27/09/2008
La route des Indes
« New Delhi, le 22 septembre 2008
Le drame avait éclaté au siège de la filiale indienne de Graziano Trasmassioni, une société italienne fabriquant des pièces détachées d'automobiles. L'entreprise est basée à Noida, une zone industrielle proche de la capitale qui héberge entre autres le japonais Honda et le sud-coréen Legend. Ce matin-là, 200 ouvriers font irruption dans l'usine, résolus à régler leurs comptes avec le patron Lalit Kishore Chaudhary, qui les avait licenciés deux semaines plus tôt pour vandalisme. Le contentieux a pour origine le refus du chef d'entreprise d'augmenter les salaires et de signer des contrats à durée indéterminée.
La situation dégénère rapidement. Les intrus agressent à coups de barre de fer les cadres et les dirigeants. Cinq consultants italiens de la maison mère se terrent dans les bureaux et doivent implorer la pitié des assaillants. M. Chaudhary, lui, n'est pas épargné : violemment frappé à la tête, il succombera quelques heures plus tard à ses blessures. Au total, 50 personnes ont été blessées. La police a procédé à 63 arrestations.
Du côté du gouvernement, seul M. Fernandes réagit. Mais à la surprise générale, il replace l'incident dans le cadre général des relations sociales dans l'entreprise. "Que cela serve d'avertissement aux directions, lance-t-il. Je les appelle à traiter les ouvriers avec compassion. Il y a des disparités de salaires entre ouvriers titulaires et contractuels. Les ouvriers ne devraient pas être poussés à bout." »
(Transmis par Les Loups Sont Fâchés ; pas de référence d'article)
15:43 Publié dans Sur la Toile | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : anti-capitalisme, graziano trasmassioni |
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26/09/2008
Cramoisi
10:31 Publié dans Art singulier | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : bruno montpied, art singulier |
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24/09/2008
Connaissez-vous Claire Chauveau?
Cet article contient des mises à jour (de janvier 2020)...
Je ne sais pas trop où il faudrait ranger les trois gravures que je mets ici en ligne. Art brut, naïf ou singulier, ou tout simplement inclassable, et séduisant, parlant à la délicatesse et à l'imagination.
Je suis tombé sur ces gravures lors d'une de ces journées portes ouvertes improbables, où je ne vais généralement pas, de peur d'être rasé de près par les artisteuhs hyper narcissiques se croyant tous sortis de la cuisse de Jupiter parce qu'ils ont la bonne fortune d'étaler un peu de dégoulinade colorée avec plus ou moins d'inspiration et de maestria sur tous les supports de leur choix (allez, je ne vise, on l'aura compris que ce qu'on appelait autrefois les m'as-tu-vu ; a-t-on remarqué du reste à quel point on n'emploie plus ce mot, alors que la chose est pourtant si fréquente?). On m'avait mis au parfum, faut dire. Monelle Guillet et Joël Gayraud m'avaient signalé une "artiste" intéressante dans l'atelier d'un de leurs amis, André Elalouf.
Elle était sur les lieux, dans cet atelier de la rue Bichat dans le 10e ardt, il y a déjà quelques années maintenant. Il était difficile de lui parler. Sa mère très présente à ses côtés répondait pour elle. Quelque chose commençait à se dire, mais la protectrice, sans doute inquiète, venait se superposer à ce discours qui ne parvenait pas à l'esquisse d'une formulation qui aurait eu peut-être - c'est l'impression toute subjective que j'en retirais - besoin de plus de temps pour se déployer.
En attendant (en attendant quoi?), j'acquis trois gravures où les sujets représentés distillaient une sensation de raffinement enfantin. C'était une scène de chasse avec hommes des bois avec fusil et arc. Plus une autre où l'on découvrait un avion à réaction larguant des bombes à côté, au-dessus, on ne savait trop, d'un Pégase géant (il me semblait reconnaître des souvenirs de mythologie gréco-latine), une chèvre attachée par le licol comme un appât pour un improbable tigre, un ange en robe, des arbres fragiles tentant vaille que vaille de croître dans le vide. Une troisième image représentait dans un médaillon central tout déchiqueté sur son pourtour une scène de chasse à la baleine, comme dans un dessin d'Inuit, avec des hippocampes, ces animaux démodés...
Je ne les ai jamais encadrés, jamais accrochés au mur chez moi. Je les garde dans un carton, où je vais les repêcher de temps à autre, les regardant avec reconnaissance pour leur grâce et leur finesse, leur simplicité raffinée. J'ai revu d'autres gravures de Claire Chauveau il y a quelques années à la Halle Saint-Pierre, dans l'espace pompeusement nommé "galerie" entre cafétaria et moignon de collection Max Fourny, au rez-de-chaussée. Le charme n'était plus le même, une certaine sophistication avait remplacé l'élan candide des départs. Comme si avait été conjurée l'immédiateté poétique, un peu étrange, hors-normes, des débuts... Mais peut-être n'est-ce là que suppositions et devrai-je faire place ici, plus tard, à un correctif...
Note du 14 janvier 2020 : Je reviens sur cette note de 2008 pour signaler le nom de l'animatrice de l'atelier de gravure de l'ADAC, rue des Arquebusiers dans le IIIe ardt (où, entre parenthèses, j'ai moi-même pratiqué de manière éphémère la typographie dans les années 1980), Mireille Baltar, qui accompagna, m'a-t-elle écrit ces jours-ci, Claire Chauveau dans ses travaux de gravure durant vingt ans, sans se préoccuper de ses coordonnées psychiques.
23:08 Publié dans Art Brut, Art inclassable, Art naïf, Art singulier | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : claire chauveau, art brut, art naïf, art singulier, mireille baltar, joël gayraud, monelle guillet |
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