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31 décembre 2007
Une chanson de Lord Charles pour finir en beauté 2007
2007 n'en peut plus, 2007 jette ses dernières flammèches, 2007 est à bout de souffle, et ça me fait mal. Mal de voir partir une année de plus. Je n'aime pas beaucoup ce Sylvestre, qui porte significativement un nom digne d'un Homme Sauvage. L'année se meurt au fond d'un bois déplumé quoique bien ténébreux (non, pas un beau ténébreux, histoire de citer Gracq, parti justement avec cette année 2007). Rien ne pourra m'en consoler, si ce n'est la foi en l'avenir... 2008? Oui? Alors, je vais chercher dans les rayons de ma bibliothèque des raisons de sourire ou de fredonner et je retrouve les Oeuvres Complètes de Lord Charles (annotées par John Hulme ; éditions la Découverte, Paris, 1984), fort réjouissante compilation de chansons anglophones aux consonances étrangement familières.
Je vous recopie une des chansons à la graphie anglophone qui devrait vous mettre quelque puce à l'oreille. En réalité, on y cause de bal, ce qui est de circonstance en cette journée de réveillon annoncé. Cela inaugure sur ce blog, à la veille de l'année nouvelle une catégorie inédite que j'intitule "Curiosités et divertissements langagiers".
"'s your lip on dune or, urn (1) Bali aid on eh,
Add elder Monte (2) a some air Dee (3) Al (4) eh.
No gnome * a fee, tune nearer pad an say,
Mont Assa (5) sham bracer (6) may apple hooray!
__
1. Cette urne de Bali l'aida à faire quoi?
2. Philippus de (1521-1603), un des maîtres néerlandais de la musique polyphonique.
3. Fleuve au nord-ouest de l'Angleterre.
4. Capone.
5. Volcan heureusement éteint sur le plateau de Chillong, où il y a de grandes plantations de thé de renommée mondiale.
6. Faux tonique.
* Note explicative d'importance vitale: la lettre g de "gnome" est muette."
Les notes sont du même auteur que la chanson (que certains ethnologues familiers de ce blog et du Poitou -et non de Sébastopol...- devraient immédiatement reconnaître, après un court instant de stupeur, ce qui fait tout le charme de ce divertissement précisément...), à savoir le dénommé Lord Charles, que le quatrième de couverture présente comme un "vieil original anglais, amateur de golf en chambre, collectionneur de puces sauteuses et rude buveur de whisky". Ses chansons, je m'empresse de le conseiller, se doivent d'être prononcées à voix haute dans votre "gueuloir" privé, c'est ainsi qu'elles révèlent leur secret... Essayez ce soir à minuit! Et bonne fête!
10:55 Publié dans Curiosités et divertissements langagiers | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Lord Charles, John Hulme, La Découverte, Homophonies, Homme Sauvage
27 décembre 2007
Pépé Vignes joue sûrement de l'accordéon au paradis
Il me semble que personne n'en a parlé (*), mais Pépé Vignes s'en est allé. et cela fait déjà quelques mois cette année, cette année qui meurt à son tour... Nous ne savions plus grand-chose de lui depuis bien longtemps, tant il était protégé de ses admirateurs par ce qui lui restait de famille. Il serait temps de songer à repartir à sa recherche. Voici une première trace ci-dessous.
00:35 Publié dans Art Brut | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Art brut, Pépé Vignes
24 décembre 2007
Prières de Noël, sainte nuit, douce nuit...
En cette nuit de Noël, quelques minutes avant minuit, ses messes, son gros joufflu qui va encore aller s'encastrer dans les cheminées pour aider à faire tourner le grand marché, donnons une petite image faite d'après une peinture à la gouache d'un certain Armand Goupil signalé par un ami brocanteur, peinture (sur carton) photographiée sur le stand d'un autre broc, Jean-Philippe Reverdy, que je remercie très hautement ici. Cadeau de Noël!
23:55 Publié dans Art naïf | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Armand Goupil, Art naïf, art domestique, Jean-Philippe Reverdy
23 décembre 2007
Figures éclatées
Trois figures en voie de démantèlement, voici ce que je propose à cette heure. Une, vue dans le hasard d'un frottage au blanc d'Espagne sur une vitre de magasin désaffecté à Valuéjols dans le Cantal en juillet dernier. La deuxième est la version noir et blanc d'un visage à la bouche vissée, éclaté dans la traînée de rouille d'une épave du petit cimetière de bateaux du port de Camaret, photo prise à l'été 2003. La troisième est le résultat d'un frottage à la mine de plomb effectué sur la poutre d'une vieille maison du Cézallier durant l'été 2004, le but étant de retrouver, par le détour de la technique inventée par Max Ernst, rien de moins que la "façon de créer de la nature", comme aurait dit mon ami Strindberg... C'est pourquoi je réunis ces trois images ici même...
14:35 Publié dans Art singulier, Poésie naturelle ou de hasard | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Poésie naturelle, Art singulier, cimetière d'épaves de Camaret, Frottage, Strindberg
22 décembre 2007
Couteau subtil, il cherche la brèche...
Ce cliché d'un ami photographe autodidacte, José Guirao, date d'une trentaine d'années à présent.
Pris dans une cour d'école où l'ami en question officiait, il est très énigmatique. L'enfant coiffé d'un chapeau de Zorro éprouve de son doigt ganté de noir le tranchant d'une lame qu'il destine à un usage que l'on peut interpréter comme inquiétant...
Pour moi, cependant, il y a là une provocation inconsciente, un jeu théâtral avant tout, un théâtre spontané qui ne maîtrise pas toutes les interprétations que les adultes pourraient faire du geste de l'enfant. Il y a du sadisme implicite dans ce geste, certes. Il y a aussi, simultanément, du mimétisme et du détournement dans cette attitude. De la provocation. Je privilégie cette dernière hypothèse, vous savez, le "geste surréaliste le plus simple consisterait à descendre dans la rue le revolver au poing," etc... Et pour moi, ce porteur de couteau, qui est un jouet, cherche aussi à percer une brèche dans l'espace-temps, car l'enfant de par sa nature tend à faire communiquer les mondes parallèles entre eux.
Cet enfant préfigure Will et Lyra les héros d'A la Croisée des mondes, ce magnifique chef-d'oeuvre de la littérature de fantasy que l'on doit à l'écrivain Philip Pullman (à qui j'ai emprunté son poignard subtil). Rien n'empêche d'interpréter aussi cette photo dans ce sens.
13:20 Publié dans Art de l'enfance, Photographie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : José Guirao, Philip Pullman, A la Croisée des Mondes, Art enfantin, Poignard subtil
Dictionnaire du Poignard Subtil
12:45 Publié dans Art immédiat, Art populaire insolite, DICTIONNAIRE DU POIGNARD SUBTIL | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Raymond Humbert, Epouvantails, art immédiat, art populaire, Autrement
20 décembre 2007
Zorro et zig-zags
02:50 Publié dans Papillons de l'immédiat | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Pleumeur-Gautier, Christine Bruces, Henri Salvador, Zorro
17 décembre 2007
Un pompier qui n'est pas pompier
C'est bientôt l'époque des calendriers des postes ou des pompiers. A ces derniers, je donne facilement, d'autant plus qu'ils ont sauvé la mise à un ami collectionneur il n'y a pas très longtemps (et ce blog doit beaucoup à cette collection), l'immeuble ancien ayant tendance à brûler comme un rien...
Alors, pourquoi ne pas leur suggérer d'ajouter à leurs images trop souvent kitsch ( l'Art Modeste peut-il les récupérer à son usage?), voire ringardes, histoire de leur redonner quelque fraîcheur, l'image ci-contre représentant un monument d'hommage à un pompier, ou plus précisément, au Pompier, le Pompier inconnu, le Pompier générique (et généreux bien sûr)?
Je n'ai rien trouvé de passage dans la commune de Pierre-Buffière (au sud de Limoges) au sujet de ce buste d'allure plutôt massive. La sculpture de granit se trouve au cimetière. Monument au pompier inconnu? Qui pourrait me renseigner?
10:29 Publié dans Art populaire insolite | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Sculpture naïve, Pompiers, Pierre-Buffière, monuments ou sculptures insolites en plein air
15 décembre 2007
Le "Lulu Club", qui saura le décrypter?

Coll.privée, Paris, photos B.Montpied
"Lulu club", on lit ces mots inscrits en capitales sur la nappe de part et d'autre d'une table où sont rassemblés des hommes du monde. Que sont-ils venus faire en ce lieu? Difficile à dire... Un seul homme se tient debout derrière le rang de droite, il semble parler et pointe du doigt quelque chose ou quelqu'un. Peut-être le gros oeuf sommé d'un noeud enrubanné qui trône au milieu de la table, orné d'un profil de femme, qui, d'après moi, pourrait bien être la fameuse "Lulu"...
"D'après moi", eh oui, j'en suis réduit aux conjectures et peut-être, derrière l'hypothèse intuitive, au délire d'interprétation. Au fond, j'aime assez en être réduit à de telles extrémités! Si vous voulez bien, délirons ensemble, et peut-être même, proposez vos propres interprétations...
Celui qui pointe du doigt pourrait bien être une sorte d'imprécateur, un qui a quelque chose sur le coeur, quelque chose d'assez lourd pour provoquer la réalisation d'une telle composition (crayons de couleur, craie...) dessinée sur une fine feuille de papier de 55 sur 11O cm. C'est le seul personnage qui se tient debout, il domine la scène, tel un juge ou mieux, tel le peintre, le narrateur... Il paraît désigner l'oeuf où est peint le doux profil d'une femme, la femme pour le souvenir, l'évocation de laquelle est réuni cet étrange aréopage d'hommes aux sourires de commande, légèrement béats, non loin du rictus.
Ils ont tous été réunis pour Lulu, conviés à déjeuner, puisque ce qui ressemble bien à une oie rôtie, au centre de la table, pleure déjà à la pensée du repas que l'on va faire sur son dos, ses cuisses, ses pilons (la larme qui coule sous l'oeil du volatile fait écho à la "larme" en pendentif qui orne l'oreille de la dame)...
Une "oie", dis-je? On connaît le double sens de ce mot. Une oie, une gourde (pour la soif des instincts masculins primaires?), une sotte qui s'est bien fait avoir ("posséder", là aussi, plein de double sens). L'imprécateur leur reproche-t-il leur comportement avec Lulu? L'oeuf, ou le médaillon aussi bien, où se montre le profil, a été entouré de fleurs, des roses, cela paraît bien être un hommage...
Deux mots sont inscrits au-dessus de la scène, "Amitié", "Solidarité"... Est-ce de l'ironie? Solidarité entre butors, entre soupirants sans soupirs, toujours prêts à revenir dévorer celle qu'ils ont prise pour une oie blanche, mais dont le peintre, par désir de vengeance, a décidé de laisser les portraits caricaturaux afin de les ridiculiser dans la mémoire?
Tous ces éléments paraissent composer un joli petit puzzle qui s'enchaînerait bien, s'il n'y avait qu'eux... Seulement voilà, un grain de sable vient enrayer ce beau mécanisme... Il existe un élément dans la composition dont on ne comprend absolument pas la présence... Et c'est, vous l'avez certainement tout de suite remarqué, l'étrange pingouin placé tout en haut du premier rang, fort énigmatique et inexplicable (depuis Wallace et Gromit, on sait comment les pingouins peuvent se révéler énigmatiques et inexplicables) ...
Seule hypothèse qui puisse éclairer sa présence, le jeu sur les mots, le goût du calembour visuel que paraît grandement priser l'auteur de cette charge satirique (une signature malaisément déchiffrable dans le bas à gauche paraît révéler la signature d'un certain "G.Georgeon", inconnu de moi ; à signaler à droite une autre inscription, "Max", qui désigne peut-être seulement l'homme sur qui est placé le prénom), un "pingouin" en argot, c'est un avocat ou un huissier. Le caricaturiste représente-t-il un avocat qui aurait été impliqué dans cette sombre affaire d'amants en goguette?
A vous de me dire!
12:50 Publié dans Art inclassable | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : G.Georgeon, caricature, Lulu Club, art inclassable
08 décembre 2007
Gaston Mouly, meilleur conducteur du Lot
Gaston Mouly nous a quittés en trombe, comme il avait vécu, plutôt vite, voici dix ans exactement. Cela méritait un petit hommage commémoratif avant que l'année ne finisse complètement et pour entretenir un peu la flamme des héros de notre temps. Voici donc trois photos tirées de mes archives personnelles, inédites. Art rustique moderne garanti (car Chaissac a bien eu au moins un successeur digne de son concept, à mon humble avis).
20:45 Publié dans Art singulier | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : gaston mouly, art rustique moderne, chaissac, art singulier, création franche
























