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28/08/2017

La Vallée de Yelang en Chine Populaire, un château de rêve

Vallée Yelang-photo SHEN Jiaxin .jpg

La "Vallée du Yelang", un château de fantaisie pour concrétiser le mystère, par Song Peilun. photo Shen Jiaxin

 

Vidéo trouvable sur internet montrant le château de la vallée du Yelang (ouest de Shanghai) et faisant parler son auteur, Song Peilun.

 

       Grand renfort de trompettes dans le cadre de la Biennale Hors-les-Normes à Lyon (du 28 septembre au 8 octobre prochains), on y a décidé de monter une expo de photographies consacrées à un environnement chinois, un "château" de fantaisie, bâti par un certain Song Peilun, qui me fait personnellement beaucoup penser, comme ça, de loin, au parc de Chandigarh conçu par l'artiste autodidacte indien Nek Chand. Il y a en effet là une tentative de créer un ensemble architectural se référant à des traditions mythologiques dans un style quelque peu onirico-hallucinatoire, avec de nombreuses tours en forme de têtes, l'ensemble prenant à la longue l'aspect d'un parc de loisirs. Ce n'est apparemment pas le travail du seul Song Peilun. Sans qu'on nous explique, dans la vidéo ci-desssus, comment le maître d'œuvre s'y est pris pour diriger son petit monde, il est évident qu'il a réussi à enrôler dans sa construction les villageois de son patelin, situé à l'ouest de Shanghaï, et cerné depuis peu par une université dont l'architecture jure avec son château.Situation de la vallée de Yelang.JPG

       D'après ses confidences dans le même film, il semble que Song Peilun s'inspire de fêtes et de masques de la région d'où il est originaire, le Guizhou (région nettement plus à l'ouest, au centre de la Chine). Autre détail que l'on entend à un moment je crois, le créateur, qui marque par ailleurs son attachement aux équilibres naturels, confie avoir été fasciné par les châteaux de cette région dans son enfance... Ah bon ?, me suis-je dit, et à quoi donc devaient ressembler ces châteaux de Chine? Nul doute que quelque spécialiste de l'ancien Empire du Milieu rôdant dans les parages de ce blog ne va tarder à nous mettre au parfum... 

L'annonce de l'exposition dans le programme général de la 7e Biennale Hors-les-Normes de Lyon (29 septembre-8 octobre 2017, "et un peu avant, et un peu après"... Comme i' disent...) donnait au départ le Palais Idéal du Facteur Cheval comme lieu d'exposition. Mais un contretemps oblige les organisateurs à changer d'endroit pour montrer les photos du site : ce sera à l'Université catholique de Lyon, 10 place des Archives 69002 Lyon (vernissage le 4 octobre à 20h ; expo tous les jours de 9h30 à 17h30).

 

 

***

 

     Des commentateurs (voir ci-après) sont venus comme de juste nous apporter d'autres informations, notamment RR, sinophile averti apparemment, qui nous a donné un lien vers le site de Guizhou China International Travel Service qui présente différents types d'architectures traditionnelles, pas vraiment des "châteaux", ni des "forteresses", mais qui peuvent en effet être les types d'architectures que Song Peilun veut rappeler à ses concitoyens, et qui prouvent par ailleurs, qu'en Chine, il serait fort désolant que les autorités n'interviennent pas pour protéger ce genre de monuments. Exemple ci-dessous:

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Architectures traditionnelles du Guizhou, photo Guizhou CITS.

 

Commentaires

Je suis loin d'être un spécialiste, mais une recherche rapide sur les mots "Guizhou" et "castle" fait ressortir la forteresse de Hailongtun, effectivement en ruine et au sommet d'une montagne, telle que la décrit l'artiste :
http://www.chinascenic.com/magazine/hailongtun--the-demise-of-a-tusi-lord-333.html

Écrit par : Wood | 28/08/2017

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Mis à part cette forteresse, il n'y a pas d'autres châteaux dans cette province. Comme Song Peilun semble parler de plusieurs constructions, je penserais donc plutôt aux architectures traditionnelles impressionnantes des peuples Dong ou Miao très présents dans cette province:

http://guizhoucits.com/gallery/architecture/

A l'appui de mon hypothèse, je constate que dans son propos Song Peilun emploie le terme de "gong cheng bao", ici traduit par "castle". En général château se traduit par le mot "cheng bao" (tout court), l'expression qu'il emploie ("gong cheng" étant une construction) se traduirait ainsi plutôt par "construction traditionnelle".

Écrit par : RR | 29/08/2017

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Merci d'avoir intégré mon hypothèse à votre article, mais ce n'est qu'une hypothèse. En effet la présentation qu'en fait le site américain Spaces évoque "des peuples anciens" qui auraient vécu au Guizhou mais que Song Peilun n'identifie pas aux Miaos ou aux Dongs. Cette évocation historico-ethnographique est au demeurant assez confuse, je trouve: de quels peuples s'agit-il donc alors dont il dit qu'il ne reste pas de traces ? Il ne nous le précise pas. J'en conclus quand-même que mon hypothèse est discutable car si Song Peilun avait en tête les architectures Dong ou Miao il les aurait alors citées.

http://spacesarchives.org/explore/collection/environment/song-peilun/

Je ne suis donc pas un sinophile aussi averti que ce que vous prétendez.

Écrit par : RR | 29/08/2017

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Si l'on écoute attentivement la vidéo ci-dessus, on s'aperçoit que Song Peilun cite une culture précise tout de même, et que ses propos donc ne sont pas si confus. Evidemment, personnellement, je me base uniquement sur ses propos traduits en anglais dans les sous-titres...
Dans cette version anglaise, il parle surtout, après ses "châteaux" des montagnes du Guizhou qui le faisaient rêver quand il était enfant (c'est-à-dire, il y a 70 ans, soit vers 1947), de la culture "Nuo", dont personnellement je ne sais rien. Dans la vidéo, on le voit poser des masques au sol sous ses propres totems maçonnés, et on voit également un extrait d'un autre film tourné apparemment au milieu d'une fête traditionnelle relevant de cette culture "Nuo". Il semble que Song Peilun se soit inspiré directement de ces masques, agrandis aux dimensions de totems ou de tours, véritables totems-tours, qui scandent le panorama de son "château". Il a peut-être amalgamé le souvenir enfantin de ses "châteaux" et la connaissance de ces masques.

Écrit par : Le sciapode | 29/08/2017

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Il semble que le "Nuo" (que je ne connaissais pas), n'est pas un peuple (ou une culture d'un peuple particulier) mais un ensemble de rituels populaires d'exorcisme très anciens qui utilisaient apparemment des masques. Vous avez donc sans doute raison, il s'agit d'un amalgame: les masques et les "châteaux" semblent être pour Song Peilun deux éléments d'inspiration distincts. Pour en savoir plus sur le Nuo:

https://ateliers.revues.org/10243

Écrit par : RR | 29/08/2017

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