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08/12/2007

Gaston Mouly, meilleur conducteur du Lot

   Gaston Mouly nous a quittés en trombe, comme il avait vécu, plutôt vite, voici dix ans exactement. Cela méritait un petit hommage commémoratif avant que l'année ne finisse complètement et pour entretenir un peu la flamme des héros de notre temps. Voici donc trois photos tirées de mes archives personnelles, inédites. Art rustique moderne garanti (car Chaissac a bien eu au moins un successeur digne de son concept, à mon humble avis).

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Gaston Mouly dans un de ses ateliers en 1988 (on peut agrandir la photo en cliquant dessus), on voit une photo de ses quatre enfants au-dessus de la fenêtre, et en haut à gauche une grande portion du tableau qu'il consacra à l'évocation de la vie de son village, tableau réalisé bien avant qu'il se mette au dessin de façon systématique après sa première exposition au Site de la Création Franche en 1989 (exposition pour laquelle je m'étais entremis), ce qui prouve que Gaston Mouly n'avait pas attendu Gérard Sendrey pour se mettre au dessin et même à la peinture...
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Gaston dans un café près de St-Germain-des-Prés ; on remarquera l'auréole créée par un reflet de lampe dans le miroir derrière lui: Saint-Gaston, qui paraît rêver aux femmes, peut-être, car..."Dieu créa la femme", proclame l'affiche derrière lui (je pris la photo pour cette rencontre entre l'affiche et Gaston), 1988.
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Gaston Mouly, Le chabrot, vers 1992, crayons de couleur sur papier, 50 x 65 cm 
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Ce dernier dessin, provenant d'une collection privée parisienne, pour saluer d'un bon coup de jaja mêlé à la soupe (c'est cela le "chabrot") le passage sur terre de Gaston qui heureusement nous aura au moins laissés en souvenir ses dessins (qui, entre parenthèses, mériteraient d'être exhaustivement inventoriés, non?)  

Le musée d'art cru serait cuit

   Je le dis tout de suite, je ne suis pas de ceux qui s'intéressent passionnément aux collections du musée d'art cru dont s'occupe Guy Lafargue (c'est lié à un art-thérapie qui ne me plaît pas beaucoup). On peut voir quelques échantillons (extraits du site du musée) sur ce lien. D'accord, dans ses collections, il y a du Sefolosha, du Joël Lorand... Mais il y a aussi tout le reste qui ne me fait pas follement vibrer (Bon... il y a aussi Philippe Aïni, c'est parfois original, surtout depuis quelque temps avec ces travaux où il utilise de la bourre sur toile, je préfère cela à ses oeuvres d'autrefois).
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Philippe Aïni, Confusion, 2006 (photo extraite de son site)
   Je n'en parle que parce qu'un correspondant m'a retransmis un appel à l'aide de Guy Lafargue. Le musée serait en danger de disparaître (en fait c'est peut-être déjà fait). Des histoires de dettes, semble-t-il, et en plus aux dires de Lafargue, il y aurait de la persécution dans l'air, du Kafka, de la censure... Son appel a par moment des allures de texte de fou littéraire, je trouve (je ne cherche pas à savoir s'il a raison ou non, l'affaire a l'air bien trop compliquée, je ne juge que son texte, pas toujours très clair, mais les histoires judiciaires ne le sont pas non plus, très claires...). Ca peut intéresser des amateurs, ce genre de texte (je pense à l'IIREFL). Et puis, il peut se trouver chez mes lecteurs des partisans de l'engagement auprès de Guy Lafargue.
    Ceux-là se reporteront peut-être donc à SOS Art cru museum.doc

06/12/2007

Surréalistes et situationnistes, surréalistes anglais, deux livres sur ces questions

    Je reproduis sans difficulté ci-dessous deux annonces récemment arrivées dans ma boîte aux mails (qui n'a jamais-z-aux-mails...), c'est en provenance des Editions Dilecta, basées à Paris dans le 12e arrondissement, et c'est répercuté par le site Infosurr (site internet en reconstruction actuellement):
"Surréalistes et situationnistes, vies parallèles
Par Jérôme Duwa

La rencontre d'André Breton et de Guy Debord n'a jamais eu lieu. Selon Debord, il allait de soi que l'un excluait l'autre : Breton et le surréalisme appartenaient au passé, celui-la même que la Seconde Guerre mondiale venait d'engloutir, en sorte que tout était à recommencer.
Ce jugement expéditif à  l'égard du surréalisme méritait d'être reconsidéré dans un esprit étranger à  tout réglement de compte. Divergence fondamentale ou intime parenté occultée par des rivalités de façade ? Une histoire détaillée des relations mouvementées entre surréalistes de Paris et de Bruxelles avec Guy Debord et ses amis restait à  écrire pour comprendre, notamment, un des ressorts de la construction de l'identité situationniste.
Cet essai, que complète une anthologie composée de tracts, d'une dizaine d'illustrations et des textes de Jean-Louis Bédouin, André Breton, Claude Courtot, Adrien Dax, Guy Debord, Tom Gutt, Simon Hantaï, Gérard Legrand, Marcel Marien, Benjamin Péret, José Pierre, Jean Schuster, Jan Strijbosch, Raoul Vaneigem et Joseph Wolman, permet de remonter le cours tumultueux de ces vies parallèles.
Professeur de philosophie, docteur en histoire de l'art, Jérôme Duwa se consacre aux avant-gardes du XXe siècle et a publié des études sur les surréalistes et les situationnistes dans différentes revues, dont Archives et documents situationnistes et Pleine marge. Il collabore régulièrement à Infosurr, CCP et à  La Revue des revues. Chercheur associé à  l'IMEC, il travaille sur les revues et les fonds d'archives surréalistes conservés par cette institution et prépare pour 2008 une exposition et une publication sur Mai 68.
240 pp., 14x20 cm., 26 euros, parution février 2008.
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Au treizième coup de minuit
"Anthologie du surréalisme en Angleterre"
Editée, traduite et préfacée par Michel Remy
Couverture de Desmond Morris
 
 
Méconnue car inédite et difficile d'accès, victime d'une époque hantée par la Seconde Guerre mondiale, le surréalisme anglais n'en est pas moins riche, fébrile et authentique. Dans son refus du définitif et du cohérent, dans son accueil de l'unique et de l'évanescent, il témoigne, à  partir de 1936, de la persistance de "l'esprit surréaliste" à la définition duquel il participe pleinement, avec une incontestable vigueur. Pour témoigner de cette grande richesse théorique et créatrice du surréalisme anglais, cette anthologie comprend les manifestes et déclarations collectives du groupe surréaliste en Angleterre, et quelques deux cents pages de poèmes et textes (1935-1980) de Roland Penrose, David Gascoyne, Emmy Bridgewater, Ithell Colquhoun, Simon Watson Taylor, Humphrey Jennings, Toni del Renzio et bien d'autres encore. Au treizième coup de minuit rassemble de surcroît, en plus d'un dictionnaire en fin d'ouvrage, un choix significatif d'une trentaine de dessins des artistes surréalistes anglais, notamment Desmond Morris - connu mondialement comme Ethologue et auteur du Singe nu, mais aussi membre du groupe surréaliste en Angleterre dès 1949 - dont une illustration est reproduite en couverture de l'ouvrage.
Michel Remy, spécialiste d'art et de littérature modernes et contemporains britanniques, est considéré comme un des meilleurs connaisseurs du surréalisme en Angleterre. Fondateur des Editions Marges et de la revue Flagrant Délit, il est l'auteur d'ouvrages sur David Gascoyne (David Gascoyne ou l'Urgence de l'inexprimé, Nancy, 1985), Desmond Morris (L'Univers surréaliste de Desmond Morris, Paris-Londres, 1991), de la première étude sur le surréalisme anglais en peinture, écriture, sculpture, cinéma et politique (Surrealism in Britain, 1999) et l'un des quatre auteurs de l'anthologie bilingue de la poésie anglaise (Paris, Gallimard, La Pléiade, 2005). Il enseigne actuellement à  l'université de Nice.
312 pp., 14x20 cm., 24 euros, parution février 2008."
    Pour voir les couvertures de ces deux livres à paraître aux éditions Dilecta, suivez ce lien...
  
   Une petite remarque à propos du livre de Michel Remy, cependant. Pourquoi, quand on veut traiter du surréalisme anglais, ne pas citer, dans l'annonce du livre qu'on lui consacre, deux personnalités aussi importantes pour le surréalisme en Angleterre que l'ont été Jacques-Bernard Brunius et E.L.T. (Edouard Léon Théodore) Mesens?