mardi, 16 octobre 2012
4ème biennale de l'art partagé
On ne trouve plus de qualificatif pour les artistes présents dans cette biennale montée par l'association Œil'Art de Jean-Louis Faravel, alors c'est tout simplement l'art partagé... Et pourtant, n'y a-t-il vraiment aucune caractéristique qui se dégage des productions variées que l'on verra à Rives en Isère? Il me semble qu'en cherchant bien on y arriverait. Ceci dit, même avec un qualificatif ne qualifiant rien on arrive à créer un nouveau label. Car il est peut-être question ici surtout de gens qui pratiquent l'art en amateurs, en semi professionnels, d'une façon proche de tout un chacun, dans la vie quotidienne, comme on pratique le bricolage ou le jardinage, dans un sens de partage des recherches, sans que le commerce vienne par trop bouleverser l'ensemble, sans qu'une quelconque idée de sacralisation vienne se superposer à cela, retranchant nos artistes de l'homme du commun? Communiste, la biennale de l'art partagé? Ou bien ne serait-ce qu'une foire d'artistes de plus, désireux de se faire connaître comme de vulgaires marchandises esthétiques new look? A vous de trancher si vous passez par l'Isère dans les mois qui viennent.
C'est du 27 octobre au 18 novembre 2012.
19:14 Publié dans Art contemporain, Art singulier | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : oeil'art, 4ème biennale de l'art partagé, jean-louis faravel, rives, david braillon, patrick chapelière, michel dave, marie-jeanne faravel, yves-jules fleuri, joël lorand, gilles manéro, ruzena, jacques trovic, jacqueline vizcaïno |
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Commentaires
Écrit par : gosti | dimanche, 11 novembre 2012
Répondre à ce commentaireMa note avait surtout pour objet de rappeler ce qui peut se jouer derrière l'existence d'un mouvement d'artistes singuliers (mouvement?) qui n'est pas selon moi qu'un rassemblement d'artistes cherchant à faire connaître leurs marchandises esthétiques, comme on peut se le demander à force de voir tous les salons d'art singulier qui ont fleuri en divers lieux. Derrière le fait de créer se joue bien plus, qui engage notre vie et celles de nos semblables.
Écrit par : Le sciapode | lundi, 12 novembre 2012
Écrit par : gosti | mardi, 13 novembre 2012
Répondre à ce commentaireD'autre part, ton livre + dvd n'est-il pas également une marchandise que tu colportes sur les routes depuis sa sortie.
Je sais que tu vas te retrancher dernière l'aspect non-marchand de ta démarche puisque ton bébé n'est pas fait pour te rapporter de l'argent.
C'est ce qui nous diffère puisqu'en ce qui me concerne mes gribouillis au stylo sont les seuls pourvoyeurs de revenus pour m'aider à survivre. On est bien obligé de les confier ou de les montrer quelque part. A chacun de bien choisir l'évènement qui en sera la vitrine.
JM Chesné
Écrit par : Jean-Michel Chesné | mardi, 13 novembre 2012
Répondre à ce commentaireJe ne suis pas un ascète qui vit en ermite loin des plaisirs et du confort que peut apporter l'argent. Je n'ai jamais professé l'éloignement du monde. Je vends mes oeuvres moi aussi (en général à des prix plutôt modestes). Il faut bien survivre.
En ce qui concerne mon livre, il n'a pas été fait en effet pour rapporter de l'argent. J'ai seulement tenu à ce que mon éditeur qui a eu du courage et pris des risques en le réalisant et en le multipliant soit remboursé de ses frais (c'est un éditeur militant qui n'a pas de vocation à faire du commerce ; il m'a "payé" principalement en me permettant de faire ce livre comme je l'entendais, et c'est un luxe sans prix, comme tu le reconnaîtras sans doute).
Pour être indépendant des structures privées qui font métier de vendre des oeuvres d'art, j'ai un travail autre qui me permet d'être salarié. Un des aspects qui me plaît le plus dans le dessin ou la peinture, ou dans l'écriture et la recherche aussi bien, c'est la liberté dans laquelle j'évolue. Sans cette liberté, tout cela n'a plus de sens. Je ne crache pas pour autant sur l'argent que peut me rapporter ici et là, à l'occasion, la vente de telle ou telle de mes productions. Ce n'est pas le but principal de mon travail, voilà tout.
Face aux marchands (qui ne sont pas tous des horribles commerciaux, je me hâte de le préciser, jen connais qui font ce travail avant tout pour le plaisir de faire connaître de nouveaux créateurs, ils ne sont pas nombreux, mais ils existent), il me paraît important de préserver à tout prix notre liberté de créateur. Ne pas entrer en sujétion.
Un artiste à mes yeux risque de basculer dans la production de "marchandises" à partir du moment où il soumet son travail à une demande qui ne vient pas de son propre fonds et qui tend à le faire travailler à la chaîne par exemple. Préserver son fonds secret, travailler avec, n'était-ce pas que que recherchait précisément Jean Dubuffet avec son rêve d'un art "brut"?
Contrairement à toi et à Gosti, je continue de vouloir garder le terme d'art singulier en l'appliquant à tous les artistes contemporains qui tentent de préserver leur liberté de créer, en prenant exemple, moralement mais aussi parfois esthétiquement (le côté autodidacte de leurs techniques bricolées sur le tas en improvisant) sur les créateurs de l'art brut. Il me semble qu'existe réellement, loin des fabricants de Têtes à Toto qui vont décidément un peu trop vite en besogne, pressés dirait-on de vouloir "réussir", un corpus de créateurs semi-marginaux, semi-professionnels de l'art, des amateurs, au sens fort du terme (mot absolument pas péjoratif sous mes doigts, comme ne l'a pas compris Jean-Louis Faravel), originaux dans leur travail, qui est apparu dans le sillage du phénomène "art brut". Il recouvre peu ou prou la collection "Neuve Invention" de la collection d'Art Brut de Lausanne, ou la collection permanente du Musée de la Création Franche à Bègles (aux limites peut-être plus incertaines). Il y a de tout là-dedans, mais il reste utile d'avoir un mot pour le désigner, histoire de le présenter au public. Alors "singulier" me va encore, tant qu'on ne trouve pas mieux. "Art partagé", ça ne veut rien dire (entre parenthèses, je m'amusais à parler de "communisme" dans ma note en lien avec cette notion de "partage", mais là aussi Faravel n' arien vu).
Je me désole simplement, pour finir, que l'on ne soit pas capable de trouver d'autres structures (la biennale de Faravel n'est pas, et de loin la pire de tout ce qui fait en matière de salons d'art singulier, car Faravel a un très bon oeil généralement) qui soient capables de monter une exposition emblématique des créateurs véritablement les plus singuliers du moment (j'ai établi une liste provisoire il y a déjà quelques temps, je la réactualise sans cesse, voir l'album "A l'écart, des Singuliers" que j'ai mis en colonne de droite, qui est encore en chantier). Quelqu'un va-t-il y penser résolument un jour? Je l'espère.
Écrit par : Le sciapode | mardi, 13 novembre 2012
Répondre à ce commentaireÉcrit par : gosti | mercredi, 14 novembre 2012
Répondre à ce commentaire“Avant de m’installer à Rives et lorsque j’étais encore en activité professionnelle, je n’avais que très peu de temps disponible et je dois avouer que je n'étais pas très sensible à l'art. Je ne prenais pas le temps de le regarder et par conséquent de l’apprécier. [...] Néanmoins, je voyais que tous ces artistes galéraient ! J'ai toujours pensé qu’un très bon créateur ne pouvait pas être un vendeur. Car lorsque l’on doit faire les deux il risque d’y avoir une influence qui agit sur la création spontanée d’une part et si l’on est performant dans un des deux domaines, il est extrêmement rare de l’être dans les deux.
Donc, je me suis dit que, le jour où j'aurais du temps, j'aiderais les artistes à montrer leur travail. Sans rien leur demander. Parce que je connais trop d’organisations d’expositions où les artistes sont invités, lorsqu’ils acceptent ils sont obligés de payer ici cent euros, là cent-cinquante… Ils sont trop souvent sollicités avec des contreparties financières démesurées en rapport à l’offre faite, ce sont eux qui financent l’exposition sans aucune garantie. Ils prennent les risques à la place de l’organisateur. Souvent ce sont des expositions qui n'en valent même pas la peine car aucune promotion sérieuse n’est réalisée. Et je ne parle pas des lieux qui sont à l'autre bout du pays, où l'on demande "de faire des petits prix" et où un pourcentage de 30% sur les ventes est retenu en supplément des frais de catalogue et d’inscription.
Je me suis dit qu'il n'était pas question de fonctionner de cette façon. Et j'ai créé un évènement. J'ai organisé la première Biennale avec mes deniers personnels avec une aide de la ville de Rives...” En intégralité ici : http://www.rivaisjeanine.com/festivals/rives-biennale-de-l-art-partage/entretien-avec-jean-louis-faravel/
Entre les idéaux affichés et la réalité, un grand vide...
Écrit par : Guetteurd'art | vendredi, 25 janvier 2013
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