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13/01/2008

L'Enfer plus que jamais

   

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Veuillez cliquer sur l'image si vous voulez mieux la voir...

    Désolé pour tous ceux qui la trouveront déjà "archi-vue et revue", mais j'ai la faiblesse cette nuit de mettre en ligne sur mon petit blog, fenêtre ouverte à tous les vents arachnéens du virtuel, une petite peinture de moi de l'année dernière... Qui l'aime, la suive... Son titre: L'Enfer plus que jamais, technique mixte comme on dit (beaucoup d'encre), et faisant partie d'une série, non terminée à ce jour, intermittente, que j'appelle "échantillons".

23/12/2007

Figures éclatées

    Trois figures en voie de démantèlement, voici ce que je propose à cette heure. Une, vue dans le hasard d'un frottage au blanc d'Espagne sur une vitre de magasin désaffecté à Valuéjols dans le Cantal en juillet dernier. La deuxième est la version noir et blanc d'un visage à la bouche vissée, éclaté dans la traînée de rouille d'une épave du petit cimetière de bateaux du port de Camaret, photo prise à l'été 2003. La troisième est le résultat d'un frottage à la mine de plomb effectué sur la poutre d'une vieille maison du Cézallier durant l'été 2004, le but étant de retrouver, par le détour de la technique inventée par Max Ernst, rien de moins que la "façon de créer de la nature", comme aurait dit mon ami Strindberg... C'est pourquoi je réunis ces trois images ici même...

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Photo B.Montpied, Valuéjols, 2007
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Ph.B.Montpied, Camaret, 2003
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Bruno Montpied, Dans le buisson d'épines, frottage à la mine de plomb, 2004

08/12/2007

Gaston Mouly, meilleur conducteur du Lot

   Gaston Mouly nous a quittés en trombe, comme il avait vécu, plutôt vite, voici dix ans exactement. Cela méritait un petit hommage commémoratif avant que l'année ne finisse complètement et pour entretenir un peu la flamme des héros de notre temps. Voici donc trois photos tirées de mes archives personnelles, inédites. Art rustique moderne garanti (car Chaissac a bien eu au moins un successeur digne de son concept, à mon humble avis).

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Gaston Mouly dans un de ses ateliers en 1988 (on peut agrandir la photo en cliquant dessus), on voit une photo de ses quatre enfants au-dessus de la fenêtre, et en haut à gauche une grande portion du tableau qu'il consacra à l'évocation de la vie de son village, tableau réalisé bien avant qu'il se mette au dessin de façon systématique après sa première exposition au Site de la Création Franche en 1989 (exposition pour laquelle je m'étais entremis), ce qui prouve que Gaston Mouly n'avait pas attendu Gérard Sendrey pour se mettre au dessin et même à la peinture...
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Gaston dans un café près de St-Germain-des-Prés ; on remarquera l'auréole créée par un reflet de lampe dans le miroir derrière lui: Saint-Gaston, qui paraît rêver aux femmes, peut-être, car..."Dieu créa la femme", proclame l'affiche derrière lui (je pris la photo pour cette rencontre entre l'affiche et Gaston), 1988.
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Gaston Mouly, Le chabrot, vers 1992, crayons de couleur sur papier, 50 x 65 cm 
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Ce dernier dessin, provenant d'une collection privée parisienne, pour saluer d'un bon coup de jaja mêlé à la soupe (c'est cela le "chabrot") le passage sur terre de Gaston qui heureusement nous aura au moins laissés en souvenir ses dessins (qui, entre parenthèses, mériteraient d'être exhaustivement inventoriés, non?)  

11/10/2007

Sorcière, sorcière, fais gaffe à ton derrière...: MASSIF EXCENTRAL (11)

   Sur le bord du chemin un jour de balade dans les monts du Cantal, je vois un bloc sombre qui me fait signe... Et vous? La voyez-vous, qui s'enveloppe dans son ample manteau de ténèbres?

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   Peut-être que non... La voici rapprochée, avec son chef sommé d'une touffe qui singe une couronne, fétus et brins d'herbe en guise d'émeraudes... Je vois le profil d'une sorcière au menton en galoche, son visage pustuleux tout en grotesques protubérances.

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Photo B.Montpied, juillet 2007
(Un lecteur  m'a envoyé, suite à l'insertion de cette note, un détail d'une peinture de l'artiste singulier Joël Lorand qui présente effectivememt quelque analogie avec ce profil ensorcelant) :
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Joël Lorand, J'ai parait-il une clientèle ciblé [sic], oct.2002

20/08/2007

Guy Girard s'expose à Pont-Aven

         Guy Girard, révolté contre tous les misérabilismes en art comme dans la vie, ne cesse de rappeler par ses peintures à la fois sophistiquées et enfantines tout un chacun aux ordres du merveilleux, se voulant fidèle en cela à ses prédécesseurs surréalistes.
         Créateur probe, Guy ne cesse depuis qu'il peint de chercher des terres nouvelles et plusieurs périodes différentes se sont déjà succédé dans son oeuvre.
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         Parmi elles, il en est une qui m'est plus particulièrement chère. Elle fut consacrée à ce qu'il a appelé du terme ludiquement pédant d'« anagraphomorphoses », des paysages oniriques naissant par dérivation graphique des boucles, jambages et déliés inhérents aux paraphes d'hommes célèbres qu'il voulait réunir par couple en dépit de leurs éloignements catégoriels (Robespierre et Edgar Poe, Saint-Pol Roux et Blanqui, ce dernier partageant avec Sade le triste honneur d'avoir passé une majeure partie de sa vie en prison ; il est en même temps l'auteur de la fière devise « Ni Dieu ni maître »).
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          Guy Girard a réussi à se créer un style qui, tout en empruntant très résolument à une certaine écriture surréaliste (ce qui du point de vue surréaliste pourrait du reste lui être reproché, tant il n'est pas de style surréaliste arrêté), s'incorpore aussi un climat enfantin complexe qui apparente son oeuvre à une sorte de naïvisme très intellectuel.
         On peut faire connaissance avec une partie de son oeuvre durant ce qui nous reste d'été à Pont-Aven (coordonnées de l'exposition au bas de cette note).
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       Renseignements supplémentaires:
          Né en 1959 à Flamanville (Manche). Etudes aux Beaux-Arts de Caen de 1979 à 1984. 
        Expositions individuelles les plus récentes :

        1996 : Librairie-Galerie La Belle Lurette, Paris.

        1990 : Galerie L'Usine, Paris.

         Expositions collectives récentes :

        2006 : Sélection Bruno Montpied dans le 9ème festival d'Art Singulier, Salle du Bras d'Or, Aubagne.
        2004 : « Matta au milieu des fauves », Museo do la Solaritad Salvator Allende, Santiago (Chili).

        « A bleu nommé », Médiathèque Jean Prévost, Bron.

       2003 :  « Visions et Créations dissi- dentes », Musée de la Création Franche, Bègles.

        2000 : « Eveil paradoxal »  (exposition du groupe de Paris du mouvement surréaliste), Maison des Arts, Conches (Normandie).

         Collections publiques :

        Ostfriesenslandschaft, Allemagne.

        Banco del Estado, Santiago, Chili.

        Musée de la Création Franche, Bègles.
En permanence, à la Galerie Gambra, Prague, République Tchèque.
        Et donc aussi...

      Regard Surréaliste, exposition de Guy Girard du 15 juin au 30 septembre 2007 à la galerie Pigments et matières, 34, rue du Général de Gaulle, Pont-Aven (Finistère). Tél : 02 98 09 15 52.

 

 

[Photos B.Montpied, peintures collections privées Paris et Clermont-Ferrand, du haut vers le bas: Rencontre du paraphe de Freud et du nom de Merlin en lettres-images au-dessus de Paris au XVIe siècle, Chemin de St-Jacques, Sciapode de course (1986) ]

29/07/2007

Les Nefs des fous (3)

    Dans un récent commentaire, M. Jean Branciard a évoqué certaines de ses préoccupations qui auraient à voir avec nos précédentes notes sur des bateaux de marine populaire. Je suis allé sur le site de ce créateur qui travaille avec des matériaux de récupération, avec une prédilection pour le métal semble-t-il. J'y ai effectivement trouvé un "tracteur de mer" que personnellement je préférerais, tout à fait arbitrairement je m'empresse de l'ajouter, appeler une "goélette" ou une "caravelle", non pour les référents exacts de ces mots mais pour la sonorité des vocables. Ca sonne éclatant "goélette", "caravelle"... Les goélettes voguant sur les goémons parmi les goélands...

   Il a de l'allure ce tracteur, ne trouvez-vous pas?

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Jean Branciard, "Tracteur de mer"

 

     On a ici affaire à une autre modalité de l'écho sensible (ici délibérément assumé dans sa subjectivité) de l'objet "bateau", de la marine que le populaire ou le brut ont interprétée à leur manière, plus intuitive et innocente. On pourrait parler de marine singulière, histoire de faire un distingo, non dépréciatif, je m'empresse de le souligner...

30/06/2007

Connaissez-vous Gérald Stehr ? (2: quelques indices)

    Gérald Stehr est un créateur bouillonnant d'énergie, passablement débordé de visions, grand connaisseur de l'histoire de la tache appliquée aux beaux-arts (j'attends avec impatience son traité d'histoire de la tache pliée, sous-ensemble auquel il se consacre depuis de nombreuses années).

      Entre autres activités, il est peintre et écrivain (il est aussi auteur de littérature jeunesse, on connaît notamment de lui Mais où est donc Ornicar?fd8c85f365bdba632c88fbaabc036aa8.jpg aux éditions L'Ecole des Loisirs, album qui raconte les difficultés d'un ornithorynque à se faire classifier dans une classe fréquentée par tous les animaux de Linné). L'ornithorynque, c'est un peu son histoire, lui qui eut maille à partir avec ceux qu'il appelle les "interprédateurs" (c'est un éblouissant joueur de mots, témoins les personnages de son livre paru aux Editions du Paradoxe en 2002, Voyage en Rorschachie, comme Charcauchemar, Nauséabombyx, Christévache, Lacannullard, Insidieuleuze-et-Sagouintaré).383fefbe73c0e44db0cabb103cf178fa.jpg

   Car ces derniers, ce que Stehr leur reproche, c'est précisément cette manie de classifier, une manie qui n'aurait pas pour but d'aider ceux ou celles qu'ils classifient, mais plutôt de les enfermer dans des catégories figées. Paradoxalement, une partie du travail pictural de Stehr se concentre sur l'élaboration et l'exploration d'un vaste catalogue de planches de taches interprétées, par simulation ou détournement de tests de Rorschach, dont l'auteur se moque. Se limitant à la couleur bleue, par une sorte de citation d'Yves Klein et de ses empreintes de corps bleues (Stehr a bien connu le père d'Yves Klein ; ces bleus lui font rêver aujourd'hui qu'on lui livre les sous-sols du métro parisien pour qu'il y installe ses Rorschach sous formes de modernes azulejos), il se livre à une anti-classification, par l'inflation des métamorphoses qui s'y donnent libre jeu...

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     Sans cesse, en marge de ses séries de "Voyages en Rorschachie", apparaissent des "planches déclassées" (voir l'exemple donné dans la 1ère note du 16 juin sur Gérald Stehr) aux formats distincts de ceux des planches régulières, inévitables et en cohérence avec le projet de l'auteur-ornithorynque, ni complètement mammifère, ni complètement oiseau, mi chair, mi poisson...

(A propos d'"Art singulier", je trouve très juste ce qui est dit sur le blog d'Animula vagula ces jours-ci à propos de la "Bible de l'art singulier" qui a été publiée récemment, et qui ne peut-être lue que d'un derrière distrait, comme disait -en le reprenant de qui?- mon défunt père... "Annuaire de l'académisme singulier" est très bien trouvé. Bravo Animula...)

27/06/2007

Soupe au lait soupesant, Funambule et petit lutteur, Jardin des Déshespérides...

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Bruno Montpied, "Soupe au lait soupesant", 2005, (25x30cm)

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 B.M, "Funambule et petit lutteur", 2000, (18x24)
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B.M., "Le Jardin des Déshespérides", 2003, (30x40)

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B.M. "Au pays couleur de grenouille", 2001, (38x46)