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01/02/2026

Exposition Montpied à la galerie Blandine Roques (Montauban)

       Pour mes 50 ans de peinture et dessin, je fête cet anniversaire avec une exposition personnelle présentant 40 dessins de ma série actuelle des "Empilés", à la Galerie Blandine Roques, place du Coq, à Montauban (entre Bordeaux et Toulouse). Cela se tiendra entre le 5 mars et le 18 avril prochains. La grande majorité des oeuvres n'ont jamais été exposées. Seules trois ou quatre le furent à l'Atelier Véron à Paris, récemment, en fin d'année 2025.

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Bruno Montpied, "Tache au pays des empilés (les Empilés 20)", 40x30 cm, technique mixte sur papier, 2025, ph. B.M..

 

     Je suis content que cela se produise dans cette bonne ville des bords du Tarn où j'ai déjà eu l'occasion d'exposer (deux tableaux) grâce à feu Paul Duchein – dont l'ombre reste un grand souvenir pour maints Montalbanais amateurs de singularités – au musée Ingres, très proche de la place du Coq, à l'occasion d'une exposition collective en 2006 qui s'intitulait "Le moi et son double". J'y suis venu également vers 2012 pour une causerie autour du film "Bricoleurs de paradis" et de mon premier livre, où un DVD du film était joint, Eloge des jardins anarchiques (éditions L'Insomniaque", 2011).

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Bruno Montpied, "Empilés nés de la dernière pluie (les Empilés 48)", 40x30 cm, technique mixte sur papier, 2025, ph. B.M. 

 

        40 œuvres de la série les Empilés, dis-je, car en effet, depuis l'année dernière les formes se sont mises à monter, à grimper, escalader mes supports, papier ou carton entoilé, de manière timide (jusqu'à présent) comme s'il s'agissait de gagner le ciel (mais lequel?). Voici ce que j'écris en guise de présentation de l'exposition sur le carton d'annonce de l'exposition qui devrait incessamment être édité par la galerie:

 

LES EMPILÉS

      Les années s'empilent. Les références, les noms, les découvertes bâtissent des piles qui grimpent vers le ciel. Et mes dessins tout à coup ont commencé depuis 2025 à traduire ces empilements eux aussi... Comme une lointaine réminiscence, également, des décors dits « à la Grottesque » créés à partir de la Renaissance¹, ancêtres du dessin automatique des surréalistes, tous m’ayant toujours frappé. Des personnages, des motifs décoratifs imaginaires, tout un vocabulaire de formes les plus variées possibles se sont mis à escalader mes supports de papier à la verticale, dans une varappe graphique énigmatique. Ce qui a eu pour effet, simultanément, de récapituler les éléments épars du lexique iconographique produits au cours de mes 50 années de création picturale et graphique, tout en ressuscitant le goût de la couleur qui a toujours été présent chez moi.

      Car, oui, 1976-2026, grâce à Blandine Roques, mes Empilés me souhaitent, je m’en suis avisé subitement, un bon anniversaire, celui, en 50 berges de création plastique, d’un certain espoir  de maturité enfin conquise…

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Bruno Montpied, "L'Hirsute parmi les empilés (les Empilés 72)", 40x30 cm, technique mixte sur papier, 2026, ph.B.M.

___

     1. "Les grotesques sont une catégorie de peinture libre et cocasse inventée dans l'Antiquité pour orner des surfaces murales où seules des formes en suspension dans l'air pouvaient trouver place. Les artistes y représentaient des difformités monstrueuses créées du caprice de la nature ou de la fantaisie extravagante d'artiste : ils inventaient ces formes en dehors de toute règle, suspendaient à un fil très fin un poids qu'il ne pouvait supporter, transformaient les pattes d'un cheval en feuillage, les jambes d'un homme en pattes de grue et peignaient ainsi une foule d'espiègleries et d'extravagances. Celui qui avait l'imagination la plus folle passait pour le plus doué. "
         (
Giorgio VASARI, De la peinture, Introduction technique, chapitre XIV, vers 1550. Cité sur le site web suivant https://www.meublepeint.com/grotesque.htm).

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Bruno Montpied, "Equilibristes empilés (les Empilés 12)", 30x30 cm, technique mixte sur papier, 2025, ph. B.M. ; non exposé à Montauban, ce dessin fait partie des premiers "empilés" qui commencèrent d'abord à la fin de ma série en format carré précédente... C'est à partir de ce douzième dessin que se mit véritablement en place l'escalade, ou la suspension, des formes.

Commentaires

"d’un certain espoir de maturité enfin conquise…"
C'est-à-dire ? Tu peux en dire un peu plus ?

Écrit par : Gilles Manero | 01/02/2026

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Certes... "Maturité"...: assurance. L'image va de soi. Elle se bâtit comme toute seule, issue de mes doigts avec naturel, les doutes et les hésitations mises au rancart. L'inspiration s'épanouit, tranquille, sûre d'elle.

Écrit par : Le sciapode | 02/02/2026

Bonjour,
Super!
Avez-vous prévu un vernissage?
Merci
Jean-Claude

Écrit par : Jean Claude Tourbillon | 02/02/2026

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Oui, mais cela ne s'annonce pas publiquement. Demandez à la galerie.

Écrit par : Le sciapode | 02/02/2026

C'est bien ça !

Écrit par : Philippe | 02/02/2026

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Tu veux dire qu'avec 50 ans d'écriture/dessin automatique, tu acquières assurément certains automatismes... Est-ce pour autant la plénitude ?

Écrit par : Gilles Manero | 03/02/2026

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Oui, un certain automatisme. Mais il me semble qu'il ne s'agit pas spécialement de "plénitude". Simplement, l'image se cristallise sur le papier, comme naturellement, le moi n'étant que le truchement docile de la transmission. Toutes ces années, j'ai cherché à discipliner, dompter serait le mot plus idoine, ce flux de mise en forme à imprégnation inconsciente si difficile à canaliser de la manière la plus réussie. A une époque je me suis même servi de l'alcool pour faire surgir cette mise en forme. Avec l'arrivée de ces empilements, qu'avaient précédés d'autres séries, dont des "formes flottantes", d'un seul coup, c'est comme si une digue avait lâché. Cela n'est peut-être pas acquis, cela pourra peut-être être à reconquérir, qui sait?

Écrit par : Le sciapode | 04/02/2026

A mon humble avis, rien n'est jamais acquis,
A (re)conquérir, cela est une évidence à chaque création, c'est aussi la condition pour éviter justement un certain automatisme même si cela peut paraitre illusoire. Il y aurait beaucoup à dire sur le sujet, et cela dépasse largement les limites de cet échange...

Écrit par : Gilles Manero | 04/02/2026

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Peut-être. Mais que l'on ait pu chevaucher au moins une fois cette cavale graphique qui autrement ne se soumettait pas, en adoptant une démarche à son diapason, c'est déjà un point qu'on ne saurait nous enlever, car c'est fixé. J'ajoute que cela ne se peut, peut-être, que lorsque le travail salarié a été aboĵli dans nos vies.

Écrit par : Le sciapode | 04/02/2026

J'ajouterai que tu te fais une idée fausse de l'automatisme dont je parle, le confondant avec quelque fonctionnalité mécanique...

Écrit par : Le sciapode | 04/02/2026

A l'origine (1861), écriture automatique était aussi appelée écriture mécanique, je ne t'apprends rien...

Écrit par : Gilles Manero | 07/02/2026

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Donc, c'est bien ce que je dis, tu comprends automatique comme mécanique. Je ne sais à quoi tu fais allusion avec cette date de 1861, mais moi je faisais référence non pas à une quelconque écriture de robot primitif du XIXe siècle mais bien entendu à l'écriture et au dessin automatique des surréalistes qui sont des techniques dérivées de méthodes psychanalytiques pour faire advenir des expressions de l'inconscient.

Écrit par : Le sciapode | 08/02/2026

1861, vous voulez parler de l'édition des oeuvres de Maine de Biran par Victor Cousin?
Maine de Biran, c'est effectivement très intéressant pour l'histoire de l'idée d'automatisme.

Écrit par : Atarte | 09/02/2026

Allan Kardec, Le Livre des Médiums, 1861 (réédition mars 2007). Un drôle de robot très en avance pour son époque !
"Écriture automatique" fait l'objet de multiples études savantes dans plein de domaines (peinture, dessins, psychologie, parapsychologie, médiumnique, sans oublier les surréalistes). La case de ce blogue risque d'être trop petite pour parler de ce qui définit ce terme.

Écrit par : Gilles Manero | 09/02/2026

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Encore une fois, je ne fais référence qu'aux surréalistes, et à Breton en particulier. Les études sur le terme, qui finissent par relativiser l'emploi de la technique par André Breton (qui en agace plus d'un à ce que je crois deviner), m'indiffèrent.

Écrit par : Le sciapode | 10/02/2026

On pourrait se référer aussi à l'ouvrage de Pierre Janet, « L'automatisme psychologique », paru à la fin du XIXe siècle. Mais j'irai dans le sens du Sciapode en soulignant que, tandis que les psychologues traitaient de l'automatisme comme phénomène ressortissant à la pathologie, Breton, en un geste novateur décisif, en fait résolument une méthode de création.

Écrit par : L'aigre de mots | 11/02/2026

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Et allez... Tout le monde d'étaler sa culture en matière de culture "automatique"... Pour rester pédant, peut-être puis-je moi-même étaler la mienne en renvoyant monsieur l'Aigre à la lecture de Marguerite Bonnet, qu'il doit bien connaître pourtant, dans "André Breton et l'aventure surréaliste" - livre qui me paraît très peu démodé. Celle-ci démontre que ce n'est pas Pierre Janet qui a influencé Breton pour l'écriture automatique, mais bien Freud dont il prit connaissance à Saint-Dizier en 1916 à travers le livre du Dr. Régis qui introduisait à cette époque en France les travaux du penseur viennois (1ères traductions en 1921). Balakian, Starobinski et autres faux démystificateurs sont à mettre à la poubelle de l'histoire du surréalisme. Breton découvrit à l'époque les méthodes de translation de l'inconscient au conscient de par cette technique de l'écriture automatique qu'il emprunta aux psychanalystes pour la faire servir à une nouvelle forme d'expression, à une poésie qui devait nous mener quelque part, une vie changée, comme demandait Rimbaud.

Écrit par : Le sciapode | 12/02/2026

Amen !

Écrit par : Gilles Manero | 11/02/2026

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Vous faites un peu le sot, Monsieur Manero, je trouve.

Écrit par : Le sciapode | 12/02/2026

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