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21/08/2017

Le mystère du graffitiste cinéphile de Douarnenez (2)

    Suite à la note précédemment parue sur ce blog, et qui fut abondamment commentée, cela a donné envie à la journaliste du Télégramme de Brest, basée à la rédaction de Douarnenez, Marie-Line Quéau, qui connaissait ces graffitis douarnenistes depuis belle lurette, de rédiger un ensemble d'articles qui jouent du mystère de celui qu'elle nomme "l'homme invisible". Voici le lien vers ces articles (un premier, et deux "compléments" à ne pas oublier de lire en bas de page, le tout paru le 16 août, voici donc cinq jours);

http://www.letelegramme.fr/finistere/douarnenez/graffitis...

     Je m'y retrouve qualifié, excusez du peu, de "spécialiste", de "Parisien", d'"expert", et finalement l'article du Télégramme reproduit une bonne partie de ma note du 8 août dernier.

      Un second article est paru le 17 août, le lendemain donc :

http://www.letelegramme.fr/finistere/douarnenez/graffitis...

     Le graffitiste y est présenté comme souvent croisé par les  gens qui travaillent la nuit à Douarnenez, notamment par les collègues du Télégramme qui distribuent les journaux entre 2 et 6 h du matin. Ils le décrivent ainsi, notre homme (bien moins invisible) : "Un homme grand, élancé, d'une cinquantaine d'années... Il se fait discret quand il nous voit mais il ne fait de mal à personne."

A tort ou à raison.jpg

Suivez la fléche... : A tort ou à raison, La vie des bêtes, Piège de glace... Photo Bruno Montpied, Douarnenez, 2017.

 

    Certains hésitent à l'imaginer, comme nous (Régis Gayraud et moi) tel un "graphomaniaque" ou come un "artiste fécond". Le terme d'artiste en l'occurrence ne me paraît pas bien s'appliquer ici, sauf à imaginer notre graffiteur comme un poète cherchant à volontairement cultiver l'anonymat, ce qui est possible, mais plutôt rare aujourd'hui quand on s'aperçoit que la moindre velléité d'expression s'accompagne inévitablement de désir de médiatisation. Et si nous avons affaire à un poète cultivant l'ombre, est-ce encore un "artiste"? Est-ce que ce dernier terme s'applique encore? Est-ce qu'il ne faudrait pas dire, dans une telle hypothèse, que si l'on agit poétiquement et anonymement, cela implique que l'art disparaît en tant qu'art séparé de la vie quotidienne, en tant qu'activité pratiquée par une caste peu ou prou se distinguant du commun des mortels, munie qu'elle est d'un statut divin, ou d'une grâce sacrée pour le moins ? L'art s'immerge alors dans la vie quotidienne, cette dernière devient tout entière art, et à la limite l'art disparaît comme mot au bout du processus, car la vie est son synonyme. Ce n'est plus alors l'art qui revendique une extension de son territoire à la vie quotidienne, annexant des nouveaux espaces d'activité (ce que l'on appelle, d'un vilain néologisme, "l'artification"), mais c'est plutôt l'art qui se fait conquérir par la vie, dans une nouvelle vitalisation de l'art.

 

Commentaires

Il semble que ces inscriptions soient rédigées en utilisant des stylos de type "tipex" (qui produit une matière durcissante et peut donc s'effacer en se grattant). Il faudrait donc commencer par enquêter auprès de la papeterie de Douarnenez, s'il y en a une, pour savoir s'il n'y a pas de gros acheteur de tipex dans l'arrondissement

Écrit par : Zébulon | 23/08/2017

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C'est ce que nous avons cru tout d'abord, Régis et moi, mais il semble que ce ne soit pas un stylo correcteur blanc qui soit utilisé... Il serait vite épuisé et ne serait pas d'un bon rapport quantité/prix.... Mais bien plutôt un marqueur de la marque Posca, bien connu des artistes (comme mézigue qui l'utilise souvent), qui ont un pouvoir couvrant assez correct et sont résistants à la lumière (par contre, ça peut se gratter aussi...). Cela dit, ces marqueurs aussi ne sont pas donnés, mais ils durent plus longtemps. Ce qui indiquerait que notre graffiteur ait quelques moyens...
Par ailleurs, si l'on tient vraiment à rencontrer notre homme-mystère, il faut distribuer les journaux la nuit à Douarnenez (vous avez lu la note ci-dessus?), ce qui serait une curieuse reconversion pour vous, Zébulon.

Écrit par : Le sciapode | 23/08/2017

Tant qu’à vivre à Douarnenez, soyons sardine!
Nous serions vos cerises, ô Zébulon!

Écrit par : Benjamin | 23/08/2017

Faire la sardine à Douarnenez, excusez-moi mais je ne mange pas de ce pain là, mon cher Benjamin. Et pour ce qui est d'être mes cerises, je préférerais plutôt vous voir dormir, dormir dans les pierres, si vous le voulez bien...

Écrit par : Zébulon | 24/08/2017

Benjamin, vos "private jokes" à usage interne (ayant entraîné les propres blagues du Zébulon ne voulant bien entendu pas être en reste) ont peu de chances d'intéresser les lecteurs de ce blog, à moins de leur faire une session de rattrapage du côté des œuvres certes ébouriffantes de Benjamin Péret. Le problème est que, si on fait ça, vos jeux de mots risquent fort de passer pour légèrement ringards...

Écrit par : Le sciapode | 25/08/2017

Si je puis me permettre d'intervenir dans la conversation...
Je ne suis à Douarnenez que depuis 2 ans 1/2, et je pense avoir démasqué ce mystérieux graffitiste nocturne. J'avais moi aussi observé assez rapidement ces inscriptions, qui finissent assez vite à faire partie du paysage, et donc on n'y prête plus guère attention avec le temps. Mais avec les articles parus dans le journal, je me suis de nouveau interrogée sur ce mystérieux personnage. Et un jour, en voyant un homme que je croise assez souvent, ça a fait tilt, et depuis, je n'en démords pas, c'est lui.
Tout concorde, et même si je ne sais rien de sa vie, j'en ai déduit beaucoup de choses rien qu'en le voyant évoluer. C'est un homme qui marche beaucoup, il ne semble faire que cela d'ailleurs. Je le croise partout et à toutes heures (sauf la nuit, car la nuit, je dors !). Je l'ai toujours vu seul, jamais accompagné, et ne semblant pas avoir la moindre envie de l'être. Il ressemble un peu à un pélerin, et cette façon de marcher tout le temps, inlassablement et sans fatigue apparente semble relever de la même obsession que ces graffitis par milliers. Il semble être plutôt marginal, pas de boulot, peut-être pas de domicile, car je le croise souvent avec un sac en bandoulière ou un sac à dos (je l'ai notamment croisé un matin très tôt avec son sac à dos sur le parking de Leclerc à Treboul, semblant sortir de nulle part, comme s'il avait passé la nuit dehors), mais aujourd'hui par exemple je l'ai croisé sans rien.
Il a des revenus car il est allé retirer de l'argent, je le sais car je l'ai suivi, par curiosité. Il s'est arrêté à l'entrée du passage Jean Bart, et il a commencé à regarder le mur, ce qui y était inscrit, sans doute la fresque peinte il y a quelques temps. Il a des revenus, et comme il vit de peu (je le sais car je l'ai également vu dans le local à poubelles des Halles chercher de la nourriture sans doute), il peut sans doute s'acheter des Posca, peut-être le seul luxe qu'il s'offre ? En revanche, il semble être en moins bonne santé que l'année dernière ou il y a 2 ans quand je l'ai vu pour la première fois. A l'époque, je le croisais souvent aux Halles, rechargeant son téléphone sûrement, à une prise de courant. Je pensais qu'il était bien intégré dans la ville, que les gens le connaissaient, mais j'ai vite compris que c'était un solitaire.
Je pense qu'il a dû faire plusieurs séjours en HP, peut-être a-t-il une maladie mentale, schizophrénie, ou autre, peut-être tout simplement une envie de se mettre en marge, mais en tout cas ça l'a visiblement complètement désocialisé, raison pour laquelle il a adopté ce mode de vie solitaire avec un passe-temps qui lui permet soit d'exister à travers ses inscriptions, soit de garder une certaine intégrité psychique en se créant des repères (mais bon je ne suis pas psy).
Ah oui, et pour finir, il est grand, plutôt mince (hé oui, la marche ça permet de garder la ligne !), quand je l'ai connu il paraissait avoir la quarantaine, mais aujourd'hui, effectivement, et depuis quelques temps, il en parait plutôt 50....

Écrit par : alua | 20/11/2017

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