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29/10/2016

Aventures de lignes (7) : Régis Gayraud

Régis Gayraud

  

       Régis Gayraud n’est pas réputé pour ses travaux de peinture ou, comme dans l'exposition "Aventures de lignes", par ses dessins insolites, hésitant entre fausse naïveté et humour subtil, tout en recélant des clés de lecture (voir plus bas le décryptage enregistré qu'il a bien voulu nous faire parvenir concernant le dessin Allégorie de l'histoire de l'art au XIXe siècle). Il est en effet davantage connu comme slaviste, spécialiste des avant-gardes russes du début XXe siècle, notamment du poète et typographe Ilya Zdanévitch, et traducteur de russe.

    On ignore cependant qu’il s’est exercé à toutes sortes d’expérimentations, notamment picturales, dans ses jeunes années, où il commença aussi très tôt à écrire des récits d’un humour souvent noir et fort décapant. J’ai eu l’occasion à quelques reprises d’exécuter des dessins ou des peintures avec lui, avec toutes sortes de matériaux, parfois dans des épisodes d’ivresse qui nous amenaient à jeter notre production par la fenêtre dans la rue en pleine nuit…Au fond, Régis, en digne héritier des membres du groupe COBRA et des situationnistes, ne répugne pas à embrasser une attitude d’art total, faisant feu de tout bois. Il mène, comme d’autres dans l'exposition ci-dessus citée (Cerisier, Garret, Montpied, Ruzena…), l’activité de critique, de front avec une activité créatrice. Les quatre dessins qu’il présente dans « Aventures de lignes » ont été produits « en flux tendu » (!), pour les besoins de l'exposition.

           (Régis Gayraud a publié également, récemment, un recueil de poèmes, illustré en frontispice par un dessin de Bruno Montpied, Et mes moi l’un après l’autre décrochent, collection de l’Umbo, Passage du Sud-Ouest, 2016).

Allégorie (2) de l'histoire de l'art au XIXe siècle, 50x65cm, 2016.jpg

Régis Gayraud, Allégorie de l'histoire de l'art au XIXe siècle, 29,7 x 42 cm, 2016 ; œuvre exposée à "Aventures de lignes", galerie Amarrage, 88 rue des Rosiers, St-Ouen, du 22 octobre au 4 décembre ; veuillez écouter le décryptage de cette œuvre, enregistré par l'auteur, et inséré ci-dessous :


podcast
 

 

26/10/2016

Aventures de lignes (4): Caroline Dahyot

Caroline Dahyot

 

       Caroline Dahyot est une charmante artiste qui a créé une maison mirage sur les falaises d’Ault dans la Somme : la Villa Verveine. Elle l’a peinturlurée de haut en bas, dans tous les sens, au point de se mettre un jour à dos la municipalité que ses outrances picturales en plein air révulsaient. A une époque précédente, elle a même été traitée de « sorcière » par des femmes jalouses de sa liberté. Elle peint, elle brode des « tapisseries », elle crée des assemblages de tissus, fils, morceaux de poupée, et autres matériaux, elle dessine sur des draps, elle joue de la musique de temps à autre (elle a participé à un groupe intitulé « Duo des falaises »). On ne devrait pas la pousser beaucoup pour lui faire avouer qu’elle aussi est intéressée par l’art total (c’est pourquoi je lui ai proposé, un jour, de réaliser un dessin en commun sur drap). Lorsqu’elle expose (comme dans les festivals d’Art et Déchirure à Rouen), elle aime constituer des installations regroupant les différentes facettes de son goût pour la création.

       Ses œuvres reflètent un besoin vital de construire une sorte de « sagesse » qu’elle bâtit au fil de sa vie et qui a souvent trait à ses rapports amoureux ou familiaux.

 

     (Voir sur Caroline Dahyot, B.M., note du 24-05-2010 dans le Poignard Subtil ; exposée dans "Aventures de lignes", du 22 octobre au 4 décembre à la galerie Amarrage, 88 rue des Rosiers, St-Ouen)

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Caroline Dahyot et Bruno Montpied, peinture en commun, Vers la sorcière et l'oiseau-guerrier, acrylique, et broderie, 2011 (ph. B.M. ; exposé à la galerie Amarrage)

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L'auteur se cache sous un masque de poupée éclaté... ph.B.M., 2016

01/03/2016

La Villa Verveine, mise à jour

      La Villa Verveine, c'est à Ault, en Picardie, près du Tréport, rappelez-vous, j'en ai déjà parlé. Et c'est une maison formidable, surtout à l'intérieur. Caroline Dahyot l'a peinte du sol au plafond, du moins dans les espaces qu'elle utilise quotidiennement. Elle peint, elle coud, elle brode, elle fait des assemblages, des poupées, quelquefois elle exporte son univers à l'extérieur comme bientôt dans le festival Art et Déchirure à Rouen, dans des sortes d'installations chargées de nous démontrer tout ce qu'elle est capable de faire, et qu'elle ne se contente pas de s'exprimer en deux dimensions dans des œuvres que l'on pourrait croire faites seulement pour le commerce. C'est un art total qu'elle vise, une conduite créative dans la vie. Bien sûr, son roman "familial "revient parfois avec insistance, mais l'on peut aussi préférer lorsqu'elle nous raconte des histoires de maison hantée. Il paraît en effet qu'un fantôme vient parfois s'asseoir sur sa terrasse qui est comme un promontoire en surplomb de la mer qui lèche la falaise où elle vit... On peut préférer aussi quand elle dessine des êtres imaginaires. Ou quand elle accepte de peindre à deux, du type "cadavre exquis".

Façade de la Villa Verveine, avr 11 (2).jpg

Deux états de la façade sur rue de la Villa Verveine, en haut: photo Bruno Montpied, 2011, et en bas: ph. B.M., 2016

Façade en février 2016 (2).jpg

Paix, bonheur, vie, broderie sur tissu, 2016 (2).jpg

Caroline Dahyot, Paix, bonheur, vie..., broderie, ph. B.M., 2016

Caroline Dahyot et BMontpied, La sorcière et l'oiseau guerrier, 2011, peinture sur drap - Copie (2).jpg

Caroline Dahyot et Bruno Montpied, La sorcière et l'oiseau guerrier, peinture sur drap, ph. B.M.,2011 

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La terrasse au fantôme, avec le banc à gauche où il vient s'asseoir, sans prévenir, ph. B.M., 2016

 

 

19/11/2009

Chomo pour ceux qui ne le verront pas à Paris

    Voici un lien vers le site de FR3 qui a mis en ligne un petit sujet filmé dans l'expo qui continue de se tenir actuellement à la Halle St-Pierre (il a été diffusé à partir du 9 novembre dans différents JT). On y voit différents intervenants s'exprimer succinctement à son sujet, Geneviève Chomeaux, fille de l'artiste, Antoine de Maximy qui fut l'auteur autrefois d'un documentaire sur Chomo et Laurent Danchin, commissaire de l'expo. Geneviève Chomeaux se balade dans le site actuel de son père, où l'on se rend compte (fugitivement car les images ne durent pas longtemps) qu'il ne paraît pas  rester d'oeuvres installées à l'air libre dans la forêt autour des sanctuaires (toujours debout), le site ayant été remanié profondément désormais. Ce qui pose la question: où sont-elles à présent? Dans des collections privées? Probablement: collection Chomeaux (la famille de Chomo), collection Josette Rispal, collections citées dans le catalogue de l'expo.