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31/12/2007

Une chanson de Lord Charles pour finir en beauté 2007

   2007 n'en peut plus, 2007 jette ses dernières flammèches, 2007 est à bout de souffle, et ça me fait mal. Mal de voir partir une année de plus. Je n'aime pas beaucoup ce Sylvestre, qui porte significativement un nom digne d'un Homme Sauvage. L'année se meurt au fond d'un bois déplumé quoique bien ténébreux (non, pas un beau ténébreux, histoire de citer Gracq, parti justement avec cette année 2007). Rien ne pourra m'en consoler, si ce n'est la foi en l'avenir... 2008? Oui? Alors, je vais chercher dans les rayons de ma bibliothèque des raisons de sourire ou de fredonner et je retrouve les Oeuvres Complètes de Lord Charles (annotées par John Hulme ; éditions la Découverte, Paris, 1984), fort réjouissante compilation de chansons anglophones aux consonances étrangement familières.

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   Je vous recopie une des chansons à la graphie anglophone qui devrait vous mettre quelque puce à l'oreille. En réalité, on y cause de bal, ce qui est de circonstance en cette journée de réveillon annoncé. Cela inaugure sur ce blog, à la veille de l'année nouvelle une catégorie inédite que j'intitule "Curiosités et divertissements langagiers".

"'s your lip on dune or, urn (1) Bali aid on eh,

Add elder Monte (2) a some air Dee (3) Al (4) eh.

No gnome * a fee, tune nearer pad an say,

Mont Assa (5) sham bracer (6) may apple hooray!

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1. Cette urne de Bali l'aida à faire quoi?

2. Philippus de (1521-1603), un des maîtres néerlandais de la musique polyphonique.

3. Fleuve au nord-ouest de l'Angleterre.

4. Capone.

5. Volcan heureusement éteint sur le plateau de Chillong, où il y a de grandes plantations de thé de renommée mondiale.

6. Faux tonique.

* Note explicative d'importance vitale: la lettre g de "gnome" est muette."

    Les notes sont du même auteur que la chanson (que certains ethnologues familiers de ce blog et du Poitou -et non de Sébastopol...- devraient immédiatement reconnaître, après un court instant de stupeur, ce qui fait tout le charme de ce divertissement précisément...), à savoir le dénommé Lord Charles, que le quatrième de couverture présente comme un "vieil original anglais, amateur de golf en chambre, collectionneur de puces sauteuses et rude buveur de whisky". Ses chansons, je m'empresse de le conseiller, se doivent d'être prononcées à voix haute dans votre "gueuloir" privé, c'est ainsi qu'elles révèlent leur secret... Essayez ce soir à minuit! Et bonne fête!

27/12/2007

Pépé Vignes joue sûrement de l'accordéon au paradis

    Il me semble que personne n'en a parlé (*), mais Pépé Vignes s'en est allé. et cela fait déjà quelques mois cette année, cette année qui meurt à son tour... Nous ne savions plus grand-chose de lui depuis bien longtemps, tant il était protégé de ses admirateurs par ce qui lui restait de famille. Il serait temps de songer à repartir à sa recherche. Voici une première trace ci-dessous. 

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Pépé Vignes, sans titre, crayons de couleur sur papier Canson, 1976, coll.privée, Paris (ce qui pourrait ici ressembler aussi bien à un châlet suisse est en réalité un tonneau, normal pour un homme qui s'appelle Vignes...)
 
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(*): Personne? Pas tout à fait. En regardant mieux, j'ai trouvé que le site du musée de la Création Franche avait indiqué la date du décès de Joseph Vignes à la date de cette année... Un peu plus d'ampleur serait cependant souhaitable pour une telle nouvelle. Il n'y a pas que Julien Gracq qui mérite des hommages.
+
Post-scriptum n°2: Personne? Ouh là là... Suite au commentaire de "fd" paru à la suite de cette note, j'ajoute qu'on doit signaler aussi le blog consacré à l'art singulier et à l'oeuvre de Jerzy Ruszczynki qui contient une notice sur Pépé Vignes enrichie de belles reproductions de ses oeuvres, notice où a été également signalée la date de décès de M.Vignes.

24/12/2007

Prières de Noël, sainte nuit, douce nuit...

   En cette nuit de Noël, quelques minutes avant minuit, ses messes, son gros joufflu qui va encore aller s'encastrer dans les cheminées pour aider à faire tourner le grand marché, donnons une petite image faite d'après une peinture à la gouache d'un certain Armand Goupil signalé par un ami brocanteur, peinture (sur carton) photographiée sur le stand d'un autre broc, Jean-Philippe Reverdy, que je remercie très hautement ici. Cadeau de Noël!

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Armand Goupil, Tenue d'été, 1960, photo B.Montpied

23/12/2007

Figures éclatées

    Trois figures en voie de démantèlement, voici ce que je propose à cette heure. Une, vue dans le hasard d'un frottage au blanc d'Espagne sur une vitre de magasin désaffecté à Valuéjols dans le Cantal en juillet dernier. La deuxième est la version noir et blanc d'un visage à la bouche vissée, éclaté dans la traînée de rouille d'une épave du petit cimetière de bateaux du port de Camaret, photo prise à l'été 2003. La troisième est le résultat d'un frottage à la mine de plomb effectué sur la poutre d'une vieille maison du Cézallier durant l'été 2004, le but étant de retrouver, par le détour de la technique inventée par Max Ernst, rien de moins que la "façon de créer de la nature", comme aurait dit mon ami Strindberg... C'est pourquoi je réunis ces trois images ici même...

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Photo B.Montpied, Valuéjols, 2007
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Ph.B.Montpied, Camaret, 2003
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Bruno Montpied, Dans le buisson d'épines, frottage à la mine de plomb, 2004

22/12/2007

Couteau subtil, il cherche la brèche...

    Ce cliché d'un ami photographe autodidacte, José Guirao, date d'une trentaine d'années à présent.

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José Guirao, photographie sans titre prise dans une cour d'école, début des années 1980

   Pris dans une cour d'école où l'ami en question officiait, il est très énigmatique. L'enfant coiffé d'un chapeau de Zorro éprouve de son doigt ganté de noir le tranchant d'une lame qu'il destine à un usage que l'on peut interpréter comme inquiétant...

   Pour moi, cependant, il y a là une provocation inconsciente, un jeu théâtral avant tout, un théâtre spontané qui ne maîtrise pas toutes les interprétations que les adultes pourraient faire du geste de l'enfant. Il y a du sadisme implicite dans ce geste, certes. Il y a aussi, simultanément, du mimétisme et du détournement dans cette attitude. De la provocation. Je privilégie cette dernière hypothèse, vous savez, le "geste surréaliste le plus simple consisterait à descendre dans la rue le revolver au poing," etc... Et pour moi, ce porteur de couteau, qui est un jouet, cherche aussi à percer une brèche dans l'espace-temps, car l'enfant de par sa nature tend à faire communiquer les mondes parallèles entre eux.

   Cet enfant préfigure Will et Lyra les héros d'A la Croisée des mondes, ce magnifique chef-d'oeuvre de la littérature de fantasy que l'on doit à l'écrivain Philip Pullman (à qui j'ai emprunté son poignard subtil). Rien n'empêche d'interpréter aussi cette photo dans ce sens.

Dictionnaire du Poignard Subtil

ART POPULAIRE:
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   "C'est quoi la culture populaire?
   C'est une culture de création. A l'opposé d'une culture de consommation, les paysans n'ont jamais acheté un épouvantail pour mettre dans leurs champs. Contrairement à l'art bourgeois qui doit durer, se veut exemplaire, l'art populaire est un art de l'immédiat motivé par un besoin collectif et créé avec les moyens du bord. La plume, le bois, la paille.
    Et périssable?
   Périssable et renouvelable continuellement. Evolutif. (...) C'est aussi le bonhomme de neige, la boulette de mie de pain que l'on roule à la fin d'un repas. L'expérience vécue en communauté. Le forgeron qui découpait une girouette pour le toit de son voisin ne la réalisait pas selon les canons de la beauté. Il racontait une histoire. Le tonnelier qui fabriquait un tonneau, le faisait à la vue et au sus de tous. Il partageait la même vie que celui qui s'en servait. C'était un lien journalier. Aujourd'hui, l'idée de promotion sociale a remplacé celle de fraternité."
    Raymond Humbert, extrait de Les cul-terreux: honneur aux morts!, Propos recueillis par Odile Van de Walle dans le n°16 de la revue Autrement, dossier Flagrants délits d'imaginaire, novembre 1978.
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Photo B.Montpied, Loir-et-Cher (non loin de Vendôme), 1992

20/12/2007

Zorro et zig-zags

         Christine me racontait l'histoire de ce facteur de son enfance quand elle passait ses vacances du côté d'un bourg nommé Pleumeur-Gautier dans les Côtes-du-Nord (comme on disait alors). Les gens du coin l'avaient surnommé "Zorro". Il buvait, à chaque visite qu'il faisait pour distribuer ses lettres, une bolée de cidre ou autre. Il s'alcoolisait insidieusement et progressivement. Il finit par avoir des hallucinations, vivait dans une cabane, très maigre, voyait des poules partout la nuit. Les yeux exorbités.
             Il restait sur le pas de votre porte, figé, les yeux dans le vide jusqu'à ce qu'on lui ait donné sa rasade ou sa bolée. Il finissait ses tournées à pied, car il ne tenait plus sur sa bicyclette. Ils avaient fini par l'appeler Zorro à cause de la chanson de Salvador, "Zorro-oo-oo est arrivé-é-é... Sans se presser-eh-eh...", mais aussi à cause des zig-zags que le facteur désormais perpétuellement ivre traçait à travers la campagne.
            Pourtant ce Zorro-là ne vengeait personne. C'était plutôt sur lui que l'on se vengeait, des avanies que tout un chacun subissait dans sa vie. On se vengeait peut-être aussi de ce qu'il symbolisait, ce trait d'union qui permettait aux hommes de communiquer encore les uns avec les autres. Ou bien tout simplement, s'ennuyait-on dans ces campagnes perdues. Et chaque message qu'il transportait précipitait ce naïf Mercure chaque fois un peu plus vers la noyade finale.
            (1982-1983)
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17/12/2007

Un pompier qui n'est pas pompier

    C'est bientôt l'époque des calendriers des postes ou des pompiers. A ces derniers, je donne facilement, d'autant plus qu'ils ont sauvé la mise à un ami collectionneur il n'y a pas très longtemps (et ce blog doit beaucoup à cette collection), l'immeuble ancien ayant tendance à brûler comme un rien...

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    Alors, pourquoi ne pas leur suggérer d'ajouter à leurs images trop souvent kitsch ( l'Art Modeste peut-il les récupérer à son usage?), voire ringardes, histoire de leur redonner quelque fraîcheur, l'image ci-contre représentant un monument d'hommage à un pompier, ou plus précisément, au Pompier, le Pompier inconnu, le Pompier générique (et généreux bien sûr)?

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     Je n'ai rien trouvé de passage dans la commune de Pierre-Buffière (au sud de Limoges) au sujet de ce buste d'allure plutôt massive. La sculpture de granit se trouve au cimetière. Monument au pompier inconnu? Qui pourrait me renseigner?

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Photos Bruno Montpied, 2006

15/12/2007

Le "Lulu Club", qui saura le décrypter?

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Coll.privée, Paris, photos B.Montpied

   "Lulu club", on lit ces mots inscrits en capitales sur la nappe de part et d'autre d'une table où sont rassemblés des hommes du monde. Que sont-ils venus faire en ce lieu? Difficile à dire... Un seul homme se tient debout derrière le rang de droite, il semble parler et pointe du doigt quelque chose ou quelqu'un. Peut-être le gros oeuf sommé d'un noeud enrubanné qui trône au milieu de la table, orné d'un profil de femme, qui, d'après moi, pourrait bien être la fameuse "Lulu"...

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   "D'après moi", eh oui, j'en suis réduit aux conjectures et peut-être, derrière l'hypothèse intuitive, au délire d'interprétation. Au fond, j'aime assez en être réduit à de telles extrémités! Si vous voulez bien, délirons ensemble, et peut-être même, proposez vos propres interprétations...

   Celui qui pointe du doigt pourrait bien être une sorte d'imprécateur, un qui a quelque chose sur le coeur, quelque chose d'assez lourd pour provoquer la réalisation d'une telle composition (crayons de couleur, craie...) dessinée sur une fine feuille de papier de 55 sur 11O cm. C'est le seul personnage qui se tient debout, il domine la scène, tel un juge ou mieux, tel le peintre, le narrateur... Il paraît désigner l'oeuf où est peint le doux profil d'une femme, la femme pour le souvenir, l'évocation de laquelle est réuni cet étrange aréopage d'hommes aux sourires de commande, légèrement béats, non loin du rictus.

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   Ils ont tous été réunis pour Lulu, conviés à déjeuner, puisque ce qui ressemble bien à une oie rôtie, au centre de la table, pleure déjà à la pensée du repas que l'on va faire sur son dos, ses cuisses, ses pilons (la larme qui coule sous l'oeil du volatile fait écho à la "larme" en pendentif qui orne l'oreille de la dame)...

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   Une "oie", dis-je? On connaît le double sens de ce mot. Une oie, une gourde (pour la soif des instincts masculins primaires?), une sotte qui s'est bien fait avoir ("posséder", là aussi, plein de double sens). L'imprécateur leur reproche-t-il leur comportement avec Lulu? L'oeuf, ou le médaillon aussi bien, où se montre le profil, a été entouré de fleurs, des roses, cela paraît bien être un hommage... 

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    Deux mots sont inscrits au-dessus de la scène, "Amitié", "Solidarité"... Est-ce de l'ironie? Solidarité entre butors, entre soupirants sans soupirs, toujours prêts à revenir dévorer celle qu'ils ont prise pour une oie blanche, mais dont le peintre, par désir de vengeance, a décidé de laisser les portraits caricaturaux afin de les ridiculiser dans la mémoire?

    Tous ces éléments paraissent composer un joli petit puzzle qui s'enchaînerait bien, s'il n'y avait qu'eux... Seulement voilà, un grain de sable vient enrayer ce beau mécanisme... Il existe un élément dans la composition dont on ne comprend absolument pas la présence... Et c'est, vous l'avez certainement tout de suite remarqué, l'étrange pingouin placé tout en haut du premier rang, fort énigmatique et inexplicable (depuis Wallace et Gromit, on sait comment les pingouins peuvent se révéler énigmatiques et inexplicables) ...

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    Seule hypothèse qui puisse éclairer sa présence, le jeu sur les mots, le goût du calembour visuel que paraît grandement priser l'auteur de cette charge satirique (une signature malaisément déchiffrable dans le bas à gauche paraît révéler la signature d'un certain "G.Georgeon", inconnu de moi ; à signaler à droite une autre inscription, "Max", qui désigne peut-être seulement l'homme sur qui est placé le prénom), un "pingouin" en argot, c'est un avocat ou un huissier. Le caricaturiste représente-t-il un avocat qui aurait été impliqué dans cette sombre affaire d'amants en goguette?

    A vous de me dire!   

08/12/2007

Gaston Mouly, meilleur conducteur du Lot

   Gaston Mouly nous a quittés en trombe, comme il avait vécu, plutôt vite, voici dix ans exactement. Cela méritait un petit hommage commémoratif avant que l'année ne finisse complètement et pour entretenir un peu la flamme des héros de notre temps. Voici donc trois photos tirées de mes archives personnelles, inédites. Art rustique moderne garanti (car Chaissac a bien eu au moins un successeur digne de son concept, à mon humble avis).

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Gaston Mouly dans un de ses ateliers en 1988 (on peut agrandir la photo en cliquant dessus), on voit une photo de ses quatre enfants au-dessus de la fenêtre, et en haut à gauche une grande portion du tableau qu'il consacra à l'évocation de la vie de son village, tableau réalisé bien avant qu'il se mette au dessin de façon systématique après sa première exposition au Site de la Création Franche en 1989 (exposition pour laquelle je m'étais entremis), ce qui prouve que Gaston Mouly n'avait pas attendu Gérard Sendrey pour se mettre au dessin et même à la peinture...
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Gaston dans un café près de St-Germain-des-Prés ; on remarquera l'auréole créée par un reflet de lampe dans le miroir derrière lui: Saint-Gaston, qui paraît rêver aux femmes, peut-être, car..."Dieu créa la femme", proclame l'affiche derrière lui (je pris la photo pour cette rencontre entre l'affiche et Gaston), 1988.
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Gaston Mouly, Le chabrot, vers 1992, crayons de couleur sur papier, 50 x 65 cm 
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Ce dernier dessin, provenant d'une collection privée parisienne, pour saluer d'un bon coup de jaja mêlé à la soupe (c'est cela le "chabrot") le passage sur terre de Gaston qui heureusement nous aura au moins laissés en souvenir ses dessins (qui, entre parenthèses, mériteraient d'être exhaustivement inventoriés, non?)  

Le musée d'art cru serait cuit

   Je le dis tout de suite, je ne suis pas de ceux qui s'intéressent passionnément aux collections du musée d'art cru dont s'occupe Guy Lafargue (c'est lié à un art-thérapie qui ne me plaît pas beaucoup). On peut voir quelques échantillons (extraits du site du musée) sur ce lien. D'accord, dans ses collections, il y a du Sefolosha, du Joël Lorand... Mais il y a aussi tout le reste qui ne me fait pas follement vibrer (Bon... il y a aussi Philippe Aïni, c'est parfois original, surtout depuis quelque temps avec ces travaux où il utilise de la bourre sur toile, je préfère cela à ses oeuvres d'autrefois).
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Philippe Aïni, Confusion, 2006 (photo extraite de son site)
   Je n'en parle que parce qu'un correspondant m'a retransmis un appel à l'aide de Guy Lafargue. Le musée serait en danger de disparaître (en fait c'est peut-être déjà fait). Des histoires de dettes, semble-t-il, et en plus aux dires de Lafargue, il y aurait de la persécution dans l'air, du Kafka, de la censure... Son appel a par moment des allures de texte de fou littéraire, je trouve (je ne cherche pas à savoir s'il a raison ou non, l'affaire a l'air bien trop compliquée, je ne juge que son texte, pas toujours très clair, mais les histoires judiciaires ne le sont pas non plus, très claires...). Ca peut intéresser des amateurs, ce genre de texte (je pense à l'IIREFL). Et puis, il peut se trouver chez mes lecteurs des partisans de l'engagement auprès de Guy Lafargue.
    Ceux-là se reporteront peut-être donc à SOS Art cru museum.doc

06/12/2007

Surréalistes et situationnistes, surréalistes anglais, deux livres sur ces questions

    Je reproduis sans difficulté ci-dessous deux annonces récemment arrivées dans ma boîte aux mails (qui n'a jamais-z-aux-mails...), c'est en provenance des Editions Dilecta, basées à Paris dans le 12e arrondissement, et c'est répercuté par le site Infosurr (site internet en reconstruction actuellement):
"Surréalistes et situationnistes, vies parallèles
Par Jérôme Duwa

La rencontre d'André Breton et de Guy Debord n'a jamais eu lieu. Selon Debord, il allait de soi que l'un excluait l'autre : Breton et le surréalisme appartenaient au passé, celui-la même que la Seconde Guerre mondiale venait d'engloutir, en sorte que tout était à recommencer.
Ce jugement expéditif à  l'égard du surréalisme méritait d'être reconsidéré dans un esprit étranger à  tout réglement de compte. Divergence fondamentale ou intime parenté occultée par des rivalités de façade ? Une histoire détaillée des relations mouvementées entre surréalistes de Paris et de Bruxelles avec Guy Debord et ses amis restait à  écrire pour comprendre, notamment, un des ressorts de la construction de l'identité situationniste.
Cet essai, que complète une anthologie composée de tracts, d'une dizaine d'illustrations et des textes de Jean-Louis Bédouin, André Breton, Claude Courtot, Adrien Dax, Guy Debord, Tom Gutt, Simon Hantaï, Gérard Legrand, Marcel Marien, Benjamin Péret, José Pierre, Jean Schuster, Jan Strijbosch, Raoul Vaneigem et Joseph Wolman, permet de remonter le cours tumultueux de ces vies parallèles.
Professeur de philosophie, docteur en histoire de l'art, Jérôme Duwa se consacre aux avant-gardes du XXe siècle et a publié des études sur les surréalistes et les situationnistes dans différentes revues, dont Archives et documents situationnistes et Pleine marge. Il collabore régulièrement à Infosurr, CCP et à  La Revue des revues. Chercheur associé à  l'IMEC, il travaille sur les revues et les fonds d'archives surréalistes conservés par cette institution et prépare pour 2008 une exposition et une publication sur Mai 68.
240 pp., 14x20 cm., 26 euros, parution février 2008.
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Au treizième coup de minuit
"Anthologie du surréalisme en Angleterre"
Editée, traduite et préfacée par Michel Remy
Couverture de Desmond Morris
 
 
Méconnue car inédite et difficile d'accès, victime d'une époque hantée par la Seconde Guerre mondiale, le surréalisme anglais n'en est pas moins riche, fébrile et authentique. Dans son refus du définitif et du cohérent, dans son accueil de l'unique et de l'évanescent, il témoigne, à  partir de 1936, de la persistance de "l'esprit surréaliste" à la définition duquel il participe pleinement, avec une incontestable vigueur. Pour témoigner de cette grande richesse théorique et créatrice du surréalisme anglais, cette anthologie comprend les manifestes et déclarations collectives du groupe surréaliste en Angleterre, et quelques deux cents pages de poèmes et textes (1935-1980) de Roland Penrose, David Gascoyne, Emmy Bridgewater, Ithell Colquhoun, Simon Watson Taylor, Humphrey Jennings, Toni del Renzio et bien d'autres encore. Au treizième coup de minuit rassemble de surcroît, en plus d'un dictionnaire en fin d'ouvrage, un choix significatif d'une trentaine de dessins des artistes surréalistes anglais, notamment Desmond Morris - connu mondialement comme Ethologue et auteur du Singe nu, mais aussi membre du groupe surréaliste en Angleterre dès 1949 - dont une illustration est reproduite en couverture de l'ouvrage.
Michel Remy, spécialiste d'art et de littérature modernes et contemporains britanniques, est considéré comme un des meilleurs connaisseurs du surréalisme en Angleterre. Fondateur des Editions Marges et de la revue Flagrant Délit, il est l'auteur d'ouvrages sur David Gascoyne (David Gascoyne ou l'Urgence de l'inexprimé, Nancy, 1985), Desmond Morris (L'Univers surréaliste de Desmond Morris, Paris-Londres, 1991), de la première étude sur le surréalisme anglais en peinture, écriture, sculpture, cinéma et politique (Surrealism in Britain, 1999) et l'un des quatre auteurs de l'anthologie bilingue de la poésie anglaise (Paris, Gallimard, La Pléiade, 2005). Il enseigne actuellement à  l'université de Nice.
312 pp., 14x20 cm., 24 euros, parution février 2008."
    Pour voir les couvertures de ces deux livres à paraître aux éditions Dilecta, suivez ce lien...
  
   Une petite remarque à propos du livre de Michel Remy, cependant. Pourquoi, quand on veut traiter du surréalisme anglais, ne pas citer, dans l'annonce du livre qu'on lui consacre, deux personnalités aussi importantes pour le surréalisme en Angleterre que l'ont été Jacques-Bernard Brunius et E.L.T. (Edouard Léon Théodore) Mesens?
  

02/12/2007

Joseph Laporte, un jeune tambour qui revenait de guerre...

      L'histoire de l'art naïf, minuscule branche de l'histoire de l'art pour l'art, ne retient pour son panégyrique perpétuel des grands hommes, à ses origines, que le fameux douanier Henri Rousseau. Au Poignard Subtil, je fais depuis un certain temps ma propre histoire de l'art qui n'a rien à voir avec celle de l'art pour l'art. Et je ne cesse de rencontrer des créateurs ayant pratiqué la peinture, l'architecture, la sculpture, la musique, etc., en soi, intimement, au coeur de la vie quotidienne. C'est ainsi que j'en viens de fil en aiguille à confectionner une histoire de l'art parallèle, celle de l'art immédiat, (celle de l'art de tous pour tous)...
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Joseph Laporte, Adieu Pays, adieu parents, j'espère ne pas vous revoir de longtemps; je pars sans effets, sans regrets et sans argent, n'ayant pas encore atteint mes treize ans..., dessin extrait de Mon Voyage en Egypte et en Syrie, autoportrait de l'auteur qui ouvre son récit.
     Au menu, ces derniers jours, une nouvelle révélation, venue d'il y a deux cents ans, rien que ça... Un soldat, un jeune tambour, parti à treize ans de Grenoble (où il naquit en 1780), pour rejoindre les rangs de l'armée de Bonaparte, et qui en fit partie neuf années durant (de 1793 à 1802) , pendant lesquelles il participa comme musicien aux campagnes d'Italie, puis comme sous-officier aux campagnes d'Egypte et de Syrie, gardant de cette dernière aventure un récit manuscrit, enrichi d'une trentaine de dessins naïfs magnifiques qui, déjà du seul point de vue de l'histoire, constituent en soi un fait rare (comme Jean Tulard le souligne, ce jeune soldat anticipait sur la photographie).
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Joseph Laporte, Bonaparte, monté sur son dromadaire, (...) arrivant aux portes de Gaza...
    Son nom, à ce qu'a reconstitué un expert en autographes, M.Jacques Arnna, est Joseph Laporte (il fut cymbalier plus que "tambour" à dire vrai, mais c'est joli, "tambour", et puis ça permet des calembours faciles: Laporte à tambour...). Le manuscrit, qui appartint à la collection de Dina Vierny (autre experte, cette fois en art naïf, entre autres, cf. ses Bauchant, Peyronnet, Vivin et autres Bombois conservés au musée Maillol à Paris), a été vendue en 1996 à Paris et a fini par atterrir dans la prestigieuse collection de livres de la fondation Martin Bodmer, présidée aujourd'hui par M.Jean Bonna, à Genève.
    Le titre de ce manuscrit illustré? Mon Voyage en Egypte et en Syrie. Il vient de paraître en fac-similé, édité conjointement par les Presses Universitaires de France et la Fondation Martin Bodmer (en novembre 2007).
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Editions Presses Universitaires de France et Fondation Martin Bodmer, dans toutes les bonnes librairies, 25€...
    Un journaliste du Point, François Dufay, dans un article récemment consacré à la parution de ce manuscrit (cf Le Point n°1835, du 15 novembre 2007), ainsi qu'à cette fondation Martin Bodmer dresse une énumération saisissante des trésors renfermés dans ce vénérable musée de l'écrit: 
    "C'est Osiris en personne, représenté sur un rouleau du « Livre des morts » égyptien, qui vous accueille au seuil de ce paradis ombreux. En suspension dans les vitrines blindées, les codex et autres in-folio semblent voler dans une nuit artificielle. Dans ce sanctuaire n'entra jamais nulle oeuvre de second plan, aucun texte qui ne soit original, rarissime, et fondamental pour l'histoire de l'humanité. Ainsi ce petit papyrus rédigé en grec : il s'agit d'une version de l'Evangile selon saint Jean datée des environs de l'an 200, sur laquelle se fondent toutes les éditions du Nouveau Testament. Plus ancien codex connu, il côtoie le premier livre imprimé au monde : la Bible de Gutenberg, si fraîche encore qu'elle semble à peine sortie des presses.
    Un peu plus loin, une calligraphie sur jade de la main d'un empereur de Chine se confronte au Coran et à «La divine comédie». Dans l'espace dévolu aux oeuvres modernes, l'édition originale du «Roi Lear» dialogue avec le «Faust» illustré par Delacroix. Long de 12 mètres, voici le sulfureux rouleau sur lequel Sade, embastillé, griffonna ses «Cent vingt journées de Sodome»."
    Ainsi le manuscrit de Sade voisine dans cette collection prestigieuse avec le manuscrit du jeune et simple tambour Joseph Laporte!...
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Joseph Laporte, Productions d'Asie et d'Afrique. Crocodille [sic] d'Egipte [re-sic]
    Le récit de ce tout jeune homme, effectué sans ratures (recopié peut-être aussi à partir de brouillons, et enrichi au passage d'informations prises probablement ailleurs, par exemple dans le Voyage dans la haute et la basse Egypte que publia Vivant Denon en 1802, lui aussi ayant été du voyage, mais cette fois du côté des savants embarqués par Bonaparte), son récit est écrit dans un style simple et direct, documenté parfois par les communiqués de guerre où Bonaparte relatait les combats de son armée à l'usage du gouvernement aussi bien que de ses propres soldats, dans un souci de leur expliquer les "mouvements et les engagements auxquels ils avaient participé" (dixit Jean Tulard). C'est que le jeune soldat se veut un mémorialiste soucieux d'exactitude. On le sent aussi fort admiratif à l'égard de Bonaparte, à l'exemple de tous les soldats qui servaient sous les ordres du petit caporal. On assiste ainsi à la formation du mythe tel qu'il se déploya dans les couches populaires de la société jusqu'à la fin du XIXe siècle.
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Joseph Laporte, Plan Visuel de la Ville de Gênes, La Superbe Capitale...  
    Les dessins naïfs de fort belle tenue du tambour et sous-officier Laporte attestent de son ingénu enthousiasme et d'une certaine pureté du regard, bien éloignés de l'esprit guerrier que l'on prête d'ordinaire à la soldatesque.
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Joseph Laporte, Cimetière Des Egiptiens Riches Et Pauvres [sic]
    A cet égard, il peut être utile de comparer ses dessins à celui de ce "sergent Louis Mathieu" qui vint après Laporte, vraisemblablement soldat pendant la guerre de conquête de l'Algérie, et qui peignit et dessina une mosquée qui le fascinait, peut-être la mosquée Sidi-Abdherramane à Alger, vers 1850, attestant de la fascination de l'homme du commun occidental pour la nouveauté des lieux découverts, fascination que l'on retrouve aussi bien chez un facteur Cheval rêvant sans bouger de chez lui sur les illustrations exotiques du Magasin Pittoresque, ou chez un abbé Fouré à Rothéneuf brodant ses sculptures de granit à partir de l'imagerie coloniale (la guerre des Boers).
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"Mathieu Louis, sergent"... Dessin naïf représentant vraisemblablement la mosquée Sidi-Abderrahmane à Alger (voir ci-dessous), coll.privée, Paris, ph.Bruno Montpied
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Joseph Laporte, autoportrait de l'auteur qui clôt le récit, en uniforme de l'armée de Bonaparte, se représentant lors de son retour à Grenoble en 1803 (à noter la disposition en méandres de la route se voulant à l'arrière-plan, et qui annonce les dispositions des routes de transhumance présentes dans la peinture naïve suisse des Poyas...) 

 

 

01/12/2007

Damouré Zika, le retour d'un poète naturel

   Classer la littérature de Damouré Zika, infirmier, écrivain, acteur et cinéaste, adjoint de Jean Rouch sur plusieurs de ses films (ils ressortent actuellement en DVD aux Editions Montparnasse), dans la "poésie naturelle" pourrait avoir quelque chose de réducteur, si l'on entend par là poésie de grand enfant africain que l'on veut ainsi rejeter loin de soi, par honte au fond de sa propre enfance.

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   Loin de moi cette intention. Je le range dans cette catégorie sur ce blog avant tout parce qu'il a fait parler de lui en France grâce à l'Anthologie de la Poésie Naturelle de Camille Bryen et Alain Gheerbrant (parue en 1949 chez K éditeur),a48c8d53f2644ce04941b5394411a1d9.jpg mais aussi parce que cette poésie naturelle, aux dires de ses auteurs, "peut être considérée comme l'expression d'une conscience immédiate n'ayant d'autre critère que sa propre existence". La "poésie naturelle" selon Bryen et Gheerbrant, très proche de l'art brut de Jean Dubuffet qui apparut à la même époque, ressemble aussi beaucoup à la "poésie involontaire" telle que Paul Eluard l'avait illustrée de nombreux exemples dans son recueil paru en 1942, "Poésie intentionnelle et poésie involontaire" (édité chez Seghers). Il n'y a pas d'intention de faire acte poétique, dans cette conception que présente Eluard. La poésie involontaire survient à l'improviste et à l'insu de l'auteur. Parfois aussi, la projette-t-on sur l'auteur en question. C'est ce qui arrive parfois dans le cas de certains écrivains africains vus par les Occidentaux. Il y a une merveilleuse ingénuité chez Amos Tutuola (écrivain nigérian, anglophone, dont l'extraordinaire, drôle, roman, L'Ivrogne dans la brousse, a été traduit par Raymond Queneau chez Gallimard), ingénuité qui est peut-être avant tout dans le regard que porte le  lettré français sur le livre. Ou bien aussi dans cette plaquette de "Bela,Sara", intitulée "Je dis pour toi manières la brousse", éditée la première fois en 1944 à Brazzaville, capitale de l'ex-Congo français, imprimée grâce à une xylographie (gravure sur bois au couteau) qui avait pris en charge aussi bien les images que les lettres des textes, courtes fables faites dans la manière du "blanc lafontaine". Cette édition étonnante est venue jusqu'à moi dans une réédition des éditions du Fourneau en 1993. Cependant, l'ingénuité (imaginaire? Ou nommable autrement? Poésie immédiate?)  est admirée, enviée même par le lecteur occidental honnête. De même que lorsque l'on admire les tableaux du douanier Rousseau ou "le palais idéal" du mégalo Cheval (mégalo de cheval bien sûr).

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   Mais j'en reviens à Damouré Zika. On réédite de lui un "Journal de route", paru primitivement à la Nouvelle Nouvelle Revue Française en 1956, cette fois chez Mille et une nuits, dans une édition établie et postfacée par Eric Dussert (voir dans notre liste de liens son blog, L'Alamblog).

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   On y trouve des notes de voyage prises durant ses pérégrinations avec Jean Rouch et ses amis le long du fleuve Niger, exprimant parfois des remarques narquoises sur ses compatriotes mais aussi sur les Blancs, ainsi lorsqu'il débarque en France pour un tournage où il a été appelé à figurer et qu'il décrit la manière de se saluer des Blancs: "...les salutations d'usage se font chez les Blancs d'une façon extraordinaire: on dirait un pigeon qui donne à manger à ses petits, la bouche, la bouche sur les joues. Et ils se disent civilisés!". Le côté narquois se tempère à d'autres moments d'une touche plus tendre quoiqu'ambiguë: "Les Somba sont des frères terribles et très sages si on ne se moque pas d'eux. Ils sont tout nus comme des oeufs. (...) La vie des Somba est la plus belle vie, pas de pagne, adieu rouge à lèvres, adieu miroir, adieu robe et vive les feuilles des arbres. Les feuilles des arbres sont les vêtements au pays Somba. Le matin, le père Somba qui veut voir le commandant se lève tranquillement de sa petite case, sans interprète, sans guide, va voir le commandant avec sa queue pointue devant lui et s'explique. Et la femme, au lieu de prendre une belle robe, va dans la brousse, enlève des feuilles fraîches qu'elle met devant sa boîte à sardines et en route (ce n'est pas une honte, c'est la joie de vivre)". 

Exposition éphémère de photos du Cantal: MASSIF EXCENTRAL (13)

    "La peau sous le tricot des astres (photos du Cantal)", tel est le titre d'une exposition collective de photos (d'Emmanuel Boussuge, Ludochat, Franck Fiat et Isabelle Morange), annoncée par l'un des exposants comme "éphémère". Le même exposant m'invite, vis-à-vis du titre de cette expo, à jouer sur les mots avec "à peu près". Alors, puis-je proposer comme titres alternatifs: "La peau saoûle trinque au désastre", ou bien encore "La peau sous la trique, Ô désastre..."?
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    Son vernissage est pour le 8 décembre en fin d'après-midi (samedi prochain donc). Cela se déroule chez Delphine Gigoux-Martin et Vincent Ravel, 2 bis rue des Châtaigniers, 63830 Durtol (commune limitrophe de Clermont-Ferrand). On aura noté au passage, du moins quelques rares "initiés", que l'on retrouve parmi ces exposants une partie du staff de la revue Recoins (dont on nous annonce la parution du n°2 pour février 2008...). 
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    Insérées dans cette note, quelques photos d'Emmanuel Boussuge, présentées plus "physiquement" à l'expo, semblent indiquer que le propos des photographes est une évocation sensible de la poésie des bâtiments rustiques...
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Photos Emmanuel Boussuge, et ci-dessus, une tête sculptée sur ce qui dût être un cadran solaire