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Rechercher : Roland Vincent

Exposition éphémère de photos du Cantal: MASSIF EXCENTRAL (13)

    "La peau sous le tricot des astres (photos du Cantal)", tel est le titre d'une exposition collective de photos (d'Emmanuel Boussuge, Ludochat, Franck Fiat et Isabelle Morange), annoncée par l'un des exposants comme "éphémère". Le même exposant m'invite, vis-à-vis du titre de cette expo, à jouer sur les mots avec "à peu près". Alors, puis-je proposer comme titres alternatifs: "La peau saoûle trinque au désastre", ou bien encore "La peau sous la trique, Ô désastre..."?
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    Son vernissage est pour le 8 décembre en fin d'après-midi (samedi prochain donc). Cela se déroule chez Delphine Gigoux-Martin et Vincent Ravel, 2 bis rue des Châtaigniers, 63830 Durtol (commune limitrophe de Clermont-Ferrand). On aura noté au passage, du moins quelques rares "initiés", que l'on retrouve parmi ces exposants une partie du staff de la revue Recoins (dont on nous annonce la parution du n°2 pour février 2008...). 
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    Insérées dans cette note, quelques photos d'Emmanuel Boussuge, présentées plus "physiquement" à l'expo, semblent indiquer que le propos des photographes est une évocation sensible de la poésie des bâtiments rustiques...
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Photos Emmanuel Boussuge, et ci-dessus, une tête sculptée sur ce qui dût être un cadran solaire

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Noms prédestinants, la recherche ne date pas d'aujourd'hui

      Cela est évident, si on n'a pas toujours parlé d'"aptonymes", comme je le fais de temps à autre sur ce blog, on a déjà souvent eu l'occasion par le passé de remarquer ces drôles de rencontres entre patronymes et destins, métiers, emplois, au point de nous faire croire qu'il y a une influence inconsciente du nom qu'on porte sur nos actions, nos choix de vie, nos accidents, nos déboires, etc.

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     Un lecteur, M. Vincent de Roguin m'a ainsi aimablement communiqué il y a peu les références d'un livre paru il y a pas mal d'années, "Riez, avec La réalité dépasse la fiction" (ci-dessus, c'était déjà le troisième opus consacré à la question des télescopages, noms prédestinants, inscriptions cocasses diverses). Les pages ci-dessous, illustrées de photos, donnent une idée plus précise du sujet. Malgré la mauvaise qualité des reproductions, il semble bien qu'il s'agisse là d'un joli bouquet de trouvailles, télescopages et noms prédestinants mêlés.

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Le garçon qui a mordu Picasso

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    Ah, ça, me suis-je dit tout de suite, ça, c'est un bon titre, un très bon titre, surtout qu'immédiatement après j'ai vu le nom de l'auteur au bas de la couverture jaune, illustrée d'un dessin d'enfant, Anthony Penrose, oui... Le fils de Roland Penrose et de Lee Miller qui étaient de vrais amis de Picasso, le grand Picasso. C'est une très bonne idée d'éditeur, je trouve de demander à quelqu'un qui a été enfant auprès d'un personnage aussi mythique qu'un Picasso de nous raconter comment il voyait ce dernier, pourvu que ce quelqu'un, parvenu à l'âge adulte, soit encore capable de se remémorer sa vision enfantine d'autrefois... 

    L'album dont je vous parle commence sur le ton espéré: "Quand j'étais petit, je vivais dans une ferme, dans le Sussex, en Angleterre, et j'avais un ami vraiment extraordinaire. Il avait de grands yeux noirs, un large sourire et des mains ahurissantes. J'étais totalement fasciné par ses mains...." Ou bien, un peu plus loin: "Je ne savais parler aucune des langues que parlait Picasso – le français et l'espagnol –, mais ça n'avait aucune espèce d'importance. Nous n'avions pas besoin de ça pour nous amuser. Jouer avec Picasso, c'était quelque chose! Il mettait la pièce sens dessus dessous et adorait mimer des corridas. Sa veste en tweed piquait un peu, mais quelle élégance. En plus, il sentait bon. il sentait l'eau de Cologne et le tabac français." Là, on est dans ce que pourrait penser un enfant, une pensée reconstituée par l'adulte, mais sonnant juste, "enfant". Hélas, dans cet album, cela ne dure pas. Très vite, le didactique, le besoin d'initier le lecteur-enfant à la grandeur de l'artiste dont on veut lui inculquer l'existence revient au galop. Des mots sont alors imprimés en gras et en corps plus gros, comme si on dérapait dans une leçon de vocabulaire. Le texte se met à décrire ce qu'il faut retenir de l'art de Picasso en se mettant à onduler tel un calligramme. On est en train de subir une leçon qui a toutes les chances de faire décrocher le lecteur enfantin. Et puis, on perd progressivement tout le sel de l'idée de départ.

      Pourtant j'y reviens, cette idée initiale, faire raconter à un ancien enfant ses souvenirs avec ses pensées d'alors, liées à son âge, alors qu'il fréquentait une de nos grandes gloires bien embaumée dans le jus de l'Histoire, par la désacralisation que cela opère, le décentrement et le recentrement consécutif en direction de la vérité vivante d'un portrait d'homme, cette idée est une excellente idée, qui méritait mieux en l'occurrence...

 

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Jean Estaque

    Jean Estaque est une des figures déjà anciennes de l'art dit singulier. Sous ce terme, j'entends les créateurs quelque peu en marge des courants principaux des arts plastiques contemporains et qui font preuve d'une belle fidélité à une expression synthétique, voire enfantine, primitiviste si on veut, proche des arts populaires dont par ailleurs Estaque recueille chez lui certains exemples pris dans l'art brut et autres.  C'est un petit cousin de Chaissac, pourrait-on dire (n'oublions pas que Gaston était originaire du Limousin), qui a débuté dans la sculpture sous l'influence de l'art roman, nous dit un dossier de presse. C'est un amoureux de la Creuse où il vit (c'est là que je l'ai rencontré voici plusieurs années déjà, à Savesnes, où il a aménagé depuis quelque temps une salle vouée à exposer des créations qui lui plaisent -on aimerait pouvoir en faire autant...), après être né dans l'Ariège en 1945.

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Carton d'une exposition ancienne à la galerie Les Oiseaux Rares à La Rochelle en 1991

   Il expose jusqu'au 11 mars, plus que quelques jours donc, à la galerie lyonnaise A.Del Gallery (nom un peu tirebouchonné, n'est-il pas?), au 33, rue Auguste Comte, dans le 2ème arrondissement. Des oeuvres inspirées des personnages vus dans les nouvelles de Guy de Maupassant. C'est un tailleur de bois qui aime en outre la polychromie, mais il saura utiliser à l'occasion d'autres matières et supports, cartons et papiers (découpés, déchirés, dessinés...), faisant recours plus souvent qu'à son tour aux techniques de la gravure. Ses oeuvres ont parfois  fort à voir avec certains jouets, et débouchent à d'autres moments sur les reliquaires. Des oeuvres monumentales ont pu lui être commandées, comme ce fut le cas au Lac de Vassivière.

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Image sur le site d'A.del Gallery

     Contrairement à tant d'autres artistes uniquement préoccupés de leur nombril, il sait se tourner vers les autres créateurs, notamment les plus modestes et les plus discrets d'entre eux, les créateurs populaires. C'est lui qui me signala l'existence de Pierrot Cassan, comme je l'ai déjà dit, mais c'est aussi avec son aide que je pus retrouver la trace des oeuvres de Ludovic Montégudet conservées par sa famille à Lépinas (toujours en Creuse), ce qui ouvrit la voie à une exposition des oeuvres sculptées naïves de ce dernier au Moutier d'Ahun à l'été 1992. En fait, il semble qu'entre l'art populaire et Jean Estaque ce soit un continuel va-et-vient, comme dans le phénomène des vases communicants. Tout ce qui me vient d'Estaque me maintient toujours en alerte.

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Extrait d'un article de La Montagne du dimanche 4 janvier 2009, transmis par Roland Nicoux que je remercie de m'avoir informé de l'exposition actuelle de Jean Estaque 

 

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06/03/2009 | Lien permanent

La recherche sur Kobus s'augmente de deux pièces retrouvées...

       Kobus, ce nom, j'en ai déjà parlé à la fin février 2019, voici donc presque deux ans – qu'on veuille bien se reporter à cette note. J'y causais de deux bas-reliefs sur bois dont l'un est signé de ce nom, Kobus, probablement un pseudonyme, peut-être inspiré du nom d'un personnage du roman L'Ami Fritz d'Erckmann-Chatrian. A quelques mois de mes deux premières trouvailles, effectuées sur un trottoir des Puces de Vanves, j'acquis un autre bas-relief taillé sur un bois luisant comme les deux autres, exprimant le même goût pour la plaisanterie, quoique plus orienté vers le calembour visuel. Qu'on en juge ci-dessous:

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Inconnu, Les Stupéfactions d'Hippocrate, bas-relief sur bois (du noyer ?), 45 x 35 cm, sd, ph. et coll. Bruno Montpied.

 

      Sur ce panneau, le célèbre médecin grec, "patron" des milieux médicaux en tous genres comme on sait, reste perplexe devant un pantin à demi rangé dans un tiroir... Il tient à la main l'outil servant à faciliter la sortie des bébés lors des accouchements, les fameux forceps. Il apparaît évident que l'auteur du bas-relief, outrepasse la seule dimension possiblement caricaturale du gynécologue représenté sous les traits d'Hippocrate. Cela va plus loin puisque la scène nous signifie plaisamment sa surprise devant l'accouchement inédit qui lui échoit, réalisation de l'expression familière, "avoir un polichinelle dans le tiroir"... Il s'agit donc d'un calembour visuel, datant vraisemblablement du XIXe siècle, en tout cas bien antérieur aux peintures basées sur des calembours d'un Christian Zeimert (disparu en octobre dernier), dont les tableaux pouvaient s'intituler le Monument aux ivres-morts, Jésus et ses dix slips, Le fils du Père Barbelé, Le dernier cardeur, ou encore Mourons pour les petits oiseaux.

        Il n'est pas sûr que ce dernier panneau soit de la même main "kobusienne" que les deux évoqués dans ma note du 28 février 2019, car le grotesque en particulier ne s'y retrouve pas (de même, on n'a affaire qu'à un seul personnage, et plus à des groupes d'hommes). Mais la technique, le style, et la façon de titrer aussi, les apparentent aux deux autres. Je n'ai pas eu d'information supplémentaire comme d'habitude concernant la source de l'objet... Mais notre fidèle lecteur, M. Jean-Christophe Millet (voir commentaires ci-après), nous a signalé, suite à une première mise en ligne de cette note, un recueil de textes plaisants de Paul Reboux, de 1928, illustrés de neuf dessins de René Vincent, intitulé justement "Les Stupéfactions d'Hippocrate", où l'on retrouve en plus du même titre, parmi les dessins ce qui apparaît comme l'image qui a exactement inspiré le sculpteur du bas-relief:

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René Vincent,  dessin dans le recueil Les Stupéfactions d'Hippocrate de Paul Reboux, 1928. ;L'horloge en haut du meuble sur le dessin a été remplacée par un sablier dans le panneau sculpté, avec comme autre différence, la couronne de laurier sur l'arrière du crâne d'Hippocrate dans le dessin absente sur le panneau...

 

        Enfin, pas plus tard qu'hier, un ami corrézien m'a appris qu'il a à son tour acquis un autre bas-relief, cette fois de même style que mes deux panneaux avec groupes, et, de plus, encore signé "Kobus", avec des personnages nettement grotesques. Encore une caricature, très voisine par l'esprit et le style de mes deux bas-reliefs "Aux bains froids", et "Après l'enterrement d'un ami" :

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Kobus (signé en bas à droite), L'arrivée des recrues à la caserne, dimensions non communiquées, sd. ph. et coll. particulières.

 

      Etant donné l'uniforme du trouffion à gauche qui reçoit les recrues, et les costumes des apprentis bidasses, où les coiffures ont fait  l'objet d'une attention particulière de la part du sculpteur, comme si ces dernières étaient chargées de rappeler les professions d'origine des différents conscrits, je pencherais pour une datation aux alentours des années 1880, voire plus tard?... Ce panneau, de plus, confirme que le nom Kobus est bien une signature d'artiste.

        L'enquête, devant cette œuvre qui  s'agrandit, doit continuer, à l'évidence... !

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Posters du Ghana peints à la main, une expo de quelques jours à Ménilmontant

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Une affiche du Ghana exposée au Monte-en-l'air

    Pressons-nous de réagir si on s'intéresse aux affiches peintes à exemplaires uniques africaines, une petite exposition d'une jolie sélection de plusieurs d'entre elles, réunie par Vincent Privat, est montrée depuis ce jeudi 27 janvier jusqu'à dimanche prochain à la librairie Le Monte-en-l'air rue des Panoyaux, à Ménilmontant. Ce n'est pas loin du tout des ateliers de l'ESAT de la même rue, où officie, entre autres créateurs handicapés, Philippe Lefresne.

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Une autre affiche du Monte-en-l'air

    Cela n'est pas la première fois que ce genre d'affiches est montré (il y eut dans le passé de nombreuses occasions d'en présenter déjà à Paris, rappelons-nous en effet les expos de la galerie Art factory quand elle se trouvait  rue d'Orsel à Montmartre, et il me semble qu'il y a eu aussi, il n'y a pas si longtemps,  une expo au Musée du quai Branly...), mais cela reste relativement peu fréquent (il se murmure en outre que ces posters commencent à se faire rares). L'ensemble ici présenté dans cette librairie n'a jamais été montré, car il vient d'une collection qui n'a fait l'objet d'aucune expo jusqu'à présent.

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    On sait  que ces affiches furent produites dans les années 1980 dans le cadre des productions de films d'action ou d'horreur de série Z venus de ce que l'on appelle Nollywood. Chaque officine qui passait une vidéo d'un de ces films avait besoin d'une affiche à l'extérieur du lieu de projection pour faire enseigne. Des peintres amateurs, démarquant plus ou moins naïvement les affiches imprimées commerciales, ou créant de toutes pièces, se chargeaient alors de réaliser une affiche peinte sur un support d'occasion (on parle souvent de sacs à farine par exemple).

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"Les Ténèbres du mal"... "Nous avons besoin de sang frais"... Sanglant à souhait...

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Sur la route, François Michaud

            Cet été, allez donc dans le Massif Central, dans le Limousin, c'est un massif d'inspirés et d'actualité (l'Abbaye de Beaulieu dans le Rouergue, Saint-Alban de Limagnole en Margeride avec l'expo Les Chemins de l'Art Brut(6) ), décidément, il va falloir que je songe à me tailler une place dans le secteur  tourisme et art populaire d'une quelconque Maison de l'Auvergne...
            Sans compter qu'il existe tout plein de lieux aussi qui n'ont pas attendu d'être sous les feux de l'actualité pour faire parler d'eux. Comme par exemple Masgot. Ca fait plus de 150 ans que ce hameau vous attend...
 
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         Tailleur de pierre de métier et sculpteur autodidacte à ses loisirs, Michaud a vécu de 1810 à 1890. Il paraît avoir commencé à décorer son petit village de Masgot  (commune de Fransèches dans la Creuse, non loin du Moutier d'Ahun) dans les années 1850-1860 (la datation se basant sur les personnages ou les thèmes abordés).
 
 
 
 
(Ci-dessous, la deuxième maison de Michaud avec Napoléon, la femme nue sur la clôture, Jules Grévy, Marianne...)
 
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             Plusieurs statues dues à son désir de manifester ses convictions tour à tour bonapartistes et républicaines, déistes et anticléricales sont demeurées dans ce village de cette époque jusqu'à nous, faisant de ce site l'environnement populaire spontané le plus ancien que nous ayons en France (bien avant le Palais Idéal du facteur Cheval ou les rochers sculptés de l'abbé Fouré à Rothéneuf), si l'on met de côté provisoirement la Cave Sculptée des Mousseaux à Dénezé-sous-Doué dans le Maine-et-Loire (qui serait du XVIIe siècle et dont on ne connaît pas très bien les auteurs).
 
 
 
 
 
 
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            On peut encore voir actuellement, autour de ses anciens domiciles, des effigies de Napoléon, celles d'un moine, d'une sirène, d'un homme assis flanqué d'un chien, un buste d'homme barbu, une statue de femme nue, des bustes de Jules Grévy et de Marianne (les premières effigies de Marianne datent des années 1880, et Michaud fut l'un des tout premiers à en façonner, ce qui en fait de logiques Marianne "primitives"...) et divers autres décors ou inscriptions, le tout taillé dans le robuste granit de la région dans un style archaïsant à mi chemin de l'art brut et de l'art naïf.
 
 
 
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Buste de Jules Grévy (ci-dessous) 2ede5619837be2ce3f86f06b1be4cbd3.jpg
 
 
 
 
 
 
 
 
 
           Il existe un livre assez complet sur lui : L'oeuvre énigmatique de François Michaud à Masgot, de Jacques Meunier, Jacques Lagrange, Roland Nicoux, Pierre Urien, Bruno Montpied, Alain Freytet, Patrice Trapon, etc., aux éditions Lucien Souny (en vente à Masgot). Un petit musée est ouvert durant la belle saison dans le hameau qui se visite sans difficultés au coeur de la Creuse, région vallonée et forestière où l'on goûte une paix royale.  L'association des Amis de la Pierre, présidée par le maire de la commune, Alain Delprato, s'occupe d'animer et de surveiller le site (on y a même installé, alors que le hameau est plutôt restreint, un nouveau café).
 
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Quatre de mes anciens films en projection, à l'époque où j'étais cinéaste amateur

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    Vendredi 20 mars, je participe avec quatre de mes anciens films tournés  en super 8 au Festival 8-9,5-16 de cinéma amateur des Pavillons-sous-Bois (Seine-St-Denis).  Ces derniers chiffres représentent les formats de cinéma acceptés par le festival en question, organisé conjointement par le CECAS de la ville des Pavillons-sous-Bois et la revue Cinéscopie animée entre autres par Michel Gasqui, un amoureux du cinéma amateur en format argentique, et notamment du cinéma Super 8. Je ne connais pas les autres participants à la programmation de cette édition, et ne peux donc rien en dire (mais je le ferai dès que je les aurai vus, si émotion il y aura...). Il semble tout de même qu'on ait affaire à des œuvres de création, fiction ou documentaire, et non pas à du cinéma de famille (l'anniversaire du petit dernier, les noces d'or de Papy et Mamie, etc., cinéma contre lequel a priori je n'ai rien, je m'empresse de le dire), et peut-être même des œuvres naïves comme il y a de l'art naïf.

 

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L'auteur au bord de la Manche, au cours d'un autre tournage, celui d'un film précédent appelé "Conversation aigre sur les malheurs du temps", 1977 ; ph. Jacques Burtin

 

 

    En ce qui me concerne, je prête quatre petits films tournés quasiment sans montage ultérieur, il y a trente ans, soit donc dans les années 1980. Ils se voulaient pour trois d'entre eux, Sur les trottoirs de nos villes, Œillères, et Ecrin de Sable,  comme des documentaires poétiques. Le quatrième, Un Paysage Changeant, est un minuscule film d'animation réalisé image par image avec les moyens du bord dans le petit studio que j'occupais à l'époque. Ils sont tous en Super 8 et sonorisés. Voici leurs "fiches techniques":

 

"Sur les trottoirs de nos villes (sonore, stéréo, 1981-1983, env. 4 min.)

“Sur les trottoirs de nos villes” est un poème visuel accompagné de deux textes, un de moi, et un tiré de Henri Michaux qui est une promenade effectuée au ras des trottoirs de Paris (dans le XIème) afin de tenter de révéler la beauté méditative des lignes et matières présentes sur le sol d’une ville, aussi suggestives et esthétiques pour l’esprit que des œuvres d’art abstrait telles qu’on peut les admirer dans les musées. L’art abstrait, seulement, dans ce cas, on marche dessus tous les jours…

 

Œillères (sonore en mono, 1985-1986, env 12 min.)

“Œillères” est une promenade à la surface de visages scrutés avec une certaine effronterie, de façon parfois fort insolente sous le nez des intéressés, au cours de deux tournages effectués à deux moments différents de l’année dans l’hippodrome d’Auteuil, du côté de la pelouse au milieu des turfistes aux allures fiévreuses de drogués du jeu. La musique lancinante de Mal Waldron et Marion Brown (un morceau nommé adéquatement “Contemplation"…) accompagne cet essai de portraits d’hommes en addiction au jeu, distillant une atmosphère de drame et de dépression. A signaler, pour ceux qui le connaissent, l'apparition à de certains moments, mêlé à la foule des turfistes, d'un certain Régis Gayraud, habitué de ce blog, et aussi d'un Roland Chelle, auteur du recueil "Vers luisants" à l'enseigne de la Petite Chambre Rouge.

 

Ecrin de sable (sonore, mono, 1988, env.11 min.)

“Ecrin de sable”, pareillement, est un poème visuel cherchant à mettre en lumière le merveilleux brut d’une plage où le sable est comme un écrin à des dizaines et des dizaines d’objets laissés là par la mer, coquillages, cailloux luisant comme des bijoux, épaves, etc. C’est une tentative d’hommage à la poésie brute d’une plage, avec sa lumière et ses cimaises horizontales.

 

Un paysage changeant (sonore en stéréo, 1983, env. 2min.)

“Un paysage changeant”, sur une musique extrêmement rythmée de Spike Jones, est un film d’animation réalisé avec de la peinture et divers petits accessoires. C’est comme un tableau essayant de se faire en direct devant la caméra, le tout en manifestant un rythme non prévu au départ et en réalité improvisé au tournage image par image, puis davantage révélé au visionnage par adjonction de la musique burlesque de Spike Jones."

Avis aux curieux donc... 

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Dédales, une collection singulière en Limousin au musée Cécile Sabourdy

      Nouvelle exposition au Musée-jardins Cécile Sabourdy à Vicq-sur-Breuilh, au sud de Limoges, la collection de Thierry Coudert, dont un choix est présenté au public à partir du 1er décembre, provient plus précisément de la Corrèze. Brocanteur fureteur, dénicheur de pièces d'art singulier ou populaire, voire brut (Ô le beau dessin en provenance, paraît-il, d'un HP de la région de Metz qui est exposé à Vicq...), souvent énigmatiques, puisque le découvreur n'a pu en recueillir les traces d'origine la plupart du temps, Thierry Coudert a décidé d'offrir aux yeux des curieux l'occasion de développer leur perplexité quant à ces dizaines d'objets orphelins (en apparence).

 

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Anonyme, dessin au crayon, peut-être créé par le pensionnaire d'un hôpital psychiatrique de la  région de Metz, semble-t-il, vers 1940 (on aperçoit parmi d'autres inscriptions une croix gammée), coll. Thierry Coudert, ph. Bruno Montpied, 2018.

 

      Têtes gauloises, souvent d'origine incertaine – qui sont là, avant tout parce que leur style a frappé l'œil de Coudert par leur esthétique immédiate, en amont de toute attribution certifiée –, diable en laiton, plombs de Seine du XVIe siècle (vantés par les surréalistes en leur temps), mascaron perdu de chapiteau d'église, bois sculptés divers, objets dont la conception paraît voisine avec celle d'un Chaissac ou d'un Noël Fillaudeau, peintures de singuliers provinciaux, œuvres retrouvées d'artistes connus comme Roland Roure, silex rehaussé de pigments, faisant beaucoup penser aux silex interprétés du sieur Juva à la Collection de l'Art Brut à Lausanne, mais aussi parfois, tout de même, quelques œuvres d'autodidactes exhumés connus: Emile Taugourdeau, Jean Rosset, ou moins connus: Raymond Picard, quelques chefs-d'oeuvre d'art populaire comme cette "tête de déesse de la vigne" ciselé dans une pièce de bois (voir ci-dessous) ou ces deux petits bonshommes (deux soldats coiffés avec des pots de yaourt détournés) d'allure fragile aux mines dépitées (je trouve), tout cela déboule dans le Musée Cécile Sabourdy, comme réchappés d'un anéantissement mystérieux de leurs corpus d'origine. On dirait les enfants perdus d'auteurs anonymes, censurés, ou simplement relégués, revenant sans leur pedigree et leurs papiers d'identité, par le reflux des marées brocanteuses sur trottoirs et bitumes accueillant à la misère de leurs origines sous X.

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Anonyme, "Déesse de la vigne", selon les mots de Thierry Coudert, bois sculpté, 39x35x18cm, coll. Thierry Coudert, ph. B.M., 2018.

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Anonyme, deux soldats (?) et un chien, bois et pot de yaourt peint, 36,5,17x5 cm, sd, coll. Thierry Coudert, ph. B.M., 2018.

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Anonyme, silex peint et interprété en visage, coll. Thierry Coudert, ph. B.M., 2018 ; ce silex peint s'apparente aux silex métamorphosés par Juva, conservés dans les collections d'art brut, mais il est orienté nettement de façon à figurer un visage, ce qui est peu fréquent, me semble-t-il, dans les pierres de Juva ; cela n'en fait pas moins un très joli travail d'interprétation d'une forme naturelle

 

"Dédales, une collection singulière en Limousin", Musée-Jardins Cécile Sabourdy, Vic-sur-Breuilh, du 1er décembre 2022 jusqu'au 30 juin 2023. A signaler une vingtaine d'oeuvres prêtées pour cette exposition par le Musée de la Création Franche de Bègles, actuellement en travaux.

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Caviardages et autres inscriptions comiques, scatologiques, misanthropiques, etc.

     Je n'ai pas envie de rétro-activer pour voir ce que j'ai déjà mis en ligne par le passé à propos des inscriptions caviardées, souvent sur plaques de rues et autres panneaux de signalisation, qui sont un passe-temps bien agréable (je parle de leur chasse et de leur capture), car ce blog a déjà 14 ans et je peux désormais me répéter, étant assuré que très peu de mes lecteurs viendront me signaler mes doublons, et qu'il est toujours utile et agréable de revoir certains d'entre eux à l'occasion.

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La rue Vavin dans le VIe ardt a changé un jour de nom... ; ph Régis Gayraud, juin 2019.

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Photo R.G., octobre 2013 (lieu?).

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Rue Saint-Vincent-de-Paul, Paris,, Ph. R.G., date?

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Rue Pourcher, Clermont-Ferrand, ph. R.G., date? ; tout en finesse et poésie directe, n'est-ce pas?

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Anus pour tous, une proclamation pour caviardeurs sodomites peut-être ; ph. R.G. lieu? Date?

 

    On m'en a adressé ces derniers mois de fort intéressants, un chasseur émérite en ce domaine étant l'ami Régis Gayraud (voir ci-dessus). Et j'en ai moi-même recueilli quelques-uns.

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Sur la tombe de Paul Lafargue, au Père-Lachaise, l'auteur du Droit à la Paresse..., ph. Bruno Montpied, mai 2021.

(A bas) Le Travail, détail, tombe de Paul Lafargue, mai 21.jpg

Idem, vue plus en détail qui permet de discerner un petit caviardage plein de sens sur la couverture du livre de la collection "Que sais-je?" des PUF, le Travail, corrigée de manière plus adaptée au défunt ici enterré...

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Une prédiction de 2020 dans le XIVe ardt qui a peut-être eu, hélas, gain de cause ? ; ph. B.M., 2021.

Rue de Graffigny, graffiti, Nancy (2).jpg

Rue de Graffigny, Nancy, rebaptisé par des apôtres du graffito, pour l'heur devenus caviardeurs ; ph. B.M., 2016.

   

     De temps à autre, le caviardage se fait également visuel, je ne me souviens plus si j'ai déjà mis en ligne la retouche (si j'ose dire) ci-dessous, repérée dans le XIIe ardt (vers la rue de Bercy).

Colonnes sèches caviardées 3, Bercy.jpg

Sous des "colonnes sèches" (tuyaux de raccordements pour pompiers, j'imagine?), de spirituels graffiti suggestifs..., ph. B.M., 2018.

 

      Quelquefois, devant une plaque de rue que l'on m'envoie, cocasse certes, mais pas totalement directe du point de vue injurieux, comme cette place de Genève relevée récemment par Philippe Lespinasse, j'ai envie de donner un coup de pouce via un logiciel de retouche, que l'on juge plutôt...:

rue de la Taconnerie, Genève, ph Lespinasse.jpeg

Photo Philippe Lespinasse, 2021.

Place de Taconnerie, Genève, ph Lespinasse caviardée par moi.jpg

Après retouche... la même, à peu près.

 

      Le même Philippe m'avait envoyé aussi la photo ci-dessous, qui m'a bien fait rire, moi qui aime très modérément les films du sieur Tarkovsky :

Tartovsky, vu par Lespinasse.png

Tartovsky, parce qu'un peu tarte? ; ph. Ph. L., lieu? Date?

 

       Mais ici, on entre dans un domaine aux lisières du caviardage involontaire, on est en effet plutôt dans la coquille drolatique... 

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