21/11/2010
La quête d'Acézat, feuilleton
Un dessin d'Acézat m'a récemment été communiqué par une de mes commentatrices, Charlotte, qui était intervenue sur ce blog à la suite des deux notes que j'avais publiées au sujet de cette créatrice fort peu connue que j'avais découverte chez l'ami Alain Garret. Voir ici et là. Il semble qu'une petite communauté d'amateurs se constitue naturellement autour de l'oeuvre de cette peintre singulière disparue récemment. Nourrissons sa curiosité.
Le dessin ci-dessous, me dit Charlotte, est présenté par elle comme un "collage". A dire vrai, je pense plutôt, en me basant seulement sur la photo, à un dessin simplement encadré de façon originale dans la trouée d'un vieux journal déchiré (un exemplaire de 1939 du journal Gringoire).
Acézat, Le cocu qui a mis une branlée à sa nana, dessin, collage et assemblage, coll. Charlotte Cante
Charlotte Cante décrit en ces termes le dessin ci-dessus: "Les dimensions sont de 70 x 54 cm, avec le cadre. Il s'agit d'un cadre en bois brut "fait maison", le collage est recouvert par une vitre. Le fond est la première page du journal Gringoire, daté du 22 juin 1939 ; le dessin du personnage semble être fait au feutre ou au marqueur et les contours irréguliers ont été brûlés, cela se voit par endroits. Sur le personnage, une étiquette (d'identification de bagage?) est collée, et plus bas, entre les jambes, une petite tête de femme est positionnée (elle n'était pas collée)".
Il y a là, on en conviendra, une originalité empreinte d'humour qui mériterait d'être davantage connue, d'autant qu'elle paraît s'être déployée à l'écart du monde, en toute indépendance, gage d'authenticité absolue, à ce qu'il me semble.
Acézat, sans titre (un enfant noir?), 1998, exposition de Talence, ph. Alain Garret
17:18 Publié dans Art immédiat, Art singulier | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : acézat, art singulier, art immédiat, collage |
Imprimer
19/11/2010
Le Plein Pays continue sa route, jalonnée de prix...
Bon, ça ne vous aura pas échappé sans doute mais le Plein Pays, le formidable film d'Antoine Boutet consacré à Jean-Marie Massou, est sorti en salle, et a reçu plein de prix. Il est également passé sur Arte apparemment le 15 novembre (voir commentaires), et il est diffusé sur le site web de la chaîne. La prochaine diffusion sur la chaîne si j'ai bien compris sera pour le mercredi 24 prochain à 5h00... Faudra programmer ou être bien matinal...
Si vous voulez savoir où passe le film sur grand écran, et particulièrement s'il passe prés de chez vous, veuillez cliquer sur cette liste que l'on trouve sur le site des Films du Paradoxe, cela va jusqu'en février il me semble...
Jean-Marie avec une photo de jeunesse où il brandissait une icône personnelle..., ph Antoine Boutet, site web des Films du Paradoxe
Pour les Parisiens, et les habitants de sa périphérie, il y aura bientôt une occasion de le revoir, en présence (présumée) du réalisateur, dans une soirée organisée par Nicolas Reyboubet au cinéma Kosmos à Fontenay-sous-Bois, et consacrée aux personnages singuliers. Un autre film sur Chomo, d'Antoine de Maximy, plus ancien (1985), sera projeté en même temps, lui aussi en présence du réalisateur. Le tout aura lieu samedi 18 décembre à 21h.
Cinema Kosmos. 243ter Avenue de la République. 94120 Fontenay-sous-Bois.
01:02 Publié dans Art Brut, Environnements populaires spontanés, Musiques d'outre-normes | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : jean-marie massou, le plein pays, cinéma kosmos, antoine boutet, cinéma et art brut, musique singulière |
Imprimer
16/11/2010
En plein rêve
L'ai-je déjà publiée cette photo? Je la regarde à nouveau cette nuit avant de me confier à Morphée et je me dis que c'est une bonne planche à rêve...
Cimetière de La Souterraine, Creuse, 2005, ph. Bruno Montpied
La Lanterne des Morts qui attend au fond de la perspective est comme l'aiguille, immobile pour toujours, d'un cadran absent car inutile. Les morts déambulent mais on ne les voit pas, ils n'ont pas voulu impressionner la photo (ils n'aiment pas le numérique peut-être). Ils aiment à se lover, se contorsionner dans ces gros blocs d'ifs taillés en art topiaire. Ceux-ci ressemblent à des pièces de jeux d'échec géants, rendus difformes par l'anarchie naturelle d'une germination nourrie de chairs grasses et purulentes. Nous sommes dans le labyrinthe de la planète des morts, cette même planète dont parlait une petite fille dans une enquête que j'ai mise en ligne jadis (il y a un an presque jour pour jour) sur ce blog. Je ne sais pourquoi, mais j'ai tout à coup l'impression que ces blocs peuvent devenir caoutchouteux, et qu'ils vont se mettre à sauter comme des bouchons de champagne en rebondissant dans tous les sens dans la campagne environnante.
Version couleur du même cliché précédent (pour répondre à la demande de Gilles ci-dessous ; est-ce le noir et blanc qui est au départ ou la couleur? Avec le numérique, on ne sait plus ; cette version couleur, résultat d'un photoshopage triturant les couleurs, est-elle première, pas plus que le noir et blanc sans doute...; mais le brouillard du petit matin était bien au rendez-vous ; la revoyant aujourd'hui, je me dis qu'elle est comme la photo d'un mort qui se serait promené au petit matin sorti des arbres, photographiant le vide, l'absence de vie, ce qui est bien un sujet de morts ; ce qui n'est pas loin d'une anticipation, puisqu'inéluctablement elle le sera bien un jour, photo d'un mort)
15/11/2010
Les mêmes monstres au pouvoir
Remaniement? Qu'est-ce que ce fracas pour rien? Mieux vaut se tourner vers cette involontaire (?) caricature signée Yves Jules de l'Atelier Campagn'art en Belgique montrant les puissants du jour dans toute leur splendeur. L'auteur a voulu camper des icônes, mais la machine à gloire a dû se dérégler, des sortes de vampires se sont tout à coup dressés entre lui et nous...
Yves Jules, Carla c'est Nicolas Sarkozy leur tendre complicitée en Afrique, vers 2009, coll. BM
A signaler une exposition qui commence le 25 novembre (du 26 novembre au 12 décembre 2010 exactement) à la fondation Folon au château de la Hulpe intitulée "L'être et le par être, ateliers d'artistes dits différents" avec des créateurs venus des ateliers du Créahm, de l'Atelier Campagn'art (Yves Jules ne sera pas de cette expo) et de la Maisonnée. Voir ce lien pour en apprendre davantage.
23:50 Publié dans Art Brut, Art immédiat | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : yves jules, atelier campagn'art, fondation folon, l'être et le par être, art immédiat, monstres médiatiques |
Imprimer








