22/03/2009
Le musée des méprises (1)
Un matin où nous prenions ensemble notre petit déjeuner, moi encore passablement ensommeillé devant ma tasse de café, ma chère compagne, un peu plus éveillée que je ne l'étais, se mit en tête, pour modérer sans doute mon excessive consommation de café quotidienne, de me convertir à sa religion du thé matinal en m'en vantant toutes les vertus supposées (vertus que je ne discute pas au demeurant).
Je vous passe le détail des arguments avancés, tous assurément plus convaincants les uns que les autres, mais n'étant cependant pas de nature à modifier durablement les habitudes d'un buveur de café impénitent tel que moi. J'écoutais donc d'une oreille semi attentive cette litanie de bienfaits que procure une consommation journalière de thé vert (le thé noir ou rouge ayant selon elle moins de vertus, cela dit pour les amateurs de ces deux breuvages), et j'allais sans doute me rendormir si je n'avais été brutalement secoué de ma torpeur par le dernier argument qu'elle venait de m'asséner: à l'entendre, en effet, le thé vert était une boisson notoirement antisémite !
Bien que n'étant ni juif ni arabe mais de vieille souche sarthoise depuis 52 générations, je n'en suis pas moins sensible aux discriminations de toutes sortes dont nombre de nos contemporains peuvent être victimes en raison de leurs origines. Cependant sceptique sur la possibilité que peut avoir un breuvage d'afficher des opinions aussi discutables (mais pour dire vrai ma réaction eût été semblable si elle avait affirmé qu'au contraire le thé vert était antiraciste), je me mis en devoir de comprendre les raisons d'une telle affirmation. Il est connu, m'expliqua-t-elle alors, que le thé vert tue les bactéries, la preuve étant que ses feuilles sont utilisées dans la pharmacopée chinoise traditionnelle pour la confection d'onguents désinfectants. Ce qui en fait donc bien une boisson antisémite. De sceptique que j'étais, je devins alors moi aussi antiseptique.
Remy Ricordeau
13:35 Publié dans Curiosités, modifications et divertissements langa | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : divertissements langagiers, remy ricordeau |
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21/03/2009
Info-Miettes (3)
Je signale l'exposition prochaine de Christian Pinault, Catherine Ursin et de quelques autres (Chamoro et Boistine) à la Galerie La Main qui parle, située dans le 20e ardt à Paris, avenue du Père-Lachaise, du 1er au 12 avril. Histoire de faire la liaison avec l'exposition Hang'Art annoncée dans une note précédente, où expose aussi Pinault, le récupérateur d'épaves (et non pas de cadavres, pour faire référence à Stevenson). Cette galerie est en fait un lieu associatif qui invite, moyennant cotisation individuelle ou collective, des groupes à exposer. Pas de ligne précise donc (hormis l'étiquette de galerie d'art singulier qui devient une étiquette qui ne veut plus rien dire, tant les artistes récupérateurs plus ou moins improvisés font florés), pas d'exigence esthétique particulièrement marquée. On constate simplement que des "singuliers" sincères s'y retrouvent régulièrement, Jean-Michel Chesné par exemple y est passé récemment. A regarder leur site web, j'ai trouvé jusqu'à présent leurs accrochages assez "foutoir" (on veut en mettre le plus possible). Pour l'occasion, l'expo Pinault-Ursin and co, ils ne sont que quatre. L'affiche de l'expo paraît équilibrée, et les artistes talentueux, même si le syndrôme de la "Tête à Toto" y est toujours actif...

Vernissage le 3 avril à 18H, Galerie La Main qui parle, 3, avenue du Père Lachaise, Paris 20. Expo ouverte tous les jours 10h-20h.
14:35 Publié dans Art singulier | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : christian pinault, catherine ursin, la main qui parle |
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Disparition de Lolette Grégogna
01:29 Publié dans Hommages | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : lolette et rené-françois grégogna |
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20/03/2009
Les mots de la fin (1)
"Avant de fusiller le criminel américain James W.Rodgers, en 1962, on lui demande quelle est sa dernière volonté:
- Eh bien... Un gilet pare-balles! "
(Le Dernier Mot, De Néron à Desproges, près de 500 façons de tirer sa révérence, une anthologie présentée par Anne-France Hubau et Roger Lenglet, Librio, 2005)
10:05 Publié dans Curiosités, modifications et divertissements langa | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : mots de la fin, derniers mots, james rodgers, peine de mort |
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19/03/2009
Il paraît que

Un petit livre à la maquette sobre et originale, un peu énigmatique, tel s'est révélé à moi le recueil de Goria (qui est-ce?) intitulé Il paraît et vendu sur le stand des éditions Cent Pages au Salon du Livre (il a été édité la première fois en 2004). Cela contient des centaines d'informations (440 exactement) plus ou moins invérifiées par l'auteur qui prétend dans la courte préface servant d'explication au début du livre qu'il les a collectées à la radio, tandis qu'il tirait des photos dans son laboratoire ("Du flux des propos, il arrive qu'une information se détache, forçant l'écoute"). Curieuse litanie d'Il paraît que... qui vient nous rappeler le flot d'informations qui nous envahit et tantôt dilate notre vision du monde et le cercle de notre mémoire, tantôt nous plonge dans le désordre et la confusion, où l'on ne sait plus faire la part entre le réel et l'imaginaire. Ces petits textes ressemblent à des départs de rumeurs aussi (exemples, les trois textes relatifs à Diogène, contradictoires, que contient le recueil). Et les rumeurs regardent la créativité populaire involontaire comme cela a déjà été remarqué par certains folkloristes (Nicole Belmont par exemple).
Quelques exemples ci-dessous, choisis par moi je l'avoue pour leur curiosité et leur cocasserie avant tout:
Il paraît que les cailloux possèdent un pouvoir hypnotique qui leur permet de se déplacer: quand un caillou veut changer d'endroit, il attend que quelqu'un passe, il l'hypnotise, le passant le ramasse et l'emporte ailleurs.
Il paraît que les électrons en se déplaçant émettent un son qui, selon la nature du métal, change.
Il paraît qu'on fabrique encore des 2CV en Chine.
Il paraît que le bouillon cube a été lancé sur le marché la même année que le cubisme.
Il paraît que le requin coule s'il cesse de nager car il est plus lourd que l'eau.
Il paraît qu'en Grèce, le pédagogue était l'esclave chargé d'amener les enfants à l'école..
Il paraît que chez les Arwakos, le mort est enterré en position foetale avec une cordelette dans la bouche qui, maintenue à la surface, permettra à son âme de rejoindre les esprits.
Il paraît que Louis Aragon et Elsa Triolet allaient aux concerts de Johnny Halliday.
Il paraît que l'horizon est à quinze kilomètres.
Il paraît que lorsque la Joconde fut volée en 1911, Kafka, alors à Paris, alla voir l'emplacement vide au Louvre.
Il paraît que notre plus proche voisin qui était à 23,12 mètres est maintenant à 12, 80 mètres.
Il paraît qu'un moustique bat des ailes 133000 fois par minute.
Il paraît que Clemenceau a arraché le drap noir qui recouvrait le cercueil de Monet en disant: "De la couleur pour Monet".
Il paraît que dans certaines tribus d'Esquimaux, au Pôle nord, parfois les hommes se réunissent, choisissent l'un d'entre eux et tous ensemble le jettent en l'air le plus haut possible pour qu'il voie très loin et raconte.
Il paraît que les oreilles de monsieur Spock ont été vendues 1600 livres sterling chez Sotheby's.
Etc., etc....
(Merci à Jean-Raphaël Prieto pour avoir attiré mon attention sur ce livre)
20:22 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : goria, éditions cent pages |
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