22/08/2026
Le voleur des musées (5)

Au musée Jacquemart-André, l'animateur du blog s'exerçant à capter l'esprit des peintures de Füssli, durant l'exposition d'œuvres de ce dernier, autoportrait, 2022.
20/08/2026
Du temps où j'avais des intuitions avant "tout le monde", en particulier avant Marc Décimo
Retrouvée par l'ami Régis Gayraud qui avait dû se rendre en 1987 au Château Guérin de Neuilly-sur-Marne, voici la couverture d'une brochure que j'avais auto-éditée dans les temps héroïques où je fréquentais l'association l'Aracine, à qui la mairie avait laissé à disposition une moitié de ce "Château", à dire vrai un petit hôtel particulier sans cachet spécial au milieu d'un modeste bois. Sa responsable, Madeleine Lommel, m'avait incité à faire une petite conférence sur les Inspirés des bords de route que je commençais à recenser depuis 1983. Je ne faisais pas encore de photos (je ne commençai que l'année suivante) ; en revanche je faisais des films en Super 8, en particulier sur plusieurs sites de créateurs autodidactes. C'est sans doute ce que je projetai lors de cette présentation. Cette mini-conférence tombait bien dans le cadre de l'art brut que l'Aracine avait commencé de collecter depuis 1982, en découvrant de nouveaux créateurs (comme Gaston Mouly ou Maugri) et en cherchant à rameuter des un peu plus connus (Pépé Vignes, Robillard), histoire de refonder en France une collection d'art brut, la "grande", celle de Dubuffet ayant filé en Suisse depuis 1971-1976, au grand désespoir de plusieurs qui auraient aimé que l'art brut continue d'être présenté à demeure dans notre hexagone. De son côté, Alain Bourbonnais avait devancé l'Aracine en ouvrant l'Atelier Jacob de 1972 à 1982 à Saint-Germain-des-Prés, avant de fonder en 82 la Fabuloserie dans l'Yonne, loin de Paris.

Archives et photo Régis Gayraud.
A ceux qui font un peu attention aux livres qui paraissent sur l'art brut et les environnements populaires spontanés, le titre de la brochure (de quelques pages imprimées en photocopie) dira peut-être quelque chose. Il prouve en effet que j'avais devancé de plusieurs années le bouquin de Marc Décimo, intitulé de même "Les Jardins de l'art brut" (1ère édition, 2007)...
Je n'ose penser que ce dernier aurait eu vent de ma brochure, ce serait trop lui prêter de noires pensées (fut-elle seulement archivée par l'Aracine, je me le demande?). Non, je pense seulement que j'avais avant lui fait le rapprochement qui me paraissait évident entre les jardins et l'art brut. Et ce rapprochement, il le perçut lui aussi, tout bonnement... mais vingt ans plus tard!
Ayant tardé, pour diverses raisons, à publier mes propres livres, le premier datant de 2011, je ne pouvais décemment intituler celui-ci d'un titre que j'avais inventé bien avant le bouquin décimesque. Las! Je ne suis pas à un titre près. Et j'en ai toujours dans ma hotte, d'aussi frappants, et peut-être même davantage... Eloge des jardins anarchiques (2011), ou Le Gazouillis des éléphants (2017, réédité en 2024), par exemple, en font foi...
00:39 Publié dans Art Brut, Art immédiat, Environnements populaires spontanés, Galeries, musées ou maisons de vente bien inspirés, Hommages | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : les jardins de l'art brut, l'aracine, devancer, précurseur, marc décimo, livres sur les environnements populaires spontanés, art brut, château guérin, madeleine lommel |
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16/08/2026
Des Pierres qui se remettent à parler
En 2009, sur ce blog, puis en 2017 dans mon Gazouillis des éléphants (réédité – faut pas que je me lasse de le répéter – en 2024 chez Hoëbeke-Le Sandre, si bien qu'il est toujours disponible si vous le cherchez), j'avais évoqué les pierres peintes à l'encre de Mme Bassieux, une ancienne nonne qui collectait les pierres des chemins pour en révéler les figures qu'elle prétendait y voir. J'avais visité son petit musée à la fin des années 1980 à Dieulefit (le nom de cette bourgade à lui seul annonçait la philosophie de cette visionnaire de campagne), et il m'avait semblé que les images peintes sur ses cailloux, Mme Bassieux les inventait pour une bonne part ex-nihilo (à partir de rien, en bon français), tandis que d'autres restaient davantage du domaine – bien répertorié et décrit par nombre de bons auteurs – de la paranoïa critique à la Dali (première manière, je ne parle pas de la période Avida Dollars), d'une attitude simplement visionnaire en somme, découlant de la perception de formes dans les minéraux, comme tout bon amateur de paréidolies peut en détecter en laissant son inconscient vaticiner à partir d'elles. Chez Mme Bassieux, les images me paraissaient ainsi pour beaucoup plaquées sur ses pierres, sans qu'il y ait eu vision, paréidolie au départ.
Pierres de Marie-Antoinette Bassieux choisies pour leur aspect visionnaire ; photos Bruno Montpied, juillet 2026 au musée Cécile Sabourdy.
Un bon lot de ses pierres a été prêté récemment au musée Cécile Sabourdy, dans un "projet de dépôt", suite à ma recommandation auprès de l'ex-directrice du musée et ma médiation entre elle et la famille (qui s'était manifestée auprès de moi, du reste, via ce blog à la suite de la note mise en lien plus haut). Une première exposition s'y est tenue du 15 novembre 2025 au 19 mars 2026.

Vue d'une partie des salles de l'exposition de 2025-2026 ; photo archives Musée Cécile Sabourdy.
A la suite de cette dernière, quelques exemplaires de ces pierres à images ont été accrochés dans une salle du rez-de-chaussée dans la collection permanente. Elles ont bénéficié des mêmes petits rayonnages qui avaient reçu quelque temps auparavant les bouteilles peintes de Céline et Louis Beynet, autres oeuvres que j'avais poussé le musée à acquérir.
Les pierres choisies l'ont été en fonction de l'appréhension à sens unique de l'ex-directrice, Stéphanie Birembaut, qui a veillé selon ce que l'on m'en a dit lors de ma récente visite en juillet dernier à leur présentation. A savoir que cette appréhension n'a visé que le côté visionnaire, paréidolique de ces interprétations encrées. Et je peux le comprendre. Pour une conservatrice soucieuse de fasciner le public amené à visiter ces collections, on choisit bien souvent l'angle le plus séduisant, le plus parlant. Et l'esthète en nous penche avant tout vers les travaux d'ordre visionnaire. Mais je le répète, il arrivait aussi à Marie-Antoinette Bassieux de plaquer ses images sur les cailloux, comme si ces derniers n'étaient que des supports lambda, parce qu'elle voulait chanter la création, avant tout divine, selon sa philosophie religieuse. Je me dois de le souligner. Un exemple m'en est fourni par cette pierre où l'on reconnaît une souris en train de grignoter une partition, genre d'image que je crois difficile à halluciner sur une pierre...

Photo archives Marie-Antoinette Bassieux, années 1980.
Cette jeune fille recueillie, là aussi, me paraît posée sans réellement découler de la forme de la pierre, hormis l'aspect ovoïde de son crâne ; le réalisme du dessin, également, ne paraît pas pouvoir être imputé à la matière de la pierre ; ph. B.M., juillet 2026.
Autre exemple de visage "plaqué"... ; cependant, je nuance: en dépit de son côté réaliste, ce visage qui paraît invectiver par son contraste avec la matière dont il est issu reste fort séduisant à regarder ; ph. B.M., juillet 2026.
17:29 Publié dans Amateurs, Art des jardins secrets, Art immédiat, Art insolite, Art populaire contemporain, Art populaire religieux, Art visionnaire, Délires d'interprétation, Galeries, musées ou maisons de vente bien inspirés, Images cachées, images délirantes?, Poésie naturelle ou de hasard, paréidolies | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : marie-antoinette bassieux, musée cécile sabourdy, images dans les pierres, poésie naturelle, vision religieuse, art visionnaire, paréidolie |
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13/08/2026
Trois expositions à voir au musée Cécile Sabourdy cet été
Cécile Sabourdy (1893-1970), Dans les tranchées de l'arrière, jeune femme offrant des fruits à nos soldats (14-18), non daté, huile sur toile, collection privée, exposé au musée en 2020 ; photo Bruno Montpied.

Pierre Albasser, Barilla, 36,5 x 28,5 cm, 2019 (pas forcément exposé à Vicq-sur-Breuilh) ; photo archives Albasser.

Philippe Durand, cinq figurines en bois taillé ; l'auteur a été découvert par Jean-François Vrod dans deux points de vente, situés à Paris et à Mende, d'une coopérative appelée "Artisans et paysans de la Lozère"; photo communication du musée Cécile Sabourdy.
17:27 Publié dans Anonymes et inconnus de l'art, Art Brut, Art immédiat, Art naïf, Art populaire insolite, Art singulier, Galeries, musées ou maisons de vente bien inspirés | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : art naïf, art singulier, germaine coupet, maurice loirand, andré bauchant, marie-antoinette bassieux, les pierres qui parlent, jean-françois vrod, l'idiome du village, pierre albasser, cécile sabourdy, raymonde et pierre petit, musée cécile sabourdy de vic-sur-breuilh, artension, philippe durand, figurines en bois, coopérative artisans et paysans de la lozère |
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09/08/2026
La mort fait signe partout...(?)
Etrange idée d'un designer du métro, inconsciente, à moins que ce soit l'effet d'une malice inaperçue, mais alors dans ce cas d'une malice quasi perverse, glissant des messages mortifères de manière subliminale... Jugez plutôt de ce détail qui sert (servait?) de support aux luminaires dans une station (Barbès-Rochechouart?) de la ligne 4 en direction de Montrouge le jour de ma photo (qui remonte à il y a dix ans tout de même):

Photo Bruno Montpied, 2016.
Les voyez-vous bien, ne sont-ce pas des faux, n'est-ce pas? Ces célèbres accessoires de la Camarde... Mais quel fut donc le démon qui inspira au designer de la RATP un tel motif dans le décor de nos transports parisiens quotidiens? Lorsque je les eus repérées, un peu éberlué, je ne vis plus dès lors qu'elles...
René Rigal, mort à la faux, collection Guillaume Zorgbibe, ph. B.M., 2018.
L'Ankou (la Mort), Chapelle de Ploumiliau, ph. Darnish, 2023.
15:22 Publié dans Art insolite, Danse macabre, art et coutumes funéraires, Délires d'interprétation, Paris populaire ou insolite | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : ankou, mort, faux, design morbide, métro parisien, rené rigal, camarde |
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