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13/10/2007

Fleurs de flammes

   Flânant avec les enfants de mon centre de loisirs, nous cherchons matière à photographie. Les enfants nous entraînent vers "la maison qui a brûlé" non loin, ça les a bien entendu frappés. Et sur une vitre, mon attention se cristallise sur de curieuses "fleurs" collées sur des vitres qui paraissent s'être brisées sous l'ardeur d'un brasier. Peut-être du plastique qui s'est recroquevillé par l'intensité de la chaleur. Clic, un paysage surgit avec ses magiques fleurs de flammes sous lesquelles semble couler un fleuve...

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Photo B.Montpied, oct.2007 (en cliquant sur la photo vous pouvez l'agrandir, merci à Frédéric L. pour l'enseignement de l'astuce)
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Et pour le pilote de Belvert, quelques bonus (ou boni?), pour le remercier de ses mots amicaux:
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La même photo, à gauche en entier et sans retouches (une vitre qui a éclaté sous le souffle de la chaleur), à droite, retouchée et recadrée de façon à souligner la possible apparition d'une tête plutôt grimaçante... (Photo Bruno Montpied ; là aussi, on peut les agrandir)
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(Photo B.M.)

23/09/2007

Du nouveau réalisme comme s'il en pleuvait

   Restons dans les ready-made, voulez-vous? Car c'est bien ainsi qu'il faut qualifier ces morceaux d'affiches déchirées, lacérées, ces dessous d'affiche qui réapparaissent tels des palimpsestes le temps d'un chantier de rénovation d'une station de métro parisienne, avec leurs lettres en miettes, leurs tons passés, leurs agencements de formes et de couleurs aux nuances si subtiles qu'un peintre mettrait des mois pour les trouver sur sa palette, avec leurs messages d'un autre temps aussi, comme ici où les Pieds Nickelés reviennent nous faire un clin d'oeil...

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   Ready made, poésie trouvée que ces tableaux à la Villeglé, à la Raymond Hains, à la François Dufrêne (mon préféré) qui surgissent sur les bas-côtés des métros qui se refont une beauté ( une autre forme de beauté, mais qui risque fort d'être une fois de plus occultée), ready-made comme les dessins du hasard sur les vieux murs chers à Léonard, les pierres aux formes étranges, les taches des agates, les troncs torturés, etc. Poésie naturelle des villes qui prend plutôt la forme d'un lettrisme de hasard, d'un nouveau réalisme pour pas cher. Un clic, et on emmène le tableau éphémère chez soi, au lieu de le coller au musée où d'autres sont déjà, qui nous ont appris à les retrouver dans le décor de nos vies quotidiennes. 

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(Photos B.Montpied, affiches anciennes déchirées trouvées à la station Notre-Dame-des-Champs, Paris, 2007)

25/08/2007

Des arbres, crus-tu au cuir?

      Pas grand-chose à se mettre sous la dent à Paris en ce mois d'août où pourtant, vu l'exode des Parisiens partis sous d'autres cieux chercher le soleil sacro-saint (moi, j'aime la pluie, et on peut dire que j'ai été gâté cet été), l'occasion est idéale pour flâner à la recherche de trouvailles, de surprises (les touristes ne gênent pas, ils sont tous agglutinés sur les mêmes pots de miels spectaculaires, Place du Tertre, Tour Eiffel, Louvre)...

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       Jusqu'à ces dernières semaines, je n'ai guère trouvé comme exposition intéressante que "Le cuir des arbres" à la Maison européenne de la Photographie, rue de Fourcy, près du métro St-Paul. Des photos de Marc Fumaroli, plus connu jusqu'ici comme historien et essayiste, académicien également,5df2b96ebc7e7eab43244966eb280781.jpg qui présente des photographies qui sont exposées jusqu'au 2 septembre relevant peut-être de son "jardin secret" (c'est le cas de le dire), partie souvent la plus vivante chez un individu...

        L'exposition est minuscule, reléguée derrière une petite cafétaria, et ne comptant qu'une dizaine de photos qui toutes montrent avec un réalisme exacerbé avant tout la matière de l'écorce des arbres. Davantage la matière que l'image fantastique que d'autres mettent davantage en avant (c'est ma préférence). Du coup, les photos laissent le visiteur un peu sur sa faim. Malgré le propos de leur auteur auquel pourtant je souscris pleinement (et qui fait que je rattache ce travail au dossier fertile de la Poésie Naturelle): "Silencieuse, sans défense, leur beauté [celle des arbres] donne sans rien demander en échange...".

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(Photos des photos de l'expo: B.Montpied)

03/08/2007

Forêts sans fin

     L'imaginaire est ce qui tend à devenir réel, a dit... Qui au fait ? (Novalis?) Et le réel aussi tend à devenir imaginaire. Bref, les vases continuent de communiquer.

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(La première photo a été prise sur une vitre passée au blanc d'Espagne à Valuéjols, Cantal, la seconde a été prise dans un bois en contrebas du Puy Mary, B.Montpied, 2007)

16/06/2007

Talent des rivières

    
Je suis un fan définitif des livres de Nicolas Bouvier. On me fera dépenser mes sous le plus aisément du monde en éditant le moindre de ses carnets inédits débités en fragments, étalés sur plusieurs livres... J'exagère bien sûr.
 Est paru l'année dernière aux Editions Zoé (Carouge, Suisse; cet éditeur qui partage avec moi le plaisir d'utiliser le logo du Sciapode572f8063965204aa9d396666f01cd0ad.gif -mais quelle est leur justification, je serais curieux de le savoir, dans mon cas, mon patronyme m'y autorisait naturellement...A noter que leur sciapode est plutôt une sciapode), est paru l'année dernière donc un magnifique album de photographies de Francis Hoffman, Les leçons de la rivière, qu'accompagne un texte de Bouvier, inédit (à ma connaissance), "hommage à un torrent de montagne", la Verzasca, coulant depuis le Haut-Tessin jusqu'au Lac Majeur. 7b833095555a1b4ff2225c0b046b4fd2.jpgIci, la publication isolée de ce texte de Nicolas Bouvier se justifie totalement, car il s'agissait d'un projet des deux auteurs remontant à 1986 et apparemment différé de vingt ans.
« Depuis des millions d'années qu'elle creuse sa vallée, elle a pris le temps d'écrire son livre dans des pierres aussi dures que le granit, la serpentine, une sorte d'obsidienne presque noire.
Les formes qu'elle a ainsi créées par violence ou patience -goulets, vasques, cascades, pitons érodés affleurant aux hautes eaux aussi doux et ronds qu'un genou- sont d'une fantaisie et d'une variété stupéfiantes. Cette rivière a beaucoup de talent. »2f85c87430aab90729afb124c434b557.jpg
Les photos de Francis Hoffman, en noir et blanc, ne se contentent pas de traquer des figures fantastiques dans les roches ou les remous cristallins des eaux, elles mettent en valeur la compétition des fluides et des solides pour bâtir du sinueux, une architecture complexe d'arabesques, un laboratoire des formes d'où peuvent aussi bien naître des corps aux gigantesques fentes offertes que des circonvolutions qui hésitent entre signes et art cinétique. Longeant les photos comme le promeneur longe la rivière, Bouvier cherche à oublier la neurasthénie qui l'a envahi pour retrouver la Chine qui paraît lui manquer.
« Je suis en pleine mue, en désaccord total avec ce qui est ma vie. Plus précisément, je me sens inférieur à tout ce qui m'entoure : famille, amis, travaux en cours, livres, arbres. Toutes choses longtemps rôdées, que j'aime et dont je me sens étrangement prisonnier. Les fumées de la Chine une fois retombées, je ne sais plus pourquoi j'existe. En fait, je ne suis plus bien certain d'exister. »
Un ouvrage à ranger, donc, dans tous les rayons de bibliothèque réservés à la poésie naturelle.
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Nicolas Bouvier au printemps et à l'automne de sa vie (par T.Vernet et Jean Mohr)
Et à ranger aussi non loin des autres livres de Nicolas Bouvier, dont celui qui traite davantage de l'obsession majeure de ce blog, l'excellent Art Populaire en Suisse, réédition 1999 chez Zoé (1ère édition 1991 chez Pro Helvétia/Désertina, voir la note que je fis dessus dans le supplément en français de la revue Raw Vision n°6 à l'été 1992).
A signaler aussi, pendant que j'y suis, l'édition toute récente d'une importante correspondance du compagnon de vagabondage de Nicolas Bouvier, le peintre Thierry Vernet, Peindre, écrire chemin faisant aux éditions l'Age d'Homme. Vernet dans ce gros livre se livre à une chronique circonstanciée de tout ce qu'il voit et rencontre durant le fameux voyage de 1953 avec Bouvier de Suisse jusqu'en Afghanistan. On sait que celui-ci en a tiré un chef d'oeuvre du récit de voyage (et de la littérature tout court), L'Usage du Monde .
 Ajoutons que Thierry Vernet, disparu vers 1993, quelques années avant Bouvier (mort en 1998), est un peintre complètement à l'écart des avant-gardes et des modes artistiques et cependant fort original, sensible, qu'il est urgent de mieux découvrir, tout au moins en France.
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