10/07/2010
Empreintes n°15
En citant cette revue éditée par la Galerie l'Usine à Paris (102, Bd de la Villette dans le 19e ardt), je crois avoir oublié de mentionner l'existence d'un numéro 15, publié tout récemment. Il contient, outre quelques photos des magnifiques têtes de mort de l'Aître Saint-Maclou, l'ancien ossuaire de Rouen (voir la couverture ci-dessus de la revue), des vues des oeuvres du sculpteur-assembleur Philippe Ammial (fort réjouissantes ma foi), par ailleurs responsable de la Collection australienne d'art outsider, une présentation d'un sculpteur sur bois nommé Robert Carl Lamy, oeuvrant dans le Jura. On doit la courte introduction de cette oeuvre, apparemment présentée à l'air libre et voisine d'un petit musée appelé "Faune et flore", à Charles Soubeyran, également auteur de quatre magnifiques clichés. Mais on reste un peu sur sa faim à la lecture de si peu d'indices. Davantage d'images et de précisions n'auraient pas été pour nous déplaire.
16:31 Publié dans Art singulier | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : empreintes, galerie l'usine, robert carl lamy, charles soubeyran, art singulier |
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08/07/2010
Michel Godin des Mers
Je cherchais à le photographier depuis longtemps ce "Monsieuye X", ainsi nommé dans le livre "Les Jardins de l'art brut" par Marc Décimo, avec son attelage incroyable, fait de vélos accouplés réagencés de façon à pouvoir porter entre autres une voile rectangulaire où l'on peut lire toutes sortes de proclamations dans des lettrages de taille différente.

Place de la Nation, juin 2010, ph. Bruno Montpied des Routes
Je me plaignais à tout un chacun de mon manque de chance, je le rencontrai (deux fois), une fois sans mon appareil photo, rue de Rivoli, et la seconde, sans le reconnaître, son attelage s'étant semble-t-il métamorphosé (replié?), le temps d'une aubade jouée à la flûte (une de ses occupations quand il ne donne pas le spectacle vociférant de sa révolte). Enfin Myriam Peignist vint et me donna le renseignement parfait. L'homme se tenait tous les 14 du mois place de la Nation (sur le terre-plein central) à Paris, ainsi que tous les vendredi soir de 20h à 24h sur le pont reliant l'île de la Cité à l'île St-Louis (pour des concerts de flûte).
Il était bien place de la Nation au rendez-vous fixé, bien en vue devant la statue de la Marianne républicaine, et ce jour-là sans le moindre chaland venu l'écouter ou seulement examiner son étonnant attelage. Ce dernier se compose d'un premier véhicule à quatre roues de vélo, remorquant à sa suite une sorte de berceau lui aussi sur roues, contenant je ne sais quel objet arborescent aux allures cancéreuses, et faisant peut-être office de parabole de l'enfance aux yeux de l'auteur. Celui-ci, qui a pour nom en réalité Michel Godin des Mers (le complément de nom maritime est de son cru, joliment trouvé non?) - ce qui balaie l'insuffisant "Monsieuye X" - se fait en effet une idée plutôt peu ragoûtante de l'enfance, témoin cette pancarte accrochée en tête de son attelage vélocipédique:
Et bizarrement, ses parents, pourtant "traîtres à l'enfant", ce jour-là l'assistaient en silence, se tenant à l'écart comme deux vestales muettes, comme venus veiller sur lui malgré tout... L'allusion au "vol des jardins d'enfant" pouvait être en rapport avec le berceau contenant une espèce de flore pétrifiée proliférante à l'aspect inquiétant en un tel endroit.
Michel Godin des Mers, qui se proclame "acteur, novateur, artisan" et intermittent du spectacle (à prendre aussi dans son sens littéral), en veut à cette société "esclavagiste" qui ne permet pas à tout un chacun de bénéficier d'un logement gratuit. N'a-t-il pas raison? Ce serait évidemment bien mieux si l'on pouvait se loger où bon nous semble sans bourse délier, dans la masure d'un pauvre un matin, dans le palais d'un prince le soir. Il porte ainsi deux casquettes semble-t-il, à la fois bateleur et revendicatif, appelant à une "révolution civile", interpellant les puissants du jour pour leur crier que la démocratie n'existe pas.
Sa "voile", qui est en fait plutôt une série de panneaux montés les uns à côté des autres par-dessus un système de supports comprenant entre autres des lattes, sa voile contient ses principaux thèmes de réclamation, mais il distribue aussi des tracts en agitateur conséquent comme celui ci-dessous où l'on trouve une autre Marseillaise datée de 2006, nous montrant bien chez lui à travers ce détournement une certaine culture de la subversion. Cela peut aussi le ranger parmi les "fous" littéraires contemporains.
Michel Godin des Mers n'est pas loin de se constituer en république autonome par défi peut-être à la république officielle qu'il accuse d'esclavagisme, elle qui a permis qu'il soit "expulsé une dizaine de fois avec destruction d'ouvrages...Grrr" (le "Grrr" est très bien je trouve). Il s'est ainsi créé un logo qui flotte au centre du drapeau qui couronne son attelage, une pomme au centre d'une étoile ceinte de rayons, à traduire nécessairement par "Ma pomme"...
Cet environnement ambulant est un petit pays créatif et revendicatif follement original que j'admire particulièrement. Il faut souhaiter que la maréchaussée et les bien pensants lui flanquent la paix, car ce genre de véhicule totalement à rebours de la vogue m'as-tu-vu de notre époque est bien fait pour soulever l'irritation.
06/07/2010
Elizabeth Magnard-Desbeaux?
Qu'est-ce qu'il y a comme artistes sur cette planète... Voici qu'on m'annonce une expo à la Maison du Tailleu à Savennes (joli coin dans la Creuse tranquille, où l'on peut visiter par-dessus le marché le plus ancien environnement spontané français, celui de François Michaud à Masgot, commune de Fransèches) d'une artiste née en 1937 et décédée en 2009 dont bien entendu je n'avais jamais entendu parler. Jean et Michelle Estaque qui m'envoient la nouvelle, étant souvent de bon conseil, j'y fais attention et répercute ici la nouvelle de cet hommage à elle rendu. Mais nous n'avons qu'une petite reproduction pour nous faire une idée de cette peinture, et juste un nom, Magnard-Desbeaux, qui ressemble fort à un nom prédestinant, étant donné la vocation d'artiste et galeriste de la dame. Donc, à tout hasard, si vous passez par là, parce que moi ça ne sera pas sur ma route de l'été...
00:31 Publié dans Art moderne méconnu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : elizabeth magnard-desbeaux, maison du tailleu, jean estaque |
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