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06/08/2015

"Outsiders" indonésiens à Bègles

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Endru Sil, encre sur papier, 19,5 x 28,4 cm, 2014

Noviadi Angkasapura, encre sur papier, 15,7 x 20,9 cm, 2014

  Tri Oktafiyani, encre sur papier, 32,8 x 21,5 cm, 2014

Muhammad Nasir, encre et crayon sur papier, 17,9 x 25 cm, 2014

 

Shony Wijaya, stylo à bille et crayons de couleur sur papier, 14,8 x 21 cm, 2014

Erna KD, encre et stylo bille sur papier, 21 x 29,7 cm, 2014

      Il reste un mois pour aller voir l'expo originale montée au Musée de la Création Franche à Bègles (26 juin - 6 septembre 2015) sur des "Outsiders d'Indonésie". caton d'invitation à l'expo Recto.jpg

     Ce n'est en effet pas banal comme manifestation. Les amateurs d'art brut ou singulier indonésien n'avaient eu que peu de créateurs à se mettre sous la dent, si j'ose dire. L'un d'entre eux étant cette créatrice génialement inspirée du nom de Ni Tanjung, révélée par les expositions et les publications de la Collection de l'Art Brut à Lausanne (notamment récemment au moment de l'exposition "L'Art Brut dans le Monde"). Si ses peintures sur pierres (des représentations d'esprits je crois) ont disparu petit à petit dans le site en plein air où elles étaient installées (à Bali),  elle a continué à s'exprimer sur papier de fort poétique façon.

 

Ni tanjung 7.JPG

Ce qu'il restait des pierres peintes de Ni Tanjung en août 2008 à Bali, ph. Petra Simkova

 

     Un autre créateur indonésien fut également montré à Vitré au sein du Centre Français du Patrimoine Culturel Immatériel. Cet auteur javanais a pour nom Dani Iswardana. Sans avoir vu son exposition à Vitré, j'avais trouvé les reproductions de certaines de ses œuvres tout à fait intrigantes. Est-ce l'effet des croisements entre différentes cultures sur ces territoires variés d'Indonésie entre échos de l'art ancien des Papous, influences culturelles musulmanes et bouddhisme, toujours est-il qu'il semble bien que dans ces contrées si éloignées de l'Europe on ait affaire à un riche creuset d'expressions artistiques. Rappelons (source Wikipédia) que cette république d'Indonésie est composée de plus de 17 000 îles, que sa population est la 4e du monde (à majorité musulmane) et qu'elle se situe géographiquement au carrefour d'influences venues à la fois du Moyen-Orient, de l'Inde, des pays asiatiques et de l'Océanie. Parmi ses îles les plus connues, on peut citer Sumatra, Java (où se trouve la capitale Djakarta), les îles Célèbes, les îles Moluques, la Papouasie, une partie de Bornéo, Bali... On a dénombré 1100 ethnies différentes, plus de 700 langues...

 

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Une œuvre de Dani Iswardana montrée à Vitré en 2010 ; Ce plasticien accompagnait ses toiles de récits (art du wayang beber) de façon analogue aux rouleaux narratifs peints des patuas indiens ou au kamishibai japonais (images supports de contes rangées dans des petites armoires ambulantes)

 

     A Bègles, les œuvres présentées paraissent avant tout d'ordre graphique comme on peut en avoir un échantillon en tête de cette note. Elles émanent de créateurs tous autodidactes qui ont pour point commun d'être tous plus ou moins liés au plus productif d'entre eux, le nommé Noviadi Angkasapura, qui ambitionne d'atteindre bientôt le million de dessins afin de fonder un musée à lui seul consacré, musée qui serait un moyen de rendre grâces à ses ancêtres, comme il est dit dans le dossier de presse de l'exposition béglaise (malheureusement non signé : qui est l'instigateur de cette exposition, on ne le sait pas ; cela donne l'impression que l'expo tombe du ciel...). Il paraît stimuler sans cesse autour de lui les potentialités créatives des différents individus qu'ils repèrent autour de lui comme porteurs de pratiques expressives en herbe.

 

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Noviadi Angkasapura, sans titre, 30 x 20 cm, sans date repérée, coll. privée Paris, ph. Bruno Montpied

 

Commentaires

Mais que cette exposition tombe du ciel, n'est-ce pas nécessaire ?
Est-ce que l'anonymat des curateurs ne devrait pas être une règle dans ce domaine ? Au moins un bienfait ?
On ne peut que désirer de se plonger dans cette 700-langues cultures, si j'ose dire, sans avoir de madame machin ou de monsieur truc qui nous dit le qui que quoi... N'est-ce pas ?

Écrit par : francois sarhan | 07/08/2015

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Non, François Sarhan, je ne suis absolument pas d'accord avec ça. En publiant des textes anonymes, ce musée nous prive d'une information qui a son importance, de qui proviennent les opinions, les points de vue, la façon de présenter les choses, etc., qui sont donnés. Cela entache gravement la qualité du message transmis. Par exemple, ici, à Bègles, on aimerait savoir si le texte du dossier de presse a été rédigé par le directeur du musée, ou ses assistantes, ou une tierce personne (comme a priori je le pense, quelqu'un qui a un rapport étroit avec l'Indonésie). Le style en est très différent d'autres textes, et paraît émaner de quelqu'un d'extérieur au musée. Moi, ça m'intrigue, mais en l'absence de signature, je reste perplexe. Les présentations ne tombent pas du ciel, il y a des êtres humains derrière, refuser de signer c'est faire comme si il n'y avait plus personne. Le temps des robots n'est pas encore venu pourtant...

Écrit par : Le sciapode | 08/08/2015

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Dans l'oeuvre de Dani Iswardana, on peut facilement reconnaître 4 personnages populaires : Petruk, Bagong, Gareng et Semar (les punakawan).

https://www.google.fr/search?q=punakawan&rlz=1C2CHWL_frFR629FR629&biw=1093&bih=545&source=lnms&tbm=isch&sa=X&sqi=2&ved=0CAYQ_AUoAWoVChMI_7-Pr_itxwIVhFkaCh071gFk

Écrit par : Valérie | 16/08/2015

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Merci de cette précision, Valérie.

Écrit par : Le sciapode | 24/08/2015

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