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22/05/2010

Un meuble énigmatique

    Emmanuel Boussuge, notre correspondant émérite du Cantal, et accessoirement éditeur de la revue Recoins à Clermont-Ferrand, grand amateur d'art populaire et de rock'n roll, m'envoie l'image d'un meuble de 1812, sorte de placard, qu'il trouve - et moi itou - énigmatique. Il demande qu'on la mette sous les yeux de tout internaute un peu sagace qui saurait déchiffrer l'énigme qu'elle présente (s'il y a énigme). Pourquoi ces deux cadrans horaires aux heures différentes (trente minutes d'écart entre elles si ce sont les heures du milieu, ou de la fin, du jour)? Est-ce un naïf memento mori pour marquer le temps qui fuit, inexorable, et nous emmène tous vers le trou en bout de piste? Saurez-vous éclairer nos lanternes parisiennes et auvergnates?

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Ph. Emmanuel Boussuge, 2010

21/05/2010

François Burland avec Sophie Gaury

     François Burland revient à Bordeaux montrer de nouveaux travaux, peu connus en France à ma connaissance. Des photographies aux "paysages incertains", dont certaines paraissent retouchées par la peinture (l'huile), celles qui me plaisent a priori davantage (voir les exemples ci-dessous, dont le premier, "landscape", n'est peut-être qu'une huile en fait, mais tellement proche de ce que l'on peut obtenir en retouchant picturalement une photo de paysage). Ce sont ces dernières qui font le pont selon moi avec ses anciennes peintures aux grandes silhouettes ombreuses qui paraissaient elles-mêmes faire écho aux silhouettes charbonnées aux poings par son compatriote Louis Soutter, que François Burland a sans doute beaucoup admiré. Mais on aimerait avoir plus de détails sur les techniques employées, alors, François, si tu m'entends, ne te gêne pas...

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      Il paraît devoir ce passage bordelais à Sophie Gaury qui l'héberge dans une structure qui est elle-même l'hôte éphémère de cette commissaire d'exposition "nomade" (je connais un autre exemple de ce genre,  celui de la Pop Galerie de Pascal Saumade), en l'occurrence le Garage Moderne. "Après 20 ans au Musée de la Création Franche de Bègles, Sophie Gaury, à l'oeil exercé et tenace, organise depuis 2009 des expositions nomades" (comme dit le site web de Sophie, semble-t-il fraîchement créé et encore en chantier). Il est probable aussi que Sophie Gaury, elle-même photographe, était prédisposée à se montrer sensible à ce côté inédit du travail de Burland. 

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François Burland, jardins, technique mixte, 21 x 49 cm, 2009

Sophie Gaury expose les photographies et dessins de François Burland, "paysages incertains/jardins", au Garage Moderne, du 27 mai au 6 juin (de 14h à 19h), 1, rue des Etrangers (ce qui est dur pour notre ami suisse...), 33000 Bordeaux (05 56 50 91 33, www.legaragemoderne.org).  Vernissage le jeudi 27 mai à partir de 19h en présence de l'artiste. Contact et rendez-vous : Sophie Gaury +33 6 11 08 37 97, et sophie@sophiegaury.com , www.sophiegaury.com

 

 

Brises de Nice, un nouveau festival hors-champ

    Le chiffre 13 va sûrement leur porter bonheur à ce festival Hors-Champ, treizième du nom. Treize rencontres  de cinéma autour de l'art singulier, pour un festival qui devait s'arrêter au bout de dix éditions, il semble que le pli ait été pris et qu'à Nice on ait décidément pris goût à réunir son monde au printemps. Cela aura lieu cette fois sur deux jours, le vendredi 4 juin tout d'abord, dans l'auditorium de la Bibliothèque municipale de Nice, quelques films (déjà montrés dans les éditions précédentes) à l'usage des nouveaux spectateurs (sur Gilbert Peyre: que devient ce dernier au fait? ; sur Petit-Pierre et sur les châteaux de sable de Peter Wiersma, les deux films par le légendaire documentariste mort trop jeune Emmanuel Clot ; sur Yvonne Robert...). Et le samedi 5 juin surtout, dans l'auditorium du MAMAC de Nice, où là les films et autres documents présentés auront une toute autre importance, au point de vue de leur rareté.

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     Le gros morceau (probablement, mais surtout pour un amateur "d'archive") sera sans doute la reprojection des photographies de Gilles Ehrmann, intitulées "Les inspirés et leurs demeures", à savoir sans doute des images (en couleur?) des sites évoqués par Ehrmann dans son livre au titre éponyme de 1962, ceux de Frédéric Séron, Malaquier, Chaissac, Fouré, Picassiette, etc., qui avaient été présentées à la fameuse exposition des "Singuliers de l'Art" au Musée d'Art Moderne de la ville de Paris en 1978 (on se référera au catalogue de l'expo trouvable encore ici ou là, ou en bibliothèque). Mais bien entendu, la présentation du film de Michel Zimbacca et Jean-Louis Bédouin, L'invention du monde, avec des commentaires de Benjamin Péret, permettra aussi à d'autres amateurs, plus tournés vers les arts dits premiers, de découvrir là aussi un film mythique que l'on attend depuis bien trop longtemps en réédition sous forme de DVD (c'est pour aujourd'hui ou pour demain en effet?).

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     Les organisateurs de ce festival, qui se voue comme on le voit à un éclectique programme de documentaires d'art sur la créativité vivante, pas seulement borné à l'art brut ou singulier, se sont aussi tournés cette année vers la rediffusion du film de Jean Painlevé consacré à Calder qui fut tourné en 1955 et qui avait été un peu occulté par l'autre film tourné sur le cirque de semi-automates fait par Calder en fil de fer et autres bouts de chiffon, à savoir "le cirque de Calder" de Carlos Vilardebo en 1961. Le documentaire de Painlevé s'intitule "Le grand cirque Calder 1927" et il est disponible en DVD (édité par le Centre Pompidou et les documents cinématographiques dirigés par Brigitte Berg qui viendra à Nice présenter le film). Avec ses figures en matériaux précaires, il devance de plusieurs décennies des créations populaires comme celle de Petit-Pierre Avezard, aujourd'hui conservée à la Fabuloserie.

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Michel Nedjar, quelques poupées pour la fête de Pourim, ph Adam Rzepka, Musée d'art et d'histoire du Judaïsme, extrait du livre "Poupées Pourim" paru chez Gallimard, coll. Giboulées en 2008

   Egalement présents, on pourra voir à Nice Alain Bouillet et Adam Nidzgorski présenter des images relatives à l'art brut et l'art populaire polonais (pour une confontation? Le programme ne le précise pas). On retrouvera aussi un film de Philippe Lespinasse et Andress Alvarez sur les reliquaires du Suisse Marc Moret, et un autre film consacré à la "grotte" de Maurice Dumoulin (autre créateur présenté à l'expo sur l'art brut fribourgeois naguère à la Collection de l'art brut à Lausanne). Bref, comme on le voit, du beau, du bon, rien que du bonheur.