13/01/2008
Environnement à signaler
Je ne n'ai pas souvent l'occasion de citer le site web Art-insolite.com. Nous avons eu des mots en privé, suite aux critiques que j'avais formulées à l'égard de la restauration du site de Fernand Chatelain dans l'Orne (et les critiques, c'est décidément trop insupportable).
Et puis, le site s'intéresse en majorité à des créateurs et des "plasticiens" (comme les snobs préfèrent les appeler) qui relèvent davantage de l'art singulier du type "tête à Toto" (ce faisant, ils ne se rendent pas compte qu'ils sont en train de tuer l'intérêt qui aurait pu croître davantage pour les créateurs véritablement authentiques de l'art singulier) que de l'art véritablement d'essence populaire et naïve, voire brute. On y mélange allègrement les créateurs d'environnements relevant de l'art contemporain (Jean Linard, René Raoult, Jacques Warminski ou Raymond Moralés par exemple, qui se rapprochent de créateurs type Niki de Saint-Phalle par le contenu de leurs références culturelles) avec les inspirés d'origine populaire (anciens ouvriers, artisans, paysans). Ces derniers me touchent souvent davantage, par la fraîcheur de leur démarche. Quant aux "singuliers", envahis de plus en plus par des faiseurs et des arrivistes bâcleurs qui jouent aux artistes, il paraît urgent de monter des expositions qui puissent faire le tri (c'est ce que je me suis employé à faire pour ma part au Festival d'Art Singulier d'Aubagne en 2006, en présentant à l'amicale instigation de Danielle Jacqui et Frédéric Rays, 16 créateurs).
De temps en temps cependant, de loin en loin, les animateurs d'Art-insolite.com font une découverte du côté des créateurs populaires. Je ne suis pas dogmatique. Je ne vois donc pas de raisons de ne pas citer ces découvertes, afin de servir une information objective. Je reproduis ici deux photos, récupérées vaille que vaille, c'est-à-dire mal, sur Art-insolite.com, montrant un petit environnement du Perche, quelques statues naïves dues à un certain Pierre Hodcent. Je les trouve assez belles et sympathiques.
Libre aux internautes qui le désirent d'aller sur ce site voir plus confortablement les photos originales (qui jouent à apparaître et disparaître de façon particulièrement agaçante, "tu m'as vue? Coucou, je m'en vais..."; Heureusement, on peut quand même les bloquer...). Cliquer sur ce lien pour cela.
15:00 Publié dans Environnements populaires spontanés | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : environnements spontanés, pierre hodcent, art insolite, jean linard, rené raoult, fernand chatelain |
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L'Enfer plus que jamais
Désolé pour tous ceux qui la trouveront déjà "archi-vue et revue", mais j'ai la faiblesse cette nuit de mettre en ligne sur mon petit blog, fenêtre ouverte à tous les vents arachnéens du virtuel, une petite peinture de moi de l'année dernière... Qui l'aime, la suive... Son titre: L'Enfer plus que jamais, technique mixte comme on dit (beaucoup d'encre), et faisant partie d'une série, non terminée à ce jour, intermittente, que j'appelle "échantillons".
01:05 Publié dans Art singulier | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Bruno Montpied, Art singulier |
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11/01/2008
Les Cahiers de l'Umbo n°10 et 10bis
On me pardonnera j'espère de ranger cette note sous la catégorie "surréalisme" alors que les auteurs publiés dans les Cahiers de l'Umbo ne se revendiquent pas clairement d'un mouvement organisé en tant que tel, mais il y a cependant d'incontestables filiations, des signatures, Guy Cabanel (le poème Les Surprises du Paradis), Alain Joubert (qui écrit: " Finalement, les poètes qualifiés de "surréalistes" se reconnaissent beaucoup plus à l'infinie capacité d'invention dont ils font preuve, à la puissance de leur imagination et, par-dessus tout, à l'esprit de révolte qui les anime. Pas à la forme qu'ils utilisent", dans Grains de Sel, Cahiers de l'Umbo n°10bis), Georges Goldfayn, Pierre Peuchmaurd, Antonio José Forte, Marie-Dominique Massoni, Dusan Matic, Stanislas Rodanski (sur qui François-René Simon revient aussi dans une plaquette éditée en supplément de ce numéro double, qui se lit de façon réversible comme une carte à jouer...)...
Les "Cahiers de l'Umbo"? C'est quoi? Une revue de poésie éditée à Annemasse par un dandy, peintre et collagiste de grand talent, Jean-Pierre Paraggio. Quelquefois, je batifole (je "bouffonne", aurait dit un ancien ami de ma belle jeunesse, Amrindo Sisowath),je m'amuse à l'appeler les "Cahiers de Dumbo". C'est que ce n'est pas commun cet "umbo"-là... il paraît que cela aurait trait à une histoire de bouclier celte (dixit Littré), je n'ai pas envie d'approfondir la question.
Ce n° double s'ouvre sur une photo de Nicole Espagnol avec des pigeons alignés en rang sous un (minaret?), une critique implicite? On y glane son miel en butinant, ces lignes de Jean Durançon par exemple sur David Goodis: "Comment devient-on clochard alcoolique? Telle est peut-être le sujet central, central et le plus obsédant, des romans de David Goodis. Comment devient-on cette vie qui s'écroule dans un monde qui s'écroule, accompagnement funèbre et, pour ainsi dire parfait d'un parcours, d'un processus de démolition qui est celui-là même qui nous mène d'un point de naissance à un point de disparition?" Cette vie qui s'écroule est-elle celle de ces pigeons alignés inertes à l'ombre d'un minaret? Plus loin, Esther Moïsa trace ces lignes: "Chacun replâtre son mort chacun plante ses pavois dans l'artichaut des mémoires". On vit de souvenirs...
Il y a des poètes moins connus comme Laurent Albarracin (remarquable texte: "Du Papillon ", introduit et éclairé par un autre texte de Joël Gayraud, "Ralentir Image", qui montre l'apport d'Albarracin à l'art poétique par l'affirmation de la tautologie comme "sommet caché, impossible, de la poésie" ) ou Alice Massénat et ses vacillantes ruptures syntaxiques, ses obscurités pathétiques:
"La hargne s'élabore, les viscères sont là
et quand de passe-partout l'autre devient peur
de quels violons d'Ingres sinon la paume?
Sans le lui des tripes
le haro sous le goitre"
(Extrait d'un poème sans titre)
Mais de tous les auteurs, ma préférence va sans conteste à un nom inconnu de moi, Olivier Hervy, dont les fragments et aphorismes réunis sous le titre de Notice me séduisent, dans une veine cousine des chères Gregerias de Ramon Gomez De La Serna:
"Qui sommes-nous pour user les eaux alors que les baleines elles-mêmes n'y sont pas parvenues?
Juste des moustiques écrasés sur le pare-chocs anti-buffles de son ridicule 4x4.
Chaque année supplémentaire donne du poids à ce vieux lustre qui prépare sa chute depuis le premier jour.
Le coquelicot ne tient pas en vase. On a sa dignité.
Est-ce un hasard si la salade grecque, avec ses cubes de feta brisés sur le rouge de la tomate, ressemble aux ruines du même pays?
Ils ont beau être ceux du futur, leur nom même d'extraterrestres a déjà un petit côté vieillot."
On trouve aussi des images dans cette revue, du Ody Saban, incontournable celle-ci, elle se glisse absolument partout, mais aussi des oeuvres d'auteurs moins répandus, comme les collages de Philippe Lemaire, de Georges Lem, ou de Romuald Roudier.
Pour se procurer la revue: Jean-Pierre Paraggio, 33, avenue Jules Ferry, 74100 Annemasse, e-mail: jeanpierreparaggio@yahoo.fr
23:55 Publié dans Surréalisme | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : Cahiers de l'Umbo, Jean-Pierre Paraggio, Alice Massénat, M-P. Massoni, Romuald Roudier, Olivier Hervy, Laurent Albarracin |
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10/01/2008
Comment un certain art que nous aimons se diffuse dans la vie quotidienne
Cette vitrine d'une rue de la Presqu'Ile à Lyon ne ressemble-t-elle pas à un véritable reliquaire, saturée qu'elle est de bijoux et autres verroteries, faisant songer que l'étalagiste a dû être influencé, de façon diffuse ou plus directe, par divers ouvrages ou expositions sur les "objets de dévotion" et autres oeuvres d'art populaire religieux? Transmettant à son tour son regard aux passants dérivant devant sa vitrine...
10:50 Publié dans Art immédiat | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Art immédiat, Art populaire religieux, Reliquaires |
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09/01/2008
Charles Billy toujours en place
J'avais demandé confirmation auprès de différents habitants de la région, mais ça ne bougeait pas. Finalement, j'y suis allé voir moi-même.
Le "Jardin de Nous Deux" de Charles et Pauline Billy est toujours debout. Un peu patiné certes, mais encore solide. Le site, avec sa maison sont désormais non visitables, rachetés par une personne privée (du temps de ses créateurs, le jardin était ouvert au public durant la belle saison moyennant un petit droit d'entrée, et il y avait foule). Des panneaux solaires installés sur le toit de la maison semblent indiquer une sensibilité écologiste chez les habitants actuels, et donc que peut-être l'environnement de maquettes en pierres dorées du Beaujolais, réalisé par Charles Billy entre 1975 (date de son départ en retraite, il avait été entre autres traceur en gaines et soutien-gorges -ça fait rêver!- puis formier en chaussures) et 1991, date de sa mort subite (sans qu'il ait pu complètement terminer son jardin), cet environnement a des chances de les avoir séduits. Ce qui représenterait un exemple de pérennisation d'un environnement spontané par succession de différents propriétaires, ce qui n'est pas du tout fréquent (en général, le nouveau venu, vandale légal, fait place nette et renvoie l'oeuvre vite fait à la fosse, d'où il ne reste plus aux archéologues de l'art brut, tel un Olivier Thiébaut par exemple, qu'à les exhumer...si possible).
Je souligne que le lieu est désormais inaccessible aux visiteurs. C'est pourquoi je ne redonne pas ici l'adresse et la localisation exactes du jardin aux maquettes de pierres dorées.
Biblio: B.Montpied, Charles Billy, artisan comme au Moyen-Age, in Artension n°7, déc.1988.
B.Montpied, Charles Billy et le jardin des pierres d'or, in Raw Vision, n°3, été 1990.
09:00 Publié dans Environnements populaires spontanés | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Environnements spontanés, Art immédiat, Charles Billy, Jardin de Nous Deux |
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08/01/2008
Land art involontaire des lendemains de fête
Du Christo, comme s'il en pleuvait, mais bien plus énigmatique. Le land art involontaire, comme l'ont très bien compris dans Le Sens de la vie les délicieux Monty Python (avec cet immeuble bâché pour ravalement, si mes souvenirs sont bons..., qui se transforme en galère qui arrache ses amarres du bitume londonien où était arrimé l'immeuble en question), avec ses bâches de ravaleurs de façades, ses coques emmitouflant les monuments en restauration (la Tour St-Jacques à Paris emballée depuis une éternité, on ne sait pourquoi), ce land art brut-là, c'est celui que je préfère définitivement à celui d'un Christo, capable d'agresser des jeunes gens, m'a-t-on dit, qui avaient eu l'audace de graffiter sur son emballage du Pont-Neuf à Paris voici déjà plusieurs années, les accusant de vandalisme sur son oeuvre. Christo, couvert par Chirac à l'époque, qui emballant le Pont-Neuf confisquait en définitive ce dernier, espace public au départ, pont entre deux rives, au bénéfice d'un art devenu du coup dictatorial...
00:56 Publié dans Art involontaire | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : land art, christo, monty python, poésie du hasard |
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07/01/2008
Dictionnaire du Poignard Subtil
FUMER:

"Le fumeur met la dernière main à son travail
Il cherche l'unité de lui-même avec le paysage"
André Breton, Le soleil en laisse, in Clair de Terre.
13:27 Publié dans DICTIONNAIRE DE CITATIONS DU POIGNARD SUBTIL | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : Dictionnaire du Poignard Subtil, Tabagie, poésie naturelle, André Breton, Armand Goupil |
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