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04/01/2018

Laissez libre le graffitiste cinéphile de Douarnenez! Un "préjudice"? Où ça, un "préjudice"?

     Ouest-France a publié le 2 janvier une nouvelle qui m'a passablement consterné. On a interpellé – fut-ce à la suite d'une plainte de la municipalité? On n'ose l'imaginer – et apparemment, si l'on en croit un autre article publié dans le Télégramme de Brest, sur la foi du "descriptif donné par un témoin", un homme de 44 ans à Tréboul (ville jouxtant Douarnenez), convaincu d'être celui que j'avais surnommé dans mes notes du 8 août 2017 et du 21 août suivant  "le graffitiste cinéphile de Douarnenez". Et Régis Gayraud et moi-même sommes cités par le même Ouest-France comme ayant "cosigné" une note sur ce graffitiste insolite.

Capture article Ouest-France.JPG

Capture d'un extrait de l'article d'Ouest-France du 2 janvier 2018 tel qu'on peut le lire sur le Net.

Capture article Télégramme.JPG

Capture de l'article paru dans le Télégramme de Brest du 2 janvier 2018, tel qu'on peut le trouver sur le Net.

 

    Que penser d'une telle garde à vue pour ce qui apparaît (un préjudice? Vraiment?), comme beaucoup de bruit pour rien...? Certes, on nous dit que ce graffiteur faisait "beaucoup parler de lui dans la ville" pour les graffiti (et non pas des tags) qu'il apposait "depuis des années". Mais, cet homme, probablement un pauvre diable (notons les mots attribués par l'article d'Ouest-France aux gendarmes : "un tagueur [encore ce terme inadéquat] systématique, sans doute compulsif, mais sans intention de nuire"), gênait-il, causait-il un "si grand préjudice" – chiffré à la somme mirobolante de 85 000 € tout de même – depuis toutes ces années où l'on passait à Douarnenez à côté de ses inscriptions, sans les voir réellement (toutes des titres de films ou de séries télévisées) ? Dans ma première note du blog, j'avais indiqué du reste que je ne les aurais pas vus tout de suite ces graffitis, si mon camarade Régis n'avait pas insisté (il s'intéresse de fort près aux inscriptions dans les villes, faut dire). Je suis bien sûr que plein de passants n'y accordaient aucune importance, exactement comme moi au début. Apposées sur du mobilier urbain qu'on ne voit littéralement pas tant il est banal, ces inscriptions en outre n'empiétaient jamais sur les textes officiels, les mots de la signalétique, ne les occultant pas, ne causant donc aucune nuisance. Le mobilier urbain en question, comme la bouche d'incendie que je reproduis ci-contre (photo Bruno Montpied, 2016)Le légionnaire, les associés (2).jpg, n'était pas plus dégradée par ces graffitis que par la crasse ou les taches d'usure qui le recouvrent sempiternellement. De plus, comme me l'a fait remarquer mon ami Régis, beaucoup de ces graffitis étaient en voie d'effacement par usure... Dès lors, que la municipalité puisse voir un préjudice dans ces graffitis est une pure plaisanterie... Autant demander au climat de rembourser les 85 000 €...

      A moins qu'un vilain calcul ne se soit glissé derrière la tête d'un élu, calcul qui consisterait à se faire de l'argent sur le dos d'un – j'y insiste – pauvre bougre, de l'aveu de la gendarmerie "compulsif, et sans intention de nuire"... Ce serait véritablement odieux, s'il en était ainsi. Et qu'on ne vienne pas dire non plus que ce monsieur aurait besoin peut-être d'être soigné, qu'un petit séjour chez les psychiatres pourrait s'imposer. Car son entreprise systématique, comme Régis, moi et plusieurs commentatrices et commentateurs, l'avons considéré, certes sous un angle hypothétique (quoique étayé d'analyses), relève à mes yeux de la poésie urbaine (voire de l'art brut de l'inscription), surtout s'il s'avère que les titres de films apposés en maints endroits de la ville, avec des numéros et des flèches, pourraient avoir un rapport avec l'histoire de ces lieux. Comme si notre graffitiste cinéphile avait voulu dresser un portrait pluriel des habitants de Douarnenez. Cela serait proprement génial, comme nous l'avons dit. Et mériterait d'être protégé dès lors, comme un patrimoine quasi immatériel qui ferait à terme la gloire de Douarnenez (et non pas une tache sur la réputation de la ville).

     Non, décidément, plus j'y pense, plus je me dis qu'il faut flanquer la paix à notre "compulsif", abandonner les poursuites et surtout les amendes (quelle bonne action ce serait, messieurs les édiles) , et revenir à l'élucidation du mystère de cette "geste", mystère qui, n'en déplaise aux journalistes, n'est pas "tombé" au moment où les gendarmes ont interpellé notre graffitiste cinéphile... A Rouen, où les Rouennais possèdent eux aussi un graffitiste compulsif de même acabit, ils ont su laisser "pisser le mérinos", comme dit la sagesse populaire. Ne me dites pas que les Douarnenistes ne peuvent en faire autant...

Alain-R-arm-élec.jpg

Graffitis sur une armoire électrique près de la grande Poste de Rouen, tracés par Alain R., ph. Bruno Montpied, 2010.

*

Information subséquente (1) du 4 janvier

Il semblerait, si l'on doit suivre l'information transmise sur Ouest-France Facebook il y a environ huit heures, que la mairie de Douarnenez renoncerait à poursuivre le graffitiste cinéphile, ce qui est tout à son honneur. Depuis quelques jours les témoignages affluaient sur les réseaux sociaux pour manifester de la colère devant l'interpellation du graffitiste, et de la honte  qu'on puisse envisager de lui demander raison d'un préjudice financier concernant l'imaginaire dégradation d'un mobilier urbain jugé par certains laid et anti-poétique. L'individu qui a dénoncé le graffitiste à la gendarmerie était particulièrement vilipendé pour sa délation rappelant de mauvais souvenirs d'un autre temps.

Information subséquente (2) du 9 janvier

Comme signalée ci-dessous en commentaire (par "Gueveur"), une autre plainte aurait été déposée, cette fois par Douarnenez communauté... Le même chiffre du "préjudice" revient sur la table, 85 000€, toujours aussi aberrant, étant donné l'imaginaire atteinte aux biens publics (des poubelles, des panneaux de signalisation,  des rambardes, des piquets, des armoires électriques dont tout le monde se contrefiche). 

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relevé sur Facebook d'Ouest-France ; merci du signalement à Régis Gayraud.

Commentaires

Tout à fait d'accord avec ce que vous écrivez. Au cas où une pétition serait nécessaire pour empêcher que cet homme ait des ennuis, je la signerai.

Écrit par : Claire | 04/01/2018

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les mystères de l'ouest
la zizanie
le gendarme et les extra terrestres

Écrit par : zorro | 05/01/2018

Je ne suis pas sûr que qualifier de "pauvre bougre" ce graphomane compulsif (qui ne fait effectivement de mal à personne) soit la meilleure façon de lui rendre justice.

Écrit par : Jean | 04/01/2018

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Ce n'est peut-être pas lui rendre justice, mais c'est une manière de le défendre, quoi que vous en pensiez.

Écrit par : Le sciapode | 04/01/2018

Reste cette question : quel était le but de sa démarche ?
Je ne crois pas m'être beaucoup trompée dans mon analyse de cette personne telle que je l'avais imaginée dans un précédent commentaire, et je reste frustrée de ne pas savoir si c'était vraiment lui et pourquoi il a fait tout cela, j'espère que nous aurons bientôt la réponse ! Quant à une pétition, la notion d'art reste totalement subjective, est-ce vraiment de l'art, du street-art, comme j'ai pu le lire un peu trop souvent dans certains commentaires ? Le street art trouve sa forme dans une sorte de revendication, en est-ce vraiment ou ne s'agit-il que d'inscriptions compulsives sans aucune signification pour son auteur ? Dans ce cas on ne pourra pas parler d'art, même si beaucoup voient de l'art un peu partout de nos jours... Mais le profil psychologique de l'auteur continue à m'intriguer en revanche, sans aller jusqu'à dire qu'il aurait besoin d'une prise en charge psychologique, si c'est sa façon à lui de s'exprimer, personnellement ça ne me dérange pas.

Écrit par : Alua | 04/01/2018

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En ce qui me concerne, je n'assimile pas ces inscriptions à du street-art, à moins qu'on n'étende cette notion à un street-art sauvage. Le street-art correspond à une démarche artistique qui prend la ville pour support de ses œuvres, comme le land art prend la nature elle-même comme support et comme outil. Là, on n'a pas affaire très visiblement à une démarche artistique au sens classique du terme. Ce ne sont pas des tags non plus, ces calligraphies très codifiées émanant de groupes marquant leurs territoires. C'est une démarche qui n'a peut-être aucun sens, quoique? Ces chiffres et ces flèches, que certains des commentateurs sur ce blog ont indiqué comme renvoyant à des numéros de rue et à ce qui s'y passe ou s'y est passé, associés à ces titres de films, téléfilms ou séries ne peuvent ne rien vouloir dire à mon avis. Sans aller jusqu'à imaginer un cryptage généralisé de la ville et de ses habitants dépeints par des titres cinématographiques (quelle jolie interprétation de la notion de société du spectacle situationniste cela serait...), on peut au minimum envisager chez notre graffitiste mystérieux un désir d'inscrire des titres d'œuvres partout afin d'opérer une projection (c'est le cas de le dire) du cinéma sur la ville, sans plus. Que cela soit plus élaboré, je crains que ce ne soit de notre part qu'une extrapolation intellectuelle, fort stimulante pour l'imagination, mais une extrapolation tout de même.
Les gendarmes ne nous diront bien sûr pas ce que leur aura répondu le graffitiste cinéphile, est-ce bien dommage? Peut-être que c'est mieux ainsi, car on continuera de supputer, ce qui est un des bénéfices de cet immense et énigmatique tatouage cinématographique urbain.

Écrit par : Le sciapode | 04/01/2018

En ce qui me concerne, cela ne m’embête absolument pas de ne pas connaître son nom; au contraire, si l’anonymat lui convient, qu’il reste anonyme. Ce qui m’ennuie, en revanche, c’est de savoir que cet homme est désormais sous la menace de poursuites, sinon de la ville - puisqu’il parait maintenant qu’elle ne porterait pas plainte - mais du ministère public, qui pourrait se saisir de l’affaire. J’espère que le parquet aura la sagesse de n’en rien faire. Et ce qui me tracasse, c’est de penser qu’il n’osera peut-être plus s’exprimer comme il en avait pris l'habitude. On peut imaginer que c’était là sa bouffée d’oxygène, son air pur. Trouvera-t-il un nouveau mode d’expression? Serait-il possible que la municipalité de Douarnenez s’honorât en lui faisant discrètement savoir qu’il peut continuer désormais d’inscrire ses titres de films comme bon lui semble, un peu comme Rouen ferme les yeux sur les inscriptions d’Alain R. ?

Écrit par : Régis Gayraud | 05/01/2018

Bien sûr, le Sciapode a raison, il ne s’agit pas de street-art, mais on aimerait bien avoir le point de vue des graffeurs patentés dûment enregistrés comme artistes et dont la ville (cf. le journal municipal “DzMag" de janvier 2018 : http://www.mairie-douarnenez.fr/images/mairie/publications_et_presse/DZ-Janvier-2018.pdf) fait grand cas, appelant à développer le muralisme pour égayer la ville... Nous sommes ici devant un quasi cas d’école : d’un côté des artistes subventionnés représentant cette sorte de néo-académisme qu’est le street art municipal enrégimenté, et de l'autre un isolé, une âme de poète peut-être maudit, en tout cas très original. Alors, messieurs les artistes, mouillerez-vous la chemise pour ce “gribouilleur”? De même aimerions-nous avoir l’avis des animateurs du festival de cinéma de Douarnenez : se soucieront-ils du sort du cinéphile inconnu?

Écrit par : Régis Gayraud | 05/01/2018

Je ne veux pas faire de mauvais esprit, Régis, mais pour ce qui est du Festival du Cinéma, j'ai à plusieurs reprises pu avoir des échos de leur "élitisme" et de leur condescendance vis-à-vis de tout ce qui ne rentre pas dans leur champ d'action, je doute donc fort que ce graffitiste de nanars et de séries télé les intéresse un tant soit peu....

Écrit par : Alua | 05/01/2018

Si par malheur le parquet se saisissait de l'affaire, il ne resterait plus à ce graffiteur anonyme qu'à commencer à le sculpter pour y graver ses inscriptions cinéphliques. On pourrait ensuite prélever le dit parquet et l'exposer sous verre sur la place de la mairie de Douarnenez comme il a été fait avec le plancher de Jeannot devant l'hôpital St Anne à Paris. Il contribuerait ainsi à l'attractivité culturelle de la ville.

Écrit par : Zébulon | 05/01/2018

Mon interrogation n'était que de pure rhétorique, Alua (cela dit, il n’y a pas que des nanars dans les titres que le graffitiste inscri(vai?)t sur les mobiliers urbains douarnenistes).

Écrit par : Régis Gayraud | 05/01/2018

Je pense un peu comme vous, Alua, à propos de ce festival de cinéma. Mais n'oubliez pas que ce que nous écrivons ici doit servir avant tout à DEFENDRE notre héros graffitiste. J'approuve donc Régis d'interpeller artistes de street-art douarnenistes (ou d'ailleurs) et staff directorial, ou animateurs lambda du festival de cinéma. Il faut chercher en effet le plus vaste éventail de soutiens pour cette cause.
Et éviter si possible la raillerie grinçante à la Zébulon qui tombe manifestement à plat.

Écrit par : Le sciapode | 05/01/2018

Désolée mes mots ont dépassé ma pensée ! Aux dernières nouvelles il semblerait que la Mairie ait abandonné les poursuites, (vu sur la page Facebook de Ouest France), ce qui serait une bonne nouvelle ! A confirmer !

Écrit par : alua | 05/01/2018

Vous n'avez visiblement pas vu, Alua, que j'ai déjà indiqué cette nouvelle de l'abandon de la plainte telle qu'elle est communiquée sur le Facebook d'Ouest-France (remontez plus haut à la fin de ma note...)?
Reste à savoir si toute plainte a été abandonnée, puisqu'il y a risque de poursuite par les juges du ministère public, comme nous l'a signalé Régis dans son commentaire ci-avant...
On espère bien que l'on va s'en tenir à la (sage, et prudente) décision de la mairie.

Écrit par : Le sciapode | 05/01/2018

Oui je viens de voir ! ;) Effectivement lorsqu'une plainte a été déposée et que le Ministère public en est avisé, il me semblait qu'il était libre de poursuivre si bon lui semblait, même si la plainte était retirée, à suivre !

Écrit par : alua | 06/01/2018

La résistance commence à s’organiser sur Facebook et autres réseaux sociaux. Ouest-France s’en fait l’écho : https://www.ouest-france.fr/bretagne/douarnenez-29100/douarnenez-emoi-et-colere-apres-l-interpellation-du-graffeur-5483071
Pour ma part, je vous propose d’envoyer vos messages de soutien au graffitiste cinéphile en exigeant l’abandon immédiat des poursuites contre ce poète urbain de Douarnenez directement sur le site de la mairie de la ville au :
http://www.mairie-douarnenez.fr/contacts.html

Écrit par : Isabelle Molitor | 04/01/2018

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"les mystères de l'ouest"
"la zizanie "
le gendarme et les extra-terrestres

Écrit par : le corbeau | 05/01/2018

https://screenshots.firefox.com/eMj1IopP8RUWgvGU/www.letelegramme.fr douarnenez communauté à déposé une plainte ce jour

Écrit par : gueveur | 09/01/2018

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Merci, Gueveur, de votre info. Cela continue donc, maintenant c'est Douarnenez communauté qui porte plainte, au nom d'une imaginaire dégradation de mobilier urbain... L'info du "Télégramme" à sa rubrique Douarnenez a été précédée, je vois, par une autre : http://www.letelegramme.fr/finistere/douarnenez/debat-art-urbain-ou-degradations-09-01-2018-11806398.php.
Le débat fait rage autour de ce graffitiste à ce que l'on voit. Il était important de le mettre en place publique au nom de la liberté d'expression dans l'espace urbain. Son expression en l'occurrence n'abîme rien, car elle est biodégradable à la longue, et souvent imperceptible. Le Posca (plutôt que du Tippex) s'effritant dans le temps. S'il n'y avait pas eu cette mise en lumière, ces réactions sur les réseaux sociaux et dans la presse régionale, ce Trébouliste se serait retrouvé bien seul face à Douarnenez communauté. On apprend en effet que son interpellation résulte d'une longue "investigation" de la gendarmerie (voir le témoignage dans le "Télégramme" du capitaine de gendarmerie Lachivert : http://www.letelegramme.fr/finistere/douarnenez/douarnenez-communaute-a-depose-plainte-09-01-2018-11805987.php)
Un débat s'ouvre entre "street art" tel que le voit le président de Douarnenez communauté, autorisé, balisé, aux espaces prescrits par la Communauté, dévitalisé le plus souvent, ne surprenant que très rarement... et inscription sauvage, sorte d'art brut du graffito apposé en marge de l'espace public, n'abîmant rien, je le répète, et proposant une énigme ludique (en cela réside sa poésie) volontairement ou involontairement, on ne sait pas pour le moment. Discret, bien davantage que les tags, qui eux sont voyants et n'apportent à mon avis aucune poésie dans l'espace urbain.
Il est remarquable, ce débat. En portant la question de l'intervention graphique et poétique d'un anonyme au cœur même de l'espace public, il porte la question de la poésie de l'immédiat au cœur du public lui-même. Tout en remettant en question la notion d'art, et le droit de s'exprimer pour tous, en dehors des artistes patentés.

Écrit par : Le sciapode | 09/01/2018

Bonsoir,
J'ai passé 3 jours à Douarnenez, il y a une semaine, en touriste émerveillé. Et heureux. 3 jours à marcher sur les sentiers du littoral (sous la pluie !), à visiter le Port-Musée, à manger dans les restaurants de la ville et à acheter des boites de sardines délicieuses. J'ai vraiment aimé mon séjour. Je connaissais un peu Douarnenez d'un court séjour antérieur, et j'ai eu raison de vouloir y revenir : j'y aime les gens, j'y aime la proximité d'avec la mer et j'ai trouvé qu'il y avait beaucoup de galerie d'artistes pour une si petite ville. Bref, amateur d'art, je ne pouvais rêver mieux !
Lors de ma randonnée littorale à travers Tréboul, j'ai été, littéralement subjugué par les graffitis cinéphiles. Je les ai -presque- tous lus ! En me demandant ce que signifiaient les chiffres apposés aux noms de films. Je me suis senti mieux guidé que par un vulgaire sentier d'interprétation ! Et si ce mystérieux cinéphile voulait nous donner des clefs sur les lieux visités ? Des notes sur les films mentionnés ? Bref, j'ai vécu ma promenade comme un vrai parcours. Enrichissant. Et les flèches qui accompagnent ces cartouches ? Des fois vers la droite, la gauche ou le haut : selon quelle logique ?
C'est en rentrant à l'hôtel, que j'ai cherché des informations sur internet à propos de cet étrange phénomène. Et j'ai été chagriné d'apprendre que l'auteur des ces messages avait été arrêté quelques jours avant...
J'ai été pris d'une vraie sympathie pour cet anonyme écrivain. J'ai été persuadé d'être en présence d'une véritable oeuvre d'art. D'art brut. Et, j'aimerais bien que cet artiste potentiel soit épargné des foudres de la justice et -au contraire- associé à une action culturelle de la ville. Ne pourrait-on pas imaginer, en contrepartie des "dégradations" faites au mobilier public, qu'il soit convié (obligé ?) à mener des visites-conférences de ses "oeuvres" ? Une forme de Travail d'Utilité Collective ? Je suis sûr qu'un travail dans ce sens recueillerait beaucoup de curiosité et d'adhésion de la part du public. A condition de bien l'expliquer.
Il mes semble qu'il serait tout à l'honneur de la ville de valoriser ce qui, pour certains, a été ressenti comme une dégradation, et qui, au final, peut devenir une forme de patrimoine vivant (et éphémère !).
Zug

Écrit par : Zug | 10/01/2018

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Vu le portrait de ce gars, timide et discret, j'imagine que ce serait une torture pour lui de devoir faire des visites guidées de ses inscriptions...Le charme de ses interventions vient du fait de leur mystère, de leur coté sauvage. D'en faire des visites guidées serait absurde, non? Décidément, ce gars est un peu dans la mouise, espérons que les divers soutiens qui se manifestent lui épargnent le pire. Mais c'est triste parce que, même si on le laisse tranquille et que les plaintes soient retirées, il ne pourra sans doute plus poursuivre son vaste ouvrage.

Écrit par : Darnish | 13/01/2018

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Absolument d'accord avec vous, Darnish. Cela tombe sous le sens.
Peut-être pas une torture, mais plutôt une incompréhension totale de ce qu'on lui demanderait.
Zug a vu le zig comme un artiste conventionnel une fois de plus. C'est sa seule erreur d'appréciation au sein de son commentaire pour le reste parfaitement sympathique, et répétant des impressions dont plusieurs autres commentateurs nous avaient déjà fait part.
Il faut le répéter inlassablement, primo on ne sait rien des intentions du graffiteur, et secundo, il paraît à peu près sûr que ce monsieur discret n'a pas une démarche consciemment artistique. Comme dans le cas de l'art brut, l'art serait plutôt dans le regard de ceux qui s'interrogent sur ces graffiti énigmatiques. Et d'ailleurs, je dois souligner que c'est à partir du moment où l'on a commencé à en parler (ce blog fut-il le premier?) que cet ensemble de graffiti étranges a commencé d'apparaître. Même si cela faisait une dizaine d'années, m'a-t-on dit, que divers habitants de Douarnenez les remarquaient, et que, semble-t-il, les gendarmes enquêtaient... C'est leur inscription dans la médiatisation qui leur a donné un nouveau statut. S'il n'y avait pas eu cette mise en lumière, et qu'il avait été tout de même arrêté, il aurait été encore plus démuni face à ses juges, encore plus seul.
Comment pouvait-on imaginer que ces inscriptions, certes nombreuses, mais s'effaçant à la longue sans dégât, tracées dans les marges d'un mobilier urbain lui-même marginal (et largement invisible), pourraient déclencher l'ire d'une communauté urbaine (qui s'est révélée bien chatouilleuse)?
Il existe en effet de nombreux autres cas, en France, mais aussi en Italie, de personnes hors-les-normes qui passent une partie de leur temps à tracer des inscriptions plus ou moins lisibles sur les murs des villes (Alain R. à Rouen, reconnu par les artistes là-bas, et objet d'aucune plainte ; Mélina Riccio en Italie, voir le catalogue de l'expo "Banditi delle'arte" de la Halle St-Pierre), sans qu'on ait jamais songé à les poursuivre.

Écrit par : Le sciapode | 13/01/2018

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