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Rechercher : sirènes

Et Roger Mercier quitta le ”navire” de Bresse-et-Castille lui aussi...

      Tout passe, tout lasse, tout casse...

    Est-ce qu'une grosse page générationnelle serait en train de se tourner? Après les disparitions d'André Hardy, d'Horace Diaz et la mise en maison de retraite des frères Vanabelle, voici que je découvre aussi le départ de Roger Mercier, l'extraordinaire auteur du "Château de Bresse-et-Castille" qui se dresse à Damerey en Saône-et-Loire, construit par lui entre 1982 et 2000 pendant ses années de retraite (comme le proclame un panneau apposé bien en vue à l'entrée de sa propriété, entrée qui est cintrée comme une énorme demi-barrique).

 

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Portrait de Roger Mercier dans l'encadrement de sa porte d'entrée, en arrière-plan des statues représentant des danseurs espagnols en costume traditionnel, photo Bruno Montpied, mai 2013

 

 

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Roger Mercier, vue d'ensemble de son "Château de Bresse-et-Castille" avec la maison bressane au premier plan à gauche, photo Jean-Loup Montpied, mai 2013

 

   "Après avoir mûrement réfléchi" sa décision, comme l'écrit le Journal de la Saône-et-Loire où j'ai trouvé l'info, monsieur Mercier est parti dans sa famille à Epervans, sans doute trop fatigué pour vivre seul sous la grande tour de son "Château" (dans ce complexe muni de plusieurs bâtiments de diverses proportions, il possédait aussi une maison bressane sur le devant, le long de la nationale, qu'il louait et au bord de laquelle il avait installé quelques animaux en ciment: otarie, cerf, perroquets, biche et son faon, un loup (ou un chien noir?), un panda...). Installations confiantes mais périlleuses, placées ainsi si près des voitures, car il avait retrouvé une de ses statues au matin explosée sur la route par quelques jeunes vandales ayant voulu bêtement s'amuser à quelque bowling idiot...

 

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Façade maison bressane, de l'otarie au panda, ph. BM, 2013

 

    Je l'avais visité in extremis en mai de l'année dernière en compagnie de mon frère. Sans avoir prévenu au préalable, on était tout de même tombé sur lui, par chance (ou bien grâce à l'Ange des Inspirés qui m'est toujours fidèle), et il nous avait fait visiter rapidement le chef d'œuvre de sculpture et d'architecture qui éclate avec évidence autour de la cour à l'arrière... Certes il portait son âge (87), mais vibrait en lui une énergie que j'aimerais bien avoir lorsque j'atteindrai  la même limite (si tant est que j'y arrive...).

 

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La cour du "château" vue de l'arrière, ph.BM, 2013

 

    J'aime sa cour qui ressemble à une scène et un décor de théâtre jouant toujours la même pièce, à la trame inspirée semble-t-il par sa compagne d'origine espagnole, malheureusement disparue il y a peu d'années. Les références aux clichés touristiques de l'Espagne, le taureau, le matador, le picador, la danseuse de flamenco entourée de ses guitaristes, une Bodega aussi plutôt mexicaine avec son consommateur titubant au fond d'une unique salle, le disputaient à une référence plus maritime pour le coup, Neptune, son trident, et deux sirènes tenant un gouvernail avec une tête au centre.

 

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Neptune et ses sirènes, ph.BM, 2013

 

 

   Une Espagnole brandissant une lanterne, dans une posture faisant songer à la Statue de la Liberté de Bartholdi, se tient roide sur une colonne qui la magnifie, dominant le petit peuple des statues. Sous la plus haute tour, un paon fait la roue (il y en a un autre sur la façade de la maison bressane côté route), symbole de la fierté du créateur? D'autant que sur plusieurs faces de cette tour, on devine le moulage de la tête de Roger Mercier incrusté au milieu de masques en formes de soleils... Roi-Soleil, Roger Mercier? Qu'il ne se couche jamais, alors...

 

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Les effigies de Roger Mercier moulées dans des soleils, ph.BM, 2013

 

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Une sirène d'Armand Goupil

     Tenez, voici dans la chaleur de l'été une vue poissonneuse, une sirène en proue de barque, telle que l'a vue en 1955 Armand Goupil. Cela fait partie d'un carnet de croquis, format 31 sur 20 cm, comprenant 43 pages (et donc 43 croquis, tous datés de la même année, qui ont permis à Goupil d'essayer diverses techniques, autres que l'huile, comme les craies, le brou de noix, le fusain, les crayons de couleur, l'encre, la plume...). A rajouter à toutes les sirènes déjà vues sur cette colonne, et en espérant que mes commentateurs férus de Mami Wata ne s'échauffent pas plus que ça dessus...

 

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Armand Goupil, Sirène du 23-IX-55, coll Bruno Montpied

Je renvoie les amateurs, qui voudraient en voir et en savoir plus sur Goupil, à mes articles, « L’œuvre intime d’Armand Goupil, l’inconnu de la Sarthe », paru dans 303, Arts recherches, créations n°119, Nantes, janvier 2012 (illustré de 6 photos), et « Armand Goupil, peintre inconnu, peintre domestique », paru dans Création franche n°29, avril 2008, Bègles. Sur ce blog, on peut également en découvrir passablement en allant vers ce lien.


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19/08/2012 | Lien permanent

Encore la Sirène

      Je viens de recevoir communication de l'apparition d'une projection lumineuse en forme de sirène sur le mur intérieur d'une maison dont j'ai déjà parlé en novembre 2008 sur ce blog. Si l'on veut se souvenir, devant cette maison, pousse un rosier de la variété de roses Mermaid (sirène en anglais). La mère de la jeune personne qui a photographié la dite projection lumineuse de ces derniers jours est décédée lorsque cette jeune fille avait douze ans. Elle prisait particulièrement la thématique de la sirène. C'est comme si elle envoyait depuis le pays d'où personne ne revient des signes d'affection, des clins d'oeil de l'au delà. Comme si une maison, saturée de son souvenir, était désormais hantée de fantômes aux doux aspects d'ondines.

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Projection lumineuse suite à un reflet sur de la vaisselle, photo Juliette C., avril 2010
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La voyez-vous bien, l'ondoyante sirène?
 

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02/05/2010 | Lien permanent

Les roulottes de Pascal Tirmant

     Qui n'a jamais rêvé de se déplacer en roulotte, ou en péniche? Pascal Tirmant, je ne sais s'il a pu réaliser le rêve, mais en tendres maquettes curieuses, fichées sur des tiges comme fleurs d'un nouveau genre, au moins il aura pu lui donner un commencement d'exécution. Il possède un blog consacré à son travail, et à celui de sa compagne Léa qui fait des monotypes d'après ses roulottes, blog qui permet de se faire une idée de dix-huit d'entre elles. En voici deux que j'ai sélectionnées parmi la troupe, la première en raison de la thématique de la sirène qui m'est chère. On peut voir les originaux à Paris en ce moment (voir ci-dessous).

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Pascal Tirmant, Roulotte-sirène

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Pascal Tirmant, Où sont les nuages?

Les Roulottes Objets-sculptés de Pascal Tirmant, Toiles et monotypes de Léa Tirmant sont à découvrir du 6 mai au 4 juin 2010 à la Médiathèque Fnasat-Gens du voyage - 59, rue de l'Ourcq, Paris 19e. T: 01 40 00 35 04. (Merci à Myriam Peignist pour l'information);

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Une sirène des rues encore (Mami Wata la suite, à Paris)

     Les sirènes me poursuivent drôlement je trouve. J'errais samedi matin avec un ami brocanteur aux Puces de Vanves, et comme souvent je me disais que je n'allais encore rien trouver. Et c'est toujours au moment où l'on désespère (enfin c'est souvent  à ces moments-là, un peu comme lorsqu'on est las d'attendre un bus qui ne vient pas, et qu'on se décide à partir, et il survient juste au point de lassitude...), que la surprise se manifeste. Repassant devant un éventaire qui sans doute avait été tardivement déballé, me frappent comme une balle deux peintures représentant deux magnifiques sirènes que le biffin a accrochées à la grille longeant le trottoir. Présences immédiates! Qui m'élisent aussi sec! Une connexion se fait instantanément, je ne peux faire autrement que chercher à en acquérir une. Il y en a quatre au total, et aussi des animaux (une belle hyène dégustant une proie sanguinolente, deux lions qui ont une certaine ressemblance avec ceux que peignait le naïf italien Ligabue). Et le marchand me dit: c'est les "Mami Wata" qui vous intéressent? Encore des Mami Wata...! Je ne les avais pas d'emblée reconnues pour sirènes africaines. Elles sont signées "Mansuela 78". Un peintre zaïrois (le Zaïre est l'ancien Congo) actif dans les années 70 donc.

 

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Mansuela, sans titre (Mami wata), 43 x 62 cm, 1978

 

      Je choisis d'acquérir, parmi les quatre sirènes, qui tiennent tantôt un téléphone, tantôt un micro surgi des eaux, une qui cueille des roses, poussant bizarrement parmi des touffes d'herbes dans le fleuve d'où elle émerge (les Mami Wata sont des esprits d'eau douce plus particulièrement, je crois). Et il ne me revient qu'à présent, en rédigeant cette note, l'anecdote relative au rosier de la variété de roses "Mermaid" que j'ai évoqué dans ma précédente note sur les Mami Wata (voir lien ci-dessus). L'inconscient a parlé, je ne pouvais choisir qu'une sirène à la rose. Les collections se constituent ainsi, pièce après pièce, recomposant un puzzle qui dessine le désir de ce que nous voudrions sauver de notre vie (voir aussi la note sur ce fantôme lumineux de sirène surgi un jour dans la même maison au rosier "Mermaid").   

 

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Pourquoi pas une sirène de plus?

     Vue à Bailleul dans le Nord, cette effigie séduisante au-dessus du débit de boisson (en l'occurrence, du débit de poisson) "le Mélusine", cette sirène se recoiffant devant son miroir:

Enseigne à la sirène, Bailleul, ph.Bruno Montpied, 2010.jpg
Enseigne à la sirène, Bailleul, ph. Bruno Montpied, 2010

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Une sirène africaine à Pamiers

     Les Amoureux d'Angélique m'ont fait un magnifique cadeau avant l'heure, en se baladant aux Puces de Pamiers, où ils ne se sont pas pâmés devant des puciers, non, au contraire, ils sont tombés sur une petite merveille, une sirène à queue bifide, c'est-à-dire deux queues. Qui a tout l'air d'une Mami Wata, avec ce serpent qui lui passe sous les reins, en tout cas, eux comme moi avons plaisir à nous l'imaginer... Elle valait 1 €. Comme quoi nul besoin de s'en aller faire ses emplettes avec la Jet Set de l'art brut du côté des grandes foires d'art brut à la mode pour trouver de la poésie populaire à portée de tout un chacun.

 

 

Anonyme,-sirène-(mami-wata-.jpg

Anonyme, sirène, peut-être une Mami Wata africaine, des traces de trous sur le haut de la pièce peut laisser imaginer qu'elle servit peut-être de figure de proue sur quelque grosse barque, comme image propitiatoire chargée d'éloigner les  esprits malins des eaux  ; dénichée par Martine et Pierre-Louis Boudra à Pamiers, 2010, photo BM

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Le bal des sirènes

     L'ami RR (la mire...?) signale dans son récent commentaire à notre ancienne note sur les Mami Wata africaines une image vue sur l'affiche du Festival de l'Oh! en Val-de-Marne (ça se passe aussi en Seine-Saint-Denis et un tout petit peu à Paris)  prévu pour se dérouler le week-end prochain (27-28 juin). Voici la peinture en question dont on ne connaît pas l'auteur.

sirène sur l'affiche du Festival de l'Oh!, 26-27 juin 2009.jpg
Un peintre africain?
    RR pense qu'il s'agit d'un dessin d'enfant. C'est possible. Mais alors quelle assurance dans la composition... Mon intuition me suggère qu'il s'agit plutôt d'un adulte qui dessine en ayant gardé une approche enfantine de son sujet. Sirène d'Esther, 11 ans,2009.jpg Voici ci-contre des dessins de deux petites filles de mes ateliers en BCD qui se sont laissé entraîner du côté des sirènes, au point pour l'une des deux, Nabila, de leur imaginer des tenues de bain...Costume de sirène, Dessin de Nabila,11 ans, mai 2009.jpg On peut ainsi mesurer la subtile distance qui s'établit entre ces différentes façons de représenter un même sujet.

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La Mami Wata de Cyprien Tokoudagba

     Ces histoires de sirènes africaines, les Mami Wata, m'ont fait oublier je ne sais pourquoi de parler d'un bel ouvrage édité par la Fondation Zinsou au Bénin (l'ancien Dahomey) au sujet de cet extraordinaire artiste nommé Cyprien Tokoudagba, que j'apprécie énormément, surtout depuis une exposition qui s'était tenue à l'Institut du Monde Arabe en 1994, Rencontres Africaines, où ses tableaux gigantesques montrant des figures isolées sur fond blanc, manifestement inspirées des cultes vodoun, figures d'une grande audace picturale, m'avaient littéralement sidéré. Certes, en France, le travail de Tokoudagba avait  déjà surtout été révélé par la remarquable exposition des Magiciens de la Terre (organisée en même temps à la Villette et au Centre Beaubourg en 1989). A l'époque dans la foule de créateurs venus des quatre coins du monde pour les besoins de cette exposition fondatrice, j'avais surtout remarqué d'autres créateurs africains, en particulier Bruly Bouabré ou Bodys Isek Kinghelez, mieux mis en scène sans doute.

Couverture du livre sur Cyprien Tokoudagba édité par la Fondation Zinsou, 2006.jpg

      Dahomey, Rois et dieux, Cyprien Tokoudagba, tel est le titre de cet ouvrage (bilingue anglais-français) que j'ai trouvé sur un stand dédié à la culture béninoise tel qu'on pouvait en voir un peu en marge de l'immense espace du Salon du Livre en mars dernier. Il parut à l'occasion d'une expo du même titre consacrée à l'artiste à Cotonou à la même Fondation Zinsou en 2006. Or, ce livre en plus du fait qu'il permet d'en apprendre davantage sur Tokoudagba (à lire l'éclairant texte de Joëlle Busca en particulier), nous met en contact avec une autre version de la Mami Wata, cette fois concocté par notre artiste béninois.

Cyprien Tokoudagba,Mami Wata, Extrait du catalogue de la Fondation Zinsou, 2006.jpg
Mamiwata, Acrylique sur toile, 154x98cm

      A côté de sa reproduction, une notice donne de précieux renseignements sur la "sirène" en question, en réalité une déesse, un "génie de la mer": "Elle habite les profondeurs de la mer et commande à des myriades d'ondines. Souvent elle se présente sous les traits d'une très belle femme lorsqu'on l'invoque surtout au bord de la mer. Elle est détentrice de beaucoup de richesses (argent, bijou, or...) convoitées par les humains à qui elle les dispense (...). Elle s'entoure de serpents qu'elle enroule autour d'elle. Son culte est assez répandu. En tant qu'esprit, elle peut prendre la forme qu'elle veut, tel ici un personnage visiblement masculin à trois têtes..." Elle peut "prendre la forme qu'elle veut"... On ne saurait mieux dire... Au vu de toutes les reproductions de Mami Wata en circulation (voir ma note du 9 novembre 2008 ), on s'en convainc aisément. Dans le même livre, on trouve aussi, entre autres images magnifiques, une toile représentant le dieu Gou, du fer et de la guerre (c'est le même qu'Ogun, une sorte "d'homologue du dieu Mars de la mythologie latine", dit le catalogue), c'est une image géniale, hallucinée...

Cyprien Tokoudagba, Dieu Gou, extrait du catalogue de la Fondation Zinsou, 2006.jpg
Gou, acrylique sur toile, 195x102cm

 

 

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Donadello et la sirène

     Encore un qui a été touché, envoûté, par le chant de la sirène (voir note précédente sur Horace Diaz)... Cette dernière ne chante plus pour tuer les victimes de ses charmes mais pour les contraindre à la représenter, la façonner, la caresser. Inspirés du bord des routes, vous voici amants des sirènes.

Joseph Donadello avec sa sirène en ciment, ph.Les Amoureux d'Angélique-Ass Gepetto, 2009.jpg
Joseph Donadello et sa sirène, ph.Collection Les Amoureux d'Angélique (Carla-Bayle), 2009

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30/06/2009 | Lien permanent

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