18/07/2009
C.A.P.U.T., Kézaco?
Ils m'ont contacté récemment via l'adresse de ce blog et je trouve leur blog assez proche cousin du mien. La C.A.P.U.T., ce sigle cache une Collection de l'Art Populaire et de l'Underground Tacite. Commencée vers décembre 2008 (voir à cette date sur le blog de Cynthia 3000, l'éditeur du blog (c'est une petite maison d'édition littéraire par ailleurs semble-t-il, responsable d'une réédition de Laurent Tailhade entre autres) la déclaration éditoriale qui explicite le concept), cette collection paraît se consacrer, en se cherchant au fur et à mesure de son développement et des trouvailles en brocante, terrain de chasse de prédilection des animateurs du blog, Céline Brun-Picard et Grégory Haleux, aux peintres modestes essentiellement. Les deux chercheurs leur trouvent cependant du charme, décelant dans les oeuvres hétéroclites qu'ils chinent une inquiétante étrangeté parfois. Certaines des oeuvrettes acquises (pour moins de 4€, c'est presque une condition d'acquisition) frôlent la naïveté, mais dans l'ensemble, nous touchons là plutôt à une forme d'art modeste que ne renierait pas le peintre Di Rosa dans son Musée international des Arts Modestes à Sète. L'art banal... Contenant en creux une insidieuse poésie, peut-être toute entière dans l'oeil de ceux qui le collectionnent?
En tout cas, un blog à suivre, car on est curieux de voir ce qui va advenir, des découvertes futures. Dès aujourd'hui, je le joins à ma liste de "Doux liens" (colonne de droite). Et puis, ils aiment les ondines, les sirènes, les naïades, ils ne peuvent être complètement mauvais...
01:00 Publié dans Art populaire insolite | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : caput, underground tacite, cynthia 3000, art modeste, peintres du dimanche |
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15/07/2009
Anonymous Works, un nouveau lien
Cette courte note veut vous engager à cliquer encore et toujours vers d'autres sites ou blogs où vous trouverez sûrement matière à rêvasser devant des découvertes captivantes ou surprenantes, tel ce blog d'Anonymous works, rédigé aux USA apparemment (Los Angelés) et que je mets dans mes doux liens à partir de ce jour (sous le titre, traduit, de "Travaux anonymes").
11:22 Publié dans Art immédiat, Art involontaire, Art naïf, Art populaire insolite, Sur la Toile | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : anonymous works, art populaire américain, folk art, photographie vernaculaire, art naïf, limners |
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14/07/2009
L'ombre à la fenêtre
L'homme ou la femme a projeté son bras en avant de son corps, la main tendue vers l'objet de sa convoitise.
02:53 Publié dans Poésie naturelle ou de hasard, paréidolies | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie naturelle, ombres, silhouettes, mirages, hallucination, paranoïa-critique |
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13/07/2009
Au musée des Amoureux d'Angélique, cet été
Cet été, le musée des Amoureux d'Angélique (une petite sorcière, celle-ci) attire nos regards sur deux des créateurs dont la collection permanente possède quelques oeuvres déjà significatives, Joseph Donadello et Denis Jammes.
Ce dernier est un "berger tsapuzaïre", proclame l'affichette que m'ont envoyée les animateurs du musée du Carla-Bayle (Ariège). Tsapu-quoi?, vont crier les internautes peu au fait de l'occitan... Comme je l'ai déjà fait moi-même la première fois que je suis tombé sur le mot. C'était en lisant un article de 1924 - oui, je vais chercher mes nouvelles parfois un peu loin dans le passé - d'un certain P.Mamet, qui l'a publié dans L'Almanach de Brioude en Haute-Loire. Cela s'intitulait Les Artistes Instinctifs... Oui, déjà en 1924, on s'intéressait aux autodidactes dans l'art. "Sont artistes instinctifs ceux qui, sans études préalables, sculptent ou gravent des sujets naïfs sur des matériaux vulgaires avec des outils de fortune"... écrivait ce M. Mamet dans ces années-là. Il voyait même dans "les décorateurs de pichets, de boîtes, de cannes" des descendants des graveurs de rennes sur les parois des grottes préhistoriques.
C'est un peu plus loin, continuant sur le sujet de la terminologie, que Mamet emploie le mot qui m'intrigue: "J'aime mieux les appellations dont on les gratifie lorsque, débutants, leurs brimborions encombrent la pièce: Tsapiuzaïre (d'où tsapius et chapuis), faiseurs de copeaux, perdeurs de temps, faseliu, bourdjinaïres, (...). L'intraduisible bourdjinaïre caractérise bien leur travail lent, menu, frivole et non lucratif." P.Mamet donne ensuite quelques exemples de sculpteurs qu'il a rencontrés dans sa région, sans donner malheureusement beaucoup d'illustrations pour qu'on puisse se dire que leurs oeuvres ne devaient être autre chose que ce que l'on appelle aujourd'hui de la sculpture populaire rustique.
Hormis ce dessin exécuté d'après des oeuvres d'un certain Ferre-mouches (surnom d'un des compatriotes de l'auteur, nommé en réalité Eyraud, mais son surnom indique bien son niveau d'habileté) et d'un autre nommé Cubizolles, qui de simple berger autodidacte s'éleva rapidement à la promotion d'artiste quasi professionnel (il finit "membre du jury des Beaux-Arts de Lyon", nous dit Mamet), le lecteur en quête de splendides exemples de sculpture populaire insolite et bizarre, revenue du fin fond du passé, reste sur sa faim...
Il me fallait en apprendre davantage sur ces "tzapiuzaïres, faseliu et autres bourdjinaïres"... Et pour cela, il n'y a qu'une adresse! Celle de Michel Valière, émérite connaisseur de la langue occitane, si chère à son coeur. Voici ce qu'il a eu la gentillesse de me préciser (attention, mini cours de langue occitane!):
« Pour les occitaneux, occitanistes contemporains de tous poils, fiers de leur langue, etc., et qui l'enseignent de la maternelle à l'Université, les tailleurs de bois, genre feuillardiers, etc., ce seraient des "chaplusaires", dérivés du verbe "chaplar": tailler, briser, hacher, etc.
Vous l'écrivez comme je vous le dis (avec CH-), mais vous le prononcez comme vous l'écrivez vous (TS-), avec en + le L en principe.
Oui, c'est bien de l'occitan du Massif Central, et du bon !!!
J'ajouterai qu'un grand "chaple", c'est une tuerie, un massacre genre St-Barthélémy, ou même le massacre de la volaille et du cochon dans la basse-cour lors d'un mariage, etc. »
Donc, si j'ai bien compris, il faudrait écrire "chapluzaire" et prononcer "tsapluzaire", en important la phonétique occitane en français, ce qui n'est pas forcément évident...
Pour les autres mots évoqués dans l'article de Mamet, voici ce que m'a également répondu Michel Valière:
« Ecrivez "normatif", "chaplusaire" et prononcez librement. Lorsque vous et moi écrivons en "français" nous avons la même orthographe, mais si vous et moi nous parlons, des nuances liées à nos origines, voire notre culture, sont sensibles et pourraient être phonétiquement réécrites avec quelques différences...
FASELIU : Frédéric Mistral écrivait, lui, FASILHOU, avec pour sens "factotum" (homme à tout faire), mais aussi homme remuant, actif... Et il localise bien ce lexème en Auvergne.
L'occitan moderne préfèrerait la graphie "Faselhon" (ne vous trompez pas: la désinence « -on », se lit « -ou » ! Quant au « -lh » c'est l'équivalent français de « -ill », cf. Millau /Milhau).
BOURDJINAÏRE : un peu plus complexe dans sa graphie fantaisiste locale, il devrait plutôt être écrit : "bordinejaire", c'est -à- dire faiseur de détritus végétaux, voire ramasseur de détritus. Là encore, en oc, "o" se prononce "ou" quand ce "o" n'est pas accentué; et "-jaire" signifie celui qui fait et refait quelque chose (ex. passejaire, se dit de quelqu'un qui ne fait que "passar" - passer - c'est-à-dire simplement un promeneur. »
Ah, eh bien merci M. Valière, on y voit plus clair. Le bordinejaire (prononcez "bourdinejaire", donc...) m'évoque un producteur de petits "bordels", de machins, de trucs que d'aucuns voudraient bien rejeter à la décharge dont ils ont l'air de sortir. Cela me fait repenser à Raymond Reynaud et à ces chères "bordilles" en Provence, ces décharges où il trouvait son miel pour ses oeuvres d'assemblage au point de les avoir reconstituées aux portes de son domaine, histoire d'avoir dans son environnement immédiat un vivier de matériaux et objets de rebut où puiser sans limite...
Il existe donc encore aujourd'hui des tailleurs de copeaux, des qui aime encore perdre leur temps à tailler des trucs en bois, des obsessionnels de la gouge et du canif, en Haute-Loire particulièrement. Denis Jammes continue une tradition que suivait également son père, c'est un dada familial en quelque sorte, comme un secret qui se transmet d'âge en âge.
17:16 Publié dans Art Brut, Art immédiat, Art naïf, Art populaire insolite | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : musée les amoureux d'angélique, joseph donadello, denis jammes, association gepetto, tsapluzaïres, michel valière |
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