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08/04/2016

Info-Miettes (27)

      Ma dernière volée d'infos-miettes remonte au 19 avril de l'année dernière. Cela ne veut pas dire un "Info-miettes" par an tout de même... En voici donc quelques-unes.

Une expo "Pépé" Vignes au Musée des arts buissonniers

Expo_Pepe_Vignes-recto musée des arts buissonniers.jpg       Pol Lemétais et l'association Les Nouveaux Troubadours montent une exposition sur cet étonnant dessinateur qui au ras de sa table, handicapé par sa vue déficiente, traçaient, entre autres, une légion de véhicules de tous types, cars, voitures, steamers, à l'aide de crayons de couleur ou de feutres. Les crayons de couleur tiennent mieux dans le temps comme on sait. Je connais un collectionneur amateur qui a vu ainsi  ses Vignes se volatiliser progressivement puisqu'il les avait imprudemment laissés à la lumière du jour.  A côté d'une centaine de dessins des années 1970 et 1980, on verra aussi à Saint Sever du Moustier (pas loin d'Albi) des objets, livres, photos et films en rapport avec ce "créateur emblématique de l'art brut". Cela apparaît comme une manifestation apportant du nouveau sur le sujet Pépé Vignes. C'est du 9 avril au 5 juillet.Expo_Pepe_Vignes-verso MAB.jpg

Pépé vignes ph JDLL, Illibérien.jpg

Joseph dit "Pépé" Vignes, photo JDLL (illibérien, c'est-à-dire, un habitant d'Elne), sans date

 

Et, pendant ce temps, Paul Amar à la galerie Nicaise à Paris...

photo Pa Au mus des arts buiss.jpg         Une autre vedette de l'art brut, cette fois plus contemporain, Paul Amar (voir portrait ci-contre, au musée des arts buissonniers où une salle lui est consacrée), est exposé quant à lui dans une galerie parisienne qui était plutôt connue autrefois comme une librairie vouée aux livres d'art, aux estampes, aux gravures. Il semble que Nicaise ait tourné sa veste en faveur des arts bruts. Elle a récemment exposé André Robillard, décidément devenu un incontournable de l'art brut (en dépit des coups de main qui cherchent à épauler ses bricolages de ci, de là ; je crois savoir que les fusils en assemblages de matériaux recyclés, il aimerait bien les abandonner pour se consacrer exclusivement au dessin et aux objets spatiaux, mais la commande l'en empêche et il est gentil, il veut faire plaisir et peut-être aussi que ça met du beurre dans les épinards). Voici que la galerie récidive avec Amar, connu pour ses assemblages de coquillages rutilants, et peut-être parfois un peu trop clinquants. Personnellement, dans ses travaux je préfère les petits monstres qui ressemblent parfois à des gremlins, proches parents des monstres que dessinait l'ancien gardien de la paix catalan, Josep Baqué, lui aussi présent dans les collections d'art brut. Cela durera jusqu'au 7 mai, c'est plus bref, donc.

Expo-Amar-Nicaise-620x880.jpg

 

Créations naïves et singulières en Mayenne... et en Pays de Loire

Flyer recto.jpg

        L'association CSN 53 reste toujours fort active. Après des expositions loin de France (chroniquées sur ce blog) , la voici qui revient au pays natal. Avec une brochette d'artistes et de créateurs que ses différents membres ont pris l'habitude de défendre: Cahoreau (qu'adore Michel Leroux, "l'égaré" de l'art obscur – label récupéré de la corbeille de Dubuffet), Cerisier, Chapelière (dont une œuvre sert d'illustration à l'affiche de l'expo, voir ci-dessus), Marc Girard, Céneré Hubert (un créateur populaire d'environnement dont plusieurs œuvres ont été sauvées par Leroux), Alain Lacoste (un grand ancien de l'art singulier), Patrick Le Cour (je connais pas), Joël Lorand (lui, on connaît), Serge Paillard ("l'homme aux patates", comme on commence à le surnommer ici et là), Jacques Reumeau, Antoine Rigal, et Robert Tatin (que sa veuve ne voulait surtout pas qu'on range dans l'art singulier, label qu'elle trouvait sans doute réducteur, à tort bien sûr). Et puis nos Mayennais, souvent protectionnistes (je taquine) et jaloux de leur "mayennité" (je re-taquine), ont daigné ajouter à ce premier lot des artistes des Pays de la Loire: Noël Fillaudeau (dont une belle sélection est désormais accrochée au Musée d'art naïf et d'arts singuliers du Vieux-Château à Laval), Stani Nitkowski (dont j'apprécie les premières œuvres et beaucoup moins les suivantes, plus "expressionnistes-explosives", invitant le public à lorgner sur ses souffrances, et à se complaire dans ce spectacle), François Monchâtre et Yvonne Robert (naïve, brute ou singulière?).Jardin de la Perrine, entrée discrète (2).jpg L'exposition se passe à Laval mais pas au Vieux-Château, plutôt au "musée-école de la Perrine", charmant hôtel particulier installé dans le jardin de la Perrine, à deux pas de la tombe du "gentil Douanier Rousseau" (auquel le Musée d'Orsay consacre comme on sait une grande rétrospective en ce moment à Paris, avec, paraît-il, l'exhibition du fameux tableau "Le Rêve", venu des USA, d'où il voyage rarement).

Musée-école de la Perrine (2).jpg

Musée-école de la Perrine, ph. Bruno Montpied, 2016

Tombe du Douanier Rousseau, 2016 (2).jpgLa tombe du Douanier Rousseau, avec, incisé à sa surface, le poème d'Apollinaire, Jardin de la Perrine, ph. B.M., 2016

 

Et la Fabuloserie continue d'exposer de manière décentralisée, Auxerre cette fois-ci

csn 53,art naïf,art singulier,paul amar,joseph pépé vignes,musée des arts buissonniers,musée-école de la perrine,douanier rousseau     "Itinéraires fabuleux" est le titre de l'expo montée à l'Abbaye St-Germain au Logis de l'Abbé du 26 mars au 13 juin à l'initiative de l'Espace d'Arts Visuels de la ville d'Auxerre. Cela se veut une rencontre entre les créateurs de la Fabuloserie (basée elle aussi en Bourgogne, à Dicy) et des œuvres de l'artothèque de la ville. Sur l'affiche on reconnaît une pierre peinte par Jacques Renaud-Dampel, dont j'ai déjà parlé ici, confrontée à une œuvre du célèbre membre du groupe Cobra, Karel Appel, cette dernière pièce (un poil infantile, un Appel à tarte, si j'ose m'exprimer ainsi) provenant sans doute de l'artothèque, car je ne sache pas qu'il y en ait à la Fabuloserie.

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 Sortie d'un nouveau livre sur Hauteville House de Victor Hugo

csn 53,art naïf,art singulier,paul amar,joseph pépé vignes,musée des arts buissonniers,musée-école de la perrine,douanier rousseau,fabuloserie,renaud-dampel      Paris-Musées édite un nouveau livre sur la maison étonnamment décorée que posséda Hugo à Guernesey. Je ne connaissais personnellement jusqu'ici qu'un livre ancien, dû au poète Pierre Dhainaut, et édité au début des années 1980 (il me semble) aux éditions Encre (les mêmes qui éditèrent des livres sur le Facteur Cheval et Picassiette). Ce nouvel ouvrage, intitulé exactement Hauteville House, Victor Hugo décorateur, 160 pages, comporte des photographies et des dessins dus à deux arrières-arrières-petits-enfants du poète, Jean-Baptiste et Marie Hugo.  Et Laura Hugo, fille de Marie, a sélectionné des écrits familiaux permettant de situer l'apport du Hugo décorateur, adepte d'un art total. Il a décidément tâté de tout, le grand homme,  poète, romancier, dramaturge, photographe, peintre et décorateur. La parution du livre prend place à l'occasion de l'exposition "Les Hugo, une famille d'artistes" (du 14 avril au 18 septembre).

 

Ursula à la galerie Les yeux fertiles

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    Sur cette artiste à part, compagne du peintre Bernard Schulze (aussi exposé à côté d'elle dans cette même galerie Les yeux fertiles), on a peu de renseignements (en français). Cela fait des années que je la vois mentionnée ici et là, notamment au moment de la donation Cordier au MNAM (Daniel Cordier l'exposa dans sa galerie), et je n'arrive pas à me décider à creuser la question. Je la prends pour une autre Unica Zürn au fond, une artiste visionnaire, para-surréaliste, marginale par rapport à ce mouvement (on dirait que comme dans le cas de Bellmer et Zürn, on aurait encore affaire ici à un autre couple d'artistes allemands où une femme se cache, à tort ou à raison, dans l'ombre de son compagnon). A lire la base patrimoniale des musées de Suisse romande, plusieurs œuvres d'elle (Ursula Bluhm) figurent dans la Collection de l'art brut, sans doute dans l'ancienne collection annexe dite de la "Neuve Invention" (les cas-limites entre art brut et art reconnu ; la base patrimoniale en question ne mentionne pas le distingo, et c'est un peu embêtant, accroissant la confusion entre créateurs de la Neuve Invention et la collection princeps de l'art brut). Dubuffet acquit de ses œuvres avant qu'Ursula se marie avec le peintre Bernard Schulze. L'automatisme très présent dans ses œuvres, accompagné d'une grande richesse chromatique, ses jungles de petites touches mosaïquées, rendent la fréquentation de ses œuvres fort agréable.

L'exposition d'Ursula et Bernard Schulze, aux Yeux fertiles,  dure du 17 mars au 7 mai.

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Un dessin aux crayons de couleur d'Ursula Bluhm, de 1959, tel qu'il figure sur la base patrimoniale de Suisse romande

 

Et que va-t-on montrer à la galerie Dettinger-Mayer en ce printemps? Christelle Lenci

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     Plus récente exposition de la galerie lyonnaise, c'est prévu pour durer du 9 avril au 4 mai. "Il était une fois", c'est son titre et, comme on le devine un peu en regardant le carton d'invitation, ce sont des dessins qui sont exposés de cette artiste, Christelle Lenci, dont je n'avais jamais entendu parler jusqu'ici. Histoire de nous emmener en promenade dans une forêt de contes à usage interne peut-être... L'intéressant pour moi dans ce genre de dessins c'est l'usage parallèle du noir et blanc et de la couleur. Le noir et blanc paraissant réservé aux évidements, à la réserve laissée par les espaces colorés... Enfin, je le suppose à partir de ce seul dessin...

 

Armand Schulthess à Lugano 

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Inscriptions accrochées sur le terrain (de 20 000 m²) que possédait Armand Schulthess au Tessin ; ph. Hans-Ulrich Schlumpf, années 1970

 

    J'avais déjà mentionné l'exposition qui avait été montée au Centre Dürrenmatt de Neuchâtel sur cet ancien fonctionnaire qui abandonna son travail à 50 ans pour se retirer en ermite du côté du Monte Verita dans le Tessin, lieu emblématique et historique où tant d'artistes, de poètes, de philosophes et de révolutionnaires, firent des séjours. On peut imaginer que l'exposition qui a commencé le 19 mars au MASI (musée d'art moderne) de Lugano, pour durer jusqu'au 19 juin, sous le commissariat de Lucienne Peiry, est le prolongement de celle de Neuchâtel. Pour en savoir plus sur ce créateur encyclopédiste  qui avait semé des médaillons couverts d'inscriptions chargées d'informations scientifiques de tous ordres sur les arbres de son jardin (assez proche par le projet d'un Gregory Blackstock aux USA, ou d'un Arthur Bispo de Rosario au Brésil, eux-mêmes passablement férus d'accumulation d'informations), on peut écouter Lucienne Peiry interviewée dans une émission de radio, "A vous de jouer", sur Espace 2 (elle intervient seulement à 41'30, attention). Ou se référer aussi à son site, Notes d'Art brut.

 

Du côté de la création franche, le musée de Bègles réaménage ses salles et son accrochage

      Après un bref moment de pause et de fermeture, le musée de la création franche annonce avoir repensé entièrement l'accrochage de sa collection permanente. Au point de proposer au total, répartis sur trois expositions distinctes, deux temporaires et une permanente, plus de 250 créateurs et artistes avec plus de 600 peintures et sculptures.

     L'exposition du rez-de-chaussée, traditionnellement temporaire (elle se tient du 15 avril au 5 juin), s'intitule "les Mots à l'œuvre", présentant, en trois phases, différentes façons chez les créateurs exposés d'intégrer du texte et des mots au sein des images, la dernière phase se concentrant davantage sur les œuvres de lettres et de signes : du lettrisme sauvage en quelque sorte.

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Une œuvre de Jacob Morf présente dans l'expo "Les mots à l'œuvre"

 

     A l'étage (le musée n'en a qu'un), une exposition de Jeroen Hollander (de même durée que celle du rez-de-chaussée), avec ses réseaux de transport, je dois dire, ne m'a pas particulièrement convaincu. Je préfère encore rêver sur de vrais plans de métro...

    Les salles de l'étage consacrées à la collection permanente ont été quant à elles réorganisées sur le thème du "foisonnement et de l'accumulation". Son titre, "Densités brutes", met l'accent, une fois de plus, sur le "brut" (sur le site du musée, un sous-titre précise que par musée de la "création franche", il faut entendre "musée d'art brut et apparentés"). Or, pour ceux qui connaissent bien le musée, on sait qu'au final une grande partie de la collection permanente comprend des créateurs et  des artistes qui sont aussi apparentés à l'art singulier, synonyme de "neuve invention" à Lausanne. Ce qui n'est pas tout à fait identique à ce qu'on appelle "art brut". Je fais partie personnellement de la collection de création franche, et je me sens en effet très peu "brut"...

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Une petite peinture à la délicate touche naïve et rugueuse de Joseph Sagués, ancienne collection Claude Massé, actuellement collection permanente de la Création franche ; à côté de l'art singulier, comme on le voit, dans la collection permanente il y a aussi de l'art naïf

11/03/2014

Infos-miettes (22)

    Ça faisait longtemps que je ne vous avais pas délivré de ces infos-miettes dont vous vous régalez. En voici un nouveau bouquet, le vingt-deuxième, des infos nouvelles et des plus anciennes que j'avais oubliées.

Paul Amar dans l'Aveyron

    Le Musée des Arts Buissonniers à Saint-Sever-du-Moustier près des Monts de Lacaune (région pas trés éloignée de Rodez pour que vous situiez) est très actif depuis quelque temps. En plus des fréquentes animations du village, il propose des expositions d'art singulier ou brut ici et là. Elles sont annoncées dans le bulletin de 8 pages qu'il publie régulièrement (Le Buisson), comme récemment dans leur n°56 (déjà). Leur saison commencera cette année le 4 avril.

 

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Paul Amar au Musée des Arts Buissonniers

 

 

    A retenir, depuis septembre 2013, une galerie entièrement vouée aux assemblages rutilants de coquillages bien connus de Paul Amar (sur trente années de création) a été ouverte au sein du musée. Ils ont aussi en projet d'exposer Gérard Lattier durant l'été prochain. Pour tous renseignements, contacter http://www.arts-buissonniers.com/

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 Christian d'Orgeix aux Yeux Fertiles

     Cela fait de nombreuses années que j'admire quand je peux en voir, c'est-à-dire rarement en vrai, et plutôt en reproduction (j'ai un petit livre autrefois paru il me semble chez Georges Fall), la peinture de Christian d'Orgeix, cet artiste proche des surréalistes qui habitait à un moment dans le même village qu'André Breton, à Saint-Cirq-Lapopie dans le Lot. Il s'agit d'une puissante peinture visionnaire, avec des échos d'un Max Ernst qui aurait fait des enfants avec des peintres du groupe Cobra. Un riche coloriste campant à la fois des paysages "abstraits", des natures mortes, des personnages grotesques, des figures fantomatiques, des animalités fantastiques, le tout en une seule image.

 

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Christian d'Orgeix, Mascarade, 1964, huile et collage sur toile, 81x100cm

 

      Quelque œuvres de lui seront présentées du 6 mars au 5 avril à la Galerie Les Yeux Fertiles, 27 rue de Seine, dans le VIe ardt à Paris, dans le cadre d'une expo collective intitulée "Volet I" avec des oeuvres de B.Schultze, Raoul Ubac, B.Saby, Edgar Pillet, B.Réquichot et autres (on aurait pu se passer de Georges Mathieu cela dit). Une seconde expo intitulée pour le coup "Volet II" suivra du 10 avril au 10 mai avec des œuvres de Camacho, Alfred Courmes (celui-ci se faisant rare), Friedrich Schröder-Sonnenstern, Georges Malkine, André Masson, Dado, etc.  Info et contact (attention il est souvent en retard côté mises à jour): le site web de la galerie.

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Mario Del Curto et Jean-Michel Chesné à l'intérieur d'une Chapelle

   Brigitte Van Den Bossche, qui travaille dans le Centre de Documentation du MADmusée à Liège, signe un texte qui je dois dire m'a fait bondir. Elle y parle des créations de bord des routes dont la collection de cartes postales de J-M. Chesné représentant des environnements anciens et les photographies de Mario del Curto, deux ensembles iconographiques exposés tous deux dans la Chapelle Saint-Roch, "contexte des plus appropriés" dit Mme Van Den Bossche, lui permettent une envolée digne des écrivains les plus bondieusards :

  "Derrière toutes ces manifestations marginales [il s'agit là des environnements spontanés d'autodidactes bruts ou naïfs], se profilent un idéal, une foi, un système de valeurs et de croyances, un outillage mental. Cette foi peut se traduire par la matérialisation de la croyance religieuse courante, mais aussi par la mise en œuvre d’une croyance très personnelle, un mysticisme inventé, une religion singulière, avec ses préceptes, ses prières, sa morale, sa méthodologie. L’œuvre est à la fois le reflet de cette croyance et l’intermédiaire entre le créateur et l’au-delà, elle traduit le dépassement de soi. L’acte de créer est vécu comme une aventure spirituelle, l’objet créé est conçu comme un territoire sacré et le créateur puise son énergie dans la foi.

     Dans le contexte des plus appropriés de la Chapelle Saint-Roch, à Liège, le MADmusée présente un florilège d’images attestant de cette foi. Images pieuses et teintées de prosélytisme, images de dévotions personnelles, images d’intimes exploits, images d’une authentique "subculture" populaire aussi,… Sont dévoilés d’une part un ensemble de cartes postales anciennes, glanées et rassemblées par le peintre et sculpteur français Jean-Michel Chesné (collection entamée en 1993 après sa visite du Palais Idéal du Facteur Cheval et riche aujourd’hui de plusieurs milliers de clichés rares) ; d’autre part une série de reproductions du photographe suisse Mario del Curto (dont l’intérêt prononcé pour les Clandestins de l’art brut, avec lesquels il entretient une relation personnelle, se traduit depuis 1983 par une approche subtile et délicate). Toutes ces images célèbrent des univers déployés avec une force et une sensibilité exacerbées. Elles exaltent aussi la beauté du geste, la mystique de la tâche."

      Et hop! Emballés, pesés, les inspirés, ils sont désormais embringués dans une nouvelle armée du salut. Mystiques, cherchant à causer avec l'au-delà, porteurs de "foi", mot sur lequel l'auteur joue de façon ambivalente, nos inspirés produisent maintenant des "images pieuses". Merde! Comment peut-on encore nous ramener la curetaille dans ces jardins où, c'est vrai, parfois on tente de créer des petits paradis, mais des paradis bien terrestres? Ne serait-ce pas une idée venue d'un des ces anciens numéros de Gazogène où son animateur, paix à ses cendres, publiant des cartes postales de la collection Chesné, avait cru démasquer une influence occultée de la religion dans l'inspiration de nos chers créateurs d'environnements ? Chaque fois que j'ai eu affaire à de ces inspirés du bord des routes, on n'a jamais beaucoup eu l'occasion de parler de Dieu, parfois davantage du Diable...

Expo "Oh My God" (titre explicite, non?), Liège, à la Chapelle Saint-Roch du 15.03.2014 au 25.05.2014. Dossier de presse.

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Chez André Gourlet à Riec-sur-Belon, un Belzébuth le braquemart servant de support à jardinière, 2010, ph. Bruno Montpied

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Joël Lorand, œil singulier à la Galerie Grand-Rue à Poitiers (15 mars au 26 avril)  joel lorand, Fier d'être un artiste dégénéré, 2002, site F.Lux.JPG

    Il semble qu'avec cette exposition les Poitevins aient l'occasion de découvrir un éventail conséquent et varié des créations de Joël Lorand, authentique chercheur de formes nouvelles, créateur certes tourmenté mais en même temps raffiné, esthète au sens roboratif du terme, et aussi, ce qui ne gâte rien dans le milieu parfois bien trop sérieux de l'art dit singulier, pourvu d'un sens de l'humour réjouissant. Si l'on se fie au site web de la galerie, qui propose une sélection de visuels relevant de différentes périodes de Lorand (j'aime bien les premiers dessins, empreints d'une esthétique rageuse proche du graffito, voir par exemple ci-contre "Fier d'être un artiste dégénéré", 2002, coll. Frédéric Lux), on a peut-être affaire là à un lieu qui fait le pari de ne pas montrer uniquement qu'une série de peintures actuelles, mais propose plutôt différentes métamorphoses d'un même geste inspiré sous différents aspects, productions des époques antécédentes.

 

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Vodou, du visible à l'invisible au Musée Africain de Lyon

      Je suis intrigué depuis quelques années, grâce à diverses expositions et catalogues, par l'art vodou, africain, brésilien, ou haïtien (la collection d'art vodou haïtien de Marianne Lehmann surtout a été un choc, perçue seulement  à travers le livre magnifique qui lui a été consacré). Une expo débute le 20 mars prochain à Lyon. Ces objets, souvent sièges de carambolages visuels, et de triturations incroyables, sont terriblement chargés de poésie et de force d'ordre tellurique qui bouleversent en profondeur et hantent tous ceux qui s'y confrontent.

 

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Des mouchoirs pour s'évader à la Galerie Berst

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    Paños, prison break, tel est le titre de l'expo commencée le 11 mars dans la galerie de Christian Berst, interrogeant paraît-il, lui aussi, les marges de l'art brut pour mieux redéfinir les contours de ce dernier. Les mouchoirs tatoués des prisonniers américains d'origine mexicaine sont en effet la preuve qu'il existe de nombreuses preuves d'art populaire produit en milieu carcéral, contrairement à ce que pouvait affirmer Michel Thévoz dans un de ses anciens textes. L'expo est montée avec le concours de la pop galerie de Pascal Saumade, collaborateur connu du musée international des arts modestes à Sète, qui signe du reste le catalogue de l'exposition.

 

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Expo du 11 mars au 19 avril 2014, Galerie Berst, 3-5, passage des Gravilliers, paris 3e ardt.

 

24/02/2013

Art brut pour yeux fertiles

     A peine l'expo Guy Harloff décrochée, voici que la Galerie Les Yeux Fertiles, rue de Seine à Paris, enchaîne avec une sélection de créateurs de l'art brut auxquels elle a joint des gens plus artistes, rangés dans ce que l'on appelle chez les Anglo-saxons des Outsiders, et en Suisse de la "Neuve Invention". A propos de cette dernière, on peut toujours se demander d'ailleurs, depuis la période où Lucienne Peiry était conservatrice de la Collection de l'Art Brut, si le terme, et la collection qu'il désignait, sont restés en usage à Lausanne, tant on n'en a plus eu de nouvelles depuis des lustres (au point que j'ai fini par me demander si pour les responsables de la Collection les cas limitrophes de l'art brut n'avaient pas été purement assimilés à la collection princeps).

 

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Carton de l'expo, avec un sublime dessin de Friedrich Schöder-Sonnenstern (c'est toujours séduisant, Schröder-Sonnenstern)

 

    Viendront donc faire un tour sur les cimaises de cette galerie aux sélections semble-t-il toujours exigeantes les créateurs bruts suivants (honneur aux bruts...): ACM (on dirait des ruines de villes irradiées),galerie les yeux fertiles, art brut, art outsider, neuve invention, schröder-sonnenstern, Thérèse Bonnelalbay (une sorte de Michaux brut), Janko Domsic (un Léonard de Vinci exalté), Johan Fischer (un de Gugging il me semble), Eugen Gabritschevsky (un Max Ernst du cellulaire), Madge Gill ( qui faisait de la dentelle avec les esprits),galerie les yeux fertiles, art brut, art outsider, neuve invention, schröder-sonnenstern, Hassan (l'homme aux villas en terrasse, vu récemment au Musée Singer-Polignac), Jakic (à ne pas confondre avec Domsic), Lobanov (l'homme aux pétoires prodigieuses), Dwight Mackintosh (surréaliste dans le gribouillis), Edmund Monsiel (tatoueur sur papier), Raphaël Lonné (ça faisait longtemps qu'on ne  l'avait pas revu), André Robillard (lui par contre...), Schröder-Sonnenstern (donc), Carlo Zinelli (le montreur d'ombres), Scottie-Wilson (clochard céleste), Tschirtner (imprononçable), etc...

(Ci-dessus une oeuvre d'ACM de la collection d'art brut du LaM de Villeneuve d'Ascq, ph. Bruno Montpied en 2011 ; des dessins de Madge Gill présentés dans l'exposition de la collection Eternod-Mermod au LaM en 2011, ph. BM

 

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Cela commence donc jeudi 28 février prochain...

 

     Du côté de la Neuve (oui?) Invention (c'est sûr?), on retrouvera Marilena Pelosi, Le Carré-Galimard (oui, il me semble qu'il n'y a qu'un L), Nedjar, Hipkiss, Chichorro, Chaissac (l'ancêtre de tous les singuliers), etc.

      Une stimulante petite expo en prévision, non? 

02/02/2013

Guy Harloff, le Hollandais volant

     C'est le retour d'un peintre en ce moment, Guy Harloff (1933-1991), à la Galerie Les Yeux Fertiles (27, rue de Seine, Paris VIe ardt ; expo du 19 janvier au 28 février avec des peintures de Yolande Fièvre, des oeuvres de très belle qualité de Henri Goetz, Jiri Kolar, Christian d'Orgeix -on aimerait en voir plus de ce dernier- Mimi Parent, Jean Terrossian), sorte de peintre fantôme de la modernité passablement oublié, et peut-être inaperçu déjà de son temps, malgré des expositions marquantes en 1961 à la Galerie La Cour d'Ingres, ou chez Arturo Schwartz à Milan, ou encore à Venise. Peintre globe-trotter d'origine hollandaise, qui voyagea passablement en Italie, en Turquie, en Iran, dans le monde arabe, aux USA, et ailleurs en Europe, c'est peut-être pour cette raison qu'il n'eut pas le temps de marquer les mémoires dans les lieux traversés (je pense aussi à une autre artiste, apparentée au surréalisme, Alice Rahon-Paalen, qui voyagea beaucoup, exposa partout, fut une peintre inventive vite oubliée ; un DVD de la collection Phares d'Aube Elléouët a su réparer récemment cet oubli).

 

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Guy Harloff, Heart, 1960, technique mixte sur papier, 41x34 cm

      Sa peinture est un agglomérat de symboles venus de diverses cultures, entre autres orientales. Voici ce qu'écrivait à ce sujet Nanos Valaoritis en 1963 dans le n°28 de la revue Bizarre, numéro entièrement consacré à Harloff (j'avais ça chez moi sans l'avoir jamais lu, tout arrive): "Toujours entourés d'objets et enrichis d'inscriptions et exclamations diverses en toutes langues et écritures, apparaissent des soleils resplendissants, des roses des vents, belles comme des mariées, des roues du Destin, des feuilles, des ammonites, l'œil dans l'œil, le cœur dans le sexe, le triangle hermétique, images dont l'intention se rapporte plutôt au lyrisme et à la poésie spontanée qu'à la signification cachée, au défi et à la protestation ouverte d'esprit didactique, plutôt qu'à la cabale phonétique". Que "l'intention se rapporte plutôt à la poésie spontanée qu'à la signification cachée" me ravit et me séduit, parce que généralement les langages symboliques me paraissent d'une insupportable lourdeur. Ici, avec Harloff, rien de tout cela.guy harloff,alchimie,art singulier,périphérie de l'art moderne,art moderne méconnu,beat generation,galerie les yeux fertiles,alice paalen,dvd les phares Une qualité plastique indéniable que l'on soit dans le noir et le blanc du stylo Bic (travaux très proches de certains embrouillaminis visionnaires et ténébreux de l'art brut) ou dans la jubilation  chromatique.

 

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Guy Harloff, une des oeuvres exposées aux Yeux Fertiles

 

     Cet artiste se tint apparemment en lisière des courants dominants de son époque, restant sincère, concentré sur son inspiration et son chemin personnel. Il paraît de la même race que d'autres créateurs indépendants d'après-guerre, comme Jacques Le Maréchal, Michel Macréau, Jan Krisek, Hans Reichl (à qui Harloff reconnaissait devoir beaucoup) ou encore Gaston Chaissac. Il pourrait faire figure comme eux de grand ancêtre des créateurs "singuliers", ce mot si dévalorisé actuellement mais que je continue d'employer pour désigner les créateurs en marge du cirque médiatique, les périphériques de l'art contemporain ne se résignant pas à abandonner les arts plastiques traditionnels, les vrais purs, non vénaux...

 

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Galerie Les Yeux Fertiles, vue de l'exposition Guy Harloff

       Les "Singuliers" d'aujourd'hui souscriraient peut-être à cette envolée lyrique et pleine d'un bel excès de Guy Harloff parue elle aussi dans le même numéro 28 de Bizarre:

      "Je pense que la peinture devrait rentrer dans la clandestinité ; tout comme les premiers chrétiens dans leurs catacombes. Il serait salutaire qu'elle redevienne, au moins pour un certain temps, souterraine, interdite. On peindrait en cachette, sans montrer ce que l'on fait. Pour soi-même. C'est mon désir le plus cher, et le plus secret.

      En effet notre travail supporte un poids énorme et écrasant. Il est la proie des marchands, l'enjeu des spéculations, le gagne-pain et le moyen de faire fortune de beaucoup d'individus qui, sans la peinture, se tourneraient vers d'autres occupations tout aussi lucratives. Il faut produire pour ce marché, en accepter les liens, la tyrannie, les conséquences, ou bien rester dans l'ombre, solitaire, et crever de faim. La plupart d'entre nous travaillent dans des conditions désastreuses, sollicités de toutes parts, assaillis, vilipendés ou portés aux nues, toujours à la limite de l'endurance physique et spirituelle. Il s'ensuit généralement un abaissement de la qualité de la peinture, et bien des œuvres commencées dans la réalité et la vérité finissent en queue de poisson. Actuellement, nous sommes saturés de mauvaise peinture, et l'on voit un peu partout des tableaux et des dessins, signés même par des grands noms, qui auraient intérêt à être déchirés, ou tout au moins, à ne pas sortir de l'atelier.

     C'est pourquoi je propose, le plus sérieusement du monde, qu'une loi internationale, ou quelque chose dans le genre, soit votée qui interdise la vente des tableaux, et l'acte de peindre.

     Ceux qui continueraient malgré tout (moi, par exemple), les vrais mordus, ceux qu ne peuvent faire autrement, eh bien, ils peindraient quand même, mais en cachette, et cela serait toléré..." (Guy Harloff, extrait de "Où il est question de quelque chose d'autre...").

 

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Guy Harloff, dessins au stylo Bic, expo à la galerie Les Yeux Fertiles

 

04/10/2009

Art brut, les florilèges des Yeux Fertiles

     La galerie Les Yeux Fertiles, connue pour ses expositions rue de Seine à Paris dans le 6e arrondissement (voir ce lien) qui sont généralement tournées du côté du surréalisme et des domaines avoisinants, présente une exposition d'art brut, intitulée "Florilèges de l'art brut" du 9 octobre au 28 novembre 2009.Florilèges de l'art brut, Emile Hodinos, galerie Les Yeux Fertiles, 2009.jpg

     ACM, Anselme Boix-Vives, Joseph-Fleury Crépin, Philippe Dereux, Domsic, Fischer, Eugène Gabritschevsky, Madge Gill, Chris Hipkiss, Emile Josome Hodinos, Horacek, Jakic, Kôczy, Simone Le Carré-Gallimard, Leonardini, Augustin Lesage, Sluiter, Schröder-Sonnenstern, Scottie Wilson, Gironella, Slavko Kopac, Michel Nedjar... Tels sont les noms des créateurs dont les oeuvres seront accrochées aux cimaises de cette petite galerie, qui déjà par le passé a organisé des expos sur cette catégorie d'art, à juste titre, si l'on constate la proximité d'inspiration entre l'art brut, sorte de surréalisme inconscient, et le mouvement historique qui revendique l'action et l'art surréalistes.

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Friedrich Schröder-Sonnenstern, Sans titre, vers 1950-1960, ph.Marc Domage, exposition "Arnulf Rainer et sa collection d'art brut" à la Maison Rouge-Fondation Antoine de Galbert à Paris en 2005 

     On notera que sont mêlés aux créateurs d'art brut au sens strict, des artistes plus délibérément "artistes", conscients de se confronter à l'histoire de l'art, comme Philippe Dereux, Slavko Kopac (immense artiste, collaborateur de Dubuffet dans la deuxième Compagnie de l'Art Brut, et simultanément ami des surréalistes: exploit qu'il fallait mener quand on sait la solide rivalité qui oposait Dubuffet au groupe surréaliste dans les années 50-60 de l'autre siècle),  Chris Hipkiss, Michel Nedjar... Sans doute par souci de faire figurer dans cette présentation des oeuvres aux contenus en harmonie avec une inspiration qui fait la part belle à l'imagination par les sujets et le graphisme.

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Slavko Kopac, Femme couchée, 1982, extrait du catalogue d'exposition à la Salle Saint-Jean, Hôtel de Ville de Paris, 1996