"Effet cocktail" :
Sont exposés cet été au musée de Vicq-sur-Breuilh (50 kms en dessous de Limoges) Cécile Sabourdy, André Bauchant, Maurice Loirand, Eva Lallement, Germaine Coupet dite Existence, Raymonde et Pierre Petit, Marie-Antoinette Bassieux (voir note à suivre sur ce blog), tous artistes ou créateurs que l'on range dans l'art naïf (ou l'art brut, en ce qui concerne le couple Petit, Eva Lallement étant, elle, à la frontière de l'art singulier). Ce réaccrochage de la collection permanente du musée, au rez-de-chaussée du bâtiment (qui s'est récemment pourvu d'une extension), préfigure, paraît-il, l'orientation muséale de l'année prochaine qui devrait approfondir cet ancrage du côté de l'art naïf. En espérant que ce dernier restera du même (excellent) niveau que les artistes cités ci-dessus.
On attend une nouvelle directrice ou un nouveau directeur à Vicq, sa précédente responsable, Stéphanie Birembaut, ayant quitté le musée pour prendre la direction du musée de Rochechouart.

Cécile Sabourdy (1893-1970), Dans les tranchées de l'arrière, jeune femme offrant des fruits à nos soldats (14-18), non daté, huile sur toile, collection privée, exposé au musée en 2020 ; photo Bruno Montpied.
"Pierre Albasser de A à Z, 30 ans d'art singulier"
Le musée propose également une vaste exposition de notre vieil ami adepte de mises en forme picturales sur cartons d'emballage qu'il effectue (effectuait? Car on dirait que les outils sont devenus plus neufs récemment) à l'aide de traceurs usagés.

Pierre Albasser, Barilla, 36,5 x 28,5 cm, 2019 (pas forcément exposé à Vicq-sur-Breuilh) ; photo archives Albasser.
"L'idiome du village", collection Jean-François Vrod
Des trois expositions, c'est peut-être celle qui a le plus éveillé ma curiosité lors de mon passage à Vicq: il s'agit d'une sélection de créateurs inconnus débusqués par le musicien traditionnaliste et progressiste Jean-François Vrod, que l'on peut classer entre art populaire, art naïf voire art brut. Vrod en effet décèle au sein de ce dernier une composante populaire marquée, et il a bien raison de mon point de vue. J'en parlerai plus largement dans un article à paraître dans le numéro d'Artension à paraître début septembre. Les lecteurs du Poignard ont dû noter que je (re)collabore régulièrement avec ce magazine depuis l'été 2019 (j'y avais en effet participé plusieurs années auparavant, entre 1988 et 1991 environ).

Philippe Durand, cinq figurines en bois taillé ; l'auteur a été découvert par Jean-François Vrod dans deux points de vente, situés à Paris et à Mende, d'une coopérative appelée "Artisans et paysans de la Lozère"; photo communication du musée Cécile Sabourdy.