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30/11/2022

Evocation et hommage à Jean-Marie Massou à la Halle Saint-Pierre le 4 décembre

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      Un livre sort sur Jean-Marie Massou (1950-2020), homme des bois, creuseur de galeries souterraines, chanteur de mélopées au fond de ses souterrains, prophète accessoirement (mais qui ne l'était pas dans les années 1970, 1980?) de la fin du monde et de l'urgence de ne plus faire d'enfants, interpelleur des media sur cette question (et particulièrment Mireille Mathieu, du moins à l'époque où je l'ai rencontré en 1987 ; on me dit que par la suite, il pensa plutôt à Brigitte Bardot et ses bébés phoques comme porte-paroles...), archéologue sauvage (ses trous, c'était parce qu'il était persuadé qu'il trouverait un nouveau Lascaux sous son bois), graveur de pictogrammes sur pierres parce qu'il ne trouvait pas de Lascaux justement, et qu'il avait entendu parler des signes gravés sur les rochers de la Vallée des Merveilles dans les Alpes du Sud... Et depuis quelque temps, depuis que des nouveaux amateurs du personnage se sont intéressés à lui, l'ont aidé, l'ont enregistré, ont reccueilli ses expérimentations graphiques diverses, Massou et devenu aussi un "artiste", selon cette terminologie que personnellement je continue à trouver confusionnelle (s'il était "artiste", tout le monde le serait, et à la fin des fins, le mot n'aurait plus le sens qu'il a aujourd'hui et deviendrait synonyme d'homme ; artiste, ce n'est pas qu'une pratique expressive, c'est aussi une raison sociale, une profession considérée comme un peu à part, de l'ordre d'une caste élitiste, ou maudite, selon les points de  vue, dans tous les cas, à part...).

 

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Des productions (collage, photos, pierre gravée, dessins) de Jen-Marie Massou exposées au cours d'une manifestation temporaire au LaM de Villeneuve-d'Ascq, ph. Bruno Montpied, 2018.

 

     Or, je trouve que les œuvres qui nous sont présentées, en particulier dans le livre de la Belle Brute and co, des gravures, des croquis sur ses enveloppes de cassettes audio, des dessins assez sommaires, des collages sans grande originalité, ses chants eux-mêmes (peut-être le meilleur de sa production), ressemblant à des cantiques détournés, ces artefacts déplacent le sens à tirer de l'existence de Massou. Ce ne sont pas ces pauvres schémas aux limites de l'informe qui font l'intérêt de ce personnage, c'est plutôt la conduite de sa vie, l'amour de sa mère, au point d'être allé chercher son cadavre au cimetière après sa mort, parce qu'il ne pouvait accepter sa chute dans le néant, c'est sa croyance aux extra-terrestres chargés après l'apocalypse qui ne pouvait manquer d'arriver selon lui (avait-il tort sur ce point?) de créer un monde radieux pour les survivants, son amour pour les minéraux, ses fouilles à la poursuite d'un rêve de civilisation préhistorique inconnue...

 

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Jean-Marie Massou et Gaston Mouly, filmés par Bruno Montpied, lors de notre rencontre à trois en 1987 ;  on aperçoit la poulie et la corde qui permettaient à Massou de remonter divers objets ou masses du fonds du puits qu'il avait creusé à mains nues, situé à côté de lui, caché par l'angle de prise de vue ; photogramme extrait de Jean-Marie Massou, un archéolo,gue sauvage, film Super 8 inclus dans B. Montpied,  Les Jardins de l'art immédiat, ensemble de seize petits films  tournés entre 1982 et 1992, disponibles à la bibliothèque Dominique Bozo du LaM à Villeneuve-d'Ascq, ou dans la Documentation de la Collection de l'Art Brut à Lausanne.

 

      Le livre sur Massou est édité par Knock outsider, la Belle Brute, et Art et Marges, et cela accompagne une expo toujours sur Massou dans ce même centre Art et Marges, à Bruxelles (elle se tient du 23 novembre 2022 jusqu'au 19 mars 2023).

          Bon, à Paris, à l'auditorium de la Halle Saint-Pierre, il y a de plus un petit événement pour marquer cette expo et ce livre, avec une conférence de la directrice d'un atelier pour handicapés mentaux (la S grand atelier), Anne-Françoise Rouche, qui aime plaider pour une mixité (encore la confusion...) ou un "décloisonnement" entre l'art brut et l'art contemporain (si l'art brut fut jamais enfermé dans des cloisons, ce fut lorsque Dubuffet tenta de le révéler et qu'on le regarda faire du bout des lèvres, en s'en moquant ; c'est l'establishment qui érigea des cloisons, pas ceux qui défendirent l'art brut avec les pauvres moyens dont il disposait - j'en fais toujours partie). Ce "décloisonnement" colle bien avec les menées des marchands et des galeristes, désireux d'élargir leurs clientèles...

 

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       Ce dimanche 4 décembre, il y aura de surcroît, dit le programme, et c'est le plus intéressant, la projection du très bon documentaire d'Antoine Boutet, le Plein Pays (2015). Voir l'annonce plus haut dans cette note. C'est à partir de 15h30 jusqu'à 17h.

Commentaires

Bonjour,
C'est drôle, j'arrive ici par Alphonse Benquet dont on vient de me parler il y a 2 heures.
Je ne connaissais pas et en cherchant des détails sur lui, j'arrive ici. Je m'occupe d'un label de musique, Pagans, dont le crédo est de produire de la musique qui s'inspire de patrimoine culturel immatériel. Etant basé dan le Béarn et venant - pour la plupart des membres - des Landes, Benquet m'intéresse beaucoup. Je connaissais déjà la plupart des cartes postales dont il s'est inspiré. Votre note à son sujet est vraiment très intéressante !
Et donc maintenant, je tombe sur Jean-Marie Massou ! J'habite à 45 min du lieu dit Les Limoges, où il habitait !
Voilà.

Écrit par : Nicolas Godin | 24/12/2022

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Un mois sans notice sur le Poignard.

Au cimetière des blogs délaissés où trône Animula vagula, l'aventure aurait-elle cessé? Le Poignard subtil est-il là?

Écrit par : Isabelle Molitor | 30/12/2022

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Le sciapode est toujours là. Mais ce blog souffre d'être concurrencé par d'autres tribunes où le sciapode va se répandre aussi (Instagram sous le pseudo de Zoufi 54, Artension, Création franche, mails en privé...). Il reste moins de temps pour confectionner des notes charpentées. On ne le sait pas, mais cela prend beaucoup de temps, une note sur le Poignard. De plus ce blog est moins bien référencé sur Google, par exemple. J'en retire l'impression qu'il y a moins de lecteurs.

Écrit par : Le sciapode | 30/12/2022

Il faut songer à vous faire cloner, cher Sciapode, pour réaliser tous vos projets.
Heureuse année!

Écrit par : Ataarte | 04/01/2023

Animula vague Ulla n'est pas "délaissé", Mère Molitor, il est terminé.
Le Poignard subtil quant à lui hiberne quelque peu.

Écrit par : Le sciapode | 04/01/2023

Les lecteurs sont toujours là, pour preuve ce sympathique commentaire de Nicolas Godin dont je suis allé voir le site...de bien belles musiques marginales peu connues...je connaissais juste "L'Oeillère"...De plus un copain qui vient d'ouvrir une bouquinerie à Lannion et qui est une lecteur du blog en fait l'article auprès de ses clients. Il aimerait d'ailleurs mettre une photocopie qui présenterait le site sur sa vitrine (il faudrait en rédiger un!)...et m'a dit aujourd'hui qu'il avait vendu plusieurs exemplaires de la petite brute...

Écrit par : Darnish | 31/12/2022

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Rédiger une présentation de ce blog?
Mais elle existe déjà, si vous prenez la peine de cliquer sur les deux mots "à propos" qui se trouvent tout en haut de ma colonne d'infos et de rappels de notes, à droite. Vous tombez alors sur "l'éditorial" que j'ai rédigé voici plus de 15 ans maintenant, à savoir en 2007, à l'ouverture de ce blog. Votre ami de Lannion, que je salue et remercie par la même occasion, peut la recopier, avec la citation se rapportant à l'origine du poignard subtil, "outil magique" emprunté aux romans de Philip Pullman (bien supérieurs à la série qui s'achève actuellement sur la chaîne OCS), et sans garder le post-scriptum en rouge.
Et qu'il mette le lien vers le blog pour les lecteurs-internautes intéressés.
Voilà tout.

Écrit par : Le sciapode | 04/01/2023

Très bonne année à vous, Bruno, et surtout, n'arrêtez pas votre blog.

Écrit par : Camus | 01/01/2023

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Les lecteurs sérieux et attentifs à l'actualité de l'art brut seront toujours avides de lire votre prose, cher Sciapode. Ne vous inquiétez pas des désaffections. En tout domaine, la qualité est préférable à la quantité.

Écrit par : L'aigre de mots | 01/01/2023

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