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01/12/2020

L'Atlas des Régions Naturelles, une entreprise cousine de ce blog

      Signalé par ma jeune camarade Tamaya Sapey-Triomphe, que je remercie hautement au passage, l'Atlas en question a entrepris de recenser par le truchement de classifications et surtout de photographies toutes sortes de réalisations volontaires ou involontaires dans l'espace en France,  relevant peu ou prou de ce que l'on appelle l'architecture vernaculaire. Le territoire  est envisagé dans le cadre de ses régions dites naturelles, et non pas dans son découpage administratif de départements et régions artificielles. Un index de ces régions est donné sur la page d'accueil du site web. La mise en ligne de ce dernier est très récente (le 5 novembre 2020), tandis que le recensement lui-même, ayant produit jusqu'à présent plus de 12 000 clichés, a été commencé en 2017.

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Le découpage de la France en régions naturelles selon l'ARN.

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A Nassigny, ph. ARN.

 

      Les auteurs, Eric Tabuchi et Nelly Monnier, paraissent bien sympathiques, si l'on s'en rapporte à leur portrait, lorsqu'ils sont assis à l'arrière de leur voiture d'explorateurs...

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Nelly Monnier et Eric Tabuchi, les auteurs de l'Atlas des Régions Naturelles, ph ARN.

 

      "Au moment d’entreprendre ce travail, cela faisait déjà un moment que nous nous demandions comment documenter l’architecture vernaculaire française et, plus largement, comment représenter un territoire dans toutes ses nuances." (E. Tabuchi et N. Monnier) 

        Cet ARN, cliquez pour la page d'accueil ICI, on s'y balade par plusieurs entrées. Personnellement, j'ai d'abord essayé la section "art brut" (on ne se change pas...), peu fournie (pour le moment... ;  à signaler que l'art brut de cet ARN se limite aux environnements spontanés). Puis je me suis dirigé vers "petit patrimoine", "initiative personnelle". "maisons modestes", "fresque figurative", "tas et reliquats", et encore "enseigne-objet", "cinémas" (désaffectés ou non), ou "graffiti" (hélas, seulement perçus sous la forme des graffiti pulvérisés et non pas incisés, plus anciens, et historiques).

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Portail original à Ruan sur Egvonne (Perche vendômois), photo ARN (à noter que les photos que j'extrais ici par capture d'écran, justifiée par les besoins de la communication autour de ce site web, ne peuvent être que d'une médiocre résolution, le site ne permettant pas l'enregistrement). Ce décor m'est inconnu et n'a donc pas été recensé par moi dans le Gazouillis des éléphants.

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Construction insolite à Vic-le-Comte, Limagne, ph. ARN ; idem, site inconnu de moi jusqu'à présent...

 

     Bien entendu l'écrasante majorité des entrées est dominée par des polarisations architecturales (toujours à la surface des sols, on ne va pas dans les souterrains), mais enfin, l'éventail de la curiosité de ces deux chercheurs qui ne dédaignent pas de présenter leur entreprise comme une "aventure artistique" (j'ai pensé au couple d'Allemands, Bernd et Hilla Becher, qui ont fait une oeuvre de photographe en dressant une typologie d'architectures industrielles, et des châteaux d'eau notamment ; il est probable que ce soit une référence pour nos deux explorateurs de l'Atlas) est très vaste et très hétéroclite.  Si pour le moment ils ne sont pas allés apparemment vers les cimetières, rare manque pour le moment,  – on pourrait pourtant y rencontrer beaucoup d'édicules, tombeaux et autres ornementations diverses parfois fort insolites – à se promener dans leur site, on se convainc rapidement de l'étonnante variété des monuments de tous ordres que l'on peut rencontrer en France.

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Monument aux morts insolite, La Ville en Tardenois, ph. ARN.

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Sculptures en fers à cheval, à Gondrecourt le Château, ph ARN.

 

      Sur ce blog, cela fait un certain temps que je m'efforce de le faire percevoir à ma manière, dans une perspective moins architecturale, et plus dans l'esprit de ce que j'appelle "la poétique de l'immédiat". Sans parler des environnements populaires spontanés, à la Cheval ou à la Picassiette, cela fait longtemps que je reste étonné devant les créations d'artisans rocailleurs, les tours Eiffel en toutes matières (c'est une des catégories que l'on rencontre sur l'ARN, avec plusieurs exemples que je ne connaissais pas, voir la note que je leur ai consacrée récemment), les architectures ou les monuments incongrus dont on a perdu la fonction, les monuments aux morts atypiques, les boîtes aux lettres insolites, les enseignes hors normes, les arbres morts sculptés, les vieux cinémas de province ancienne mode (avant l'époque des multiplex), etc.

      Allez, on se précipite tous sur l'ARN... Bon voyage !

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Eolienne (de Girard ou de Bolée), à Bouge, près de Laval, ph. Bruno Montpied, 2020.

 

Commentaires

Je viens d'y faire un tour, c'est très plaisant. Les photos sont de qualité, de même facture au niveau du cadrage, de la distance prise avec le sujet, de la lumière même. C'est cette unité sans doute qui leur donne un aspect "Bernd et Hilla Becher". J'ai reconnu les architectures Dieppoises, pleine de charme...et quelques coins de bretagne. Le site est de plus très classieux je trouve, sobre et simple à visiter. A explorer plus longuement!

Écrit par : Darnish | 01/12/2020

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Ravi de voir l'ARN félicité sur le blog. Je suis tout aussi enthousiaste!

Écrit par : Emmanuel Boussuge | 04/12/2020

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En réalité, ces régions naturelles ont été entièrement configurées par la main à charrue durant près de deux millénaires. Il aurait été impossible de définir les mêmes régions « naturelles » dans la Gaule chevelue de l'ami Vercingétorix, et moins encore au paléolithique supérieur.

Écrit par : L'aigre de mots | 05/12/2020

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Rappelons comment les auteurs de cet Altas, définissent ces régions dites naturelles:

"Le terme “région naturelle“ ou “pays“ désigne des territoires de petites tailles dont les limites renvoyant à leurs caractéristiques naturelles sont - par opposition aux départements administratifs issus de la Révolution - difficiles à tracer. S’il est impossible d’en définir exactement les formes, leurs frontières d’abord physiques et géologiques mais aussi historiques et culturelles persistent à dessiner, dans une sorte de tradition orale, les contours d’une géographie dont la vivacité demeure bien réelle. Ainsi, Semur-en-Auxois, Sucy-en-Brie, Bourg-en-Bresse ou Verdun-en-Lauragais ont conservé dans leur toponyme le nom de leur ancienne région. Leur nombre varie suivant que l’on regroupe ou non certaines sous-entités, pour notre part nous en avons défini 450 dont vous pouvez consulter la liste qui figure dans l’onglet “index des régions“. "

Écrit par : Le sciapode | 05/12/2020

Quiconque aime se promener à vitesse réduite à travers la France comprend le sens du terme "région naturelle". Quant à la Gaule chevelue, hum...

Écrit par : Dumur | 06/12/2020

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Il eût donc été plus juste de les appeler « régions historiques ».

Écrit par : L'aigre de mots | 06/12/2020

Il est vrai que l'adjectif "naturelles" n'est pas tout à fait adapté, moi aussi je trouve. Mais "régions historiques" ne va pas non plus. Relisez la définition ci-dessus...
En tombant sur cet Atlas, j'ai spontanément pensé, plutôt, aux "pays", notion aussi assez floue, mais qui correspond mieux, me semble-t-il, aux régions dites naturelles qu'explorent les deux animateurs de cette enquête.

Écrit par : Le sciapode | 06/12/2020

Même si cela s'appuie souvent sur des découpages très anciens qui se sont plus ou moins perprétués jusqu'aujourd'hui dans les paysages, la relation entre "naturel" et "façonné par l'homme" est un peu plus dialectique que le jeu d'opposition qui semble présider à votre conception de la chose ne le laisse croire. Sans même parler de la qualité des sols qui influe sur la végétation, on n'avait ni tracteurs, ni défonceuse, ni bulldozer, chemins et haies suivaient les pentes et contournaient les obstacles; les rivières, loin de faire limites, reliaient le plus souvent les populations qui les entouraient (ce que le découpage administratif contredit maintenant le plus souvent), etc. Certes l'homme a modelé le paysage, mais le paysage a guidé la main de l'homme, et, particulièrement, pour ses matériaux de construction, l'homme a pris ce qu'il avait sous la main, ici des granits, là des calcaires, plus loin simplement du bois ou de l'argile séchée au soleil, etc. Et ensuite, tout cela a pu donner, des pays dont les appellations sont devenues "historiques". Maintenant, il y a aussi beaucoup de subjectif dans les appellations de cette carte, et même quelques termes qui nous ramènent aux temps plus proches de la publicité touristique. Tout cela est le produit d'une longue sédimentation.

Écrit par : Dumur | 07/12/2020

Je protefte vigoureujement contre chette entreprije qui ch'apparente à une chorte de réalifme-populichte.

Écrit par : Charles-Henri Mouliné de Légumes | 06/12/2020

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