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06/09/2009

On sait pas ce qu'on voit

     J'entends encore ma mère jeter à la cantonade: "On sait pas ce qu'on voit!" dès que l'image ou le spectacle était trop étrange, pas assez univoque pour elle et ses goûts au ras des pâquerettes.

La tache balayée.jpg

     Que voyez-vous dans l'image ci-dessus? (Que ceux qui connaissent son origine et sa signification veuillent bien se retenir, SVP!) Il me semble que l'on a affaire ici à une image à première vue fort étrange. C'est cette première vue que j'aimerais que mes lecteurs expriment ici, et non pas le produit de l'inévitable raisonnement qui vient dans un second temps.

05/09/2009

Les arbres aussi jettent des passerelles

    Mon éminent camarade Sasha Vlad, depuis l'autre côté de l'océan (il vit en Californie), sans doute inspiré par nos messages qui circulent sous les mers le long des câbles tendus par les hommes sur le sable des océans, me signale un phénomène tout à fait captivant, celui des ponts que les racines des arbres à caoutchouc de Cherrapunji (nord-est de l'Inde ) jettent par-dessus certaine rivière de ces belles régions moites, histoire d'aller voir ce qui se passe de l'autre côté (en tout cas, pas pour constater que l'herbe y est plus verte, car c'est assez évident sous ces latitudes). Il paraît que cette région est l'une des plus humides du monde, ceci expliquant cela.

Pont-de-racines-3.jpg
Photo Atlas obscura

     Les arbres (des Ficus elastica, variété de figuiers aux racines aériennes, comme il est dit sur le blog anglophone Living root bridges (1) que m'a indiqué Sasha) font des ponts, n'hésitant pas à se projeter d'une rive à l'autre, incroyable n'est-ce pas, et follement poétique, je trouve. Alors bien sûr, les habitants du coin (la tribu des Khasis) leur donnent un petit coup de pouce, mettant des dalles de pierre entre leurs tiges arachnéennes de façon à pouvoir marcher plus commodément sur ces passerelles. Ils guident aussi les racines en leur adjoignant, si j'ai bien compris le texte inséré sur le blog cité ci-dessus (et dans ce domaine, la traduction de langue étrangère, en l'occurrence de l'anglais, je ne suis jamais complètement prémuni contre une crise de délire d'interprétation...), des troncs d'aréquiers (arbre qui permet de produire du bétel) qui empêcheraient les racines de se déployer... Ces ponts peuvent atteindre jusqu'à une centaine de mètres de long, ce qui est tout à fait conséquent. Ils mettent entre entre dix et quinze années pour franchir une rivière. Et certains, en se renforçant continuellement, atteignent l'âge respectable de cinq cents années.

Pont de racines 2.jpg
Photo Atlas obscura

      Mon blog amateur de passerelles en tous genres ne pouvait que se faire l'écho de ces ponts jetés sur l'abîme d'une nature décidément imaginative.

(1) En réalité, l'information sur ces ponts de racines, répercutée par le blog Living root bridges, provient d'un autre blog, plus vaste, Atlas obscura, blog consacré à la compilation des sites merveilleux, curieux ou ésotériques du monde .

02/09/2009

Petit théâtre de sculpture improvisée

     Fin d'inspection aux Puces de Vanves durant ce cher mois d'août parisien dépeuplé. Pas de bousculade, quel plaisir... J'arrive au bout du dernier trottoir point complètement exploré, et je me dis que je ne trouverai rien comme souvent. Et puis, comme voulant malignement déjouer ce pessimiste pronostic, je m'avise d'une boîte vitrée contenant quelques petites sculptures placées sur le fond d'un collage de deux fragments de photos dont l'une est décolorée, tirant sur le bleuâtre. A côté, s'étalent des outils de dinandier ou de chaudronnier (à ce que me précisera mon camarade Philippe Lalane, qui explorait de concert avec moi ce matin-là). Ce sont ces outils que le marchand espère vendre, semble-t-il. Les petites statuettes ne paraissent guère soulever son estime. Il pense que ce ne fut qu'un passe-temps éphémère de la part de son auteur. J'avoue ne pas comprendre très bien le peu de cas fait de ces oeuvrettes qui m'ont séduit moi en revanche immédiatement. Mais comme il va me faire un prix fort raisonnable, j'oublie rapidement mon étonnement...

Anonyme,Ensemble de 6 sculptures en bois, XXe siècle, photo Bruno Montpied, 2009.jpg
Sculptures populaires anonymes, XXe siècle, photo Bruno Montpied, 2009

     J'emporte la boîte, ôte prestement la vilaine photo d'arrière-plan une fois rentré à mon domicile. Je note au passage que les photos, collés sur la paroi vitrée renvoient à deux fragments de calendrier évoquant en légendes les villes de Rochefort-en-Terre (dans le Morbihan) et de Collioure (Pyrénées-Orientales), images toutes deux dues au photographe Jacques Verroust, connu pour son livre avec Jacques Lacarrière sur les Inspirés du bord des routes... Ces photos ne paraissent là que pour constituer un arrière-plan médiévisant aux statuettes montrant des personnages du monde rural. Seule exception à cette thématique ruralisante, se distingue cependant une statue de femme africaine nue, à genoux, la poitrine généreusement proéminente et le fessier bombé.

    Anonyme, une statue africaine, dos nu, XXe siècle, art populaire,ph. Bruno Montpied, 2009.jpg    Anonyme, femme africaine, de face, statuette art populaire, ph. Bruno Montpied, 2009.jpg

Photo BM, 2009

     Il y a six petites statues, un homme qui joue du marteau, paraissant être un forgeron (je retrouverai un second marteau sur le bois qui sert de plancher, avec des ornements ovales tracés au crayon pour suggérer un dallage quelconque ; et je le raccrocherai à la main restée libre).Anonyme, un forgeron, stauette d'art populaire XXe siècle, ph. Bruno Montpied, 2009.jpg A ses pieds, une enclume où l'on n'aperçoit aucun outil à forger... L'homme n'est pas fixé. Ce qui n'est pas le cas de la saynète des deux causeurs assis, sculptés dans des couleurs différentes. On les a munis d'une pointe par-dessous qui les retient au sol.

Anonyme,Deux causeurs assis, art populaire XXe siècle, ph. Bruno Montpied.jpg 

    Les causeurs, photo BM, 2009

     En plus de la femme africaine agenouillée, on découvre aussi un bûcheron, au faciés passablement proche du squelettique. La Mort bûcheronnant?

Anonyme,un bûcheron, art populaire XXe siècle, ph.Bruno Montpied, 2009.jpg
     Qui pourrait me donner plus de renseignements factuels sur l'auteur de ces figurines tout en rondeurs et en crânes, pour l'heur inconnu ?