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29/06/2012

Les latrines de Chaissac monuments historiques

     Il me semble que ce sont les premiers urinoirs classés monuments historiques. Il y avait bien eu le précédent de la "fontaine" de Richard Mutt, alias Marcel Duchamp en 1917 à New York, urinoir décrété objet d'art parce que signé, et refusé à la Société des Artistes Indépendants. Mais depuis... Sans doute quelques excentricités de l'art contemporain singeant ce geste dadaïste duchampien?  Duchamp, 3e réplique Fontaine MNAM.jpg

Fontaine, R.Mutt (Marcel Duchamp), 1917 ; ici c'est la troisème réplique datant de 1964, figure au MNAM du Centre Georges Pompidou

         En tout cas, y avait-il eu classement par les Monuments Historiques de latrines champêtres comme celles que Gaston Chaissac graffita à l'époque où, habitant avec sa femme dans l'école publique de Ste-Florence de l'Oie en Vendée dans les années 50, il s'exerçait à toutes sortes d'expérimentations, avec des enfants du patelin, avec des jets de serpillière mouillée dont il observait et reportait ensuite les empreintes, des interprétations de planches aux contours irréguliers qui devinrent des totems, des collages de morceaux de papier peint, etc.? Je ne crois pas. Mais c'est chose faite désormais. Le losange des Monuments Historiques trône imparablement sur le ciment grisâtre des chiottes sacrées. Je ne sais trop pourquoi j'ai trouvé que les bonshommes dessinés par Chaissac (j'aime surtout le personnage ventripotent ci-dessous) avaient l'air, à mon passage, de vouloir s'excuser devant une telle labélisation.

 

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Les fameux gogues divinisés... Ph. Bruno Montpied, mai 2012

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Ce personnage ventripotent m'a tout l'air d'une représentation caricaturale de prêtre (voyez le chapeau), si bien qu'on peut facilement en déduire que placé ainsi sur le mur des latrines, il était destiné par Chaissac à ce que les enfants le souillent sans cesse en effigie... Manière de se venger des avanies infligées par les grenouilles de bénitier du patelin? Ph.BM

       Sans compter que l'école de l'autre côté de la petite cour a été métamorphosée dans le même souffle, on y a créé un espace Gaston Chaissac où l'on a scénographié la vie et l'œuvre du grand homme que la mairie, sous l'influence d'une nouvelle génération d'hommes et de femmes plus respectueuse de Chaissac que celle des années 50-60, a reconnu in fine opportunément, oubliant les persécutions et les moqueries des bigots et des péquenauds de Ste-Florence du vivant de Chaissac et de sa femme Camille, institutrice de l'école laïque dans une région où l'on envoyait les gosses en majorité dans les écoles dites "libres". On ne pourra s'empêcher de se dire qu'il est toujours, hélas, plus facile de reconnaître les artistes quand ils sont morts que lorsqu'ils vivent parmi nous.

 

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"L'Espace Gaston Chaissac"... Ph. BM

          Si l'on veut retrouver les autres créations de Chaissac, sortant de là, on aura tout intérêt à pousser jusqu'aux Sables d'Olonne où le Musée de l'Abbaye Sainte-Croix a eu la bonne idée de nous sortir pour l'été des pastels de Gaston, technique peu repérée il me semble dans l'œuvre du "Morvandiau en blouse bocquine". Ce musée conserve par ailleurs une documentation (des correspondances) et des oeuvres de l'artiste qui sont de première importance.

Musée de l'Abbaye Sainte-Croix, exposition Gaston Chaissac - Pastels, du 29 avril au 10 novembre 2012.


22/06/2012

Bricoleurs et jardiniers anarchiques au CDLA de St-Yrieix le 1er juillet...

 

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     Je continue mes pérégrinations pour aller porter la bonne parole autour de mon livre Eloge des Jardins Anarchiques en présentant en projection le film de Remy Ricordeau que j'ai écrit avec lui Bricoleurs de Paradis.

eloge des jardins anarchiques,bricoleurs de paradis,environnements spontanés,st-yrieix-la-perche,cdla,astrid verspieren,paul-armand gette     Cette fois-ci, ce sera à St-Yrieix-la-Perche, dans le Limousin (Corrèze...? Non... en Haute-Vienne, voir le pan sur le bec reçu en commentaire ci-après...), le dimanche 1er juillet à 11h au Centre culturel Jean-Pierre Fabrègues (6, ave du Maréchal De Lattre de Tassigny), dans le cadre des  rencontres "Des jardins, de la botanique" organisées par Didier Mathieu et Astrid Verspieren et le Centre du Livre d'Artiste dont on consultera le programme complet ici. Il y aura une projection du film suivie d'un débat. Les créateurs populaires de décors dans les jardins vont entrer ainsi dans un haut lieu de l'art contemporain. Quelles réactions vont-ils rencontrer? Wait and see... A noter que ces rencontres donneront lieu à la publication d'Actes par la suite.

     

Est-ce de l'art brut? Ben non... C'est de Sophie Gaucher

     J'ai été long à la détente, il est vrai, que me le pardonne David... J'avais même carrément oublié ma note ancienne, "Est-ce de l'art brut?", où je vous avais proposé des dessins sans référence (comme celui ci-dessous). C'est sans doute qu'étonné devant  la sagacité des commentateurs, qui avaient pressenti une dessinatrice contemporaine peu ou prou, j'avais eu envie de passer à autre chose. Il n'en reste pas moins que je vous devais le nom de l'artiste, à vous et à elle aussi: Sophie Gaucher, dont j'avais trouvé les dessins dans la revue Papier Gâché, une revue graphique d'images sans paroles (Cosmo, avec sa revue Collection, n'était pas loin). Une jeune artiste graphique donc, avec une écriture originale qui de ce fait méritait d'être confrontée à l'hypothèse de l'art brut. Mais mes commentateurs aux yeux de lynx ne se sont pas laissés entraîner vers de fausses pistes. Félicitations à eux. Quant à l'hypothèse, David, d'une illustratrice japonaise... Pourquoi pas? Mais Sophie ignore sûrement encore qu'elle est un peu nippone. Ne pas connaître le processus de production n'a pas gêné en tout cas l'identification, à ce que j'ai constaté.

 

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Sophie Gaucher, dessin

20/06/2012

Exposition George Schmits à la bibliothèque Ulysse Capitaine (de Liège)

     J'aimerais bien m'appeler Ulysse Capitaine, moi, quel beau nom de héros qu'on imagine ayant conquis ses lettres de gloire au cours d'explorations aux confins de la terre et des mers. Heureux qui comme Ulysse Capitaine a fait de beaux voyages...

       Mais je ne chercherai pas à savoir qui était en réalité cet illustre Capitaine, je l'ai abandonné à ma rêverie et me suis plutôt contenté de focaliser sur l'exposition que consacre la bibliothèque ainsi nommé à Georges Schmits, romaniste, historien d'art, critique et éditeur liégeois à Verviers (commune de Wallonie célèbre à mes yeux pour avoir hébergé longtemps André Blavier, l'anthologiste des fous littéraires et écrivain fort estimable), et qui, à côté de diverses marottes littéraires – c'est là où je veux en venir – s'est aussi occupé d'art naïf belge. Oui, "naïf belge"... L'adjonction de ces deux épithètes doit nous incliner à dresser davantage l'oreille et aiguiser nos yeux. Le Naïf belge, c'est souvent du super-naïf, du bon naïf, rien à voir avec l'art naïf "cu-cul" que stigmatise le peintre, collectionneur et très bon connaisseur de l'art naïf, Yankel.

 

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Armand Funcken, Le départ du soldat, huile sur toile, 1915, anc.coll. André Blavier, ph. J. Keil
 ; Funcken avec son père était peintre populaire d'enseignes et de baraques foraines, lui-même peignintdes charettes de marchands de glaces italiens ; ce "départ du soldat", sujet patriotard colporté par l'imagerie populaire est à comparer avec le retour du soldat, intitulé "Victoire-Défaite" que j'avais mis en ligne le 10 juin 2011, à propos d'un peintre appelé Galeani...

         Georges Schmits paraît s'être surtout occupé des Naïfs wallons et d'un groupe de peintres nommés "les intimistes verviétois" (ça m'a amusé de tomber sur cet "isme"-là, étant donné que je l'employe en ce moment dans un projet d'expo), se caractérisant, écrit Monique Smal, par les mêmes "thèmes de prédilection : neige, paysages campagnards, objets du quotidien". C'est de l'intimisme très figuratif et très rétinien comme on voit.

 

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Couverture de L'art naïf en Wallonie et à Bruxelles, Ed.Labor, 1981 ; le tableau reproduit sur la couverture est de Karl William (Souvenir de la guerre 14-18, huile sur papier, 100x100cm, coll. G.Schmits-Daube)

          Mais si l'on veut en apprendre plus sur le personnage, il faut acquérir ses ouvrages. Je ne sais pas ce qu'il en est de leur disponibilité aujourd'hui. Je conserve de lui seulement un ouvrage de 1981 paru chez Labor à Bruxelles intitulé L'art naïf en Wallonie et à Bruxelles. Très clair, précis, il recense environ une cinquantaine de peintres naïfs (il n'y est pas question des "intimistes verviétois"), choisis pour leur sincérité autodidacte, éloignée de tout maniérisme (maniérisme naïf qui est le fait de peintres plus savants, imitant la manière naïve par admiration ou par souci de petit commerce, maniérisme qui est une des raisons pour lesquelles l'art naïf masqua, et finit par disqualifier, le vrai naïf de qualité).art naïf,bibliothèque ulysse capitain,george schmits,art naïf belge,yankel Il rend hommage dans cet ouvrage à d'autres exégètes de la peinture naïve dans son pays comme Marcel G. Lefrancq ou Albert Dasnoy. Il témoigne surtout de son admiration pour Georges-Henri Luquet qui avait créé au début du XXe siècle le terme et la notion de "réalisme intellectuel" (à propos des dessins d'enfant et aussi je crois de l'art populaire en prison, des graffiti). Ce réalisme intellectuel, Schmits le voit à l'oeuvre dans l'art naïf qui l'interpelle tant.

     Voici un extrait de ce livre qui explique ce qu'il entendait à la suite de Luquet par ce terme un peu oublié aujourd'hui (à tort selon moi):

    "...dans le réalisme visuel, la surface à peindre apparaît en quelque sorte comme une fenêtre à ouvrir sur la trompeuse profondeur du réel, avec tout ce que cela suppose d'obéissance aux illusions de la perpective, le réalisme intellectuel considère le tableau comme une surface abstraite sur laquelle les objets se poseront comme autant de signes régis dans leur nombre, dans leur tracé, dans leur taille, par une volonté de lisibilité suffisante aux yeux du créateur ; celle-ci sera par conséquent variable au gré de son exigence comme au fil des progrès de sa main et de sa facuté d'observation.

       Ce type de conception entraîne un certain nombre de changements dans nos habitudes de vision, de traitement de l'espace et du temps, dont le moindre n'est pas le non-emploi (par ignorance ou par rejet) de la perspective et des procédés qui visent à simuler la profondeur. Maladresse, dira-t-on recul par rapport à la Renaissance! Pourtant, c'est là aussi la grande découverte du cubisme comme du fauvisme: rejeter la profondeur et la perspective pour restituer le tableau, dans un espace à deux dimensions qui est son caractère premier, à l'intégralité de son essence. C'est là aussi ce qui contribue à l'unité et à la tension des images populaires et des œuvres des primitifs où tout se passe sur le plan du tableau, sans que ne s'établisse par la fuite vers des lointains fallacieux, une perte de la tension plastique." Un peu plus loin, Schmits écrit ces autres phrases éclairant la découverte cardinale présente dans la peinture naïve: "Telle table ronde, qui deviendrait ellipse si la perspective entreprenait de la situer dans l'espace, sera maintenue dans sa forme réelle ; telle forme carrée refusera de devenir trapèze. Les choses ont aux yeux du naïf les formes dans lesquelles il vit sa relation avec elles [C'est moi qui souligne].  Le tabouret, expérimenté dans sa rondeur, sera maintenu tel ; le buffet, par contre, se dressera comme un rectangle. Mais vient-on à les reproduire ainsi, côte à côte, sur la toile : le tabouret suppose une vue plongeante et le buffet, une vue frontale. C'est ce que Luquet a nommé les perspectives multiples. Elles se contredisent mutuellement et font s'effondrer la profondeur". Art naïf et réalisme intellectuel sont ainsi synonymes.

      Bonne idée donc pour cette bibliothèque de Liège de permettre à cette figure importante de la critique d'art belge de refaire surface. 

Hommage à Georges Schmits, exposition du 11 mai au 10 juillet 2012, Bibliothèque Ulysse Capitaine, En Féronstrée 118 4000 Liège.

18/06/2012

Le Jardin de Gabriel se visitera de nouveau bientôt

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    Nouveauté de la visite cette année, outre une guide-conférencière qui fait ses débuts sur place, Catherine d'Arzac, stagiaire à l'Atelier du Patrimoine de Saintonge, on fournira grâcieusement aux enfants des écoles qui viendront découvrir cette forêt de statues enchantées un livret qui devrait leur permettre d'interpréter les personnages proposés à leur curiosité par Gabriel Albert.

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Jardin de Gabriel Albert, allée de statues jusqu'au moulin et à la route, ph. Bruno Montpied, 2006

14/06/2012

Dictionnaire du Poignard Subtil

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ENFANTIN:

      "Les grandes pensées ont quelque chose d'enfantin, qui fait que les beaux esprits passeront toujours à côté sans les voir."

         (Alain, Propos I, 20 mai 1922)

09/06/2012

"Unfinished Italy", un film de Benoît Felici

     J'ai trouvé la référence de ce film documentaire de 32 min. (ça pourrait passer pour Hors-Champ, n'est-ce pas, Pierre-Jean?) par une annonce de Cinéréseaux dans la région de Bordeaux, qui l'a inscrit à son programme pour bientôt. Cela m'a tout l'air d'un très bon film (il date de 2010). En Sicile, ça se passe, où il y a paraît-il environ 600 bâtiments laissés en plan, pour diverses raisons. L'une d'entre elles paraissant fortement liée à de la corruption et à des malversations. "Italie inachevée" (ou "Italie infinie"?), dit le titre, et en même temps, c'est l'occasion pour le réalisateur de montrer comment le peuple se saisit de ces "ruines modernes" pour y exprimer sa créativité.

Cinéréseaux,-unfinished-ita.jpgCinéréseaux, au cinéma Jean Eustache de Pessac (Gironde), mercredi 20 juin à 21h.

Verbena à la collection de l'art brut: on brouille les pistes mais aussi le message

    J'ai reçu récemment en lien une note de la galerie d'Alain Paire se félicitant de l'exposition prévue pour l'an prochain d'œuvres de Pascal Verbena, un ancien de l'art singulier (il était à l'expo des Singuliers de l'Art en 1978 au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, présenté dans ce cadre via l'Atelier Jacob d'Alain et Caroline Bourbonnais). Ce qui me chiffonne un peu, ce n'est pas l'annonce de cette expo – il y en a régulièrement, notamment à la galerie Alphonse Chave de Vence – mais c'est que cela se passera à la Collection de l'Art Brut, dont on sait que la direction a récemment changé de tête (Lucienne Peiry remplacée par Sarah Lombardi). Lorsqu'on s'avise que dans le même temps, on n'y parle plus depuis longtemps de la Neuve Invention, l'ex-"Collection Annexe", réservée aux marginaux coincés entre art brut et art contemporain, et que l'on paraît désormais y mélanger tout allégrement (Chaissac, qui se disait "rustique moderne" et non pas "brut"', est exposé à côté d'Aloïse sans plus de manières), on peut légitimement se demander si on n'est pas en train du côté de Lausanne de nous préparer une grande liquidation de la notion même d'art brut, ce qui serait une belle revanche –aux allures d'OPA?– des tenants de l'art plastique contemporain sur l'art brut.

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Difficile de trouver des images grand format de Verbena sur la Toile, celle-ci provient d'un numéro des débuts de Raw Vision

    Certes Verbena, on prend soin de nous l'indiquer soigneusement dans la note d'Alain Paire, "totalement autodidacte, (...) ne fréquenta jamais les cours des Ecoles de Beaux-Arts et sut se créer lui-même ses repères esthétiques". Certes, mais comme il est dit aussi ailleurs dans cette note, il donne des titres fort cultivés à ses dessins ou sculptures: ""Tatou", "Kachina", "Malebouche", "Phalène", "Allobroge", "Pachamama", "Cryptogame" ou bien "Boustrophédon", le très fascinant système d'écriture qui change ligne après ligne les sens dont on fait lecture". Ce sont là titres recherchés, ce que je ne dispute pas ici, car tout artiste a le droit d'aller chercher son miel où il veut, et de la manière compliquée qu'il veut. Ce que je discute, c'est qu'en l'occurrence cette recherche dans les titres accompagne une recherche plastique que je trouve elle-même personnellement fort lourde, pesante à l'excès, avec ces espèces de reliquaires d'assemblages aux teintes sombres qu'affectionne l'artiste, écrasant d'ennui le spectateur que je suis. Oui, Verbena s'est "créé lui-mêmes ses repères esthétiques", mais ce sont là repères cérébraux et sans émotion à la clé, un esthétisme massif et dépourvu de la moindre grâce, à la rigueur décoratif comme dans ses dessins aux arabesques élégantes mais sans âme. Toute grâce est absente, ainsi que toute innocence,  au rebours des œuvres de l'art brut justement (du moins celles que je préfère, car même dans l'art dit brut tout n'est pas toujours fondé sur "la pierre angulaire de l'ingénuité" (Breton)). Ce qui justifiait entre autres qu'il ait pu être rangé à un moment dans la collection annexe de Lausanne. Oublier de le rappeler demain, en 2013, serait rendre un très mauvais service à ce qui se défend derrière la notion d'art brut, dans laquelle, par ailleurs, j'entends davantage la notion de  "brut" que la notion "d'art".

     Ce qui se défend derrière cette notion, et qui, jusqu'à l'invention de "l'art brut", selon moi, n'avait été représenté jusque là que par l'art populaire rustique et l'art naïf, c'est le secret de fixer dans une expression immédiate la poésie ressentie dans son instantanéité. L'art contemporain dans ce qu'il a de meilleur est parfois loin de nous le proposer, et c'est pourquoi il faut rendre grâce à la collection d'art brut d'exister, en évitant d'en brouiller le message avec ces propositions verbénesques, insuffisamment inspirées qui plus est (opinion qui n'engage bien entendu que moi).

04/06/2012

Télescopage

 

    Un nouveau mot-clé s'installe à partir d'aujourd'hui, suite à cette image assez cruelle fournie par Monch. Télescopage... Après le caviardage récemment mentionné, voici une nouvelle quête à mener.

Bonne nouvelle... ph Monch, 2012.JPG

A la station Bonne Nouvelle, métro parisien, photo Monch, 2012