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27/12/2017

Postérité des environnements (11): Le jardin de Gabriel est en restauration

     Je l'avais signalé naguère, l'ex-région Poitou-Charentes, désormais englobée dans la région Nouvelle Aquitaine, propriétaire depuis trois ans du site, parlait d'engager incessamment sous peu des travaux pour restaurer les statues fort abîmées de Gabriel Albert au lieu-dit Chez Audebert, à Nantillé (Charente-Maritime). Mon persévérant correspondant dans le pays, Patrick Métais, m'adresse à nouveau un article relevé dans Sud-Ouest de ce mois-ci, qui annonce le début des travaux (promesse tenue, donc, mais qui a mis cinq ans à se réaliser). Le journal a réservé trois pages à cette annonce.

Sud-Ouest (2), déc 2017 - 1.jpg

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     En titre de couverture, on nous parle de 373 statues, ce qui doit correspondre à ce qui reste sur un total qui tournait autour des 420 à l'origine. Cela suppose qu'une petite cinquantaine a disparu, pour la plupart volées, et donc que des statues de Gabriel Albert doivent être planquées quelque part. Un très bon et très beau livre a fait le point sur ce site en dressant l'inventaire des œuvres de M. Albert. Il sera difficile de revoir les statues volées, car si elles étaient revendues, on pourrait assez aisément les reconnaître. On se demande les mobiles des voleurs... Peut-être croyaient-ils se faire des bénéfices en les revendant comme sculptures populaires anonymes? Ils feraient mieux de les rendre, aussi anonymement qu'ils les ont volées...

 

    Une autre source, cette fois sur internet peut être aussi consultée, le site de l'Inventaire du patrimoine de Nouvelle-Aquitaine qui donne beaucoup de précisions sur la nature et les techniques de restauration engagées (et présente également une avalanche de photos de tous ordres qui ont été collectées au fil du temps). Certaines sculptures, trop fragilisées, vont être soignées loin du site, et on nous promet qu'elles reviendront ensuite au bercail, c'est-à-dire en plein air dans le jardin.

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Statue représentant Jacques Brel, emballée avant déplacement pour restauration plus commode, ph. Inventaire du patrimoine Nouvelle-Aquitaine.

 

      Il est acquis en effet que l'on tient à garder les statues à l'air libre, ce qui, selon moi, pose problème. Parce que la station prolongée de ces œuvres, exposées en plein air certes par leur auteur, pour son plaisir, nécessitera de nouveau dans quelques années les mêmes frais pour les restaurer (aujourd'hui le chiffre de 250 000 € environ, payé par la région, est avancé...). Gabriel Albert n'avait pas conscience des dégradations qu'allaient endurer ses sculptures. Il me l'avait dit lors de la visite que je lui avais faite en 1988, il pensait les avoir bien consolidées, moitié sable, moitié ciment, disait-il, teintées dans la masse... Mais avait-il bien envisagé toutes les vicissitudes qui peuvent affecter un parc de sculptures à l'air libre (tempête, chocs thermiques, vols...)? Ses œuvres expriment un talent naïf de belle venue (plus que brut, terme trop à la mode, que l'on sert  trop facilement dans les journaux où l'on pense que les lecteurs sont trop demeurés pour faire des distingos), et il serait justifié de les présenter sous une couverture qui les mette à l'abri des intempéries et autres vandalismes naturels ou humains pour plus longtemps. Sous un dôme dont il faudrait inventer l'élégance, mais dont on pourrait difficilement cacher l'incongruité au milieu de cette campagne charentaise, ou bien plutôt transféré dans un musée d'un nouveau genre? Musée qui se spécialiserait dans la conservation des environnements populaires en péril...? On peut rêver... Et pourtant, cela me paraît réalisable, tout autant et bien plus envisageable que tant d'autres musées bien plus vains... 

20/12/2017

La Fabuloserie Paris en pleine forme: expos Marie-Rose Lortet et Michaël Golz, deux événements pour finir l'année en beauté

     On entend dire ici et là qu'il n'y aurait qu'une galerie d'art brut à Paris. Mais on dit tellement de bêtises. On oublie notamment de prendre en compte la Fabuloserie qui a ré-ouvert une antenne parisienne rue Jacob dans le VIe arrondissement en plein Saint-Germain-des-Prés, certes récemment en ce qui concerne cette réouverture, mais en renouant avec un passé nommé "Atelier Jacob" (1972-1982). Ce fut d'ailleurs cet Atelier Jacob qui représenta dans la capitale  la première galerie d'art brut, ou "hors-les-normes" comme préféra vite dire son animateur Alain Bourbonnais.  Je me suis déjà fait l'écho de certaines des précédentes expositions de cette nouvelle "Fabuloserie Paris".

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     Sophie Bourbonnais et Marek Mlodecki qui l'animent, sont fort dynamiques ces temps-ci, en dépit des efforts qu'ils doivent consentir pour tenir la baraque, comme on dit. Ils ont monté une très bonne exposition des broderies fort inspirées de Marie-Rose Lortet, une ancienne de l'art singulier ou hors-les-normes, excellent exemple de ce que peut avoir de mieux à fournir l'art dit singulier, si galvaudé dans tant de festivals de province, où le moindre barbouilleur amateur de têtes à Toto, né de la dernière pluie, s'improvise facilement artiste à la Chaissac (sans bien sûr avoir rien compris à ce dernier). L'expo Lortet court jusqu'au 30 décembre, il faut donc se presser. On y retrouvera des "masques" de fil, parfois multiples au sein de compositions élaborées (ce qui me touche personnellement plus particulièrement), mais aussi quelques "architectures" de fil blanc comme celles qu'on avait pu admirer dans une exposition passée  à la Halle St-Pierre il ya quelque temps ("Sous le vent de l'art brut 2", 2014).

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Marie-Rose Lortet, Les ptites têtes en l'air, ph. Bruno Montpied, 2017.

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Marie-Rose Lortet, achitectures de fil présentées à l'étage de la Fabuloserie Paris, ph. B.M., 2017.

 

       Mais les Fabulosiens de la rue Jacob ne se sont pas contentés d'une seule expo. Eblouis, à juste titre, par la récente découverte de Michaël Golz, créateur allemand d'un pays imaginaire, l'Athosland, décliné en dizaines de fragments de cartographie s'emboîtant les uns aux autres dans un puzzle sauvage qu'ils ont décidé d'exposer dans une scénographie proliférante, comme contaminante, ils ont obtenu de la galerie voisine, de l'autre côté de la rue, qui fut autrefois le siège de l'Atelier Jacob d'Alain Bourbonnais (berceau de l'entreprise fabulosienne, je le répète), la galerie Eric Mouchet, qu'elle les laisse l'envahir avec le plan proliférant étonnant  du "pays d'Athos" créé par Michaël Golz (expo prévue pour durer jusqu'au 11 janvier 2018).

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"Athosland", la carte du pays imaginaire, comme un tsunami cartographique! Ph. B.M., 2017 ; "Une fois ses différentes parties assemblées, elle atteint une surface d'environ 14 x 17 mètres"... (texte de présentation sur le carton d'invitation à l'exposition de la collection de l'Art Brut à Lausanne du 9 juin au 1er octobre 2017).

 

      L'œuvre de ce dernier, outre le prodige mémoriel qu'elle représente (Golz semble se faire une représentation mentale complète du plan dont il assemble les parties sans erreur, les continuant sans problème de jointure autre que des manques en matière d'outils : pastel, feutres, crayons...), vaste plaine parcourue de nœuds d'autoroutes et de voies de chemins de fer, et couverte d'une mosaïque de terres agricoles et de ville tentaculaire, le tout traversé d'un gigantesque fleuve, vaut avant tout par le récit qu'il en fait et dont on a recueilli seulement quelques fragments, là encore, dans des témoignages écrits (voir le catalogue de l'exposition du kunstmuséum de Thurgovie – Kartause-Ittingen à Warth, Suisse – transférée ensuite à la Collection lausannoise de l'Art Brut), voire dans l'interview qu'en a fait Philipe Lespinasse dans son documentaire, Athosland (33 mn.) présent sur le DVD "Paul Amar, Michaël Golz, Josef Hofer, Anna Zemankova" (Lokomotiv Films/Collection de l'Art Brut Lausanne), film qui constitue une première porte d'entrée dans l'univers fantastique de Golz fabuloserie paris,galerie d'art brut,marie-rose lortet,michaël golz,sophie bourbonnais,marek mlodecki,philippe lespinasse.

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Athosland, la même carte que ci-dessus, présentée différemment lors de l'exposition au musée de Thurgovie.

 

      Le petit catalogue édité par le musée de Thurgovie, sous la direction de Markus Landert et Christiane Jeckelmann donne des indications précieuses sur le travail que poursuit Michaël Golz depuis son enfance, en compagnie ici et là de son frère Wulf (les auteurs du catalogue avancent la date de 1977 pour le départ définitivement intense de la création). Son pays de fantaisie emprunte au monde réel tout en étant parfaitement investi des désirs imaginatifs de son auteur. C'est un pays de liberté totale où le merveilleux est monnaie courante. Tout le monde y porte les cheveux longs.  On peut y prendre des congés à volonté, les robots accomplissant le travail à la place des humains (cela rappelle certains rêves situationnistes). On peut payer provisoirement  avec des brins d'herbe, des boutons ou des feuilles d'arbre quand on manque de monnaie (des marks alternatifs). On peut même ressusciter  temporairement ses proches décédés, dès qu'on en a envie, en appuyant sur des boutons dans les cimetières (Golz ajoute: "Quand vous en aurez assez, rapportez les morts au cimetière. Les Broutsch viendront les chercher pour les remettre en terre et les plongeront dans un profond sommeil, jusqu'au prochain réveil.")... Ce pays n'est pas que merveilleux, le mal y rôde aussi, sous la forme de sortes de démons, les "Teufels-Ô-Ifiche" (= "diables-Ô-Ifichen", l'auteur forgeant souvent des néologismes), que soutiennent des "indigènes malveillants" et des "Glätschviecher" (="Bêtes-glassiaires"), à la gueule gelée. Golz paraît fasciné par moments par la cruauté, en décrivant des bains de sang bouillonnant, des enfants arrachés à leurs mères à la naissance directement depuis l'utérus pour être engoncés de force dans d'étranges combinaisons de caoutchouc dont ils ne sortiront plus jamais.... Une pollution, causée par des fumées noires et puantes crachées par des usines, menace régulièrement l'atmosphère d'Athosland. Certains lieux portent l'empreinte de personnes qui ont compté dans l'histoire de l'auteur, inclinant le spectateur à penser qu'il se trouve, devant cette topographie en perpétuelle évolution (Golz collant parfois des versions nouvelles des fragments les uns par dessus les autres), en réalité devant une image gigantesque de la mémoire de son créateur, fondue avec la carte d'un territoire et d'un monde utopiques.

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Couverture du catalogue de l'exposition Michaël Golz au musée de Thurgovie et à la collection de l'Art Brut de Lausanne.

 

      Ce pays imaginaire, concrétisé par des images et des mots à parts égales donc, progresse sans cesse. Elle n'est pas sans me rappeler la création monumentale et multiple d'Henry Darger aux USA qui lui aussi se plongea tout entier dans la peinture d'un univers alternatif imaginaire, théâtre d'une guerre entre adultes et enfants, qu'il représenta sous forme de livre immense, Dans les royaumes de l'irréel. On peut également penser à Wolfli et à son univers infini où il régnait en super-empereur.

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Les classeurs de Michaël Golz à la Fabuloserie Paris, ph. B.M., décembre 2017.

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Michaël Golz, trois œuvres exposées à la galerie de la Fabuloserie, ph. B.M., déc.2017.

 

     Il apparaît d'ores et déjà difficile de mesurer toute l'étendue de cette invention topographique, l'auteur l'imaginant aussi vaste et proliférant, perpétuellement métamorphosé, que le monde réel. A part sa carte, il produit aussi des dessins isolés, en noir et blanc et en couleur, des classeurs remplis de dessins et d'inscriptions (voir ci-dessus) qui apparaissent comme les pendants narratifs de la carte, donnant beaucoup de précisions, notamment sur les personnages, les "bêtes-glassiaires" et les "diables" par exemple. L'ensemble est très proche de la forme d'une bande dessinée, et comporte de nombreuses onomatopées. Il semble que trois "héros" y figurent en permanence, peut-être des avatars de Golz lui-même avec son frère Wulf et sa sœur Dorothée. Certains de ces classeurs sont déjà dispersés du fait de ventes, mais Golz, qui veut les retravailler sans cesse garde des photos de ses pages sur son ordinateur. Si Golz en avait créé huit au moment de l'exposition au musée de Thurgovie, il planifiait d'en réaliser vingt au total... De plus, comme nous l'apprend le catalogue du musée de Thurgovie (épuisé, mais dont j'ai obtenu, grâce à la gentillesse de Sophie Bourbonnais et de Marek Mlodecki, la version française fort précieuse pour établir cette note), Michaël Golz a rédigé un tapuscrit en 2012, encore inédit à ce jour, qui permet de se faire une idée plus précise d'Athosland par un récit se présentant sous la forme d'un glossaire.

     La Fabuloserie Paris a réussi un coup de maître en parvenant à faire venir cette création incroyable en plein Paris, c'est là sans doute sa manière de nous faire un splendide cadeau de Noël.

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     On signalera également que la galerie parisienne de la Fabuloserie propose aux visiteurs un comptoir avec différents ouvrages en rapport avec l'art brut ou l'art hors-les-normes (comme quelques titres de la collection La Petite Brute), dont bien sûr divers livres liés à l'actualité de la Fabuloserie (comme la correspondance Bourbonnais-Dubuffet parue chez Albin Michel très récemment). Le Gazouillis des éléphants y est également présent.

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15/12/2017

Présentation prochaine du "Gazouillis des éléphants" à Bègles (Gironde)

      Je poursuis ma tournée de présentation, juste avant une pause pour cause de fêtes à venir... Je vais donc à Bègles, au Musée de la Création Franche  pour une présentation, accompagnée de photos tirées de mon livre, le mercredi 20 décembre prochain à 19h. L'animation en question, en entrée libre, se déroulera dans les locaux de la bibliothèque qui est voisine du musée. A l'issue de la présentation et du débat qui, j'espère, s'ensuivra, je dédicacerai également mon livre aux lecteurs intéressés...

Rencontre-dédicace avec Bruno Montpied

Bruno Montpied sera l'invité du Musée de la Création Franche mercredi 20 décembre à 19h. Il présentera et débattra autour de son ouvrage Le gazouillis des éléphants, paru aux éditions du Sandre. Son ouvrage est une « sorte d'inventaire général » regroupant plus de trois cents jardins oniriques, fantasmagoriques et inédits à travers la France.

La rencontre sera suivie d'une dédicace.

Bibliothèque municipale de Bègles

58, avenue du Maréchal de Lattre de Tassigny 33130 BEGLES

 

Le portrait de mézigue (photographe José Guirao), choisi ci-dessus par le musée de la Création Franche pour illustrer la rencontre, je l'espère, ne fera pas trop peur aux éventuels amateurs des inspirés du bord des routes, car, pas d'inquiétude, en dépit de cet air quelque peu grincheux (je préfère dire : consterné, accablé...), je ne mords tout de même pas...

12/12/2017

Zig-zag, naissance des "Cahiers de la Passerelle"

Zig Zag 1, 2017 (2).jpg

     Belle surprise que les éditions FP et CF (= Editions Frédéric Pierre et Camille Françoise) viennent de faire à l'atelier la Passerelle, basé à Cherbourg, en publiant ce premier "cahier de la Passerelle". Il s'agit d'un grand format (34,5x25 cm) au design sobre, joyeusement coloré, présentant en très grand, et magnifiquement imprimées, plusieurs œuvres choisies parmi les très nombreuses produites dans cet atelier proposé à plusieurs adultes déficients mentaux.

 

André Jeanne, Les fusées, février 2005 (2).jpg

Une double page de Zig-zag consacrée à André Jeanne, les Fusées, février 2005.

André Jeanne, L'église, mai 2003 (2).jpg

Une autre page, simple cette fois, mais toujours consacrée à André Jeanne, L'église, mai 2003 ; j'apprécie particulièrement cet auteur.

 

    Hormis un texte court présentant l'atelier animé par Romuald Reutimann, on ne s'embarrasse pas dans ce Zig-zag  de textes autres (par exemple des descriptions des peintures, des analyses, le processus qui a mené les auteurs à leurs images finales, etc.). Il faudrait pourtant bien qu'un jour on analyse ce fait qu'il y a une "patte" de la Passerelle, une sorte de signature graphique, qui permet d'identifier les œuvres hors de leur lieu de production, comme il y a, par exemple, une ligne graphique "Gugging" (atelier pour psychotiques en Autriche). Et ce, en dépit de la politique de l'animateur de l'atelier, avec qui j'ai pu souvent en parler, Romuald Reutimann, qui fait tout pour éviter d'influencer et de formater les pratiquants de son atelier. Il cherche en effet  à laisser se développer au maximum la liberté de chacun dans les formes et les récits représentés.

Séance d'atelier.jpg

Séance d'atelier, ph. La Passerelle ; on note que les participants créent tous ensemble dans la même pièce, certes probablement chacun dans sa bulle, mais donnant sûrement de temps à autre quelques coups d'œil à leurs voisins?

 

     Rappelons que j'ai déjà parlé de cet atelier par le passé. Il existe depuis 25 ans. Les œuvres sont à vendre (généralement des formats de 50x70 cm sur papier, vendus 200€, port compris). N'hésitez pas à aller faire un tour sur leur blog. Le cahier Zig-zag, on peut se le procurer en s'adressant à l'éditeur (apparemment spécialisé dans les ouvrages graphiques): www.editionsfpcf.com.

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Une œuvre remarquable de Kevin Raffin, exposée dans le cadre de la sortie du Cahier de la Passerelle, en novembre dernier,à la galerie P38 de Mathieu Morin, située dans la rue Doudeauville (18e arrondissement de Paris) ; ça me rappelle quelque chose, le support utilisé, un emballage déplié et mis à plat, un sacré dépliage du reste... Pierre Albasser?

  

02/12/2017

Rappel, samedi 9 décembre... Présentation par mézigue du Gazouillis des éléphants...

 

Le Gazouillis des éléphants
Premier inventaire des environnements populaires spontanés en France

Un livre de Bruno Montpied
(Editions du Sandre,  2017)

Samedi 9 décembre à 15 heures, entrée libre

Halle Saint Pierre – à l’auditorium
Réservation conseillée : 01 42 58 72 89

 

Qu'on se le dise au cas où l'on aurait oublié....

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André Gourlet, dragon polychrome en ciment armé à Riec-sur-Belon (Finistère), photo Bruno Montpied, 2014.

01/12/2017

Paul Amar (1919-2017)

     J'ai appris très récemment la disparition, survenue ces jours-ci, du sculpteur et assembleur de coquillages Paul Amar, qui était né à Alger en 1919, et donc qui aura loupé de peu le centenaire. Pour en savoir plus sur sa biographie, on peut aller sur ce  lien.

Portrait Paul Amar par P Lespinasse.JPG

Photo Philippe Lespinasse ; ce dernier l'avait aidé très tôt à se faire connaître, via le film qu'il lui avait consacré et qui vient d'être réédité (voir ci-dessous).

 

    Il s'illustrait depuis des années en exposant ici et là, notamment à la Collection de l'Art Brut de Lausanne, mais aussi au petit musée des Arts Buissonniers à Saint-Sever-du-Moustier, des boîtes souvent colossales, emplies de saynètes rutilantes, éclairées à l'électricité, ou encore des compositions en trois dimensions de structuration plus originale encore.

 

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Paul Amar au Musée des Arts buissonniers, ph. B.M., juillet 2016.

 

    C'était bourré de vitalité, empreint d'une adoration de la couleur sans mélange. Sans compter le travail d'orfèvre poussé à un point extrême qui faisait une bonne partie du charme de ces réalisations. Des milliers de coquillages avaient été sciés avec méticulosité et soin de bénédictin, puis collés, ajustés ave finesse et dextérité.

 

Salle Paul Amar (2).jpg

Une salle, entre autres, consacrée aux œuvres de Paul Amar au Musée des arts buissonniers à St-Sever-du-Moustier, ph. B.M., juil. 2016 ; le tableau noir au fond n'est pas une œuvre d'Amar, mais le support de travaux d'atelier menés avec des enfants fréquentant le musée en question.

 

       Gageons qu'on n'oubliera pas de si tôt ce créateur autodidacte, ancien coiffeur et chauffeur de taxi, qui restera bien présent à travers les collections d'art brut où son œuvre contraste fortement.

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Ce DVD de 4 films de Philippe Lespinasse, édité tout récemment par Lokolotiv films 2017 et la Collection de l'Art Brut de Lausanne vient de sortir, commandable entre autres lieux, auprès de la Collection, à Lausanne.