend d'une remise en question des principes critériologiques qui présidèrent à la recherche d'André Blavier sur les fous littéraires, recherche qui reste grandement respectée bien entendu à l'IIREFL. Angenot relativise la nécessité pour celui que l'on voudrait ranger chez les fous littéraires d'être, d'après Blavier, sans influence et sans imitateurs. "...il est un autre critère possible de la folie littéraire (...) Est fou littéraire et doit être accueilli comme tel, quiconque a été expressément déclaré tel par l'unanimité de ses contemporains". Il poursuit plus loin: "Quand, pourquoi, dans quelle mesure, tel écrit est-il repêché et tel autre reste-t-il stigmatisé, ce sont ici de bonnnes questions auxquelles il n'est pas de réponse aisée". Ceci fait écho à la première phrase de Didier Barrière (dans Epaves du trésor graphique de Nicolas Cirier dans le fonds Guillaume-Moussy à Joinville), ailleurs dans ce n°2: "On sait que le propos d'un fou littéraire, au XIXe siècle surtout, est d'avoir publié des ouvrages si incohérents que nul ne pouvait les lire ou les prendre au sérieux". Entre parenthèses, c'est un peu le problème des revues qui choisissent de traiter de ces fous, comment espérer qu'elles aient à leur tour des lecteurs? Sans doute parce qu'on espère, et à juste titre je pense, que les lecteurs s'intéresseront aux commentaires sur ces fous davantage qu'au premier degré des divagations de ces derniers... 

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Maurice de Boeck, La danse des élus, huile sur toile, 1972, collection privée reproduit par André Stas dans Les Cahiers de l'Institut n°2

        L'IIREFL respecte son défi de vouloir pousser plus loin les recherches sur son champ de prédilection. Utile est de ce point de vue la publication dans ce numéro du recensement opéré par Paul Gayot, membre du Collège de Pataphysique, des divers écrits consacrés aux fous littéraires au long des numéros des publications passées et actuelles du Collège. Cependant, il me sera aussi loisible de regretter qu'une place plus grande ne puisse être donnée aux diverses créations de l'art brut et consorts. C'est ainsi que dans ce numéro, à part deux articles, dont un de l'animateur de ce blog (sur le naïf monument au maire de Désiré Guillemare à St-Ouen-sur-Iton) et un d'André Stas, tout à fait alléchant sur un "hétéroclite" belge, Maurice de Boeck, accessoirement peintre naïf de "peintures brûlots", selon les propres mots de l'auteur de l'article, peintures qui sont de mon point de vue la révélation du numéro, à part ces deux articles, il est somme toute peu question d'art brut (si l'on excepte quelques compte-rendus d'ouvrages dont un de Marc Décimo, pas très tendre, sur le livre récemment publié de Marielle Magliozzi Art Brut, Architectures marginales).

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Le "Phare Sollerot", appelé aujourd'hui Monument au maire, à St-Ouen-sur-Iton, carte postale début du siècle, avec le maire Désiré Guillemare probablement, au pied du monument ; on distingue les panneaux contenant les états de service du maire qui sont encore aujourd'hui en place sur trois faces du monument ; ces états de service sont intégralement reproduits par moi dans l'article du n°2 des Cahiers de l'Institut (article  Désiré Guillemare, un bienfaiteur envahissant?)
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Détail du monument de Désiré Guillemare, la rosière et le maire, ph.B.Montpied, 2002
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Les Cahiers de l'Institut n°2
Pour se le procurer, voir à la librairie de la Halle Saint-Pierre  rue Ronsard dans le XVIIIe à Paris. Ou bien le commander à l'IIREFL, 1, rue Tremblôt, 54122 Fontenoy-la-Joûte, France. iirefl@orange.fr. Marc Ways: 06 88 74 58 68.
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A SIGNALER:

     Une émission sur France-Inter,  Crumble, animée par Kriss, va être consacrée aux fous littéraires avec Marc Décimo en guest star...

    Vous pourrez l’écouter sur votre ordinateur pendant une semaine. L'émission sera diffusée dimanche 15 février prochain, de 12H a 13H, et sera en ligne sur le site de France Inter: http://www.franceinter.com/ (en écoute à la carte, podcast et visuel).

20 juin 2008

"Les Cahiers de l'Institut" n°1 est paru

    Prévu pour février (voir ma note du 24 novembre 2007), le n° 1 des Cahiers de l'Institut, émanant de l'IIREFL (Institut International de Recherche et d'Exploration sur les Fous Littéraires, etc...) est finalement paru en juin de cette année.

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Couverture du n°01 avec un collage d'André Stas, intitulé "Naufrage de la pensée" (2007)

   Diffusé a priori essentiellement sur commande, on peut l'obtenir grâce aux coordonnées que j'affiche au bas de cette note. Disons-le tout de suite, c'est une superbe revue, écrite de façon tonique et claire, apportant du neuf sur le petit monde des fous littéraires,  popularisé avant cet "Institut" par Nodier, Queneau et Blavier. La revue ne se limitant pas aux excentriques littéraires, elle se permet aussi des incursions vers certains cas d'art brut, ou des créateurs simplement atypiques de l'art.

    Par exemple, dans ce n°1, nous trouvons un long article passionnant de Frédéric Allamel (p.110) sur l'environnement à la fois littéraire et architectural de Billy Tripp, situé aux USA (Marc Décimo l'a également fait figurer dans son récent livre sur les Jardins de l'Art Brut, éd. Les Presses du Réel), à Mindfield dans l'ouest du Tennessee. "Les correspondances abondent et laissent transparaître un at total dessinant un art de vivre faisant l'éloge du local". Billy Tripp illustre assez bien la fusion du fou littéraire et du créateur d'environnement poétique, ce qui est un cas unique à ma connaissance. Un détail du site de Billy Tripp à Brownsville (Tennessee, photo publiée dans les Jardins de l'Art Brut de Marc Décimo)).jpgLa revue a la bonne idée également de republier un article de Marcel Réja (qui, comme on le sait depuis Michel Thévoz, cachait le nom de l'aliéniste Paul Meunier, collaborateur du Dr Marie et ami traducteur d'August Strindberg), datant de 1901, L'Art malade: dessins de fous, texte anticipant sur le livre que publia par la suite en 1907 Réja. Assurant la transition avec la principale préoccupation de la revue qui reste avant tout l'univers des fous littéraires, un article de Michèle Nevert et Alice Gianotti (p.94) traite de la conservation miraculeuse de nombreux manuscrits d'aliénés de l'asile de Saint-Jean-de-Dieu à Montréal, qui sont donc autant de textes que l'on qualifierait du côté des amateurs d'art brut d'"écrits bruts" (Les anonymes du siècle, Manuscrits asilaires de Saint-Jean-de-Dieu: première traversée ; cependant, il est à noter que les extraits publiés par les auteurs de l'article sont avant tout des lettres de patients à leurs médecins et qu'ils sont écrits dans une langue sans grande invention, à la différence des écrits bruts rassemblés par Thévoz). On connaissait déjà certaines recherches de Michèle Nevert qui avaient été publiées dans les actes du colloque Indiscipline et marginalité édités par Valérie Rousseau dans le cadre de la Société des Arts Indisciplinés en 2003 au Québec.

Dessin de fou, coll Dr.Sérieux, servant à illustrer un article de Marcel Réja dans le n°01 des Cahiers de l'Institut.jpg
"Dessin de fou, collection du Dr. Sérieux", légende publiée dans ce n°01 des Cahiers de l'Institut pour illustrer l'article de Marcel Réja

    Bien d'autres sujets sont évoqués dans les colonnes de cette revue grosse de 145 pages. Marc Décimo, le rédacteur en chef, de son côté, s'évertue (p.22) à recenser les traces laissées chez divers auteurs  par Jean-Pierre Brisset (connu pour avoir voulu démontrer par des séries de calembours étourdissants que l'homme descendait de la grenouille). S'ensuivent quelques extraits caractéristiques des écrits de Brisset. On trouve encore dans ces Cahiers un article d'Allen Thiher, professeur à l'université du Missouri, intitulé Folie et littérature (p.56). Au sein d'un assez long développement, M.Thiher avance cette étonnante remarque: "La littérature dans presque tous les sens du mot n'est-elle pas précisément une expression directe d'un petit accès psychotique, c'est-à-dire, une extériorisation d'une hallucination qui vise à se substituer au monde soi-disant réel -réel dans le sens le plus banal du terme"... Jean-Jacques Lecercle, dans son Eloge des fous littéraires (p.10), estime que les fous littéraires de façon inconsciente mette en avant une autre philosophie du langage. Michel Criton présente les cas d'un certain nombre de mathématiciens fous (p.64). Paolo Albani (p.73) étudie l'usage de la contrainte littéraire librement employée (à la façon des écrits de l'Oulipo) à l'intérieur même de certains écrits de fous littéraires (il cite par exemple le cas de Jean-François de Mas-Latrie, (1782-?) qui pratiqua le lipogramme, ce jeu qui se propose d'éliminer une ou plusieurs lettres volontairement dans les textes à produire). Il cite aussi le cas de ce roman destiné aux plus jeunes, de Mary Godolphin (alias Lucy Aikin), un Robinson Crusoe en mots d'une syllabe...

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Une peinture d'Emilie-Hermine Hanin, 1929, reproduite dans le n°01 des Cahiers de l'Institut

    La revue ne s'arrête pas aux articles ci-dessus mentionnés, elle fourmille d'érudition sur les loufoques de partout, avec le ton humoristique et pince-sans-rire que l'on connaît aux Pataphysiciens, jamais éloigné d'une certaine propension à la malice et à la supercherie. Au détour d'un article ou l'autre, il sera loisible au lecteur de s'arrêter sur la découverte qui le concernera plus particulièrement. J'ai personnellement fait mon miel d'une note relative -dans le cahier central de la revue imprimé sur papier jaune, consacré aux notes de lecture et aux fragments bibliographiques- à un ouvrage appartenant à l'Institut. Son titre: Super-despotes et son auteur, Emilie-Hermine Hanin. Si l'ouvrage est essentiellement consacré à la défense et à la vengeance du père de l'auteur, inventeur malheureux d'un calendrier perpétuel, il permet également de faire découvrir que cette femme était aussi peintre (et souffrait d'une tendance au délire de persécution). L'oeuvre Le piège à avions (du nom d'une invention d'Herminie Hanin), reproduite dans ces Cahiers de l'Institut, révèle un talent naïf/brut de fort bon aloi, qui fait un peu penser aux tableaux naïfs de la collection Courteline. Je me permets de le reproduire ci-dessus. A noter que Jean Selz a publié dans Les Lettres Nouvelles (Les Cahiers de l'Institut ne donnnent pas la référence exacte du numéro) le récit de ses deux rencontres avec cette dame. André Blavier l'a également cité dans son anthologie.

Pour acquérir la revue:

Adresser sa commande (25€ le numéro, 50€ pour deux numéros par an, 140 pages illustrées en noir et blanc) à:

I.I.R.E.F.L., 1, rue du Tremblot, 54122 Fontenoy-la-Joûte, France. Règlement par chèque bancaire à l'ordre de I.I.R.E.F.L. Virement bancaire Société Générale compte n°30003 01463 00050336469 22. Paypal (iirefl@orange.fr). Abonnement étranger: En raison des frais bancaires, des frais de change et des frais de port, l'abonnement est fixé au prix de 70€. Règlement par virement bancaire international par IBAN et BIC. IBAN FR76 3000 3014 6300 0503 3646 922. BIC SOGEFRPP. Paypal (iirefl@orange.fr).

Il est également possible de trouver la revue à la librairie de la Halle Saint-Pierre, rue Ronsard dans le 18e ardt à Paris.

 

05 février 2008

Dictionnaire du Poignard Subtil

PERSONNALITE:

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     "Se dit d'une personne notoirement malade. PERSONNALITE."

     (Mots-gigognes, Claude-Rose et Lucien-Guy Touati, cité dans Le tireur de langue, Anthologie de poèmes insolites, étonnants ou carrément drôles, Ed. Rue du Monde, 2000)

31 décembre 2007

Une chanson de Lord Charles pour finir en beauté 2007

   2007 n'en peut plus, 2007 jette ses dernières flammèches, 2007 est à bout de souffle, et ça me fait mal. Mal de voir partir une année de plus. Je n'aime pas beaucoup ce Sylvestre, qui porte significativement un nom digne d'un Homme Sauvage. L'année se meurt au fond d'un bois déplumé quoique bien ténébreux (non, pas un beau ténébreux, histoire de citer Gracq, parti justement avec cette année 2007). Rien ne pourra m'en consoler, si ce n'est la foi en l'avenir... 2008? Oui? Alors, je vais chercher dans les rayons de ma bibliothèque des raisons de sourire ou de fredonner et je retrouve les Oeuvres Complètes de Lord Charles (annotées par John Hulme ; éditions la Découverte, Paris, 1984), fort réjouissante compilation de chansons anglophones aux consonances étrangement familières.

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   Je vous recopie une des chansons à la graphie anglophone qui devrait vous mettre quelque puce à l'oreille. En réalité, on y cause de bal, ce qui est de circonstance en cette journée de réveillon annoncé. Cela inaugure sur ce blog, à la veille de l'année nouvelle une catégorie inédite que j'intitule "Curiosités et divertissements langagiers".

"'s your lip on dune or, urn (1) Bali aid on eh,

Add elder Monte (2) a some air Dee (3) Al (4) eh.

No gnome * a fee, tune nearer pad an say,

Mont Assa (5) sham bracer (6) may apple hooray!

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1. Cette urne de Bali l'aida à faire quoi?

2. Philippus de (1521-1603), un des maîtres néerlandais de la musique polyphonique.

3. Fleuve au nord-ouest de l'Angleterre.

4. Capone.

5. Volcan heureusement éteint sur le plateau de Chillong, où il y a de grandes plantations de thé de renommée mondiale.

6. Faux tonique.

* Note explicative d'importance vitale: la lettre g de "gnome" est muette."

    Les notes sont du même auteur que la chanson (que certains ethnologues familiers de ce blog et du Poitou -et non de Sébastopol...- devraient immédiatement reconnaître, après un court instant de stupeur, ce qui fait tout le charme de ce divertissement précisément...), à savoir le dénommé Lord Charles, que le quatrième de couverture présente comme un "vieil original anglais, amateur de golf en chambre, collectionneur de puces sauteuses et rude buveur de whisky". Ses chansons, je m'empresse de le conseiller, se doivent d'être prononcées à voix haute dans votre "gueuloir" privé, c'est ainsi qu'elles révèlent leur secret... Essayez ce soir à minuit! Et bonne fête!