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08/08/2017

Le mystère du graffitiste cinéphile de Douarnenez

    Il y a plusieurs manières de visiter une ville. A la touriste appliqué, comme nous un matin (Régis Gayraud et moi) à Locronan, ce village breton aux vieilles maisons, défiguré et exagéré par le commerce exploitant éhontément son ancienneté "typique". Ou, comme nous encore, de manière "dérivante", à la fin de la même journée, arpentant le pavé de Douarnenez (qui n'aime pas beaucoup les touristes, tant mieux).

 

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Le graffitiste cinéphile de Douarnenez, inscriptions sur des poubelles : Les bœufs carottes, Le dernier diamants (sic), L627, les Daltons, L'empire des loups, etc., photo Bruno Montpied, 2017.

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Witness, La louve... Ph.B.M., 2017.

 

    J'étais alors fatigué et j'écoutais distraitement mon camarade qui me paraissait pérorer à propos d'inscriptions à la peinture blanche qu'il avait déjà aperçues la veille sur le pont de Tréboul (du nom du petit port qui jouxte Douarnenez de l'autre côté d'une ria). Cette fois, il s'en laissait voir toute une flopée sur les parois de containers à verre dans la cour d'une cité que l'on traversait en lisière de Tréboul. Ce n'était que titres de films, de téléfilms ou de séries TV. Les caractères étaient tracés de façon distincte, toujours en capitales, aisément lisibles donc. Parfois, les titres étaient précédés de numéros et de flèches orientées dans tous les sens. Les films cités étaient pour la plupart récents, mais on en rencontrait quelques-uns d'un peu plus ancien. Sous le soleil, Zodiaque, Le fruit défendu, L'affaire Rachel Singer, Ma sorcière bien-aimée, Promotion canapé, Le Poulpe, Un amour de sorcière, Dolmen, Le pigeon (titre de film plus ancien), La vague, OSS 117 Rio ne répond plus, Fast and furious, The magdalene sisters, 5e élément, etc...  Sur le moment, je rétorquai à Régis, qui me paraissait s'exciter pour pas grand-chose, que tous ces titres provenaient probablement de films visionnés en cassettes vidéo, ou dvd, ou vod, et que cela pouvait émaner d'adolescents se livrant à des jeux de comparaison, des listes établies dans la perspective d'un quelconque quizz qui leur était propre...

graffiti,graffitiste cinéphile de douarnenez,tréboul,titres de films,cinéma    Mais, en continuant notre marche et en revenant en particulier sur Douarnenez, je commençai de me rendre à l'évidence. Ces inscriptions étaient véritablement bizarres. La ville paraissait en être couverte, et à chaque fois dans des espaces marginaux, de ces portions de l'espace urbain sur lesquelles l'œil glisse : petites armoires électriques, poteaux, marges des panneaux de signalisation, distributeurs de poches plastiques pour crottes de chiens, poubelles, containers, bornes d'incendie, tuyaux de gouttière où le graffitiste traçait ses titres à la verticale. Je me persuadais petit à petit qu'il s'agissait d'un seul individu, hypothèse qui était partagée par Régis ; tous deux pensâmes en même temps à Alain Rault, ce SDF qui graffite des noms d'hommes célèbres sur les murs de Rouen.  Il y avait là, à n'en pas douter, vu l'étendue des zones d'inscriptions, une manifestation d'acharnement des plus singulières qui ne relevait pas d'un simple goût du jeu maniaque. On établissait sur les murs de la ville une liste de titres d'œuvres cinématographiques qu'il fallait, semble-t-il, ne pas oublier, comme les pense-bêtes que les lycéens se tatouent dans le creux de leurs paumes.

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Hubert et le chien (graffito adapté à son support, une boîte d'étuis plastifiés pour ramasser des crottes de chien), Reckless, Léon, La vengeance aux 2 visages, etc., ph.B.M., 2017.

 

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Microbe et gas-oil, En immersion, Le sourire des femmes... Ph.B.M., 2017.

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Miss Marple, Le sexe faible... Ph. B.M., 2017.

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Le légionnaire, Les associés... Ph.B.M., 2017.

 

     Etait-ce un homme atteint de troubles mentaux, d'une perte de mémoire progressant vers la dissolution, à travers la perte des connaissances, de la personnalité, comme ce qui arrive, dit-on aux schizophrènes ? Dans l'art brut, certains de ceux-ci sont connus pour leurs tentatives de dressage de listes à coloration encyclopédique : Gregory Blackstock et ses planches thématiques où il aligne en rangs d'oignons une série d'objets ou d'êtres, Arthur Bispo de Rosario et ses entassements d'objets, ses capes couvertes d'inscription, ses objets emmaillotés, Alain Rault lui-même réinscrivant sur les murs de Rouen la panoplie interminable des noms qui le fuyaient peut-être par ailleurs, tentative pathétique de raccrochage des épaves qui se détachaient sans cesse davantage de lui...

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Essaye-moi (inscrit deux fois, en rouge et en blanc en dessous ; à noter qu'on rencontre souvent du tricolore dans les peintures employées)... Ph.B.M., 2017.

 

     Par moments, certains titres faisaient signe, me disais-je. Essaye-moi, inscrit de façon insistante, ou cet autre titre à l'accent de manifeste : L'extraordinaire vie de Monsieur Tout le monde (voir ci-dessus la deuxième photo à partir du début de la note), tracé par les doigts d'un autre monsieur "Tout-le-monde" qui rêvait peut-être d'une vie justement moins ordinaire.

     Sur un panneau à l'écart, un titre retenait également l'œil, d'abord parce qu'il était seul inscrit, et aussi en raison de sa catégorique déclaration aux allures de terrible conclusion : RIEN NE VA PLUS...

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Ph.B.M., Douarnenez, 2017.

 

Commentaires

Bonjour,
Il n'est peut-être pas inutile de rappeler que la ville de Douarnenez est connue pour son festival annuel de cinéma. Cette année sera le 40e anniversaire...
http://www.festival-douarnenez.com/fr/
La propagation virale de ces graffitis est intéressante, mais il y manque la dimension contextuelle. L'objet et le mobilier urbain comme seul support, c'est un peu mince.
Mais il faudrait que son auteur puisse en parler lui-même, sachant que je vois dans l'anonymat de sa pratique une valise un peu trop... diplomatique ?
Cordialement.

Écrit par : Lost Visage | 12/08/2017

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Vous êtes relation publique du Festival de Cinéma de DZ, Lost Visage? Incroyable votre commentaire! mieux vaut se taire... Cet article est très bon, et met en relief la dimension artistique du taggeur, pas si évidente justement... Propagation virale, un manque de dimension contextuelle, et la suite... Votre jugement artisque et intellectuel est conventionnel et rance.

Écrit par : merwin | 12/08/2017

Je suis un peu comme Merwin, le ton de votre commentaire, Lost Visage, me paraît un poil prétentieux et comme qui dirait... Condescendant.
Et puis parler de "propagation virale" en faisant référence ainsi aux messages des réseaux sociaux tombe à côté de la plaque. Il s'agit de graffiti, pour ce que j'en sais. D'un auteur inconnu de moi et du camarade qui les a remarqués en premier. A priori, plutôt un individu solitaire, pas forcément cultureux, même si je l'ai qualifié dans ma note - par plaisanterie en fait - de "cinéphile". Moi aussi, j'aimerais qu'il se dévoile un peu plus, en venant par exemple sur ce blog donner son commentaire, qui sait?, il utilise peut-être des ordinateurs... (C'est fou, Lost Visage, vous savez qu'il reste encore des gens qui ne touchent jamais aux appareils électroniques..?).
Vous semblez le croire en référence au festival de cinéma de Douarnenez. Il n'est pas impossible qu'il y ait un rapport avec ce dernier (et merci de ce rappel, seul intérêt de votre commentaire à mes yeux). Mais, étant donné le type de films dont il tatoue les titres sur les marges de l'espace urbain douarneniste - plutôt des films que l'on voit à la télévision, plutôt grand public, voire comme on dit, du cinéma "populaire" - il n'est pas impossible non plus que ces citations ne puissent s'interpréter comme un contrepoint au dit festival... (Dont je ne critique nullement la programmation, comprenez-moi bien, elle m'a l'air très sérieusement faite, avec recherche et désir politique). Dès lors, dans cette optique, vous comprendriez peut-être mieux pourquoi notre graffiteur n'intervient "que" sur "l'objet et le mobilier urbain"... Parce qu'il n'a pas d'autre support à sa disposition, tout simplement.

Écrit par : Le sciapode | 13/08/2017

Ce qui « manque », selon vous, Lost Visage, détruirait tout l’intérêt de la chose. Ce ne serait qu’une énième intervention de street-art publicitaire à la gomme, comme on en voit partout. C’est fou ce que le goût peut être corrompu chez certains.

Écrit par : Atarte | 13/08/2017

Ce texte est beau, cette enquête doit se poursuivre, on en redemande !

Écrit par : Francesca | 13/08/2017

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Pour revenir sur ces graffitis, et comme j’en suis le (co)-découvreur, je voudrais insister sur quelques points, afin d’esquisser une typologie :
1) Cette vague de graffitis semble avoir débuté il y a déjà un bon moment et se poursuivre encore. Ceux que nous avons vus vers la ria et dans les cités de Tréboul construites de l’autre côté de la passerelle paraissent plus fraîches que celles du centre-ville.
2) Dans certains cas (mais rares, c’est peut-être un hasard), il y a une résonance entre le support et les titres des films inscrits dessus. Cela a été remarqué pour ce qui est du titre « Hubert et le chien » mais c’est aussi le cas de « l’Auberge rouge » sur la borne d’incendie, notamment.
3) Les graffitis sont limités, comme il a été écrit, aux panneaux (et plus précisément aux piquets qui les tiennent surtout), aux descentes de gouttières, aux tableaux électriques, aux poubelles, etc. Bref, ils n’apparaissent jamais sur le domaine particulier, privé, jamais sur une porte d’immeuble, sur un volet, sur un mur, sur une boutique... En revanche, dans les zones touchées, il n’y a presque aucun de ces montants de panneaux, descentes de gouttières, etc. qui en soit exempt.
4) Les flèches et les chiffres qui accompagnent certains titres, qui ne sont pas toujours présentes, mais sont toujours présents dans les inscriptions qui paraissent les plus récentes (sur les bacs à verre proches de la passerelle de Tréboul et dans la cité HLM voisine). Je formule deux hypothèses : a) il s’agit d’un classement qui appartient à l’auteur. Mais lequel? Aurait-il ainsi un carnet où il note ses inscriptions? Une bibliothèque de DVD aux titres dûment indexés? C’est énigmatique; b) les flèches et les chiffres, y compris avec des décimales, sont une réminiscence de ces indications de distances qu’on trouve sur les panneaux routiers. En ce cas, il y aurait ici l’exemple, pour ainsi dire, d'une spatialisation mentale des films. Pour l’auteur des graffitis, il y aurait comme une sorte de cartographie mentale, cinématographique, de la ville. A titre personnel, plus qu’à une classification des films (dans une bibliothèque de DVD, par exemple), c’est plutôt cette hypothèse-là qui me semble la plus plausible. Et la plus poétique (et aussi assez ésotérique).
5) Sans doute, me semble-t-il, nous n’avons pas ici affaire à un artiste. Ces graffitis dénotent une véritable passion, longue, acharnée, et qui en même temps s’expose tout en restant discrète. Un artiste contemporain n’écrirait pas en lettres d’un centimètre de haut sur des supports qui sont comme des écarts dans la ville. La solitude et la non-reconnaissance l’auraient vite lassé. Et pour tout dire, je ne serais pas étonné si l’auteur de ces inscriptions n’avait jamais mis les pieds au festival de Douarnenez. Désolé de faire remarquer notamment que plus d’une centaine de villes en France possèdent des festivals de cinéma et que je ne crois pas que tel déferlement de graffitis soient visibles dans aucune autre de ces villes. Je le vois plutôt comme un solitaire regardant des DVD empruntés en bibliothèque ou téléchargeant des films sur un ordinateur.

Écrit par : Régis Gayraud | 13/08/2017

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Si vous observez bien, les flèches et les numéros correspondent à des habitations, des étages, des logements, et désignent des habitants auxquels sont associés les titres de film, ce qui rend le truc un peu flippant... Digne parfois d'un corbeau... Tant ça donne l'impression que l'auteur connaît les gens... J'ai moi même été associé au titre "3 amis" un été où j'étais hébergé avec une autre personne chez une amie justement...

Écrit par : tomacor | 15/08/2017

L'homme au cercle bleu... Et sa variante.

Écrit par : Ugo Stiglitz | 13/08/2017

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Vous pourriez être légèrement plus clair, mister Stiglitz, avec votre "cercle bleu"?

Écrit par : Le sciapode | 14/08/2017

« L’Homme aux cercles bleus » est un roman de Fred Vargas dont Wikipédia nous dresse le résumé ainsi : "Depuis plusieurs mois, les journaux relatent un événement qui intrigue les Parisiens. Pendant la nuit, les trottoirs sont décorés de grands cercles dessinés à la craie autour d'objets aussi anodins que variés, et agrémentés d'une phrase énigmatique, écrite dans une belle écriture soignée : « Victor, mauvais sort, que fais-tu dehors ? » Beaucoup s'amusent de cette excentricité, certains s'en irritent. Adamsberg, le commissaire du secteur, s'inquiète. Ces gestes anodins lui semblent les prémices d'une catastrophe. Il ne retient de ces cercles que leur futile cruauté qu'il semble le seul à percevoir. Une fois de plus, son instinct lui donne raison. Bientôt, le corps d'une femme égorgée est retrouvé au centre de l'un de ces cercles. Puis deux autres personnes, un homme et une femme, sont égorgées de la même manière. Avec l'aide de deux nouvelles connaissances, un bel aveugle cynique et une scientifique curieuse, Adamsberg entend résoudre cette mystérieuse affaire ».
Hugo - et non Ugo - Stiglitz est un acteur et réalisateur mexicain de films d’horreur.

Écrit par : Doux harnais nez | 16/08/2017

Les numéros présents sur les tags sont les numéros des portes qui accompagne la direction de la flêche!

Écrit par : steavymax | 14/08/2017

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En êtes-vous bien certain, Steavymax? Dans ce cas 1) à quoi correspondent les décimales? 2) il y a des numéros avec les inscriptions portées sur les containers, mais aucun immeuble aux alentours. Donc?
Il faudrait aller sur place et faire le point très rigoureusement.

Écrit par : Régis Gayraud | 14/08/2017

C'est tout de même Régis, une hypothèse à prendre en considération, même si elle est proposée de façon trop catégorique. Il se peut qu'elle soit vérifiée dans certains cas. Une journaliste récemment contactée m'a révélé par exemple que certains titres étaient en relation directe avec une personne située à proximité de l'emplacement du titre, la flèche indiquant la direction du logis de la personne en question. Cela arrive de temps à autre ce genre de relation. Alors, pourquoi cela n'arriverait-il pas avec des flèches indiquant certains numéros de rues?
Il est à noter qu'il existe des numéros pairs et impairs dans les mêmes orientations fléchées. Ce qui est sans doute contradictoire, à moins que les numéros de rue pairs et impairs soient inscrits à Douarnenez sur un même côté de la rue?
Enfin, en ce qui concerne les containers de la cité (Kermabon est le nom de cette cité ; merci à la journaliste du "Télégramme" qui m'a contacté), où l'on trouve beaucoup d'inscriptions, je dois vous détromper, il y avait des immeubles situés à proximité, tel que je m'en souviens (car il n'est pas inutile de signaler que je ne suis pas résident de Douarnenez, je n'ai fait qu'y passer). On en était même environné, même s'ils n'étaient pas tout près.

Écrit par : Le sciapode | 14/08/2017

Bien sûr que cette hypothèse est intéressante! Ai-je écrit autre chose? (En revanche, je n’ai pas relevé le point d’exclamation à la fin du commentaire de Steavymax, mais il me paraissait légèrement, comment dire?... hautain, du genre : « Mais c’est une évidence, stupide individu! »). Je ne parlais pas des containers placés dans la cité, mais de ceux placés sur le quai vers le musée, les premiers dont je vous ai parlé (mais vous ne faisiez pas encore attention...). Maintenant, on pourra me dire que les containers à verre étant parfois emportés pour nettoyage et ensuite pas forcément installés où ils étaient placés à l’origine, les indications placées dessus peuvent être trompeuses.
Et j’ai proposé qu’on vérifie, ce que je ne puis faire, n’étant plus à Douarnenez depuis que l’hôpital m’a relâché. Pour ce qui est des numéros pairs ou impairs, si l’endroit d’où partent les flèches est au début d’une rue, les flèches peuvent indifféremment diriger vers le trottoir de gauche ou celui de droite, et votre raisonnement qui infirme l’hypothèse Steavymax n’est pas valable.
En revanche, si les numéros donnent bien sur des maisons, il serait intéressant de savoir si par exemple, si au 21, bâtiment 7, habite un homme avec un chien, si au 28, quelqu’un pourrait correspondre au qualificatif de « fruit défendu », etc. etc. Si cela s’avérait, ce serait proprement génial et légèrement angoissant pour les habitants...

Écrit par : Régis Gayraud | 14/08/2017

La déclaration est Steavymax est pleine d'assurance. Et si c’était lui l'auteur des tags?

Écrit par : Isabelle Molitor | 14/08/2017

Vous n'avez pas écrit que l'hypothèse était inintéressante, mais vous n'avez pas dit non plus qu'elle était intéressante. En appelant à la rigueur Steavymax, vous donnez tout de même l'impression de l'envoyer paître.

Écrit par : Le sciapode | 14/08/2017

Dites donc, Régis, puisque vous nous racontez entre les lignes votre vie en nous signalant que "l'hôpital vous a relâché", pourriez-vous préciser quel genre d'"hôpital" c'était? Parce qu'à ce compte-là, comme vous avez l'air de suspecter tout un chacun qui laisse des commentaires au bas de cette note, on pourrait aussi vous soupçonner d'être l'auteur des graffiti...

Écrit par : Le sciapode | 14/08/2017

Personnellement, dans cette histoire de graffiteur "cinéphile", c'est bien la possibilité - que Régis a bien raison de qualifier de géniale (nous avons, moi et la journaliste du "Télégramme", dans notre discussion en privé, employer le même adjectif) - qu'il puisse exister un individu agissant en secret, jamais démasqué, ayant bâti tout un réseau, incroyablement complexe - mobilisant une mémoire hors du commun tout entière tournée vers les habitants de sa ville - de références codées à ces mêmes habitants, cryptées sous ces titres de films. Chaque titre indiquant quelque chose ayant un fort rapport avec l'existence, le métier, peut-être le destin - qui sait? - de ces habitants... Il enfermerait ces voisins au sein d'une toile d'araignée (un autre "web", plus personnel et individualisé), tissée de liens à des histoires cinématographiques. Dans une projection du spectacle cinématographique sur la vie des gens de tous les jours... Serait-ce angoissant? Pas nécessairement. Ce serait une idée avant tout poétique et profondément originale. Et tellement dans l'air du temps...

Écrit par : Le sciapode | 14/08/2017

Mes parents habitent à Treboul, ils étaient là quand les inscriptions sont apparues et ça n'a rien d'une démarche artistique. En fait, c'est une colonie de vacances qui avait organisé une course d'orientation. Les numéros devaient renvoyer à des indices ou des questions sur la feuille de route des enfants. Mes parents ont été interrogés à plusieurs reprises par des enfants tout excités.
D'autres films ont dû être ajoutés depuis.

Écrit par : audrey | 14/08/2017

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Merci de cette information, Audrey, qui épaissit le mystère, je trouve.... Car il y a en effet beaucoup d'inscriptions dans toute la ville. Et cela me paraît excessif dans la simple création d'un jeu de pistes pour enfants. Il est possible que cela ait été l'origine de ces inscriptions, je ne peux infirmer votre témoignage ("à l'origine" ou une suite? Car à Treboul les inscriptions sur containers paraissent plus fraîches...), mais qui se serait amusé à poursuivre les inscriptions de Treboul dans le reste de Douarnenez? Cela serait un jeu de pistes véritablement colossal... (cela dit, cette idée me ravit).
Un témoignage en privé m'a parlé d'un homme, de type "grand échalas" qui aurait été aperçu en pleine nuit en train de se livrer à des inscriptions...

Toute cela commence à ressembler à une gigantesque rumeur urbaine!

Écrit par : Le sciapode | 14/08/2017

Des animateurs de colonie de vacances qui incitent les enfants à la dégradation du domaine public (car il y a aussi cet aspect, ne l’oubliez pas), vous y croyez, vous? Hum...

Écrit par : Isabelle Molitor | 14/08/2017

Effectivement, comme l'écrit Madame Molitor, des animateurs qui écriraient directement sur du mobilier urbain, c'est fort improbable - je peux en témoigner, puisque j'ai été fort longtemps animateur, et une des premières règles qu'on observait était de laisser, dans les jeux de pistes, les indices sur feuille volante, ou en objet aisément amovible par la suite après le jeu. C'est d'autant plus improbable dans ce cas où il y a des centaines de graffiti... Ce travail aurait été au delà des forces d'un animateur, qui aurait dû y passer des jours pour tout inscrire, sans parler de la complexité du réseau de titres fort nombreux, des distances à parcourir pour des groupes d'enfants...
Cela dit, le seul élément qui pourrait donner un tout petit peu de crédit au témoignage d'Audrey, ce sont les titres de films et de séries, qui paraissent en accord avec la culture télévisuelle d'adolescents d'aujourd'hui. C'est d'ailleurs cette caractéristique qui m'avait fait penser, lorsque Régis avait attiré mon attention sur des inscriptions de containers à la cité de Kermabon, à un "quizz" pour adolescents (voir le deuxième paragraphe de ma note).

Écrit par : Le sciapode | 14/08/2017

Il ne reste plus qu'à inviter une colonie de vacances de la région à organiser un grand jeu pour faire enquêter les enfants et démêler ainsi les fils de cette ténébreuse affaire.

Écrit par : Sherlock Holmes | 15/08/2017

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Selon une notice explicative, l'architecte diocésain de l'église du sacré cœur de Douarnenez construite en 1877 s'appelait M Bigot. Je sais, ça ne fait pas beaucoup avancer l'enquête qui vous occupe, mais ça méritait quand même d'être noté pour la rubrique "noms prédestinants". Concernant cette enquête (puisque je suis sur place pour le début du festival), personne ne semble être au courant de l'origine de ces inscriptions. Mais bon, je ne passe pas non plus mon temps à interroger les passants...

Écrit par : Zébulon | 19/08/2017

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Merci M.Zébulon, nous avions noté aussi bien sûr ce désopilant Bigot architecte d'église douarneniste, en marge de notre enquête, durant nos dérives dans la ville. Je vois que nous passons de temps à autre par les mêmes chemins.

Écrit par : Le sciapode | 19/08/2017

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