07 juillet 2007
Les Nefs des Fous
Que nos confrères de Belvert et d'Animula nous pardonnent (ça commence comme une prière), mais nous allons devoir leur repomper (pour le premier) et pomper (pour la seconde) certaines images d'esquifs qui traînent dans leurs colonnes (en y ajoutant cependant nos forts grains de sel).
Notre excuse est d'avoir initié la confrontation bateaux pop/bateaux bruts (sur Belvert, s'entend, et en fournissant déjà les photos), du temps où nous hésitions encore à franchir le Rubicon de la création de blog.
Nous voudrions maintenant réaliser un petit rassemblement des objets maritimes en question, des bateaux, sur une SEULE page, bien persuadé que le thème contient sûrement d'autres éléments à verser au dossier, mais en permettant aux amateurs de s'instruire des différences à relever, des parallèlismes, de la plus ou moins grande dose de fantaisie appliquée à ces diverses rêveries flottantes:
Pour commencer, une maquette de bateau anonyme photographié dans le département "Marine populaire" du musée rural des arts populaires de Laduz:
11:25 Publié dans Marine populaire et singulière | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Marine populaire, Laduz, Carlo M., Art Brut, Art Naïf, André Bindler, Auguste Forestier
22 juin 2007
Raymond Humbert, un Zao-Wou-Ki en passant par la Lorraine
Depuis plusieurs années, l'oeuvre de Raymond Humbert, artiste d'origine lorraine, surtout connu pour la création et l'animation de musées et d'expositions consacrés à la défense du patrimoine artistique populaire (la Maison du Coche d'Eau à Auxerre, le musée de Laduz, des ouvrages sur l'art populaire, etc.), commence à revenir de plus en plus dans la lumière, prenant, au fur et à mesure des expositions organisées ici et là, une stature des plus imposantes (après le musée des Beaux-Arts d'Auxerre,
une rétrospective de ses oeuvres
Catalogue Raymond Humbert, D'un art, l'autre, éd. Cinq Continents (auteurs:Philippe Chabert, Jean-Marie Lhôte, Gilbert Lascault), 2007
part pour l'été, jusqu'au 2 septembre, à l'Abbaye de l'Epau, près du Mans, vernissage le 29 juin, tél: 02 43 84 22 29).
Paysagiste abstrait, ainsi pourrait-on le qualifier (comme ce fut dit à propos de peintres des années 60 comme par exemple Maurice Wyckaert, bien peu connu dans notre doux pays, cf. ci-dessous à gauche), ou bien paysagiste visionnaire.
Travaillant sur le motif comme on dit,
mais l'investissant d'autres motifs plus intérieurs, irriguant ces observations de visions secrètes riches de subjectives ambivalences.
Scrutant aussi des motifs par eux-mêmes déjà "abstraits", comme les remous d'écume à la crête des vagues qu'il regardait en se laissant hypnotiser, oubliant l'heure et se laissant cerner par la mer du côté de Porspoder...
Laduz, 1989
On a souligné son admiration, par delà des peintres comme Derain ou Bonnard, pour les peintres japonais, Hokusai en tête (sa collaboratrice, Marie-José Drogou, peintre elle aussi et de grand talent, a aussi subi cette influence, ne voulait-elle pas réaliser les Cent vues du Grand Mouzou (récifs au large de Porspoder) comme il y a chez Hokusaï les Cent vues du Mont Fuji...). Il n'y a pas à douter du japonisme s'attardant chez Humbert. Mais je pense aussi souvent à Zao-Wou-Ki
, surtout aux encres de ce dernier (voir ci-contre à gauche), en contemplant les grandes compositions de Raymond Humbert transposant des fragments de paysages en de riches symphonies de lignes et couleurs, qui évoquent également le dripping de Pollock ou le pointillisme abstractisant d'un Mario Prassinos.
Comme Wyckaert (qui fréquenta un temps l'Internationale Situationniste), Raymond Humbert fut aussi un utopiste qui rêvait d'une autre civilisation à travers le rassemblement de ses extraordinaires moissons d'objets témoignant de l'art immédiat des artisans et des humbles. Son rêve le portait à imaginer une société où chacun créerait sans allégeance à un quelconque modèle venu d'un pouvoir artistique centralisé. Il nous est particulièrement cher pour cela, et ce n'est pas le nouveau président de tous les égoïsmes coalisés, élu récemment, qui nous le fera oublier.
(J'ai emprunté les deux grandes photos de peintures de Raymond Humbert -faites par Marie-José Drogou- au catalogue de ses "40 ans de peinture" au Musée des Beaux-Arts de Pau (été 1994). R.H, peignant à Porspoder, provient d'une photo de M-J. Drogou également.)
15:50 Publié dans Art moderne méconnu | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : raymond humbert, abbaye de l'epau, laduz, paysagisme abstrait, maurice wyckaert, marie-josé drogou
07 juin 2007
Laduz, la passerelle et la transparence
Du 16 juin au 16 septembre, une expo pour votre été dans un lieu enchanteur (ça sonne très pub de syndicat d'initiative) : les "Transparences" de Marie-Noëlle Fontan au Centre d'Art Populaire-Musée de Laduz (oui, ils ont changé de nom... Avant c'était le "Musée Rural des Arts Populaires", faut-il croire que "rural" est désormais trop suranné?).

Le vernissage est pour le 16 juin. Comme on le voit sur les vignettes que j'ai extraites du site du musée, les oeuvres sont faites à partir de matières d'origine végétale. Les mains tissent-elles machinalement osiers et roseaux laissant les représentations réalistes s'évaporer, puis dans le vide désormais installé, s'ouvrant à d'autres images, d'autres formes aléatoires? C'est une oeuvre qui me rappelle irrésistiblement une autre que j'avais découverte il y a plusieurs années, celle de Marinette Cueco, au regretté Musée des Enfants du Musée d'art Moderne de la Ville de Paris.
Le musée de Laduz s'est embarqué depuis à peu près cinq ans, toujours l'été, dans des projets visant à faire connaître l'art contemporain textile ou l'art contemporain du papier (les plis de Jean-Claude Correia en 2005, voir autre photo provenant du musée).
La politique d'exposition a donc progressivement évolué au fil des ans. Il n'y a plus d'exposition temporaire consacrée aux arts populaires, l'art contemporain entretenant des rapports de filiation avec l'art rustique est davantage privilégié.
Cela me paraît une évolution logique étant donné les personnalités des artistes, qui président depuis le début aux destinées de cette sympathique collection, Raymond Humbert, très grand peintre méconnu décédé en 1990 (une grande exposition se termine au musée d'Auxerre ce mois-ci), Jacqueline Humbert, peintre "naïve" travaillant avec les techniques du pochoir et du fixé sous verre, Marie-José Drogou, peintre, photographe, professeur d'arts plastiques, Jean-Christophe Humbert, peintre plasticien et directeur de l'Ecole municipale des Beaux-Arts d'Auxerre, tous ayant été pendant de nombreuses années les auteurs de manuels d'apprentissage de différentes techniques artistiques destinées aux enfants (la plupart édités chez Dessain et Tolra ; à noter qu'on pouvait découvrir incidemment grâce à ces ouvrages les oeuvres de ces professeurs-initiateurs qui se cachaient sous les dehors de simples illustrations).
Dans le dernier prospectus édité par le musée, ses animateurs annoncent que leurs expositions d'art contemporain sont à envisager comme des "passerelles" reliant "les imaginaires passés et présents"... Ici, au Poignard Subtil, les passerelles, on est plutôt pour...
A noter qu'à partir de 2008, le musée n'ouvrira qu'en juillet et août. Finis, les vernissages lentilles-saucisse à la Pentecôte?
15:05 Publié dans Galeries ou musées bien inspirés | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Art contemporain, Laduz













