Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

02/07/2018

Un tableau comme on les aime, vers lesquels il faut aller à présent...

Tableau renversant figuratif et merveilleux.jpg

Auteur masqué, titre inconnu...

 

     L'autre jour, en me promenant dans mes archives iconographiques numérisées, j'ai découvert, ou redécouvert ce tableau que j'avais photographié je ne sais où, au gré d'une balade, peut-être dans un musée. Il m'a de nouveau frappé (j'écris "de nouveau", car si je l'ai photographié – alors que je n'ai pas noté sa référence très clairement, et qu'apparemment il relève d'un champ d'exploration qui n'est pas, ou qui n'est plus, souvent le mien – c'est qu'il m'avait déjà frappé une première fois), ce qui n'est pas si fréquent. On aperçoit parfois pour la seconde fois des images que l'on avait aimées sur le moment mais dont le charme, la surprise, se sont évaporés à la deuxième rencontre. Ce qui n'est pas le cas ici. Celui-ci m'a encore captivé.

     Il y a du Van Gogh qui souffle à l'intérieur, la folie – la tourmente – en moins, il me semble. Le paysage se soulève comme pris d'une danse de Saint-Guy.

 

Extrait de Paracelse, de Georg Wilhelm Pabst (1943, en Allemagne) ; du Michaël Jackson avant l'heure...

 

   Les pitons, les maisons, les chemins, tous se mettent à onduler telles des bayadères envoûtées, comme les personnages du film de Pabst ci-dessus (une surprise là aussi, que j'ai dénichée  en cherchant l'orthographe de Saint-Guy). Les nuages et les buissons eux-mêmes partent en sarabande. Le paysage, au départ classique, un peu fauve, ondoie, part en vrille, littéralement, travaillé de tourbillons, comme si de l'intérieur germait un outre-paysage, plus abstrait, plus surréel, délaissant la référence aux paysages réalistes. Ce tableau réalise la prouesse de marier figuration d'après motif avec figuration ne renvoyant qu'à elle-même, dans un jeu détaché de la copie du monde environnant.

PS: J'offre un de mes petits dessins à qui trouvera le nom du peintre au tableau renversant (Mais, Régis  Gayraud, vous ne jouez pas! Désolé... Laissez une chance aux autres sur ce coup...). Et essayez, please, de ne pas recourir à internet, c'est trop facile, soyez honnête, ne vous fondez dans vos hypothèses que sur vos connaissances ou intuitions.

Le premier à donner, en commentaires (l'horaire d'arrivée de ces derniers faisant foi), le nom en question choisira parmi les deux dessins ci-dessous:

La petite sorcière, 21x14,5 cm, 2017 (2).jpg

Bruno Montpied, La Petite sorcière, 21x14,5cm, 2017.

Le clown triste,14,5x21cm, 2017 (2).jpg

B.M., Le Clown triste, 14,5x21 cm, 2017.

Commentaires

bonjour,

je pense à Günther Gerzso (dont je vérifie immédiatement l'orthographe du nom...)

Écrit par : Lambert | 02/07/2018

Répondre à ce commentaire

Non, M. Lambert, ce n'est pas cet artiste...

Écrit par : Le sciapode | 02/07/2018

Répondre à ce commentaire

Bonjour, il me semble qu'il s'agit d'une oeuvre de Chaïm Soutine...

Écrit par : Millet | 02/07/2018

Répondre à ce commentaire

Il vous semble ou vous en êtes sûr? Car ce n'est pas pareil. Affirmez, je vous prie.

Écrit par : Le sciapode | 02/07/2018

Répondre à ce commentaire

Moi, je l'affirme: C'est un tableau de Soutine!

Bernard

Écrit par : Briantais | 02/07/2018

Répondre à ce commentaire

Ah, bravo Bernard, c'est vous qui coiffez au poteau M. Millet qui, en raison de son indécision, vous a laissé le champ ouvert...

Écrit par : Le sciapode | 02/07/2018

Répondre à ce commentaire

c'est pas Chagal ?

Écrit par : yves d'anglefort | 02/07/2018

Répondre à ce commentaire

"Il me semble" était une simple formule..., j'avais vérifié mon intuition avant de faire le post. Ce tableau si mes souvenirs sont bons était exposé à la Pinacothèque en 2012, exposition Modigliani, Soutine et l'école de Montparnasse.

Écrit par : Millet | 02/07/2018

Répondre à ce commentaire

Bien. M. Millet, je peux vous proposer un des deux dessins restant, après le choix déjà effectué par M. Briantais qui, lui, préfère "Le Clown triste".

Écrit par : Le sciapode | 03/07/2018

Répondre à ce commentaire

C'est très gentil Monsieur Montpied ! Je vous contacte ce soir sur votre mail.

Écrit par : Millet | 03/07/2018

Répondre à ce commentaire

J'ai été fair-play, sur ce coup-là, n'est-ce pas, M. du Sciapode?

Écrit par : Régis Gayraud | 04/07/2018

Répondre à ce commentaire

Dommage que ce ne soit pas le Soutine qu'on gagne... Pas que vos tableaux soient négligeables, mais seulement, en revendant ce Soutine, on pourrait vous racheter pas mal de vos tableaux à bon prix...

Écrit par : Isabelle Molitor | 05/07/2018

Répondre à ce commentaire

Pouvez-vous nous expliquer votre titre : "un tableau comme on les aime, vers lesquels il faut aller maintenant"? Quelle est cette nouvelle ligne que vous annoncez, et pourquoi, le cas échéant, cette réorientation? Merci.

Écrit par : étienne | 07/07/2018

Répondre à ce commentaire

Vous avez raison, cela peut paraître par trop énigmatique, et puis péremptoire surtout.
Je me parlais à moi-même au fond. Même si j'y engage par ce "nous" tous ceux qui fabriquent des images par la peinture.
Je suis de plus bien empêché, par mon manque de technique essentiellement, de réaliser le programme que je me trace... (Personnellement, je me limite à rester fidèle à une certaine forme de figuration tout en y mêlant de l'imagination et de l'informel).
Je pense cependant depuis longtemps qu'il n'y a plus lieu de faire s'affronter perception du monde extérieur, reconstituée tant bien que vaille sur un support plane, et représentation d'un "modèle intérieur", ou abstraite, inconsciente, peinture ne renvoyant qu'à elle-même, détachée de toute perception rétinienne (l'art brut est une des formes extrêmes de ce deuxième type de représentation, à travers la quête de Dubuffet de s'extraire de la vision extérieure et de sa recherche "d'inventivité").
Nous avons à notre disposition beaucoup d'exemples d'œuvres qui ont réussi à marier les deux démarches, dont ce tableau de village de Soutine. Mais il y a aussi tout un pan énorme de l'art dit naïf, que je qualifie à part moi de "réalisme poétique" ou "réalisme intellectuel" - pour reprendre un terme forgé par G-H. Luquet au début du XXe siècle - qui illustre ce mariage de la perception du monde extérieur et de la représentation détachée de l'imitation du perçu visuel (mariage de la perception et de l'inconscient travaillant cette perception). Selon moi, Dubuffet s'est fourvoyé en rejetant cela, tant il était acharné à installer son "art brut" dans le paysage intellectuel.
L'histoire des avant-gardes est terminée, et avec elles, les innovations - réalistes, abstraites... - qu'elles ont mises en avant tour à tour. Il est temps de vivre dans ce monde en le respectant et en l'imprégnant de notre expérimentation visionnaire, en cessant d'opposer les deux attitudes, qui si elles sont pratiquées en s'excluant l'une l'autre, mènent à des scléroses et à des impasses.
Et l'on ne peut cesser de peindre, car la fabrication d'images est le miroir que nous nous tendons à nous-mêmes pour nous orienter les uns les autres.

Écrit par : Le sciapode | 07/07/2018

Écrire un commentaire