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20/08/2026

Du temps où j'avais des intuitions avant "tout le monde", en particulier avant Marc Décimo

     Retrouvée par l'ami Régis Gayraud qui avait dû se rendre en 1987 au Château Guérin de Neuilly-sur-Marne, voici la couverture d'une brochure que j'avais auto-éditée dans les temps héroïques où je fréquentais l'association l'Aracine, à qui la mairie avait laissé à disposition une moitié de ce "Château", à dire vrai un petit hôtel particulier sans cachet spécial au milieu d'un modeste bois. Sa responsable, Madeleine Lommel, m'avait incité à faire une petite conférence sur les Inspirés des bords de route que je commençais à recenser depuis 1983. Je ne faisais pas encore de photos (je ne commençai que l'année suivante) ; en revanche je faisais des films en Super 8, en particulier sur plusieurs sites de créateurs autodidactes. C'est sans doute ce que je projetai lors de cette présentation. Cette mini-conférence tombait bien dans le cadre de l'art brut que l'Aracine avait commencé de collecter depuis 1982, en découvrant de nouveaux créateurs (comme Gaston Mouly ou Maugri) et en cherchant à rameuter des un peu plus connus (Pépé Vignes, Robillard), histoire de refonder en France une collection d'art brut, la "grande", celle de Dubuffet ayant filé en Suisse depuis 1971-1976, au grand désespoir de plusieurs qui auraient aimé que l'art brut continue d'être présenté à demeure dans notre hexagone. De son côté, Alain Bourbonnais avait devancé l'Aracine en ouvrant l'Atelier Jacob de 1972 à 1982 à Saint-Germain-des-Prés, avant de fonder en 82 la Fabuloserie dans l'Yonne, loin de Paris.

Exemplaire de la brochure pour le public de ma présentation à l'Aracine en 87, intitulée Les Jardins de l'art brut.jpg

Archives et photo Régis Gayraud.

 

      A ceux qui font un peu attention aux livres qui paraissent sur l'art brut et les environnements populaires spontanés, le titre de la brochure (de quelques pages imprimées en photocopie) dira peut-être quelque chose. Il prouve en effet que j'avais devancé de plusieurs années le bouquin de Marc Décimo, intitulé de même "Les Jardins de l'art brut" (1ère édition, 2007)...

      Je n'ose penser que ce dernier aurait eu vent de ma brochure, ce serait trop lui prêter de noires pensées (fut-elle seulement archivée par l'Aracine, je me le demande?). Non, je pense seulement que j'avais avant lui fait le rapprochement qui me paraissait évident entre les jardins et l'art brut. Et ce rapprochement, il le perçut lui aussi, tout bonnement... mais vingt ans plus tard!

      Ayant tardé, pour diverses raisons, à publier mes propres livres, le premier datant de 2011, je ne pouvais décemment intituler celui-ci d'un titre que j'avais inventé bien avant le bouquin décimesque. Las! Je ne suis pas à un titre près. Et j'en ai toujours dans ma hotte, d'aussi frappants, et peut-être même davantage... Eloge des jardins anarchiques (2011), ou Le Gazouillis des éléphants (2017, réédité en 2024), par exemple, en font foi...

20/03/2018

Un "Musée pittoresque de sculpture": un inspiré encore inconnu au bataillon

   Récemment, un correspondant lecteur de ce blog, M. Julien Gonzalez, m'a signalé une image montrant un "musée pittoresque de sculpture", primesautièrement installé dans le jardin d'un pavillon situé, selon la légende de la carte postale où l'on pouvait le découvrir, à Triel-sur-Seine, en Seine-et-Oise (aujourd'hui les Yvelines).

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On notera l'inscription "Le Musée" sur le portail surmonté d'une tête sculptée, et, imprimée en bas à droite, la mention "L'Abeille Asnières" (la référence du cliché à une publication du début du siècle semble-t-il) ; les statuettes rassemblées par l'homme barbu que l'on voit dans le jardin regardant vers l'objectif, vraisemblablement l'auteur de ces sculptures "pittoresques", sont majoritairement massées près de la clôture, derrière le grillage, afin de permettre plus aisément la contemplation aux passants sans doute trop timides pour frapper à la porte de ce "musée" privé...

 

     Cette carte me rappelait quelque chose... Où avais-je déjà vu ce site? Ma mémoire d'obsédé des inspirés du bord des routes privilégie bien entendu ce genre de réminiscences... Et, donc, la lumière s'est brusquement faite! Bon sang, mais c'était bien sûr, comme aurait dit le commissaire Bourrel (le genre de référence qui, je l'avoue, date gravement celui qui la profère, mais baste...) : ce personnage coiffé d'un calot ressemblant vaguement à une chéchia, je l'avais déjà rencontré sur une autre carte, publiée comme tronquée, dans un livre sur les jardins... de l'art brut... Dans le livre de Marc Décimo, portant justement ces mots  en titre, réédité l'année dernière.

     Une autre carte en effet, au cliché pris plus frontalement, est insérée dans l'introduction des Jardins de l'Art Brut (éditions Les Presses du Réel), mais ne comporte aucune légende, comme si elle n'était d'ailleurs qu'un fragment de carte (le format ne paraît pas proche de celui d'une carte postale), à moins que ce ne soit plutôt une photo? Marc Décimo paraissait désolé de n'avoir pu localiser ce "musée". Je tenais bien entendu à dissiper cette désolation, grâce au recoupement avec l'autre carte dénichée par Julien Gonzalez. Ce dernier a mené une enquête auprès d'une association érudite de Triel qui lui a signalé que "la maison existerait toujours et se trouverait rue de l'Hautil, aux environs de l'embranchement du chemin des Gouillards à Triel."

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La carte postale publiée par Marc Décimo dans son livre Les Jardins de l'Art Brut ; davantage mis en scène, le "Musée" : avec l'homme au calot, apparemment assis, au milieu de ses œuvres que l'on discerne plus, étant donné que la saison a laissé les branches sans feuillage, et deux femmes présentes à l'arrière-plan, aux fenêtres du pavillon ; les statues semblent particulièrement modelées, manifestant une dextérité qui ne se limite pas à de la stylisation et cherche des formes se rapprochant du réalisme : ce sculpteur avait-il du métier, ou était-ce un autodidacte?

18/10/2007

Les Jardins de l'art Brut de Marc Décimo, présentation du livre

J'ai reçu l'annonce ci-dessous ces jours-ci, je répercute... : 
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"R e n c o n t r e   d é b a t
avec  
Marc Décimo
auteur du livre
Les Jardins de l'art brut
(Editions Les Presses du Réel)
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samedi 10 novembre à 15 heures

Auditorium de la Halle Saint-Pierre
Entrée libre
***
     Les Jardins de l'art brut, de Marc Décimo, parution octobre 2007
     Un essai sur la naissance et le devenir de l'art brut, un parcours en images hors des musées.
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    A partir des traditions médicale, littéraire et artistique qui, chacune selon leur point de vue, se préoccupaient de l'"art des fous", émerge la notion d'art "brut", telle que la définit Jean Dubuffet. A savoir, finalement, la possibilité de faire du résolument neuf dans les pratiques artistiques. Et de croiser, chemin faisant, Raymond Queneau, André Breton et... Marcel Duchamp. 
   Si l'art "brut" trouve enfin place dans divers musées du monde et devient populaire, où aujourd'hui fuit cet art ? C'est ce à quoi se propose de répondre ce livre de façons diverses, explorant jardins et visitant le monde.
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   Maître de conférences à l'Université d'Orléans, Marc Décimo est linguiste, sémioticien et historien d'art. Il a publié une vingtaine de livres et de nombreux articles sur la sémiologie du fantastique, l'art brut, les fous littéraires, sur Marcel Duchamp et sur l'histoire et l'épistémologie de la linguistique.
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(Auditorium Halle Saint Pierre, 2 rue Ronsard, 75018 Paris)  "
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(Les images proviennent toutes du site de l'éditeur Les Presses du Réel)